3-6 juillet 2008 - Werchter (B) Fidèle à la tradition, 4 jours de fête se profilent avec au menu, la crème de la musique moderne. Beaucoup de grands noms sont prévus sur la Main Stage et des jeunes talents pour les concerts plus intimes sous la Pyramid Marquee.
La journée de dimanche commence en fanfare avec les cultissimes !!! (Chk chk chk), groupe définitivement passé dans la catégorie poids lourds : le meneur brun ne sait absolument pas chanter, et bien que petit, moche, dépourvu de sens du rythme et d'un quelconque talent vocal, réussit à livrer une performance dantesque avec une chorégraphie digne d’un épisode de « Un, dos, Tres ». Le batteur chanteur roux m’a fait tripper comme jamais, débarquant avec polo Ricard, pieds nus et bermuda troué, conseillant au passage au public de « prendre des drogues parce qu’on en a besoin » - Bref, un groupe qui m’a procuré un choc visuel et auditif dont j’ai, 1 mois après, toujours du mal à me remettre et que je recommande à tout fan de disco et de sensations fortes.
Nous nous doutions bien que le reste de la journée ne serait point à la hauteur ; jour des hardos, quelques groupes de métal hurlant sans intérêt s’enfilant à la suite d'énieme groupes anglais (MASTODON, COLD WAR KIDS et leur voix de Supertramp, MAXÏMO PARK,... Werchter regorge de futurs ex sauveurs du rock). Heureusement le soleil de plomb permettait de gagner quelques couleurs et les sacs poubelles ne servaient plus de K-Way à deux balles (on n'a jamais assez de sac poubelles à un festival).
Excellente surprise le très très bon JOHN LEGEND, même avec sa reprise des Beatles que j’ai quand même réussi à apprécier. Habitant depuis aux Pays-Bas, je n’ai pu que constater l’ampleur du phénomène médiatique autour de ce mec. A quand l’arrivée en France ?
Vers le milieu d’après midi commence les vraies bonnes déceptions bien grasses, le set d’INTERPOL remporte la palme du groupe le plus naze, une grosse voix banale et mal maîtrisée et des compos faiblardes masquant mal les erreurs d’un guitariste débutant, une balance des sons dans les dérègles de l’art rendent le show insupportable pour mes pauvres oreilles. INCUBUS restant un groupe que j’ai eu le plus grand mal à encaisser, c’est avec curiosité que je me dirigeais vers le Marquee pour voir l’ancien leader des Pixies.
Las, FRANK BLACK achève de m’enfoncer dans les abîmes du vague à l’âme, un set absolument sans intérêt réservé seulement aux fans, avec pleins d’incontournables contournés. La totale je vous dis. Seule bonne surprise, DAMIEN RICE qui -contrairement aux autres groupes irlandais- n’est pas seulement joli et chiant. Il réserve d'excellents morceaux électriques qui ravissent le public et les minettes présentes.
Un dimanche tout bonnement insupportable, dont disons le, le show de METALLICA constituait le zénith. Le groupe jouait pour la 5e fois à Werchter et que Heftield sortait de rehab’. Ayant bénéficié dans une clinique suisse des dernières techniques de pointe de régénération du sang récemment expérimentées par Johnny Hallyday et Aleksandr Vinokurov, le loulou pète la forme et nos oreilles : tout y passe, BO Morriconienne, feux d’artifice, riffs assassins, hurlement bestiaux, bande son piqué à CNN live from Irak, démagogie ridicule, bref une mise à mort intégrale. Personnellement j’ai tenu 4 morceaux avant de me prendre un Codoliprane et de migrer vers l’arrière du fond… et de passer par la Marquee; Le revival australien des Pink Floyd qui s'y joue s’il est agréable à écouter, reste comme tous les tributes, fondamentalement sans intérêt pour ceux qui possèdent déjà les best of originaux des groupes à la maison. Après un retour devant Metallica nous faisant subir Nothing Else Matters clorurant presque deux heures de show pénible viennent les démodés FAITHLESS, groupe technoïde totalement has been, avec au micro un type qui « chantait » horriblement faux. Trop c’est trop…
Un dimanche fondamentalement sans intérêt, de toute façon au bout de 4 jours de folie ma sociopathie naturelle commençait à reprendre le dessus de même que mes crises de solitude, au milieu de 200.000 personnes quel bonheur.
En conclusion Werchter est un festival relativement cher (quoique si on le compare à trois jours de Rock en Seine, ça devient comparable). On n'y vient pour les têtes d'affiche et on n'y est pas déçu. Pas mal de groupe NME, agréables mais lassants à la longue. Tout se paye, des douches au parking, mais l'orga est béton : pas d'attente, scène confortable, son relativement bon, bière bonne, ambiance excellente. Attention toutefois, il n'y a sur le site aucune distribution de protections auditives et les vols sur les campings sont fréquents (campings qui se transforment en de véritable dépotoirs, c'est assez écoeurant). Bref au final un super week end. L'orga prévoit de dédoubler le festival à Arras Réagir à cette critique
C’est très péniblement que j’amorçai ma venue vers ce 3e jour de Werchter, il faut dire que le début de la prog n’avait, à mon sens, rien de bien excitant (The Bravery, Klaxons, Goose, The good the band and the queen, Chemical Brothers... Heureusement il y aura aussi du Amy Winehouse, Arno, LCD Soundsystem et la Kriek Bellevue pour en faire une journée géniale.
Après une tentative d'arnaque par un vendeur de mauvais panchos, trop content de profiter de la pluie et de la détresse des gens, on commence par THE BRAVERY, groupe anglais disposant, comme souvent pour les groupes NME, d'un seul tube (Unconditionnal). C'est sympathique, pas désagréable, mais trois heures après le concert on a du mal à s'en souvenir exactement.
C’est en traînant les pieds que j’assistais à la prestation poussive de RAZORLIGHT, bon c’est sur un bon hit « America » (Note de l'autre auteur : pour ma part j'aurais un avis plus positif de Johnny Borell et ses amis, malgré son accoutrement digne des films les plus drôles des 70'. Il suffit d'écouter sa reprise de Je suis venu te dire que je m'en vais faites dernièrement à Taratata pour se convaincre que ce groupe vaut mieux qu'un tube) bon, bon, ça laisse passer le temps en attendant la sensation anglaise ... AMY WINEHOUSE laquelle daigne pointer le bout son nez crochu et de ses seins outrageusement mis en valeur avec 20 minutes de retard (Note de l’autre auteure, je me suis déjà pourtant indignée du fait que deux boutons d’acné dans un push-up bra ne constituent pas une paire de seins dignes de ce nom). La foule gronde car la divrogne (attention, mot-valise) se fait attendre, il faut dire que tout le festival ne parle que d’elle : même Josh Homme et la tri-tétonnée Lily Allen y sont allées de leur petit commentaire on stage. Un cas, je vous dis. Une chanteuse à voix que nous avons alors pu admirer dans tous son potentiel éthylique, un sous-fifre étant chargé de lui apporter un whisky-coca bien chargé entre deux morceaux ahanés. Car il faut bien s’en rendre compte, la pauvre Amy boit juste parce qu’elle ne parvient pas à faire face au public (contrairement à Césaria Evora qui boit juste parce que c’est la pire pocharde du Cap-Vert) Elle est vraiment touchante cette fille. Quel potentiel gâché. Car cette jeune femme a une voix extraordinaire et un charisme exceptionnel. « Pete Doherty, sors de ce corps… »
Un peu déçue quand même d’avoir raté BLONDE REDHEAD et leur petit bijou « Elephant Woman », le reste de la journée entre KLAXONS (plutôt sympathique et dansant), GOOSE (un des plus mauvais concerts du festival), the KILLERS (qui jouait en même temps que goose, tu parles d'une alternative) et PETER GABRIEL (toujours pas mort) me paraissait bien fade.
Sous l’insistance d’un certain acolyte je m’en vais toutefois me placer devant la Marquee afin d’assister à la prestation du non moins alcoolisé ARNO. Suivirent 1 heure d’un des meilleurs concerts de ma triste vie : à part Les filles du bord de mer, je ne connaissais pas un seul des titres du flamand pas morose du tout. Le set très rock enchaîne titres récents (Mourir à plusieurs) et désormais classiques (le déchirant Les Yeux de ma mère, le foutresque Putain Putain, l'hymne des filles du bord de mer,...). Le lendemain la presse lui donnait le surnom de Godfather de Werchter. En fait Arno c’est comme Dionysos, exceptionnel en live, et atrocement banal sur album… j’ai la version cymbalée de Bathroom Singer dans la tête depuis des semaines. Bref, me concernant LA découverte du festival (oui je sais il a 58 ans et fait des disques depuis 30 ans, ne vous moquez pas).
Ce bonheur était hélas de courte durée, puisque les prohibitifs THE GOOD, THE BAD AND THE QUEEN débarquèrent sur scène cigarette au bec et se la pétant à mort. Un set d’un ennui mortel….faut dire que je ne suis pas vraiment fan de ce side-project ni même de Damon Albarn en général. Mais en s’enfuyant de la fosse on pouvait compter facilement une dizaine de bâillements dans l’audience. Malheureusement pas d’alternative, puisque pendant ce temps, KEANE joue sa musique de mauvais préliminaires sur la grande scène non sans un certain succès. Après tout, ce groupe, à l’instar de Carla Bruni, passe régulièrement à Taratata... Vite une bière !
On va ensuite se placer pour LCD SOUNDSYSTEM. Leur concert aux Vieilles Charrues 2005 reste gravé dans ma mémoire et mes jambes s'en souviennent encore. Mis à part un anglais bourré (pléonasme ?) rien ne viendra gâcher ce concert génial rythmé par d'excellent tubes (Daft punk is playing in my house, in my hooooouse). La Marquee se transforme en dance-floor et les flamands sont en transe pendant une heure vingt. Les lumières s'éteignent.
En sortant on passe devant les CHEMICAL BROTHERS qui jouent poussivement sur la grande scène. Et en se dirigeant vers la tente, on se dit qui décidément ce groupe est définitivement devenu has-been. C'est triste de voir des idoles ringardisées s'accrochant malgré tout. Réagir à cette critique
Entre le Roi, les Reines et les Empereurs, la journée du vendredi marquait le coup : Kings of Leon, Queens of the Stone Age, Kaiser Chiefs mais aussi Pearl Jam, Arctic Monkeys et Lily Allen.
Après un petit passage par les assez banals OI VA VOI, le groupe familial KINGS OF LEON débarque sur la grande scène, livrant une excellente prestation, Caleb Forthwill, malgré son brushing Schwartzkopf qui le faisait furieusement ressembler à Francis Lalanne, a grande voix et grande présence. Les tubes (Four Sticks, California Waiting, Bucket) sont au rendez-vous. On peut cependant déplorer leur froideur vis-à-vis d’un public pourtant massivement rallié à leur cause. Reste que ça reste un excellent moment avec même un petit clin d’œil à Eddie Vedder au moment du rappel de Slow Night So Long .
Enchaînent les KAISER CHIEFS : voici un groupe aux morceaux anodins (bon, Ok, sauf Everyday I love you less and less , I predict a riot (je rêve ou c’est surpompé des Clash ?) et à la limite Ruby …) et qui pourtant réussit à nous scotcher sur place pendant 1h. Incroyable énergie du frontman, qui a défaut de savoir chanter, possède un charisme certain, et du batteur souriant et échevelé, quel bonheur de voir des gens prendre autant leur pied sur scène. Bref avec leurs refrains à deux balles ils arrivent à emmener le public. Nul sur disque, incontournable sur scène. Pour une fois qu’un groupe anglais ne fait pas la gueule...
Une fois de plus je fus déçue par les QUEENS OF THE STONE AGE. Faut que se rendre à l’évidence, tant que Nick Olivieri (actuellement victime de la même expérience que Jimmy Chamberlain au sein des Smashing Pumpkins) ne réintégrera pas le navire, nous serons forcés de nous farcir des concerts insipides et commerciaux. Adieu la force virile hypnotisante de Josh, adieu les longs head bangings, les solos stoners élastiques et interminables… Josh Homme un peu bourré et visiblement pas guéri de ses vieilles obsessions sexuelles récurrentes, demande aux Belges s’ils fuckent bien… mouaif. Il y a 2 ans leur concert aux Eurocks était autrement plus convaincant.
Peu après on retrouve LILY ALLEN sous la Marquee (le dernier concert de BLOC PARTY ayant été un souvenir détestable). Le succès musical de cette nana est assez surprenant et son essentiellement dû à ses textes crus et à sa façon d’haranguer le public de façon très vulgaire. Mais n'étant guère un fin anglophone je comprends aussi bien son discours que si il sortait de la bouche de Joey Starr. Et le tout n'est pas super entraînant. Consternés, nous nous éclipsons au moment où la Miss annonce que sa prochaine chanson portera sur les micro-pénis.
Après avoir préparé leur cartable de la veille, et demandé à leur maman un sandwich au Nutella et un Fanta pour le goûter et ayant préalablement fait viser leur carnet de correspondance par le proviseur, les adolescents de ARCTIC MONKEYS se sont finalement produits sur la Grande Scène. Belle prestation. Leurs nombreux tubes font bouger tout leur public, et si leur rock reste bien basique il est redoutablement efficace. C’est autre chose qua Naast, Brats, Plast, Fifi et Loulou, leurs pendants français.
C'est à PEARL JAM que reviendra la lourde tâche de clôturer la soirée. Cela faisait quelques années que le groupe n'avait plus été vu en festival ((suite à un mouvement de foule, 7 fans sont restés sur le carreau au Roskilde. Comme quoi être fan de Salvatore Adamo n'a pas que des désavantages). La leçon a été retenue. A Werchter, des tranchées de séparation découpent le public (c’est pas toujours ultra convivial mais ça permet de gérer les gros mouvements). Eddie Vedder et tous ses amis livreront un set d'un rock basique mais efficace. ça se passe sans grosse anicroche, avec une belle envie et énergie, même si on est assez surpris de voir une tête d'affiche avec des compos assez faibles. Mais le rappel sur une reprise des Who (Baba O'Riley) est juste énorme avec un petit passage de Josh Homme, visiblement pas dessaoûlé depuis son concert. C'est heureux qu'on reprend le chemin vers sa tente. Réagir à cette critique