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Hatepinks - Interview

Hatepinks - Interview en concert

Marseille Septembre 2006

Interview réalisée le 18 septembre 2006 par Liveinmarseille.com

Les Hatepinks balancent un punk primitif, flamboyant, provocateur qui te prend le côté reptilien du cerveau et ne te lâche plus. Un des groupes les plus jouissifs sur scène que l'on ait vu depuis longtemps !

Rencontre avec Olivier Gasoil et Huggie Von Pink, repectivement chanteur et guitariste du groupe. Le deal est clair, ceci est un interview serieux. S'il veulent signer sur Universal, il faut mettre de côté leur côté provocateur et politiquement incorrect. Un entretien Michel Drucker style...



Votre groupe existe depuis combien de temps ?

Hugues : Ca fait 10 fois que tu poses la question, tu auras qu'à chercher dans les interviews précédentes. Si tu arrives pas a te rappeller de ça, change de métier....
Olivier : Holà ça commence bien. Allons du calme. On avait dit on la fait à la Michel Drucker. Le Groupe existe depuis 3-4 ans je crois.

Qui sont les Hatepinks ?
Hugues : Rémi der Pinkbeat joue de la batterie, le colonel Nass le Pink de la basse , moi de la guitare et Olivier Gasoil chante .

Avant de vous rencontrer, jouiez-vous dans d'autres groupes ?
Hugues : Oui, c'est exact, c'était cool . D'ailleurs, si tu faisais correctement ton boulot, ça aussi tu devrais le savoir
Olivier : Ha mais c'est fini oui ? Michel Drucker... Michel Drucker... Hugues, le petit nerveux là, était guitariste de Dollybird, Rémi, le batteur des Hatepinks y jouait de la guitare, Je jouais dans Gasolheads et il y a très longtemps, de 1990 à 1996 je jouais avec Nasser dans un groupe punk lycéen.

Pourquoi ce nom ?
Hugues : On cherchait un nom ridicule, mais Neurotic Swingers c'était déjà pris.
Olivier : Rhaaaa putain tu fais chier... Michel Drucker on dit!

Alors cette haine du rose ?
Olivier : C'est juste qu'on déteste les gens qui ont le cul rose.

Comment définissez vous votre style ?
Olivier : garage punk.

Revendiquez vous certaines influences ?
Olivier : oui, des centaines, on pompe tout le monde. Pour faire original je vais dire Les Ramones. Tu connais les Dickies ? 999, les Swell Maps, les Pistols, oui, ça tout le monde connaît aussi. Les autres voudraient qu'on ai une influence 60's, Kinks, Easybeat tout ça. Heureusement que je veille.



Comment se passe la composition des morceaux ?
Hugues : Je compose les bons morceaux et les trois autres composent les mauvais... Les miens sortent sur des labels US, les autres chez Lollipop.
Olivier : Oui, c'est exactement comme ça.

Comment votre musique a évolué au fil du temps ?
Olivier : Je pense qu'elle a gagnée en maturité. Avant on faisait des morceaux trop longs, là c'est 45 secondes à 1 minute 20, tu es obligé de condenser. J'aime beaucoup ce qu'on fait.

Toujours pas de morceaux de plus de 3 minutes ? Pourquoi ?
Olivier : Parce qu'on n'y arrive pas. Si tu t'étais renseigné tu saurais qu'on a fait un morcaeu de 4 minutes, une reprise de Eisbär, du groupe Grauzone, le vieux groupe de Stephan Eicher.

Qu'est ce qui vous pousse à faire de la musique ?
Hugue : L'envie de se dépasser
Olivier : L'envie de voir Hugues très souvent.

De quoi parlent les chansons ?
Hugues : Je ne sais pas.
Olivier : Du quotidien vu sous un angle poétique, avec des mots de tout les jours. Hahaha, non arrête je déconne ! Les chansons parlent de toi et de ta paranoïa.

IKEA kitchen (... it's like a gas chamber), Deine mutter die pute, Kissing cops with my ass... Un message, une explication ?
Olivier : Je déteste IKEA, ta mère et les flics.

Cynisme et dérision, ça aide à pas se flinguer ?
Olivier : oui.



Vous attachez une grande importance à l'esthétisme que ce soit photos ou pochettes. Vous bossez avec qui à ce niveau ?
Olivier : on a la chance de connaître deux très bons photographes, Emmy Etié (http://emmy.rock.pix.free.fr) et François Guéry (http://pictureman.free.fr). Et je m'occupe de réaliser les pochettes. De plus les labels sont toujours partant pour essayer des trucs style picture disc, pochette 3D, vinyles de couleur. C'est cool.

Y a-t-il une mort programmée des Hatepinks comme il y en a eu une pour les Gasolheads ?
Hugues : Oui, ça sera le mardi 7 juin.
Olivier : après le troisième album, sauf si on change d'avis.

Depuis un an environ on parle beaucoup de vous, vous faites de plus en plus de concerts. Comment gérez vous ça par rapport à vos métiers ? Quel est votre statut actuel ? Vivez vous de votre musique ?
Hugues : Ca fait beaucoup plus d'un an qu'on parle de nous, si tu lisais autre chose que Punk Rawk tu le saurais. Y a que moi qui travaille dans ce groupe. Olivier est fonctionnaire, mais je sais pas si tu considères ça comme un métier.
Olivier : Attends je travaille dans le culturel, c'est utile. Les autres sont chômeurs ou pire, étudiant.

Essayez/espérez vous un jour vivre financièrement des Hatepinks ?
Hugues : On connaît des gens qui essaient : maintenant ils font que des premières parties de groupes inconnus qui se reforment. En plus ils jouent tout le temps à Lille ou à Besançon.
Sérieusement, si j'avais voulu gagner de l'argent en faisant de la musique, j'aurais pas choisi de faire un groupe de punk rock.

Que pensez vous du problème des intermittents ?
Hugues : Je suis intermittent et je gagne 2000 euros par mois. Je vois pas où est le problème
Olivier : c'est vrai qu'il est intermittent.



Quelles sont les valeurs du groupe ?
Hugues : Il ne faut jamais sortir avec l'ex ou la sœur d'un ami.

Qu'est ce que vous haïssez le plus ?
Hugue : Je déteste tout, surtout les pédés.
Olivier : Biiiiiiip Censuré ! C'est hors Michel Drucker cette réponse. Quel humour quel cynisme glacé !

Qui haïssez vous le plus ? Philippe Manœuvre ?
Hugues : Non, ma mère. C'est vraiment une vieille pute.
Olivier : Biiiiip !

Cela a-t-il été facile de sortir vos albums ?
Hugues : Très facile, le plus difficile c'est de faire de beaux t-shirts .
Olivier : Oui, on a tout de suite trouvé des super labels. Lollipop, Unity Squad records et TKO Records aux USA, Gonna Puke en Italie, Squoodge en Allemagne, Revell Yell au Japon... On se plaint pas.

Un mot sur votre label ?
Hugues : TKO ? Ils ne sortent que de la Oï et de la new wave..... On s'est tout de suite senti en terrain connu.
Olivier : Lollipop ? Super !

Et de votre distribution à l'étranger ?
Olivier : Très bien.

C'est quoi l'esprit de vos Split 45t ? D'ailleurs c'est quoi un Split ?
Hugues : Un split 45 tours est un disque sur lequel on trouve 2 titres d'un groupe sur une face et 2 titres d'un autre groupe sur l'autre face. Ça permet au groupe le moins connu des deux de bénéficier de la renommée de l'autre.

Pourquoi sortez-vous tous vos disques en vinyls ?
Olivier : parce que c'est le format qu'on préfère et de loin, et en plus c'est celui qu'on vend le mieux.

Les projets ?
Olivier : Un picture disc 25cm et Maxi CD 7 titres sur TKO, qui s'appellera "Tête malade/Sick in the head", un 45 sur Squoodge encore, c'est le troisième, sur Squoodge, il s'appellera " French Cops Dressing Manual " avec pochette à découper pour déguiser les Hatepinks en Gendarme, policier municipal ou CRS.



Faut il forcement être looké pour faire du punk rock ?
Olivier : Non. C'est juste un choix à faire.

Faut il forcement se droguer pour faire du punk rock ?
Olivier : Oui, c'est juste un choix à faire.

La coupe de cheveux du chanteur c'est une calvitie précoce ou de la sympathie pour le mouvement skinhead ?
Hugues : C'est une calvitie, mais pas précoce , il a 35 ans.
Olivier : Haaa on sort du cadre Michel Drucker encore une fois. Je l'annonce ici : dès que je serait vraiment chauve j'arrête le rock'n'roll et je m'inscris dans un club de sport.

Vous tournez beaucoup en dehors de Marseille ?
Hugues : Oui, en juillet on doit jouer a Aix.
Olivier : on a joué une fois à Venelles.

Dans les groupes que vous avez croisés sur la route, qui vous a le plus marqué ?
Hugues : Huggie and the Glitters, ça déchire.
Olivier : Guitar Wolf. Les Glitters je les ai croisé mais je me rappelle plus de la musique.

Que représente la scène pour vous ?
Hugues : C'est comme une répète, mais le son est beaucoup moins bon. Des fois y a des filles aussi. Je sais qu'elles fantasment sur moi .... Des fois je suis sûr qu'elles pensent à moi quand elles font l'amour avec leur mec . Toutes les filles sont des grosses cochonnes, j'adore leur donner des fessées.
Olivier : Biiiip ! Attends, tu as vu ta question là? J'en ai une autre : la musique, c'est important pour vous ?



Si quelque chose était à refaire ou changer ?
Hugues : On aurait dû transposer "Girl Migraine" en LA.
Olivier : Ne pas prendre un Arabe à la basse.

Qu'est ce qu'est le punk pour vous ?
Hugues : De la merde
Olivier : Ma vie.

Votre pratique du "Do it Yourself" ?
Olivier : La masturbation. Hohoho, c'est drôle ça...

Vous êtes pas trop vieux pour ces conneries ?
Hugues : C'est peut être toi qui est trop jeune, petit con .
Olivier : Évidemment qu'on est trop vieux.



Votre meilleur souvenir de concert (sur scène ou/et dans le public) ?
Olivier : Quand Hugues s'est chié dessus sur scène dans un squatt Autrichien.

Avec qui pourriez vous imaginer/aimeriez vous faire un duo ?
Hugues : Avec la femme d'Olivier
Olivier : Ha c'est drôle ça! Je dis bravo.

A supposer que les agents de sécurité vous laissent débarquer aux USA, comment comptez-vous passer sous les portiques sans les déclencher avec tous les badges, boucles de ceintures, clous de perfecto et autres lunettes de soleil à montures métalliques qui constituent votre célèbre panoplie de parfaits poseurs ?
Olivier : Nos badges sont en plastique, nos lunettes sont en plastique, nous n'avons pas de clous sur nos cuir noirs comme la mort, et jamais, jamais, jamais nous n'avons ni ne porterons de ceintures à clous !
(NdPh : Pour vérifier que ceci est un mensonge éhonté, voir 3e photo : ici)

Pensez-vous que les USA sont réellement préparés à une déferlante de Haine Rose ?
Olivier : Oui ils sont prêt. On est très gros aux USA.

Pensez-vous que d'avoir copieusement insulté son rédacteur en chef à travers la chanson "Philippe Manoeuvre is a piece of shit" a permis d'attirer l'attention du célèbre journal Rock & Folk, qui n'en finit plus de rédiger des papiers élogieux (DVD Lollipop, CD des Neurotics Swingers etc), sur la galaxie rock marseillaise ? Si oui, était-ce le but recherché ?

Olivier : Non ça a aidé en aucune manière, on a jamais été chroniqués dans ce torchon de mes couilles. C'est cool que ces crétins n'en tienne pas rigueur à Lollipop, mais nous, pfff rien à branler. Ha merde j'avais oublié la règle Michel Drucker... Et si tu pense que le but recherché était d'attirer l'attention de ces blaireaux, ha ben tiens je préfère même pas répondre...On va faire un morceaux appelé "Patrick Eudeline Looks like a dead marmotte". Héhé, même plus drôle...

La célébrité arrivant, vos amis sont-ils toujours des tr... du c.. (cf le titre d'une de vos chansons) ou en avez-vous réussi à en changer ?
Olivier : Ho non ils sont restés les mêmes.



Les Hatepinks, groupe engagé politiquement ?
Olivier : Oui, nous sommes un groupe de gauche.

Vous en pensez quoi d'ailleurs de l'engagement des artistes ?
Olivier : Rien a foutre. Bukowski ou Truman Capote ou Léo Malet ou Johnny Rotten ou Hitchcock ou Lester Bangs ou Baudelaire n'ont jamais prétendus expliquer aux gens comment vivre. Tu peux à la rigueur t'engager pour une cause qui se présente là, devant toi, où quelqu'un te demande d'agir parce qu'il te connaît, parce que tu peux faire ce geste.

Pour quelle cause seriez vous prêt à jouer ?
Olivier : pour une manif demandant la démission de Jean Claude Gaudin, cette grosse truie vulgaire. You are a pig and we hate the pigs!!!

Qui admirez vous le plus comme artiste (musical ou pas) ?
Olivier : Oscar Wilde. Ha tiens Huggie se casse, ben c'est pas trop tôt !

Que pensez vous du problème de Internet et du mp3 ?
Olivier : Tout gratuit ! A mort les labels et les maisons de disque ! Mais il se pose surtout la question de l'accès à Internet. Nous autres, pauvres petits occidentaux dépressifs on ne pense pas assez qu'ils en ont rien à foutre de la législation sur les mp3 en Afrique.

Dans les disques que vous avez récemment acheté lequel vous a le plus plu et lequel vous a le plus déçu ?
Olivier : Le plus plu : l'album d' Aggravation, qui est pas encore sorti mais que j'ai déjà, héhé. Le plus déçu : Un best off Johnny Cash, tout le monde me dit que c'est génial, mais non, j'arrive pas à m'y faire...

Vous écoutez quoi en ce moment ?
Olivier : Un live des Saints en 1977 au Hope and Anchor, à Londres, sur Loch Cardhu Music, fantastique !



Si vous deviez décrire Marseille, qu'en diriez vous ?
Olivier : sale, intéressante, agressive, un peu difficile, mais j'adore Marseille.

Une initiative dans la région que vous aimeriez mettre en avant ?
Olivier : L'ouverture prochaine d'une boutique de disque Lollipop.

Pensez-vous qu'il soit possible de se faire connaître hors de Marseille ?
Olivier : Oui. Il suffit d'être très pointu dans ton domaine.

Qu'est ce qu'Internet a apporté au milieu musical ?
Olivier : La possibilité de diffuser très rapidement la musique, de rentrer en contact instantanément. J'envois les pochettes que je fais par e-mail. Plus besoin de téléphone, fax et envois postaux. C'est un outil. Un très bon outil qui sacrifie un peu la convivialité.

Un plus grand dynamisme de la scène musicale du Nord, mythe ou réalité
Olivier : Pfff je sais pas. L'Espagne bouge beaucoup plus que l'Angleterre par exemple. Il n'y a pas de grandes règles comme ça. Si tu parle de la France, non, c'est pas mieux au nord.

Quel regard portez vous sur la scène punk rock locale ?
Hugues : ahahah...
Olivier : De très bons groupes, qu'on va pas citer. Des assos et une bonne entente, tout va bien, manque un lieu autre que la Machine à Coudre, mais y'a aussi l'Embobineuse...

Le retour du/au (punk) rock ?
Olivier : Il n'y a pas de retour au punkrock. Juste un petit phénomène de mode qui fait que c'est considéré comme cool de porter des converses et des badges.

Pour finir, pouvez vous nous citer 10 groupes de la région (en précisant leur style ?)
Hugues : non
Olivier : Ha tiens tu est revenu toi ?



Si les Hatepinks étaient :

-un animal : un phoque très viril mais sensible quand même.
- une couleur : marron à paillette
- un plat : un cassoulet au verre pilé
- un livre : Presque n'importe quoi de Jean Patrick Manchette
- un film : Blow-Up d'Antononi

- Pour nos lecteurs marseillais ou de la région :
- un conseil resto : le Kebab de l'OM sur la gauche de la place Jean Jaurès
- Un conseil bar : La passerelle

Le mot de la fin ?
Olivier : Non, pas de mot de la fin.

Ps : Au fait et la reformation de Bleifrei ?
Olivier : Hé ça devait être la fin là ! C'est mon frère, des Neurotic Swingers qui jouait dans les Bleifrei. Moi je me contentais de me moquer.

Un interview Liveinmarseille.com
Photos "poseurs" : François Guéry
Photos "live" : Pirlouiiiit
Site : http://hatepinks.free.fr/

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