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Interview de Temenik Electric

Interview de <i>Temenik Electric</i> en concert

Marseille Aout 2013

Interview réalisée le 06 septembre 2013 par Flo R David

Medhi, pour ceux qui découvrent encore, tu es le chanteur de Temenik Electric. Comment tu définirais ton groupe ?

Temenik Electric c'est cinq personnes qui font du rock, et qui ont la particularité d'en faire en Arabe, pour faire donc de l'Arabian Rock.

Ce groupe que tu as monté avec quatre de tes amis, c'est une évolution logique de ce que vous avez écouté dans votre jeunesse ?

En fait, à partir d'une certaine étape de ton avancée, y'a un truc évident lié à ta culture, à ton bagage de musicien, aux rencontres que tu fais... Donc oui, ça s'est imposé comme une évidence de faire du rock dans cette époque là, dans cette langue là, avec ces gens là. Mais 10 ans en arrière, on aurait fait complètement autre chose. Parce que j'étais pas prêt à faire ça, parce que je faisais autre chose, parce que chacun d'entre nous faisait autre chose, et aujourd'hui, si on fait cette musique là, c'est pas pour rien.



Temenik Electric, ça date de quand ? Comment est-ce que ça s'est monté ?

La création du groupe Temenik Electrik date de 2011. Dedans on est donc cinq, et à l'origine on a monté le groupe avec Jérôme Bernaudon, le bassiste. Puis très rapidement on a rencontré Hassan, le guitariste, et Djamel, le batteur. C'est là que le groupe a réellement commencé à être un groupe. Même si c'est moi qui leade, on est vraiment un groupe dans le sens collégial du terme. Et enfin, on a rencontré Mathieu, aux machines et à la programmation, qui nous a aidés à moderniser notre son en quelque sorte.

Ok. Pour passer à votre album, Ouesh Hada ?, comment l'enregistrement s'est passé ? Vous vous êtes tous réunis dans un endroit pour le faire ?

Pendant toute l'année dernière j'avais des compos, avec de la guitare. Après, on a travaillé sous forme d'atelier. D'abord avec Jérôme à la basse, puis avec Djamel à la batterie, puis avec Mathieu, aux machines. Quand on a commencé à créer ces démos, chacun par sessions comme ça, Hassan n'était pas avec nous car il était sur d'autres projets. Mais après on s'est tous vus en répétitions, et on a tous monté les morceaux qu'on avait monté au préalable. On a la chance d'avoir le Nomad Café, où on dispose de tous les outils pour pouvoir travailler. Et quand on a pré-maquetté, on était prêt pour rentrer en studio, et on a tout enregistré en trois semaines. Quand tout ça s'est terminé, que Matthieu et moi avons fini de réaliser des petites choses, d'éditer, on a fait la rencontre de Patrick Jauneaud qui a apporté ce côté "production" qui nous manquait, faute de moyens.
Tout ça, c'est une formule qui nous va très bien. De cette manière, tout le monde a apporté sa pierre à l'édifice, ça s'est fait de manière collégiale et on a chacun fait nos morceaux. Dans le prochain disque, qui est prévu pour 2015, on va fonctionner comme ça parce que ça s'est fait vite et bien la première fois.



Quand on écoute des chansons comme Hel el Bab (Ouvre la Porte), on peut se poser la question de savoir si ce qui se passe dans le Maghreb et le Machrek depuis Décembre 2010 a changé votre manière de voir la musique. C'est le cas ?

Non. En fait, notre musique et les thèmes qu'on aborde sont en rapport avec ce que je vois et ce que je vis. Que ce soit au Maghreb ou en Amérique Latine... C'est pas parce que je chante en Arabe que les thème abordés sont en rapport direct avec les révolutions du Printemps Arabe.

Il y a quand même une chanson qui en parle...

Parce que c'était l'actualité brûlante ! Deux mois avant le début de la révolution en Tunisie, j'avais écrit une chanson qui s'appelle Ness Jerenin (Les Affamés). Au final, elle aura été en quelque sorte prémonitoire. Ce qu'elle dit, en gros c'est "Les gars, il nous reste tellement rien, que venez on s'insurge". Et deux mois après, y'a eu la révolution en Tunisie, en Égypte... Alors c'est sans doute pas une coïncidence, parce que ça va pas depuis longtemps, mais le fait d'évoquer des thèmes en rapport avec le Monde Arabe, il est seulement en rapport avec l'actualité. On évoque tous les thèmes qui nous entourent.

Est-ce que ça a changé quelque chose pour vous d'être en quelque sorte consacrés par le magazine anglais Songlines ?

En fait, en deux ans on a franchi toutes les étapes et atteint tous les objectifs qu'on s'était fixés à la base. Là, on se retrouve dans le Top of the World du magazine Songlines... C'est une satisfaction, évidemment, dans le sens où à un moment donné tu te dis que tu veux partager ta musique, et que ce genre d'énorme magazine va te permettre de la partager justement à une portée encore plus large que ce que tu espérais à la base. Tout est question de partage en fait. c'est une satisfaction de pouvoir partager notre musique et notre histoire au plus grand nombre. Donc c'est une satisfaction...



Mais pas une fin en soi non plus.

Mais carrément pas ! On a plus vingt ans, donc on attend pas après ça. Demain on a un truc sur Rock & Folk c'est pareil... On est content, oui, parce que les professionnels font l'écho de ce qu'on fait, mais le but premier reste de communiquer le fruit de notre travail aux Gens. Donc bien sûr que non, c'est loin d'être une fin en soi.

Pour vous, le groupe est avant tout un groupe de rock, ou plus un groupe de World Music ? Ou encore un melting pot des deux ?

Temenik... Ouais, c'est un groupe de Rock, un groupe de Musique. Après, il a l'avantage d'avoir la double culture, comme l'avantage que j'ai d'avoir la double culture. Et c'est aussi un avantage de pouvoir être répertoriés dans les festivals World comme les festivals de rock.

En parlant de Rock, quelles sont tes influences majeures ?

En ce qui me concerne, mes frangins m'ont baigné dans le Rock quand j'étais tout minot. J'ai été fan de tous les plus grands rockers du monde... Je vais pas te les citer parce qu'il y en aurait trop ! Mais on peut dire que je suis un enfant du Rock, comme je suis un enfant des musiques Arabes. Ça s'est fait en parallèle, parce que quand t'es enfant, y'a tes frangins qui te font infuser dans le Rock alors que dans le cercle familial un peu plus élargi y'a de la musique Arabe. Au final, c'est une histoire de Cultures, et ce chemin... Ça rejoint ce que je te disais tout à l'heure, de l'avantage d'avoir la double culture. Et avec Temenik Electric, on défie un peu toutes les lois mathématiques : 1+1 ça fait 1, ça fait un ensemble des deux cultures. Donc oui, tout ça pour dire que je suis un enfant du Rock. Culturellement, je suis plus proche du Rock que de la musique Arabe, mais je me suis rendu compte qu'elle était là. Elle a juste ressurgi y'a pas longtemps, je m'en suis rendu compte dans mon travail de musicien : on a pas cherché à apprendre la musique Arabe. Quand il a fallu faire des rythmes Arabes, c'est venu naturellement, sans les avoir "appris". La Pop anglaise a été importante aussi, comme le Funk. j'ai appris la musique grâce au Funk, pour ensuite revenir à la musique populaire par excellence, c'est le Rock.



Le Rock est universel, donc justement, est-ce que ça s'exporte bien, Temenik Electric ?

On a la chance d'avoir un propos international du fait que ce qu'on fait c'est du rock, et que les textes sont en Arabe. Donc on a des retours de presse de pays "inattendus" comme le Japon, la Slovénie, le Benelux, l'Italie, les USA... On a ces retours grâce au travail d'Olivier Rey, notre attaché de presse.
L'expression "Nul n'est prophète en son pays" elle se vérifie parce que toi, quand tu fais de la musique, tu te bases par rapport à la France parce que t'es Français. Mais avec les propos qu'on tient, avec les histoires qu'on raconte, on a plus de retours presse venant de l'étranger que venant de la France. Et ça nous va très bien ! Ça veut pas dire pour autant qu'on est en tournée internationale, parce que c'est très compliqué, mais d'avoir eu des échos ne serait-ce que du prestigieux Songlines, ça montre bien que cette musique là a plus un écho à l'extérieur qu'à l'intérieur. Et c'est quand on va être visibles à l'extérieur que les gens d'ici vont dire "Ah mais c'est un groupe français !" (rires)
Mais pour vraiment répondre à ta question... L'album est sorti en avril, c'est encore récent, et l'expérience fait dire qu'il faut deux ans avant qu'un disque soit vraiment visible, donc je te dirai ça d'ici un an et demi !

Du coup il n'y a pas de projet à l'extérieur ?

Si si, bien sûr. Mais rien n'est fait donc on va pas tirer des plans sur la comète... Mais ouais, y'a des projets de résidence au Maroc, y'a une tournée en Italie et en Espagne, l'Angleterre c'est plus compliqué mais vu l'article sur Songlines, y'a des trucs qui vont se faire. On a des possibilités en Israël aussi : y'a des pistes, mais je t'avoue que c'est plus compliqué, parce que c'est le Nomad Café qui produit, on est une petite boite de prod', donc il faut faire ça simplement pour pouvoir franchir les étapes tranquillement.

Avant de finir, on va faire un truc un peu plus léger. Questionnaire "S'il ne devait en rester qu'un" !

Un artiste ?
Prince.
Un album ?
Harvest, de Neil Young.
Une chanson ?
In the Name of Love, de U2.
Un instrument ?
Le piano.
Un lieu ?
Le Nomad Café.
Un club de foot ?
Le Barca. L'école Blaugrana.
Un style musical ?
La musique populaire.

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