Un an après leur brillante démonstration aux Quatre Vents, les
Plastic Gangsters ont une nouvelle fois brûlé les planches du Bar de Jean-Luc, le bruyant créateur des soirées Psychotroperektion à la Coopé… Impossible de débander avant une heure très avancée de la nuit avec une pareille équipe ; les deux sets ultra rock ‘n roll éclairés façon Guerre des étoiles et copieusement embrumés avec des fumigènes ont provoqué un attroupement monstre et le record d’entrées payantes (174 !).
La soirée avait été placée sous les meilleurs auspices par
Elderberries, une bande de gamins (16 ans) turbulents et pas maladroits avec leurs instruments. A peine sortis du lycée, les francoCanadiens pratiquent déjà une sorte de Blitzkrieg Metal qui décrasse les oreilles. Le répertoire aborde avec une fougue juvénile les tubes de
AC/DC,
Black Sabbath,
Blur ou
Led Zeppelin et permet de découvrir quelques compositions sous influences. Si la finesse n’est pas vraiment à l’honneur, l’énergie est bien là : les aficionados du groupe pogotent comme des dératés et tentent même des slams avec réussite ! Dans un bar, il faut oser…
Toujours prompts à fanfaronner, les
Plastic Gangsters se sont cette fois-ci fendus d’une superbe et clinquante affiche rouge. Cela permet à chaque membre du groupe - désormais managé par un producteur véreux et accessoirement guitariste :
Harvey Di Fontis - de voir son nom écrit en grosses lettres. Une exigence qui permet de satisfaire les égos surdimensionnés de Peter, Mick, Fred, El Drummo, Vince et Harvey. Mais qu'importe, on est prêt à accepter tous les caprices de stars car ce groupe possède deux qualités primordiales : une énergie incroyable et une joie de jouer (très fort) hors du commun.
Bizarrement, les slows sirupeux et les sons clairs ont été oubliés dans la set list. Celle-ci donne en effet la part belle au punk rock garage et à la violence gratuite, pour le plus grand plaisir des fans des
Cramps, des
Sex Pistols, des
Clash et de toute une flopée de fous furieux… Tout le groupe semble ravi de faire un maximum de bruit en reprenant ses titres favoris qu’ils soient exhumés du fin fond des années 60 (
Sonics,
Standells,
Them) ou qu’il aient été publiés dans les années 2000 (
The Vines,
The Strokes,
D4,
The Hives). Avec ses cris de bête en rut, le grand
Peter Marvel (qui arbore des accoutrements moulants et flashy farouchement désapprouvés par l’office catholique) lance la cavalerie à l’assaut des tympans du public. Ses fidèles lieutenants suivent ses injonctions hystériques à la lettre et se battent presque pour faire le plus de raffut possible :
« El Drummo » Ramirez tente d’enfoncer sa batterie dans le sol,
Mick « Carburator » Roccco essaye - en vain - de péter une corde de sa basse,
Neon Fred est plié en deux sur sa guitare ou ses claviers et
Vince-O-Matic fait couler des torrents de lave avec sa guitare en Fuzzion… Malgré le choix de ces noms de scène ridicules, certains ne comprennent pas l’humour du combo. Les tenues glamour enfilées pour le deuxième set ont dû convaincre les plus réticents de l’autodérision de ces voyous en plastique : Fender Stratocaster rose, t-shirt moulant et boa rose, pantalons en cuir, chemises ridiculement voyantes, rien ne manque à leur garde robe !
Après un vibrant hommage aux
Stooges de l’immense
Iggy Pop (Search and destroy, Down on the street, Loose et Penetration), Sympathy for the devil des
Rolling Stones et Blittkrieg bop des
Ramones viennent mettre un point final à une soirée de feu. L’assistance finit donc comme à chaque fois : enrouée à force d’avoir trop hurlé, fatiguée d’avoir trop bougé et avec les oreilles qui sifflent…
Réagir à cette critique