Une cinquante de personnes s'est rassemblée pour voir (gratuitement !) un film encore inconnu en France…
High and Dry.
Mais qu'est-ce ?
Un film, enfin "une lettre d'Amour" selon les dire du réalisateur
Michael Toubassi, dédié à Tucson, AZ aux Etats-Unis. Et cette missive, puisque c'est dont il s'agit, reflète, s'inspire, parle, et surtout documente sur la scène musicale de cette ville du fin fond de l'aride Etat.
Le réalisateur étant issu de cette dernière (musicien, puis tour manager, organisateur de concerts etc.), il rend hommage à une scène qui s'est construite depuis le punk jusqu'à aujourd'hui sans cesse marquée par de nouveaux courants musicaux.
Where the desert meets rock'n'roll
De
Giant Sand à
Doo Rag en passant par les
Supersuckers,
Machines of Loving Grace et terminant sur
Calexico le but est de montrer l'unité, la force d'une scène musicale à taille humaine. A aucun moment, en effet, une rivalité profonde est marquée, même si un ou deux petits conflits surgissent comme lorsque
John Convertino, ex-
Giant Sand et néo-
Calexico, décide de changer de groupe.
Ballad of the Tucson 2,
Giant Sand
Mais là encore, le réalisateur, depuis peu installé à Hollywood, ne s'attarde pas sur des chamailleries et préfère montrer de vieilles vidéos de concerts, ou se focalise sur des histoires assez cocasses telles celles de
Machines of Loving Grace ou le méconnu (en Europe)
Rainer. Alors que les premiers connaissent un succès extraordinaire sur une période éphémère, qui les conduit droit au cimetière de
l'indus rock, le second finira au VRAI (sic) cimetière après une carrière (il vivait de sa musique) qui l'a tout de même conduit jusqu'en Europe…
Destin parralèlo-similaire pour le burlesque groupe
Doo Rag nous confiant un magnifique:
"I love Tucson, AZ. Even more when she wears a short skirt".
Humour décalé garantit également du côté de
The Pork Torta donnant au documentaire une vraie dimension amicale.
Hell City, Hell,
Supersuckers
Alors les vrais de vrais, les durs à cuir du rock'n'roll reprocheront à
High and Dry de ne pas parler de drogues, de ne pas voir de mec se faire arrêter par les flics ni de groupies à tout va, mais ces gens là n'auront alors, absolument pas saisi le propos. Et c'est bien dommage, car c'est assez rare que le ton d'un documentaire musical soit aussi neutre envers tant de groupes sans pourtant l'être envers la ville précitée. Mais c'est bien connu, on n'est pas objectif lorsqu'on est amoureux.
PS: Lors d'un entretien totalement improvisé,
Michael Toubassi m'avouera qu'il existe une version longue de 4h du film, qu'il espère le sortir en France au premier trimestre 2009 ("avec une meilleure traduction") et peut être accompagné d'un mini documentaire sur
Giant Sand! Rien que ça !