Partie un peu au hasard découvrir une artiste et une (chouette) salle inconnues, je me suis pris hier une bourrasque d'énergie et de talent en pleine tête. A l'évidence, Sandra Nkake a tout d'une "grande". Vers 21 h, les quatre musiciens (guitariste, bassiste, batteur et claviers) s'installent sur scène pour commencer tranquillement à jouer .../...
Partie un peu au hasard découvrir une artiste et une (chouette) salle inconnues, je me suis pris hier une bourrasque d'énergie et de talent en pleine tête. A l'évidence,
Sandra Nkake a tout d'une "grande". Vers 21 h, les quatre musiciens (guitariste, bassiste, batteur et claviers) s'installent sur scène pour commencer tranquillement à jouer et l'arrivée de l'artiste fait sensation : chapeau bleu flash sur la tête, glissée dans un pantalon en cuir et juchée sur des talons hauts, elle a le look et le physique d'une vraie diva soul.
Mais également la voix, grave et forte, qui pousse haut et loin. J'accroche dès le premier morceau,
"I miss my land" qui, entre funk et soul, introduit un univers souriant, grâcieux, élégant. Les musiciens assurent et l'harmonie s'installe.
Les talents de comédienne de l'artiste viennent pourtant déjà s'immiscer dans le jeu de scène : sifflements, grimaces et mimiques, blagues, poses et attitudes théâtrales ou cris s'insèrent dans le show pour mieux le pimenter et brouiller les pistes. Il est en effet difficile de ranger l'artiste dans une catégorie, elle qui oscille entre cinéma et musique et touche tout à la fois la soul, la funk, le jazz ou encore le reggae pour aller même gratouilller du côté du rock. Le 3 è morceau fait d'ailleurs place à un petit solo de guitare. Une autre évidence s'installe : la chanteuse est bonne danseuse et a un excellent sens du rythme. Joueuse, elle minaude souvent avec son bassiste qui ne la laisse pas en reste.
Mais bien que maquillé d'humour, le lancement du morceau hommage à sa mère partie trop tôt (
"Mansaadi") permet de percer un temps la carapace. La chanson laisse place à l'émotion et la voix, fébrile, est poussée jusque dans ses derniers retranchements, entre rires et sanglots. Nouvelle corde à son arc :
Sandra Nkake utilise des bruits, des beat box et une console pour enregistrer et sampler en live les effets, procédé très en vogue actuellement.
Retour au rythme et virage "reggae" avec l'excellent
"Stay true". Complétement happé par le morceau, le public reprend en choeur et jusqu'au bout un entêtant "gimmick" à base de "oh oh ohhh", tandis que le groupe décline le titre dans différentes ambiances. "On revient du Brésil mais finalement pas besoin de partir loin, c'est aussi chaleureux ici."Un pur moment de bonheur.
Usant ensuite du théatre et des attitudes expressives,
Sandra Nkake retrace dans une compo et de façon sonore et visuelle la journée d'un quidam, du réveil somnolent à l'ivresse nocturne. Jolie performance ! Le bassiste s'éclate clairement et nous régale de rythmiques entêtantes et de petits solos maitrisés.
On aborde ensuite pleinement le registre soul (ou Rythm n blues à son sens originel) le temps d'un morceau. "Il y a des gens comme ça qui nous manquent, comme
D'Angelo... (ndlr : inactif musicalement depuis bien longtemps. Tout comme
Lauryn Hill que j'écoutais hier soir !). Puis c'est l'heure du joli single
"Happy", déjà consacré par la radio Nova qui l'a intégré dans sa compil Nova Tunes 1.9.
Pour le rappel,
Sandra Nkake revient seule, pieds nus, liberée, pour sa reprise de
"La mauvaise réputation". Le rythme est enregistré sur sa console, les paroles, revisitées par le flow de l'artiste. Le bassiste vient renforcer le tout. Même si je tique un petit peu sur le phrasé à quelques instants, le titre est audacieux, moderne et ajoute incontestablement quelque chose à l'original. Puis sur
"Blind", le batteur, vrai "soul man" s'il en est, se met à pousser la chansonnette et se révèle tout à fait doué.
Sandra Nkake donne de la voix et une énergie intense jusqu'au bout, entre simplicité et grain de folie.
Vous l'aurez donc compris, il n'y a rien à redire : cette fille a tout pour elle ! Premier album
"Mansaadi"("petite mère"), dispo depuis le 21 octobre.
Plus de photos du concert (la chanteuse est un régal pour les photographes) sur le MySpace de Manu Bighelli : www.myspace.com/bighelliphoto
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