Leonard Cohen en tournée, ce n’était pas arrivé depuis 15 ans ! Et s’il maintient ce rythme, il aura 89 ans lors de sa prochaine tournée. Il vaut mieux le voir cette année.
Je ne connaissais pas le Festival de jazz de Nice (qui a souvent une très belle programmation, mais la concurrence est rude en Provence à cette époque). Beaucoup d’Anglais connaissent. English spoken everywhere. Ils ont amené leur chaise pliante, leur luge en bois (authentique) pour monter dessus. Ils connaissent les lieux et savent que la scène jardin est devant un champ plein d’oliviers et en pente dans le mauvais sens, ce qui fait que lorsque vous êtes loin, vous ne voyez rien du tout. Moi, j’étais à quelques mètres mais j’ai quand même eu du mal. Quant à ma femme (1m57), elle a découvert au rappel qu’il y avait 3 choristes et non 2.
Les musiciens arrivent : Roscoe Beck (basse et direction musicale), Neil Larsen (claviers), Bob Metzger (guitare), Rafael Gayol (percussions), Javier Mas (guitare 12 cordes et bandurria), Dino Soldo (saxophone, clarinette électrique, harmonica, claviers) et trois choristes : Sharon Robinson et les Webb Sisters, immédiatement suivis par Leonard Cohen, longuement acclamé.
Dès « Dance Me To The End Of Love », il est clair que Leonard est toujours un génie. Les ans n’ont pas altéré cette voix unique à laquelle répondent celles des trois choristes. Les solos ne sont pas ceux d’un violon comme sur le disque mais de la clarinette électrique (excellent son !!).
Avant le début de quelques morceaux, il traduit les paroles en français. C’est le cas pour « Bird On A Wire » ou « Everybody Knows », mon morceau préféré, sur lequel Javier Mas a joué à merveille même si la sono ne le mettait pas assez en valeur.
Le musicien le plus remarqué est Dino Soldo qui passe d’un instrument à l’autre avec autant de dextérité. Au milieu du show, les musiciens sortent et laissent Leonard tout seul sur scène avec ses trois choristes pour deux morceaux : « Tower Of Song » (Leonard aux claviers) et « Suzanne » (guitare).
Le choix de la setlist a dû être difficile étant donné la multitude de chefs d’œuvres dans le répertoire de l’artiste. Et comme il n’a pas fait d’album depuis quatre ans, il n’avait pas de promo à faire et a joué ses morceaux les plus connus, de mémoire : « Ain’t No Cure For Love”, “Hallelujah”, “So Long Marianne”, “First We Take Manhattan”, “Democracy”, “I’m Your Man”, “Closing Time” et j’en oublie certainement. En revanche, il n’a pas joué « The Partisan ». Dommage, ça lui aurait permis de chanter en français.
A la fin du rappel, le chanteur et le public se livrent à une partie de ping pong avec « merci !» en guise de balle.
Dans une demi-heure, Maceo Parker entrera sur cette même scène. Le Maria Schneider Orchestra sévit déjà sur la scène Arènes. Comme beaucoup de festivaliers, je préfère partir en chantonnant à ma femme « Everybody knows that you love me baby » ou « I’m your man »…