Ma 3e et dernière soirée au
Nice Jazz Festival 2007 a mis un certain temps a réellement démarré mais a finit par apporter quelques instants de magie…
Ca commence avec le cubain
Raul Paz. Je ne suis pas réellement fan des musiques sud-américaines, donc ce n’est pas avec un très grand enthousiasme que je m’approche de la grande scène…
Finalement, son set sera plutôt sympa (Raul et ses musiciens sont plutôt souriants et décontractés) et même assez émouvant, car plusieurs chansons sont assez mélancoliques (malgré mon niveau d’espagnol perdu, c’est la magie de la musique qui opère) et Raul fait assez bien passer les sentiments…une bonne petite surprise.
Ensuite place au Jazz…b’en oui, on est au Nice Jazz Festival…Et autant l’avouer je ne suis pas non plus un puriste du Jazz.
On a d’abord droit au nouveau projet du saxophoniste
Julien Lourau associé au collectif cubano-chilien
Rumbabierta.
Evidemment, ça joue bien mais je trouve que ça manque un peu de vie, notamment Lourau qui n’est pas très communicatif…bon, il fait encore jour et la sympathique scène des arènes est un espace concert assis, d’ailleurs on se fait un peu gronder quand on a l’audace de se tenir debout sur les barrières de sécurité. « Allez merde, tout le monde debout ! »… « Euh, non excusez-moi messieurs dames, passez une agréable soirée ». Bon, je plaisante.
Ensuite encore du Jazz, décidément c’est quoi ce festival de jazz qui programme du jazz…quel toupet ! Cette fois-ci je trouve ça plus enthousiasmant, c’est toujours assis puisque à la scène des arènes et le groupe s’appelle
Sakesho.
C’est un quatuor parisien. Piano + Basse + Batterie + Steel pan. Le bassiste est un rasta relativement bien connu des musiciens :
Michel Alibo. Putaing, il bouge bien ses dreads mais surtout il assure un max ! Les steel pan ce sont ces percus typiques de musique tropicale. Je le redis : c’est pas ma musique favorite mais je passe plutôt un bon moment. Merci.
Vient l’heure de
The Roots, que j’avais vraiment envie de revoir. Direction la grande scène. Hélas, un quart d’heure plus tard est programmé Toumani Diabaté, que j’avais vraiment envie de voir, à la scène des arènes. Va falloir faire un choix difficile…
Depuis le départ de
Rhazel, The Roots nous avaient livré un moyennement convainquant
the tipping point, mais son récent successeur
Game theory est nettement plus enthousiasmant et marque un retour aux roots…euh, suis-je clair ?
Finalement, vu les difficultés rencontrées pour suivre un concert sur la grande scène : sol bosselé, arbres en plein milieu du champ de vision, public bien massé…
je n’ai suivis, avec regrets, qu’un quart d’heure du concert des Roots et j’ai vraiment préféré qu’il y a 4 ans aux eurockéennes. Les chansons du dernier album sont bien explosives sur scène et l’apport d’un tuba énergique est un point positif.
Bref, un quart d’heure bien vitaminé qui fait bien bouger le corps et péter les neurones mais je fais le choix d’aller découvrir Toumani Diabaté à la scène assise des arènes…
Pas un choix facile, mais finalement on a touché les étoiles avec ce concert du musicien malien…
D’abord les conditions sont meilleures ici, ça y est des gens sont debout devant mais on peut y voir quelque chose, le son est très bon et l’ambiance dans les premiers rangs est vraiment très très bonne.
Toumani Diabaté est un joueur de Kora, reconnu dans le milieu de la musique africaine et qui a même récemment eu droit à un bout de célébrité grâce à sa participation au dernier album de
Bjork…
Toumani est entouré d’une bonne dizaine de musiciens, chanteur et danseuse (tous originaires d’Afrique de l’ouest mais de pays voisins…) qui nous ont offert un moment magique où tous les repères temporels et matériels se sont vus modifiés.
Toumani s’est adressé parfois au public notamment pour nous évoquer la culture Mandingue de tous ces pays d’Afrique de l’Ouest: Guinée, Côte d’Ivoire, Mali… qui autrefois (avant la colonisation) ne formaient qu’un…Du coup ces propos ont rajouté de l’émotion à ce concert qui n’en manquait déjà pas.
Dans le public quelques africain(e)s sont aussi là et mettent une bien jolie ambiance !
Un voyage assez inoubliable qui se termine en apothéose avec l’arrivée sur scène de
Dee Dee Bridgewater (dont le dernier projet musical explore ses racines africaines…) et ses musiciens qui ont joué plus tôt sur la grande scène (bon, je suis pas allé les voir à cause d’un mauvais souvenir persistant d’un tube sirupeux que chantait Dee Dee dans les 80s, désolé).
Donc, une bien belle fin de soirée et j’ai juste le regret que The Roots ait été programmé au même moment.
Photos Roo Ha Kim pour www.liveinmarseille.com