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3 semaines à peine après
Metallica, retour à Nîmes pour un autre concert qu'on espère d'anthologie. Les
Nine Inch Nails, ou plutôt "le"
NIИ (qui n'a sauf erreur plus aucune pièce d'origine autour de lui), qui donne ce soir un concert qui fait partie de sa tournée d'adieu. Avec à peu près vingt ans d'existence, dieu sait l'héritage immense en
disques que laissera le vrai-faux groupe de
Trent Reznor, que la plupart de ses fans ont eu le temps de déjà voir en concert et à de meilleurs époques : celui-ci n'est donc que du bonus, une dernière petite communion païenne entre gens bien élevés.
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Petite parce que même avant d'entrer dans les Arènes, il paraît évident qu'il y a moitié moins de monde que pour les Four Horsemen. On prend donc le temps de se restaurer et de boire quelques coups avant d'y pénétrer. A l'intérieur également, configuration en amphithéatre (une seule moitié du cirque donc), des gradins pas tout à fait pleins et une fosse où l'on se promènera tranquillement tout le concert. Le père
Alec Empire est déjà en train de produire sa tambouille favorite, un mélange de sons metal et de drums techno/jungle/big beat sur lequel il hurle dans un micro saturé, pendant que sa jolie copine mystérieuse farfouille dans les machines.
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Qu'en dire d'autre ? Il ressemble toujours à Daniel Day Lewis, il est toujours aussi énervé, fait toujours le même chose et c'est toujours aussi épuisant après 10 minutes, à moins d'avoir pris une substance amphétaminique quelconque et d'être déjà à moitié sourd comme il doit l'être... Et que pour lever toute ambiguïté à ce sujet, l'ayant déjà vu en 2002, on peut affirmer que le son est réglé comme ça
exprès ! Autant dire que le morceau le plus violent des
NIИ restera un élixir à nos oreilles en comparaison que ce bloc massif de saturation et d'écho, une sorte d'impasse musicale dont le producteur teuton fou ne semble pas pouvoir, ou vouloir sortir... Bref un petit quart d'heure en sa compagnie, achevé sur
Revolution Action d'Atari Teenage Riot, sera bien suffisant.
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Quelques minutes d'attente et quelques bières plus tard, le temps que le jour tombe un peu, et la scène se prépare à accueillir les
Clous de Neuf Pouces, qui ne sont plus que 4 sur cette tournée. Seule tête connue à part le cerveau du groupe, le guitariste "historique" et souvent remplacé
Robin Finck, toujours avec sa coupe de cheveux atroce, à n'en pas douter inspirée par celle du
Kurgan de
Highlander (dont il a en outre un peu le même visage gracieux). Du point de vue mise en scène, ce sera minimaliste, et tout au long du concert : alternance stroboscope / nuit ou pénombre sur scène, le tout noyé dans d'épaisses vagues de fumées. Et heureusement, de temps en temps des nappes de lumière jaunes plus chaleureuses pour se reposer un peu les yeux.

En tout cas le frontman a l'air en forme, propre sur lui, bien coiffé et toujours baraqué comme un tonneau (c'est étrange de se rappeler qu'en 2000 quand on l'a vu pour la
première fois, il était couvert de boue, hirsute et plutôt maigrichon ; en gros à peu près comme sur cette pochette ci-dessus..). Il a doublé de volume depuis ! On reste tout de même nostalgique de l'époque où lui et le groupe qui l'entourait inspiraient ... la peur.
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Ils commencent par une intro calme, où l'on se souvient qu'on connait mal les titres du groupe (puisque sa musique ne se conçoit que par albums, sinon par doubles albums !), suivi de (je crois)
1,000,000 issue du peu marquant
The Slip (au fait, je lance un appel, on a un
NIИ de retard à chroniquer, si ça branche un lecteur ?), tout comme la plus sympa et plus virulente encore
Letting you, où
Trent Reznor se jette avec gourmandise sur le clavier...
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Et puis d'un coup le concert décolle pour de bon, comme on pouvait s'y attendre grâce à des titres plus classiques : un enchaînement ébouriffant de l'électro
Sin, d'une
March of the Pigs toujours aussi jouissive, démembrée et furax, et d'un
Piggy, hip hop en plomb de bon aloi puis fin thrash, et à nouveau un titre de pop indus récent moins excitant - le concert alternera (hélas) tout du long des passages formidables, et d'autres presque à vide, par exemple sur
With Teeth...
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Le groupe jouera avec insistance des titres de l'album
The Slip, ce qui est compréhensible mais un peu agaçant au vu de la durée finale du concert et de l'idée qu'on les voyait ce soir-là, enfin jusqu'à nouvel ordre, pour la dernière fois ! On a en tout cas redécouvert la virulence de
Burn ("This world rejects me !") issue de la BOF de
Tueurs Nés, et éructé de plaisir sur l'extraordinaire
Happiness in Slavery qui a littéralement déchaîné le public (jusqu'à ce qu'on se rappelle de son clip atrocement pénible à regarder, non, restez-là, je vous assure, vous allez mal digérer !).
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Et puis l'incursion dans
The Fragile, elle, a été tout à fait réussie :
The Frail/The Wretched, superbes, enchaînées avec un magistral
I do not want this ! Confiants, on s'est alors dit que
Starfuckers viendrait plus tard et puis, hélas, non. Mais on s'est pris un hystérique
Wish en pleine face à la place... qui renvoie plein de souvenirs de l'heureuse époque étudiante où l'on écoutait le
Broken de
Nine Inch Nails sans comprendre leur potentiel, les prenant simplement pour une bande de punks tarés samplant Kraftwerk... Ne ricanez pas trop les kids, c'était avant Internet.
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Plus loin, on a également vibré sur
Survivalism (une tuerie) où le frontman a changé pour un t-shirt noir, ayant sans doute fini de tremper le précédent, et enchaîné sur (arghh, trop bon !!)
Mr Self Destruct, après quoi il a présenté ses nouveaux et anciens musiciens, ce qui fut vite fait, avant d'enchaîner sur un
Echoplex par contre dispensable. Je ne suis pas tout à fait certain que
TR était sincère (c'est un euphémisme) en nous qualifiant de "best fucking audience of the tour", ce qui sonnait un peu scolaire... (en fait, après enquête sur sa page
twitter, c'est un running-gag qu'il poste après chaque concert, désolé pour ceux qui y auraient cru !)
... Mais j'ai aimé le disco déjanté de
The Hands that Feeds qui a transformé la fosse de l'arène en dance floor décadent (grâce à la présence de quelques jolis spécimens gothiques montés sur platform shoes), idéalement enchaîné avec la génialissime et étonnamment moderne
Head like a Hole (puisqu'elle est maintenant plutôt ancienne, 20 ans, eh oui !) , carrément du même style et sans une ride, un pur moment de rock'n'roll...
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C'est à peu près là que tout a basculé : le groupe est sorti de scène (après une durée normale et pas indigne, genre 1 h 35 ou 40), et est certes revenu nous donner un magnifique
Hurt... Mais rien de plus, emballé c'est pesé, ils sont sortis pratiquement sans qu'on ait le temps de s'en rendre compte ! Assez grosse déception qu'on a mis quelques minutes et une grande bière à digérer. Où étaient
Starfuckers, Closer, Ruiner, Eraser, Capitol G, God given, les titres en spirales, les titres fragiles, les cassés et les réparés, les 36 fantômes, le terrible mensonge, le jour où le monde entier a disparu, etc, etc ? Bon évidemment j'imagine qu'un fan de Johnny qui connaît tout par coeur, à la fin d'un concert, doit aussi être atrocement frustré...
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Mais quand même, pour une tournée d'adieu on aurait pu espérer avoir au moins 2 heures de concert (l'idole des jeunes les tient bien, lui !). Ont-ils trouvé que les arènes sonnaient creux ? Ce n'était certes pas l'audience la plus déchaînée que j'y aie vu (cf pour cela les à ce jour indépassés disciples reznoriens de
Rammstein, qui avaient déclénché une pure folie dans ces lieux). Bon, cela étant, même un concert "mineur" de
Nine Inch Nails, c'est-à-dire avec une playlist seulement aux deux tiers enthousiasmante, un peu scolaire et trop court, ça reste plus enviable et jouissif que Marilyn Manson au meilleur de sa forme !
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Quant à
Trent Reznor, on sait bien qu'on le retrouvera sûrement bientôt sur d'autres projets comme producteur, sparring partner ou autre : sa collaboration avec
Saul Williams est par exemple ce qu'il a fait de plus inspiré sur les 5 dernières années. Et puis apparemment il n'a parlé d'arrêter que "pour un moment", bonne idée : à force de sortir 10 chansons par mois, il risquait dangereusement de s'épuiser, tout comme sur scène où il ne m'a pas paru totalement libéré. Quoi qu'il en soit, pas de regret, si jamais il s'avère que c'était
vraiment le dernier concert du
NIИ, le meilleur non-groupe du monde (ex-aequo avec QOTSA bien sûr), il fallait bien y être pas vrai ?
Illustrations par Philippe, photos peut-être à venir !
PS 1 : "Festival de Nîmes" ? Ha, ha, HA !
PS 2 :
Vidéos souvenir du concert, par
ici !
PS 3 : la plus bouleversante
version de
Hurt que je connaisse... juste au cas où elle vous aurait échappé.
PS 4 (record battu) : j'ai la flemme de les changer mais il y a
Plus de photos par Pirlouiiiit en cliquant ici et elles sont bien mieux que les miennes !