
La présence de
Christian Brazier au sein de ce
Zaj Quartet a attisé ma curiosité. Mais ce projet-là, c’est
Dan Roth qui le porte, saxophoniste et maître des lieux, une accueillante galerie rue d’Aubagne. La musique jouée est ambitieuse, inventive.
Angoissante tout d’abord tout au long d’une pièce qui aiguillonne notre imagination. La mienne m’envoie des images de Rosemary’s Baby. Les portes grincent, le sax ténor peut être soupçonné d’avoir conclu un pacte avec le diable puis se libère magistralement de ses chaînes.

Exploratrice ensuite comme la main gauche de
René Perez Zapata qui plonge dans les entrailles du piano, comme celles de
Brazier qui heurtent la contrebasse après l’avoir caressée d’un archet, comme les doigts de
Dan Roth qui choisissent diverses percussions pour mode d’expression. Et puis la construction prend forme, inexorablement pour parvenir à l’apogée avant un doux dialogue entre piano et sax alto.

Paroxysmique encore lors d’une de ces créations qui vous font mécaniquement fermer les yeux. L’instant est propice à la réflexion sinon à la méditation, qu’un piano aérien et de discrets cliquetis viennent clore.

Mutante enfin lors de l’arrivée du violoniste
Pascal Delalée, invité surprise. Quatre mains sur le piano, une angoissante contrebasse, un violon qui crisse et une plage de musique de chambre qui surgit de manière surréaliste au milieu de cette impro expérimentale. Le violon de Delalée est asymétrique. Comme la musique de
Zaj Quartet.
Les frissons ne nous ont pas quittés de la soirée. Comme dans toute musique improvisée, chaque musicien a ajouté sa créativité à celle des autres. A ce titre, le travail du batteur
Fabien Leroy dans la construction de la charpente est primordial.
La fertilité de leur musique s’est propagée à notre imagination. Et nous avons entendu une note magique, créée par la contrebasse, prolongée à l’identique par la clarinette basse à son tour relayée par le violon.
Zaj Quartet :
René Perez Zapata : piano /
Christian Brazier : contrebasse /
Fabien Leroy : batterie /
Dan Roth : saxophones alto et ténor, clarinette basse, percussions, piano.
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