Une fin d’après-midi surprenante, métissée et réjouissante au Printemps de Bourges 2009 avec, par ordre d’apparition, le country folk rock in french de Sammy Decoster, l’afro folk de Victor Démé et la chanson reggae funky drôle de Mathieu Boogaerts…
Sammy Decoster
C’est le jeune français Sammy Decoster qui débute la soirée sur .../...
Une fin d’après-midi surprenante, métissée et réjouissante au Printemps de Bourges 2009 avec, par ordre d’apparition, le country folk rock in french de
Sammy Decoster, l’afro folk de
Victor Démé et la chanson reggae funky drôle de
Mathieu Boogaerts…
Sammy Decoster
C’est le jeune français
Sammy Decoster qui débute la soirée sur la scène du très bel Auditorium de Bourges… Déjà vu à la Coopérative de Mai et aux Transmusicales de Rennes 2008, son spectacle à la fois classieux et un peu « too much » laisse un sentiment d’inachevé à la fin. Le talent du monsieur est néanmoins indéniable : il a une belle voix, il sait écrire des morceaux qui tiennent la route, les arrangements choisis sont classieux (country folk rock) mais il manque quelque chose... ou plutôt il y a un truc en trop. On dirait que
Sammy Decoster essaye de passer en force en hurlant trop son désespoir et en appuyant systématiquement sur le côté torturé de ses textes (
J’irai me suicider à Hawaï), tant et si bien que cela sonne souvent faux, un peu comme une pose, à notre avis. Pourtant, quand le songwriter reste sobre et se garde d’en faire trop, il est capable de faire passer de très beaux moments d’émotion. Les titres
Savannah bay,
The Drive et
Tucumcari sont - par exemple - des modèles dans le genre country rock en français. Malgré le choix de la langue de Molière, l'odeur du Sud des Etats-Unis est bel et bien (omni) présente dans l’univers de Mr Decoster, on pense aux figures tutélaires d’
Elvis Presley, de
Johnny Cash, de
Jeffrey Lee Pierce, de
Giant Sand et de…
Bertrand Cantat (grand fan de ces artistes). Avec un peu plus de bouteille, un zeste de retenue et de sobriété sans oublier une écriture plus affinée,
Sammy Decoster pourrait faire son chemin dans la carrière de chanteur de country folk rock. Wait and see…
Victor Démé
Très beau concert juste après avec le chanteur originaire du Burkina Faso,
Victor Démé… Accompagné par un excellent groupe folk blues world africain, le très touchant
Victor Démé s’aventure avec bonheur sur les terres de la bossa nova, du blues du Cap Vert et de la folk music Made in Africa. C’est pittoresque, un peu décalé et souvent envoûtant, tout en étant couronné par l’émouvante naïveté des textes (explicités avec simplicité en début de morceau).
Chez d’autres, on trouverait cela cliché et convenu, ces morceaux invitant à plus de tolérance d’empathie et d’entraide entre les êtres humains, mais chez Mr Démé comme chez
Amadou & Mariam, on y croit réellement... Ce doit être un petit pouvoir magique venu du berceau de nombreuses musiques, l’Afrique. Ou alors, est-ce la voix - extrêmement poignante - de
Victor Démé ? Celle-ci saisit l’auditeur à chaque début de chanson, l’emmenant dans un univers teinté de mélancolie et de joie de vivre malgré tout. Les morceaux, quant à eux, ont ce charme désuet des folk songs métissées (bien) écrites avec le cœur, les tripes et une volonté de faire partage son vécu sans provoquer l’apitoiement. On appelle cela la classe…
Mathieu Boogaerts
Le titre de ce spectacle tranchant avec le tout venant scénique souvent proposé pourrait être
« Mathieu Boogaerts fait le pitre en public », tant le lutin chanson funk en fait des kilos dans la théâtralisation de sa performance en compagnie de très bons musiciens. Bougeant sans cesse sur l’immense scène (vide), le chef d’orchestre et ses acolytes alternent le bon et l’un peu moins bon en jouant le très funky nouveau répertoire de Mr Boogaerts (issu du régénérant album
I Love You).
Armée d’instruments HF (la batterie étant, elle, mise sur roues), la troupe - lookée en forces noire, verte, rouge, blanche etc - bouge aux quatre coins de la scène grâce à des patins à roulettes intégrés aux chaussures. C’est souvent drôle (on sent que Mr Booagerts jubile véritablement à l’idée de faire le clown chanteur !), parfois un peu lassant à la longue mais globalement réussi. Il faut saluer l’effort de mise en scène, de résolution des problèmes techniques liés à cette difficile entreprise et la légèreté qui se dégage de ce spectacle sans filet. Les rythmes chaloupés, les textes tendres, drolatiques et/ou gratinés (« anu », zizi etc) se mélangent sans temps mort, provoquant un sentiment mêlé d’hilarité, de douce mélancolie et de nostalgie.
Mathieu Boogaerts a beau massacrer gentiment une de ses anciennes chansons, on ne lui en tient pas rigueur, tant le bonhomme est généreux, franc du collier et naturel. Même s’il avoue franchement ne pas trop aimer les festivals (en tant qu’artiste, il n’est pas la seule vedette en ville ; en tant que spectateur, il ne peut se concentrer sur plus d’un seul concert par jour), sa prestation au Printemps de Bourges 2009 restera – malgré ses petits défauts – comme mémorable ! Après avoir écouté les extraits du nouvel album
I love you Fais gaffe, Game over, Do you feel ok, Come To me, All I wanna do, la chanson titre… ) et autres perles reggae funky ou chanson folk décalées, on a très en vie de dire
« on t’aime Mathieu » !
Sites internet :
www.printemps-bourges.com,
www.myspace.com/sammydecoster,
www.myspace.com/victordeme,
www.mathieuboogaerts.com.
A lire également sur le Printemps de Bourges 2009, des chroniques des concerts de
GENERIC + Boogers + Grand Bureau + Hello Bye Bye,
Frida Hyvönen + Essie Jain,
Orelsan + Eli Paperboy Reed And The True Loves + DJ Kentaro + Belleruche + General Elektriks + Alice Russell + Chinese Man,
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Les photos sans crédit sont signées
Flore-Anne Roth
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