Aldwen est l'artiste tant attendu qui sortira la France de sa médiocrité musicale. J'ai vu une affiche modestement collée sur une cabine téléphonique et je suis allé sur la péniche "la balle au bond". Ambiance conviviale et intime, étonnament calme et respectueuse. Je connaissais cette salle réputée pour faire passer des jeunes talents dans une atmosphère plutôt enfûmée et parlante. Mais ce soir là, ça n'était pas le cas.
Le concert commence avec 45 minutes de retard mais avec l'avantage d'une salle pleine, les derniers arrivants s'étant assis peu de temps avant les premières notes de musique. Et quelle musique ! Du rock mélodique à textes. Aldwen défend ses paroles de chansons d'une voix mélodieuse parfaitement maîtrisée dans la lignée de Freddie Mercury et de Jeff Buckley. Parfaitement à l'aise sur scène, il émeut et fait rire le public passant de chansons dures à des plus légères. Puis, clou du spectacle, il cloture sa première partie en nos faisant chanter le refrain d'une chanson tubesque : "le monde que j'aime". Evidemment, avant de l'entendre, nous ne la connaissions pas et aujourd'hui encore, j'ai encore en tête cette belle mélodie.
Pause de dix minutes, les musiciens font quelques réglages sur scène, Aldwen est en coulisses. Je regarde mes voisins, tous aussi soufflés que moi. Nous échangeons des regards complices, comme si une famille était en train de se former. Nous sommes les premiers à découvrir l'immense talent de ce jeune artiste et l'envie d'en parler dès demain, l'envie de dire que la France n'est pas qu'un pays de lofteurs et de pop stars, que la relève est ENFIN arrivée, l'envie de le voir encore et encore nous démange. Justement, arrive la seconde partie.
Chanson calme pour commencer... calme au début, un peu comme du Muse, car la chanson explose en rock avec le groupe. Aldwen, aussi à l'aise à la guitare qu'au piano, entame un solo éthéré sur sa telecaster et la chanson explose à nouveau. J'oublie de parler de ses excellents musiciens. Son guitariste bondissant et charismatique a l'air d'avoir tellement de métier malgré son jeune visage me rappelle Lukather, Satriani... avec un son bien à lui. Le batteur maîtrise complètement la bouble pédale et fait en seconde partie du spectacle un solo aussi drôle qu'impresssionnant sur un célèbre thème classique. Le bassiste, plus sobre et discret, groove avec finesse et intervient parfois de façon très mélodique.
Le spectacle s'achève sur trois chansons de qualité. La première est sous la forme d'un trio piano/ basse/ batterie. Il s'agit d'une chanson très émouvante sur la solitude. La salle est bouche bée. Aldwen enchaîne sur une chanson "engagée" au sujet des élections présidentielles. "Nous sommes tous des étrangers". En une phrase, il résume enfin d'un point de vue intelligent et pas démago la situation française. A des années lumières des paroles convenues de Saez ou de Raphael. Et nous chantons avec lui. Pour finir, Aldwen tape aussi sur le marché du disque et pour notre plus grand plaisir nous prend pour une "foule sentimentale", comme l'a écrit Souchon. Plus pêchu et engagé, Aldwen parle du "commerce universel" ou "les chansons mortes se ramassent à la pelle" la loi du copié / collé et du recyclage actuels.
Un très grand moment humainement et musicalement. Allez sur son site (aldwen.com) , ses chansons sont disponibles en ligne. Et peut-être à bientôt à ses concerts. N'ayant pas eu la chance de le rencontrer après cette soirée, je reviendrais sûrement.
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