Miossec 30 novembre 2004- Centre Culturel Valery larbaud, Vichy
Miossec : Non non non (je ne suis plus saoul)...
C’est un Christophe Miossec en forme qui a enchanté le public du Centre Culturel Valery Larbaud, plein à craquer… Même pas une mauvaise blague sur Vichy, aucun titre massacré en totalité et une belle série de morceaux parfaitement interprétés. Que demande le peuple alors ? Ça lui suffit .../...
C’est un Christophe Miossec en forme qui a enchanté le public du Centre Culturel Valery Larbaud, plein à craquer… Même pas une mauvaise blague sur Vichy, aucun titre massacré en totalité et une belle série de morceaux parfaitement interprétés. Que demande le peuple alors ? Ça lui suffit amplement, merci ; il est même reparti comblé par sa soirée, s’il on en juge par la ferveur des applaudissements !
Un répertoire qui tient la route
Difficile de faire la fine bouche devant un concert de cet acabit quand on connaît le personnage (capable de partir gravement en vrille à la moindre occasion). En s’appuyant sur un dernier album encore une fois très réussi - 1964 -, sur son précédent opus (le très bon Brûle), et sur d’anciens morceaux que le public semble connaître par cœur, Miossec possède le principal : un répertoire qui tient la route… Après, quand on a de bonnes chansons à jouer, il « suffit » de les faire vivre sur scène, ce qui est parfaitement effectué avec d’impeccables musiciens, dans un style chanson rock enlevée… Bien sûr, quelques titres - très peu - souffrent du registre vocal désormais limité du bourreau des cœurs ; noyés sous la guitare et hurlés, il est difficile de comprendre certains textes. Quand on écrit des paroles aussi belles, c’est quand même dommage. Fort heureusement, le public découvre en live une grande majorité de morceaux arrangés avec goût et chantés avec foi…
Humour et sens de l'impro
Le petit plus, comme souvent avec ce loustic, c’est l’humour et le sens de l’improvisation. Vers la fin du spectacle, les spectateurs - pliés de rire - assistent à un véritable sketch. Miossec ouvre la trappe prévue pour le souffleur - nous sommes dans un théâtre -, puis s’assoit sur le bord ; à sa grande surprise, et à celle du public, un coussin en sort, puis une chaise, un tableau (« moche »), et même un grand tuyau (!). Le Breton a un peu de mal à garder son sérieux pour finir la chanson, vous vous en doutez. Il y parvient tant bien que mal dans l’hilarité générale puis se venge de ce tour pendable en déversant une bouteille d’eau sur l’importun (le régisseur de la tournée, bravo !). Une autre surprise de taille, plus musicale celle-là : notre homme s’asseyant sur le kit de batterie pour faire un solo de guitare audible (à Clermont-Fd, en mai dernier, lors d’un concert très réussi également, on n’avait rien entendu) ! Décidément, on aura tout vu…
Merci
Après quelques passes d’armes avec des petits plaisantins dans le public (pas très drôles) et des rappels bienvenus, Miossec revient une dernière fois seul avec sa guitare électrique pour massacrer son tube Non non non (je ne suis plus saoul), déjà joué au cours de la soirée, comme d’habitude… Le bientôt quarantenaire semble avoir (un peu) mûri, car s’il continue visiblement à avoir un style de vie plutôt rock ‘n roll (son visage buriné et ses frasques alcoolisées sur le dvd live de Cali l’attestent), il évite désormais de fusiller ses concerts. Pour cela (et pour tout le reste, bien entendu), merci.
Dionysos (tournée acoustique) 12 mars 2003- Centre Culturel Valery Larbaud, Vichy (03) Après un triomphe romain en plein air lors du concert de Vienne et une tournée réussie dans des salles à taille humaine comme La Coopérative de Mai ou dans d’immenses lieux (le Grand Dôme du festival Les Efferv’Essonne), Dionysos a une nouvelle fois démontré dans le superbe et antédiluvien théâtre/cinéma entièrement composé de places assises de .../...
Après un triomphe romain en plein air lors du concert de Vienne et une tournée réussie dans des salles à taille humaine comme La Coopérative de Mai ou dans d’immenses lieux (le Grand Dôme du festival Les Efferv’Essonne), Dionysos a une nouvelle fois démontré dans le superbe et antédiluvien théâtre/cinéma entièrement composé de places assises de Vichy que la scène était son domaine de prédilection ! En face d’une assistance juvénile et enthousiaste se levant de ses sièges dès qu’elle reconnaissait une chanson, Mathias Malzieu a presque dû calmer les ardeurs des fans de Dionysos…
Toujours impeccablement habillé en costards noirs et robe noire (Pour Elisabeth Ferrer alias Babethoushka), le quintette valentinois a entièrement remanié son spectacle pour cette tournée acoustique. Ce pari audacieux a obligé le groupe à réarranger tous ses morceaux en évitant les guitares et la basse électriques. Grâce à un xylophone, un piano classique, un mélodica, un violoncelle, un radio cassette pour enfants, des claviers, un harmonica, une contrebasse et des guitares sèches, les morceaux sous haute tension électrique se transforment en happenings acoustiques exceptionnellement zébrés par de courts orages électriques supportés par de brusques poussées de fièvre à la batterie. Force est de constater que cet habillage inédit tient parfaitement la route ! La qualité des compositions, le talent de chaque musicien et le charisme du guignol/acrobate en chef fasciné par les westerns, Mathias Malzieu, sont pour beaucoup dans cette éclatante réussite !
S’autorisant toutes les audaces, le lutin hystérique à l’enthousiasme communicatif a encore illuminé la salle de ses facéties ! Improvisations hilarantes en solo, chanson a capella (Wedding Idea qui clôt le spectacle), morceau interprété au milieu du public sans micro avec une guitare débranchée, intermède hilarant sur le thème du « Motherfucker », escalade des murs d’enceintes pour atteindre le balcon du théâtre, mini sketch improvisé sur France-Allemagne à Séville en 1982 : difficile de ne pas faire fonctionner ses zygomatiques avec une telle pile électrique, même « débranchée » !
Aventureux, le groupe a pris soin d’intercaler des reprises et des inédits entre ses morceaux les plus connus extraits de Westen sous la neige, Haïku et Happening songs comme Wet, Coccinelle, Song for Jedi ou Anorak. Le public aura donc droit à une évocation du fantôme de Screaming Jay Hawkins (I put a spell on you), mais aussi à une remarquable reprise de Rid of me de P.J. Harvey suivie par une version folk blues d’un titre du crooner et acteur américain Dean Martin .
En incorporant à son songwriting foutraque du blues, du rock, des bandes originales de film, du hip hop, du punk rock, de la pop et de la folk music, Dionysos a réussi à se créer un univers fascinant… Ce cocktail agit comme un détonateur sur le public quelle que soit la formule scénique choisie ; beaucoup de musiciens aimeraient avoir un effet aussi dévastateur sur leur auditoire !