Après un triomphe romain en plein air lors du concert de Vienne et une tournée réussie dans des salles à taille humaine comme La Coopérative de Mai ou dans d’immenses lieux (le Grand Dôme du festival
Les Efferv’Essonne),
Dionysos a une nouvelle fois démontré dans le superbe et antédiluvien théâtre/cinéma entièrement composé de places assises de Vichy que la scène était son domaine de prédilection ! En face d’une assistance juvénile et enthousiaste se levant de ses sièges dès qu’elle reconnaissait une chanson,
Mathias Malzieu a presque dû calmer les ardeurs des fans de
Dionysos…
Toujours impeccablement habillé en costards noirs et robe noire (Pour
Elisabeth Ferrer alias Babethoushka), le quintette valentinois a entièrement remanié son spectacle pour cette tournée acoustique. Ce pari audacieux a obligé le groupe à réarranger tous ses morceaux en évitant les guitares et la basse électriques. Grâce à un xylophone, un piano classique, un mélodica, un violoncelle, un radio cassette pour enfants, des claviers, un harmonica, une contrebasse et des guitares sèches, les morceaux sous haute tension électrique se transforment en happenings acoustiques exceptionnellement zébrés par de courts orages électriques supportés par de brusques poussées de fièvre à la batterie. Force est de constater que cet habillage inédit tient parfaitement la route ! La qualité des compositions, le talent de chaque musicien et le charisme du guignol/acrobate en chef fasciné par les westerns,
Mathias Malzieu, sont pour beaucoup dans cette éclatante réussite !
S’autorisant toutes les audaces, le lutin hystérique à l’enthousiasme communicatif a encore illuminé la salle de ses facéties ! Improvisations hilarantes en solo, chanson a capella (Wedding Idea qui clôt le spectacle), morceau interprété au milieu du public sans micro avec une guitare débranchée, intermède hilarant sur le thème du « Motherfucker », escalade des murs d’enceintes pour atteindre le balcon du théâtre, mini sketch improvisé sur France-Allemagne à Séville en 1982 : difficile de ne pas faire fonctionner ses zygomatiques avec une telle pile électrique, même « débranchée » !
Aventureux, le groupe a pris soin d’intercaler des reprises et des inédits entre ses morceaux les plus connus extraits de Westen sous la neige, Haïku et Happening songs comme Wet, Coccinelle, Song for Jedi ou Anorak. Le public aura donc droit à une évocation du fantôme de
Screaming Jay Hawkins (I put a spell on you), mais aussi à une remarquable reprise de Rid of me de
P.J. Harvey suivie par une version folk blues d’un titre du crooner et acteur américain
Dean Martin .
En incorporant à son songwriting foutraque du blues, du rock, des bandes originales de film, du hip hop, du punk rock, de la pop et de la folk music,
Dionysos a réussi à se créer un univers fascinant… Ce cocktail agit comme un détonateur sur le public quelle que soit la formule scénique choisie ; beaucoup de musiciens aimeraient avoir un effet aussi dévastateur sur leur auditoire !
A lire aussi sur ConcertAndCo.com : une
interview de Dionysos.
Photo Flore-Anne Roth au Printemps de Bourges, le 13 avril 2002.
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