A l’heure où les rafles d’étrangers au faciès colorés s’intensifient, nous étions conviés au concert de notre sista guinéenne Sayon Bamba Camara (pro-fusion.net), afin de découvrir son nouvel album, Chansons des rues et des maquis. La soirée était présentée par un très sérieux président d’honneur qui, au fil de son discours digne d’un consul africain ayant perdu ses binocles, s’est révélé être un grand comique troupier. Le public nombreux, tout imbibé de binouze qu’il était, s’est bougé grave le gras en reprenant les mélopées de Sayon en soussou et en toma auxquelles il ne comprenait pourtant rien. La moiteur de la salle, les danses des mamas s’emmêlant dans leurs boubous et la joie communicative de Sayon et de ses musiciens nous incitaient à chalouper dans leur barcasse pour remonter un fleuve sans crocos ni hippopotames, ouf ! Le groupe composé d’un gratteux hispanisant, de percussionnistes traditionnels, de choristes et d’ un multi-instrumentiste habitué des fez-noz accompagnait sayon au diapason. Une chaude soirée qu’on se remémorera en écoutant l’album sur le livret duquel le groupe a eu la très bonne idée de faire une courte traduction de chaque chanson. Les thèmes comme la tolérance, la fête, les anciens, la solidarité, la polygamie et le voyage y sont exposés. Comme dirait Sarko, le partage et le mélange des cultures sont des valeurs essentielles. Programme que l’on aimerait partager avec le plus grand nombre.