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La Cartonnerie - Reims
84 rue du docteur Lemoine 51100 Reims
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|  | CALI 11 Mars 2008- Cartonnerie à REIMS  Que dire de CALI, a part qu'il est extrêmement généreux sur scène, avec son public et ses musiciens. Un pur moment de magie, il prend son pied et nous aussi.
C'est un artiste sincère avec un cœur énorme. MERCI ENCORE POUR CE MOMENT INOUBLIABLE ! Réagir à cette critique |  | BB Brunes 14 fevrier 2008- Cartonnerie, Reims  Concert énorme, ambiance mémorable, ils ont vraiment su nous faire bouger comme des porcs, comme le dit si bien Félix !
Enfin, c'est LE concert à ne pas manquer. Réagir à cette critique |  | Zazie 22 janvier 2008- La Cartonnerie - Reims  C'était sublimissime... ZAZIE extra dans une petite salle, beaucoup d'échanges, c'est très agréable d'être près de l'artiste. Concert vraiment génial, je le conseille à tous... c'est du bonheur tout court, M e r c i Zazie... Réagir à cette critique |  | Brodinski, Yuksek, Soulwax, 2 Many Dj's, soirée bonheur binaire 16 novembre 2007- Cartonnerie, Reims 
J’étais très content d’être là. C’est la première fois que je mets les pieds dans une soirée Bonheur Binaire (la 15ème du nom) et puis aussi, la première fois que je vois Yuksek et Brodinski, deux rémois qui se sont fait une place dans le circuit .../...
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J’étais très content d’être là. C’est la première fois que je mets les pieds dans une soirée Bonheur Binaire (la 15ème du nom) et puis aussi, la première fois que je vois Yuksek et Brodinski, deux rémois qui se sont fait une place dans le circuit des clubs, ici et ailleurs, comme en Australie. J’ai quelques trains de retard. Ils ont déjà animé quelques soirées ici, mais bon, c’était la première fois que je soumettais mon oreille à ces deux gars.
La première fois aussi que je me retrouvais dans une ambiance de discothèque, depuis le réveillon 1991, au Gelosia 2000, quelque part entre Ustaritz, Bayonne et Lahonce. Autant dire que je ne suis pas très familier avec cette musique. Oh, ce que j’ai entendu est à des années lumières de ce qui rythmait la piste du Gelosia. C’est plus fin, sophistiqué, et les garçons et filles qui dansaient et vidaient gentiment des coupes de champagnes (en plastique) étaient aussi plus minces que leurs homologues Basques du siècle dernier.
Rien à voir. Cependant, j’étais dans le même état d’esprit qu’en 1991. J’ai gardé mes distances. Ce n’est pas mon truc. Je n’en pense rien de mal et pas grand-chose de bien. J’ai tapé du pied, secoué la tête. Mais sans conviction. Je découvrais.
On va dire ça.

Deux petites choses factuelles. Brodinski a fait deux passages, avant Yuksek et avant les 2 Many Dj’s, il mixait, piochant derrière lui dans un réservoir de Cds. Je n’ai pas remarqué de vinyles. Il a pu en mettre, mais vu de loin, c’était essentiellement de Cd’s. Peu m’importe d’ailleurs.
Yuksek jouait en live, un Mac, d’autres machines + un micro. Il y a deux-trois moments où il chante.
Bon… il ne faut pas croire à mon ton clinique qu’il régnait une ambiance de mort. L’un comme l’autre ont eu leur quota de fans et de danseurs.

Je me suis un peu plus retrouvé dans Soulwax. Des Belges. Je ne connaissais pas non plus. Je sais juste qu’on y retrouve le tandem des 2 Many Dj’s et que le groupe existait avant qu’ils se mettent à mixer pour les masses. Ce soir, le concept consiste à jouer en live des remixes de leurs propres morceaux qu’ils ont sortis dans le commerce sous le nom de Nite Versions.
 
C’était bien rock, avec un batteur assez brute, le son claquait. Ils ont sorti aussi, sur quelques morceaux, une basse, une guitare, un peu de chant, beaucoup de touches et de boutons, des citations, LCD Soundsystem, Kylie Minogue, d’autres encore probablement que je n’ai pas reconnus. C’était chouette. Divertissant, dansant, impressionnant. J’aurais beaucoup de plaisir à les revoir.
Déception, en revanche, avec les 2 Many Dj’s. Eux, je les avais déjà vus. Je possède aussi le disque qui les a fait connaître. Je m’attendais donc à revoir un numéro de bastard mixes équilibristes, d’entendre Nirvana mélangé avec Jo Le Taxi, ACDC versus Daft Punk, un gros truc rigolo et jouissif, qui donnent envie de pogoter et de faire pouet-pouet avec les seins qui passent. Et puis non.

Ils ont commencé avec Andy des Rita Mitsouko et ça c’est arrêté là, niveau citation rock. Ils sont plutôt restés dans l’electro, enchaînant les Cd’s à un ryhtme d’honnête Djs pères de famille. Sur le fond, ce n’est pas plus mal, ça m’a permis d’écouter autre chose que ce que je connais déjà. Ca sonnait donc moins comme une fête d’étudiants, mais ça a pas mal dansé. J’avais des collègues dans la salle. Elles ont dansé jusqu’à la fin. D’autres encore, ont bien remué le popotin, la salle était bien remplie, seul bémol dans l’ambiance festive générale, le sérieux du service d’ordre.
 
Ils ne sont pas méchants. Ils ne sont pas agressifs. Ils font leur travail. Mais que leur travail est triste. Ce n’est pas seulement qu’ils foncent sur chaque cigarette qui s’allume pour demander à son propriétaire de l’éteindre ou de sortir. Je ne fume pas moi-même et je suis plutôt pour l’interdiction. Non, là, où ils deviennent désolants c’est quand ils empêchent les gens de manifester leur bonne humeur, quand ils brident la rigolade. Plusieurs gars ont voulu prendre un copain ou une copine sur leur épaules, comme ça, parce que. C’étaient de bons petits gars. Pas plus saouls que ça. Ils n’avaient pas l’intention de piétiner leurs petits copains. Ou d’appeler au retrait de la loi LRU. Pourtant, systématiquement, le service d’ordre leur a intimé l’ordre de redescendre sur terre. Et à chaque fois, les jeunes ont docilement obéi, s’excusant presque.
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>> Réponse (le 19/11/2007 par Pirlouiiiit) Ben alors pourquoi tu t'es mis a faire du noir et blanc ?!? La suite |
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>> Réponse (le 21/11/2007) Parc expo de Caen - 17 novembre 2007  Ouah, c'était la première fois que je voyais les Soulwax ainsi que les 2 Many djs en live et franchement c'était .../... La suite |
 | The Wedding Present 3 novembre 2007- Cartonnerie, Reims  Deux autres groupes ont joué. Kim Novak et Rhesus. Je n’étais pas encore là. Je travaillais. Je filmais du hand-ball. Des filles puis des garçons. Deux victoires le même soir. Un truc très rare en Champagne Ardenne, où les performances des sports .../...
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Deux autres groupes ont joué. Kim Novak et Rhesus. Je n’étais pas encore là. Je travaillais. Je filmais du hand-ball. Des filles puis des garçons. Deux victoires le même soir. Un truc très rare en Champagne Ardenne, où les performances des sports collectifs sont à l’image de l’économie et de la démographie locale.
Je n’ai vus ni Kim Novak, ni Rhesus, mais je suis bien content qu’ils aient joué. The Wedding Present a dû attendre 23h avant de monter sur scène ce qui était compatible avec mes deux matches de hand-ball.
J’aurais été bien malheureux de les rater.
C’est l’un de mes tous premiers concerts. En 1994. Saint Germain en Laye. Dans une salle qui s’appelait La Clé. Pour l’album Watusi. J’y étais allé avec Jean-Luc. Jean-Luc habitait dans un immeuble en face de chez moi. Il surplombait ma maison et ma chambre. Il avait remarqué que régulièrement, le soir venu, je sautais dans tous les sens. Et moi, tous les samedis, j’étais bien placé, depuis ma fenêtre, pour le voir, en costume, attaché case, suivre son père, sa mère et sa soeur, aller faire un peu de prosélytisme. Jean-Luc était Témoin de Jéhovah. Il n’en était pas malheureux. Il y a des chances qu’il le soit encore. Pas malheureux et Témoin de Jéhovah. C’était un très gentil garçon. Jean-Luc était aussi fan de Joy Division et de The Cure. Il m’a fait découvrir The Smiths et moi, un jour, je lui ai porté le volume 2 d’Hit Parade. Un cd blanc. Le premier est noir. En 1992, The Wedding Present avait sorti un single pour chaque mois, une composition originale en face A, une reprise en face B. Le groupe avait pas mal de fans en Angleterre et ainsi, tout au long de l’année, il était resté dans le Top 40, grâce à la sortie successive des douze 45 tours (réunis par la suite en deux cds compilatoires Hit Parade 1 et 2). Quelques uns de ces singles, Flying Saucer, Boing, Loveslave, Silver Shorts, me reviennent régulièrement entre les lèvres, en sifflotis et hurlements étranglés.

Ces disques ont aussi décoré le mur de mon salon pendant une année. Après que j’ai pu faire l’acquisition du lot complet pour une coquette somme grâce à internet. Chaque couverture porte un chiffre correspondant au mois de l’année de sa sortie. De 1 à 12. Du plus bel effet.
Ce n’est pas simple fantaisie de collectionneur. The Wedding Present est un groupe fondamental dans mon parcours de mélomane. Avec la Mano Negra, Midnight Oil, Cure, Joy Division, Pixies, il appartient à la toute première couche de groupes que j’ai aimés, avant Sonic Youth, avant Sebadoh, avant même Guided by Voices, The Fall et Fugazi. Et à l’époque, David Gedge, son leader, n’était rien d’autre à mes yeux qu’un grand homme. Je ne me suis jamais considéré comme un fan. Je ne m’amusais pas à collectionner les photos de ces types. Peu m’importait ce qu’ils pensaient du monde ou qui et comment ils baisaient. Tout au plus, je passais le temps des cours à recopier les titres de leurs chansons dans les marges de mes cahiers. Leurs chansons faisaient partie de moi, c’était déjà assez.
Mais enfin… quand, dans les toilettes de La clé, juste avant le début du concert, je reconnus David Gedge dans le type qui venait de se placer à côté de moi, pour uriner. Je fus saisi d’un drôle de sentiment. Quoi ? C’est lui le type qui a composé Dalliance ? Ce bienfaiteur de l’humanité, de mon humanité. C’est bien lui ? Et il fait pipi comme moi.
David Bowie, Mick Jagger, n’était alors rien pour moi, mais imaginez la même scène avec eux ou Thurston Moore, ou Chan Marshall…
Un choc. Un sacré choc.
1994-2007

Je n’ai jamais recroisé la route de David Gedge dans l’intervalle. Sinon sur disques. Son talent pour composer des mélodies accrocheuses s’est un peu tari. Oh rien de grave. Les chansons, toujours plaisantes, rythmées, sont moins mémorables. Après Saturnalia, en 1996, David Gedge a lancé un nouveau groupe, Cinérama, dans lequel jouait sa compagne, Sally Murrel. Il y eut trois albums. Avec moins de guitares et des arrangements plus complexes, des claviers, des cordes, des chœurs féminins. Le couple finit par se séparer. Le Cinérama fut fermé. David Gedge quitta Leeds, son Angleterre, pour l’Amérique et Seattle. Là-bas, il réactiva The Wedding Present, avec les musiciens restants du Cinérama. Un nouvel album, Take Fountain, en 2005, et des concerts.
On y arrive.
Ma madeleine qui sentait l’urine ne m’a pas déçu. Ce fut un concert idéal pour le vieux « fan » que je suis. La setlist s’est partagée en trois parties. Une volée de titres en guise d’introduction apéritive, un lapin, Georges Best, et quatre derniers titres pour assurer la digestion. Pas de rappel, suivant l’usage du groupe.
Reprenons plus en détail.
Cela commence avec l’arrivée d’un batteur, un premier rythme, plutôt lent, une bassiste, un guitariste, ah je connais cet air, je connais cet air… Blonde de l’album Seamonsters(1991), David Gedge, est le dernier à se présenter devant nous, pour donner de la voix et de la saturation. Seamonsters est une merveille d’album tourmenté, une exception dans une discographie assez bruyante, mais plutôt gaie.
La spécialité de David Gedge, le son du Wedding Present, c’est une manière de jouer frénétiquement de la guitare, en grattant les cordes par saccades. Ca doit faire mal au poignet, en tout cas, ça ne fait pas du bien aux cordes. A la fin de chaque chanson, pratiquement, une accorte guitar-tech, vient lui tendre un nouvel instrument, fraichement cordé.
The Wedding Present, c’est aussi la voix de Gedge. Très particulière. Ni aigue, ni grave, étouffée comme s’il avait une déformation de la gorge.
Après Blonde, il y eut Brassneck(Bizarro, 1989). L’un des morceaux que j’attendais. Il s’agit d’une lettre de rupture, ou d’après la rupture. En lisant, les paroles, on croirait un texte de Ian Curtis (quoique beaucoup plus explicite).
No, I sent you that letter
To ask you if the end was worth the means
Was there really no in between ?
And I still don’t feel better
I just wondered if it could be like before
And I think you just made me sure !
But then that’s typically you
And I might have been a bit rude
But I wrote it in a bad mood
I’m not being funny with you
But it’s hard to be enganging
When the things you love keep changing
Brassneck
Brassneck
I just decide i don’t trust you anymore
I just decide i don’t trust you anymore
Musicalement, c’est à des années lumières de Joy Division. C’est nerveux, enjoué, ça donne envie de sauter sur place. Ce qu’ont fait d’ailleurs les plus jeunes d’entre nous. Peut-être pas dès ce morceau précisément. Mais, et ça m’a fait vraiment plaisir de le constater à nouveau, la musique du Wedding Present a de très directes vertus euphorisantes. Pas besoin de connaître leurs disques, ni même une seule chanson, il suffit de se laisser porter par les trépidations de la guitare de Gedge.
Et… quand même, il y a eu l’effet lapin. Etait-ce à la fin de Yeah, yeah, yeah ou bien d’une nouvelle chanson ? Un lapin géant fait son apparition sur scène. Une peluche géante et blanche, avec deux grandes oreilles, s’avance au milieu de la scène, juste derrière Gedge. Le lapin porte des cartons dans ses mains. Sur les cartons, des chiffres. 6, et 5, et 4, c’est un compte à rebours, 3, 2, 1, et là le dernier carton, Georges Best !

Georges Best est un très célèbre footballeur anglais. Manchester United lui doit sa victoire en Ligue des champions en 1968, la presse britannique, des tonnes de ragots jusqu’à sa mort en 2005, et The Wedding Present, le titre de leur premier album. En 1987.
C’est le vingtième anniversaire. Et pour fêter ça, le groupe joue l’intégralité du disque, dans l’ordre. Ils ont même monté une tournée tout exprès. Diantre. Je n’étais pas au courant. Tournée dont Reims est l’un des arrêts.
Bon, Georges Best n’est pas mon album préféré. Moi, ce serait plutôt Seamonsters ou Watusi ou encore Bizarro. L’idée de rejouer un album dans son intégralité, n’est pas non plus nouvelle. Le festival anglais All Tomorrow’s Parties s’en est fait une spécialité. Slint, Dinosaur Jr, The Melvins, Sonic Youth, The Stooges se sont déjà pliés à l’exercice en rejouant bien des années plus tard, un album devenu culte.
Sauf que là, je ne m’y attendais pas. Ce fut une surprise désarmante, à l’image de ce grand lapin blanc. Surprise bonifiée, sublimée par l’image de ces plus jeunes que moi sautant sur ces chansonnettes punkys.
Et ce n’est pas tout, après avoir expédié l’album à bonne cadence, The Wedding Present conclue la soirée par une nouvelle salve de titres du reste de sa discographie, dont Perfect blue, une ballade de Take Fountain, Kennedy, un classique, oui merci, et…, et… Flying Saucer l’une de ses chansons qui a le pouvoir de me coller un grand sourire béat.
Flying Saucer, l’un des singles de 1992. Avec une intro bourdonnante. Ce groupe a le chic pour fignoler ces chansons du début à la fin.
She waited there just like she said she would
But it was all too much when she said she loved me
I felt right there and then as if I could
Reach out and touch the stars above me
And I surrender
I can’t forget her
I still remember
Every word she saiiiiiid
And I want her
She kind of launched a flying saucer
Right inside my heaaaad
J’y repense… je me faisais vraiment chier en 1992. Le lycée. Un professeur de physique totalement cintré. La physique, coefficient 5 au bac. Aucune she dans mon entourage. Comment j’ai pu m’accrocher à ces chansons…
Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, je viens de découvrir que Sebadoh va rejouer Bubble and Scrape, le 7 mai prochain à Londres. Sebadoh : the fire, the wind, the heartbeat. J’y serai.
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|  | Terry Poison, Yacht, Windmill, Noël Akchoté, Andrew Sharpley 25 octobre 2007- Cartonnerie, Reims 
Très, très étrange et désagréable sensation. Me suis-je trompé de salle ? De jour ? De lieu ? Là, en face de moi, c’est une scène, non ? Et le gars assis sur sa chaise, c’est bien une guitare qu’il tient ? Non ? Est-ce que je rêve ? Est-ce que .../...
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Très, très étrange et désagréable sensation. Me suis-je trompé de salle ? De jour ? De lieu ? Là, en face de moi, c’est une scène, non ? Et le gars assis sur sa chaise, c’est bien une guitare qu’il tient ? Non ? Est-ce que je rêve ? Est-ce que je n’ai pas trop bu pour fêter mon embauche (bière, whisky, calvados) ? Est-ce que, est-ce que… Peut-être une répétition, un artiste en résidence ? Derrière lui, une toile, sur la toile, des images. Ah, et puis, à droite, j’aperçois une autre personne, assise, devant un ordinateur.
Entre eux et moi, toute une salle. Vide. Je me retourne. Je m’apprête à quitter l’endroit sur la pointe des pieds. Je ne veux surtout pas déranger.
Quand je finis par distinguer, deux-trois autres silhouettes dont celle de Rodolphe Rouchaussé, l’un des maîtres de la Cartonnerie.
Il s’agit bien d’un concert public. Nous sommes bien jeudi 25 octobre. Festival Elektricity. Les deux personnes sur scène sont Noël Akchoté et Andrew Sharpley. J’ai honte. La seule personne qu’ils verront pendant leur concert ce sera moi. Derrière mon appareil photo. Heureusement, leur musique n’est pas de celle qui commande des applaudissements, ni des stage-diving. Ce sont des ambiances arides, sinistres, des notes de guitare lentement égrenées qui résonnent dans le vide. C’est beau et ça me touche. Les images sont plus comme des tableaux mouvants que de simples images. Elles rendent la musique encore plus aride et sinistre.

Si j’avais bien reconnu Noël Akchoté comme étant le guitariste, je ne pensais pas que son compagnon, à droite, derrière l’ordinateur, était Andrew Sharpley. La moitié de Stock Hausen und Walkman. Un groupe dont je ne sais trop rien. Ils ont existé. Je ne sais pas s’ils existent encore. Je les ai vus, il y a dix ans, ou plus, à Paris, vers Montparnasse avec Noël Akchoté justement. Ca n’avait rien à voir. Ca m’avait plutôt cassé les couilles et les oreilles, sans trop savoir quoi en penser. De l’electro tarabiscotée et éreintante, avec Akchoté qui se contorsionnait sur son manche pour en sortir des sons trafiqués.
Jeudi soir, Andrew Sharpley semble muet. J’ai l’impression qu’il n’envoie rien depuis son portable, ou si peu que mes oreilles de demi-civilisé n’en perçoivent que la guitare. Une guitare contemplaintive.

J’aime les contrastes violents, les passages du coq à l’âne, les éléphants qui débarquent dans les magasins de porcelaines. Un moulin à vent quand l’ennui est au nucléaire. Je suis alors ravi, mais ravi, quand Windmill atterrit devant moi. Je suis toujours seul devant la scène. Toujours la même ambiance fantômatique. Mais au-dessus de ma tête, il y a un chanteur pianiste à lunettes, Matthew Thomas Dillon, qui est vivant, très, très vivant. Il est très heureux. Très, très heureux. D’être en France pour la première fois, de jouer pour nous à Reims. Il en fait des tonnes. Comparé au vide devant lui. A l’absence de public. Il en fait des tonnes. Porté par sa voix très haut perchée et ses mélodies d’idiot chantant. De gentil idiot. C’est très proche de la Danielson Family, la voix suraigüe, le piano et la gaieté américaine. Sauf qu’ils ne sont pas américains. Windmill est un groupe anglais. C’est vraiment très, très proche des Danielson. Les mélodies sont seulement un peu plus classiques, je dirais même un peu plus guimauves que leurs collègues américains, c’est un chouia moins hystérique dans le rythme. Autour du pianiste, les autres sont calmes. Un bassiste à la placidité exemplaire, propriétaire d’une admirable voix grave, une gentille violoncelliste qui couve le Matthew de son regard aimant et protecteur, puis un batteur, qui semble amusé par les fantaisies de son chanteur, tout en le secondant aimablement.

Le chanteur suivant n’était pas bien différent. Un gentil dingue. The Blow (Portland, Oregon), vous connaissez ? Je n’ai jamais pris le temps de parler de son concert à Paris. The Blow, c’est Khaela Maricich, un petit cœur mal foutu qui s’y prend comme une gourde en tombant amoureuse des mauvaises personnes aux mauvais moments. En 2004, elle s’est associée à Jona Bechtolt. Elle écrit, elle chante, et lui, Jona, c’est un garçon, l’aide dans la production de ses vignettes electro-sentimentalo-pop. Et là, ce soir de misère, je retrouve Jona, seul, avec un portable, un micro et des images. Il a quitté The Blow pour se concentrer sur une carrière solo, sous le nom de Yacht.
Le garçon est monté sur des ressorts. C’est entre le concert et le one-man-show. Il commence par se présenter. D’où il vient. Avec une carte dans son dos, genre google earth jusqu’à arriver sur notre bonne ville de Reims. Détail important. Un tee-shirt Alf. Je viens de voir trois vidéos. Tournées en trois endroits, trois moments différents et toujours le tee-shirt Alf. Je n’en tire aucune conclusion, mais c’est à noter. Pour la musique, de l’electro-pop énervée, ça ne m’a pas séduit plus que ça. C’était marrant. Et vu le contexte, il a été admirable d’énergie et de bonne humeur.

Même chose pour les dernières. Marrantes. Très marrantes. La musique était sympa, limite anecdotique, proche de CSS, et d’un tas d’autres machins contemporains que je ne connais pas. C’est dansant. Ca doit parler de sexe. J’imagine. En tout cas, certainement pas de la panique au Darfour ou en Palestine. Et pourtant, ce sont des Israeliens. Un Israelien et quatre Israeliennes. Le gars, Bruno, est planqué au fond, on croirait une pièce rapportée, mais il tient un rôle prépondérant dans la composition, un peu comme dans CSS.
La musique ne m’a pas transporté de bonheur, mais un concert de Terry Poison reste une expérience à vivre. Une expérience d’abord visuelle. Faut voir comme elles sont sapées. Talons hauts, culottes de couleurs, ajoutez à cela un peu de graisse accumulée sur la route…
Je suis resté un bon moment interloqué. C’est pas vraiment mon univers, le fun et le sexe, enfin tout ce que peut véhiculer cette musique. C’était assez inédit pour moi ce poison.
 
Pour faire le spectacle, il y avait essentiellement deux filles. Louise, qui chante en anglais et Petite, qui minaude en français. C’est un peu la belle et la bête. Petite étant la belle, chétive créature victime des assauts de Louise, espèce de machin tyrannique qui saute en tout sens, se jette au sol. Toutes ces manœuvres ont eu le mérite de rameuter un peu de public au devant de la scène. Des mâles essentiellement. Des bras se sont levés, des têtes ont hoché, il y a même eu des sifflets. Ca ressemblait enfin à un concert. Ouf !
Dix entrées payantes.
Ca fait quand même mal au cul.
Pour quatre groupes.
Au même moment, il y avait une importante fête étudiante en centre-ville, la première du genre, Noctampus, avec du cirque, des concerts, des open bars.
Ca n'a pas dû aider.
Le samedi suivant, il y avait, certes, plus de groupes encore. Il y avait Justice, Carabine, The Shoes, la crème de la crème de Reims avec encore Yuksek, Brodinski. C’était complet et je n’y étais pas.
Je filmais un match de basket féminin à Paris. Et le basket féminin, c’est quand même moins excitant que le catch féminin ou même que le volley-ball ou le hand féminins.
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