Cadeau de Noël offert à ma bien aimée, ce concert de
Lloyd Cole était un saut dans l’inconnu, ayant perdu de vue ce grand songwriter anglais depuis une bonne quinzaine d’années.
Après avoir passés la fin d’après midi dans le vieux Nice et réservé l’hôtel, nous arrivons donc à l’heure à destination. Il s’agit en fait d’une petite salle associative équipée de sièges comme ceux que l’on peut trouver dans des cinémas. Passée la surprise du cadre très familial, nous prenons place sur le côté de la scène où la vision est plutôt bonne.
Lloyd Cole fait son entrée accompagné de ses 2 musiciens, guitaristes de leur état. La configuration du
Lloyd Cole Small Ensemble est donc la même que celle qui m’avait tapé dans l’œil lors de leur récent passage télévisé dans l’émission de
Manu Katché, à savoir 3 guitares électro-acoustiques. Le son est parfait, nous sommes près de la scène et le caractère intimiste de la représentation fait chaud au cœur.
Le concert débute très fort avec mon titre favori, le tubissime No blue skies dans une magnifique version acoustique. Le ton est donné, ce soir c’est tout acoustique, avec des 6 cordes qui se complètent à merveille. Le travail de réorchestration est de tout 1er ordre et les instrumentistes sont doués.
Lloyd joue de sa Taylor noir au son très claquant, et ses acolytes s’escriment l’un sur une autre guitare au son ample accentuant les riffs et ornements, et l’autre sur sa Taylor aux cordes nylon. J’ai discuté avec ce dernier après le spectacle et n’ai pas résisté au plaisir de le féliciter sur la chaleur de son jeu. Par moments, on avait l’impression d’entendre une guitare flamenca (cordes nylon obligent), tout en toucher avec un son clair beau à pleurer. Autant dire que le mélange de l’ensemble était des plus réussi.
Le décalage entre la richesse musicale, le nombre d’excellents morceaux joués et la sensation d’assister à un concert entre amis est saisissant. Découpé en 2 sets distincts, entrecoupés d’un entracte, le spectacle rappelle l’importance de son auteur dans la pop anglaise des années 80-90. Contemporain des
Smiths, évoluant dans un registre proche,
Lloyd Cole, seul dans la seconde partie de sa carrière ou avec les
Commotions du début, a écrit un nombre de morceaux majeurs proprement hallucinant. Le concert de ce soir nous le rappelle dans des versions brillamment remises au goût du jour. L’ensemble de la carrière est passé en revue, la part belle étant surtout laissée à l’immense premier album du groupe Rattlesnakes, au premier essai en solo sobrement intitulé Lloyd Cole ainsi qu’à la dernière parution en date. Broken Record détonne ainsi du reste de la discographie de son auteur, sonne très américain countrysant, mais conserve cette fraîcheur et ce sens des mélodies si caractéristiques. La boucle est bouclée avec Forest fire immense succès tiré du 1er album, que je n’ai jamais apprécié plus que ça, l’ensemble sonnant terriblement daté 80’s. La version jouée ce soir est quant à elle beaucoup plus efficace et touchante.
Outre la musique, l’attitude du groupe est également un régal. Avec son humour anglais si typique,
Lloyd se fend de quelques phrases en français, a toujours le mot pour rire, s’excuse quand il doit ré accorder son instrument trop souvent. Cela colle parfaitement à ses paroles à la fois cyniques et réalistes, de premier ordre. Il reste toujours professionnel, mettant son public à l’aise, ne se prenant pas au sérieux, conscient de l’évolution qu’a connu sa carrière. Passé des grandes salles remplies haut la main pendant 10 ans, il auto produit désormais ses albums, jouant dans des salles de quelques centaines de places (200 environ ce soir) devant un auditoire fidèle tout acquis à sa cause. Durant plus de 2 heures, il se donnera sans compter, nous servant une musique de tout premier ordre. Sa voix si caractéristique, sera constamment à la hauteur, quelles que soient les variations.
Après le spectacle,
Lloyd se pliera à une longue séance de dédicaces et autres photos. Nous décidons donc d’acheter son dernier album qu’il nous signera avec le sourire. Une fois dans la voiture, nous nous rappelons que nous y avons 4 de ses anciens albums qui auraient aussi bien fait l’affaire. Le plaisir et la magie de cette mémorable soirée nous l’avaient fait complètement oublier. Peu importe, nous sommes ravis d’avoir eu la chance d’assister à une si belle performance, donnée par un immense monsieur dans un cadre si intimiste.
Set 1 :
No blue skies
Why I love country music
Perfect Skin
Like a broken record
Don’t look back
My other life
Margo’s Waltz
Trigger happy
So you’d like to save the world
Writers retreat!
Why in the world ?
I’m gone
Like lovers do
Set 2 :
Are you ready to be heartbroken?
Impossible girl
If I were wrong
Lady came from Baltimore/Reason to believe (Tim Hardin)
My alibi
Woman in a bar
2 CV
Rattlesnakes
Old enough to know better
No more love songs
Late night, early town
Forest fire
Rappel :
Undressed
Lost weekend
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