Main Square – Jour 2
Pas besoin d’introduction c’est le second jour ! Si tu es trop feignant pour lire le premier jour des épisodes précédent, tu ne mérites pas la salvation que t’offriront les lignes qui suivent. Il ne te reste donc plus que les yeux pour pleurer et admirer de sublimes clichés ! A l’occase grosse feignasse va quand même lire le passage sur
Eels, pour une fois ça vaut le coup ! Et n’y compte même pas, il n’y a aura pas de résumé au troisième jour… sauf si t’es sage. La bise.
Triggerfinger, shoot, shoot and kill !
Inconnu au bataillon Français, et c’est bien dommage,
Triggerfinger représente l’émulation de la crème musicienne belge. Derrière un Hard Blues exacerbé (collision impétueuse entre deux univers. Celui blues et du hard Rock) se cache un trio de qualité emmené par son charismatique leader,
Ruben Block. Dés ses premières grimaces sur l’évocateur "I m coming for you " la couleur est annoncée ; ca va swinger ! Dans leur costard parfaitement arrangé, la sainte trinité du hard blues belge prêche pour un retour aux sources dans les profondeurs abyssales du rock. Il y a du
Grinderman dans
Triggerfinger, , il y a quelques pincées de
BB King, il y a surtout beaucoup de talent et un amour inconditionnel pour le rock and blues ! Belle découverte, à revoir dans les bas fond d’un garage associatif !
Mai, senteurs printanières
Auréolée de lumière, déposée sur un parterre de fleures, trois lettres…
M A I. Un petit bourgeon à la tête blondinette, celui de sa chanteuse
Johanna Wedin, posé sur deux branches robustes à la batterie et la guitare. Dans toute cette flore, la faune n’est pas laissée pour compte et trouve grâce auprès de deux sirènes au chant ulysien. Un instant décalé, intemporel, où l’on se remet à croire aux fées (puisqu’elles sont juste là, sous notre nez) et leur pouvoir envouteur. Une invitation à un monde magique, guidée par cette voix chétive, hyaline et gracieuse. Trois lettres
M A I, qui font écho à trois mots : Que Du Bon.

Yodelice ? Un délice !
Même si depuis "Sunday with a flu "
Yodelice semble ne plus avoir de secret pour un public français qui l’affectionne, une fois qu’il foule la scène… Impuissant, naïf et imbécile on se rend compte que l’on ne connaît rien ou pas grand de son univers. A la façon d’un
Resnais, on pourrait murmurer "Tu n’as rien vu à Yodelice ". Puisqu’en effet,
Yodelice reste malgré sa notoriété soudaine un musicien mystérieux, à commencer par son costume et celui de ses compères. A mi chemin entre le mineur et la créature mythologique, on sent le marketting mais pas trop. Plus sérieusement, au delà des ballades folk
Yodelice possède un univers éthéré à la lisière de celui de
Tim Burton. Le personnage, atypique dont s’habille Maxime force la sympathie. Un mec qui fait danser un boogie woogie à l’un des gardes de la sécurité ne peut être foncièrement mauvais. Sous les envolées du violoncelle qui l’accompagne
Yodelice se déchaine et c’est peut être là qu’il est le meilleur. Brut, de retour à ses instincts primaires,
Maxime surprend et entraine un public donne il semble amoureux. Un grand respect mutuelle sur bande son pop folk psyché.
Yodelice, assurément un délice.
Aloe Blacc, he does not need dollar !
Aloe Blacc est à l’abri du besoin, pas d’une baisse de tension. Pas vraiment une déception mais presque. A grand renfort de déhanchés,
Aloe, soulman du moment n’aura pas réussi à retransmettre le groove et l’énergie qu’il développe pourtant sur galette. Encerclé par une multitude de musiciens, on est bien loin de la fougue et des impressionnantes joutes musicales auxquelles s’étaient adonnées Selah Sue, hier, même heure, même endroit. Caché derrière ses vraies fausses Ray Ban aviator
, Aloe Blacc ne s’envolera avec son public qu’au terme de sa dernière chanson… " I Need Dollar" qu’il aurait peut être du renommer plus sobrement pour l’occasion " I need ambiance".

"

KAISER CHIEFS, every gig i love you more and more
Comme une prémonition,
Kaiser Chief aurait pu entamer les hostilités avec "I Predict a Riot"… En ayant préféré leur célébrissime "Everyday i love you less and less " ils n’ étaient pas très loin de ces paroles prémonitoires. Sous l’impulsion d’un
Ricky Wilson aussi déjanté qu’un
Iggy Pop sous cocaïne,
Kaiser Chiefs aura pris à contre pied un public mou du genou. Prenant à partie son propre matériel, s’amusant avec les caméras, ou se jetant dans le public, l’intérêt du show résidait autant dans la spontanéité frénétique de son leader que dans les paroles qu’il restaurait violement. Une prestation qui a coup sur permet d’oublier qu’à deux pas et en même temps se produisaient les
Fleet Foxes… Qu’importe sur le main stage
Ricky fait monter 7 mecs chelous en collants colorés. Oubliez la Brit pop, en live les compositions des
Kaiser prennent un tournent résolument rock ! Quelques morceaux du dernier album "The future is mediaval" sont distillés, mais ce sont bien les "Ruby" et ses condisciples qui feront de ce
Kaiser live l’un des meilleurs du
Main Square 2011. En 3 mots et une chanson: "OH MY GOD"
THE NATIONAL, magistral enfin c’est ce que l’on m’a dit..
Les horaires sur les scènes du
Main Square devraient, comme les Kebabs Frites, être séparés en deux… (On y reviendra plus bas).
En décidant de regarder un peu de
The National et de découvrir un peu de
Jimmy Eat World, j’ai malheureusement raté sans doute un grand moment du Main Square, la sublime confluence entre
The National des grands jours et Arcade Fire… Une fois n’est pas coutume chronique du public en un mot :
Julien (ivre et belge (pléonasme ?)) – "Extraordinaire ! "
Léa (mignonne 90 C) – " Magique "
Lucien (Polonais Marseillais blond comme le pastis) – "Sensationnel "
Morgane (067893****) – "Merveilleux"
De quoi vous foutre les boules, de quoi me foutre les boules !
2 Door Cinema Club, bonne séance
Pop acidulée et Rock groovesque. Deux notions qui explosent à la gueule lorsque les
Two Door du Cinema Club s’ouvrent ! Au delà de leur tête de premier de la classe, leur allure de gendre parfait ou encore leur coiffure de geek (mention spéciale au guitariste)
2DCC s’empare avec brio du public. A commencer par "Undercover Martyn ", les titres des irlandais apparaissent bien plus énergiques et efficaces que sur album. Dans la lignée toute tracée par
Foals le cocktail est parfois détonnant et toujours explosif ! A grand renfort de " A ho a h ah ho",
2DCC termine leur concert dans le même état que leur public, c’est à dire sur les rotules. Belle démonstration.

L’heure des dilemmes… Arcade Fire vs Kasabian
Alors que le nombre restreint de scènes, pouvait apparaître comme un avantage pour un festival où même sur la plus "petite" peuvent se produire des têtes d’affiches… Le running order était construit de telle façon que non content de lorgner sur certain des sets
Main Stage/Green Room. Plusieurs shows se produisaient carrément au même instant entrainant désarroi, nuisances et inconfort… Dans ce contexte chronique à la croisée des chemins entre les flammes
d’Arcade Fire et les rugissements de
Kasabian…
Depuis 2 ans,
Arcade Fire est devenu inévitable sur les festivals français et inter nationaux (
Eurockéennes, Rock En Seine, Nimes, Déferlantes, Benicassim…). Le temps où était twité par millier "Who the fuck are Arcade Fire", est désormais révolu (d’un avis purement personnel c’est bien dommage…). Des écrans aux quatre coins de scène, des instruments, des banderoles comme pour une fête au village, des loupiottes, nul doute le voyage dans la pop polymorphe montréalaise risque d’être complet et instante… Ou presque. Comme un vieux diesel, les canadiens piétinent dans leurs premiers titres. Et ne trouveront l’élan que dans la salvation apporté par les notes subversives de " Surbuban War " ou bien "Rococo". Un réveil immédiat pour la pléiade de musiciens somnolant sur scène.
Réveillé !?
Kasabian l’était sur la Green Room. Exaltés par un "Shoot The Runner " toujours aussi efficace, les anglais originaires de Leicester auront rompu avec une certaine réputation qui les annonçait décevants en live. Entre les ballades mélancoliques et les moments de pure folie à l’image de "Mirsilou" reprise de
Dick Dale récemment repopularisé par le
Pump It Blackeyespeacien… Kasabian offre un son électro rock coincé quelque part entre les sonorités archaïques et riffs novateurs. En témoigne un "Vlad The Impaler" cruel pompeur d’énergie vitale ! Une alternative aux trentre première minutes redondantes d’Arcade Fire… Mais surtout un mise en abime sans équivoque pour des milliers de "Lost Souls Forever" en attente Moby ! Kasabian, c’est le "Fire" !
Moby, one more time.
Moby aime changer de pseudonyme à chaque sortie d’album, une résolution qui gagnerait en efficacité s’il l’appliquait aussi à ses shows. Depuis plusieurs années, l’icône new yorkais de l’electro tourne avec un show pour le moins rodé… Puisqu’inchangé depuis plusieurs années. Qu’importe pour la masse compacte, bien plus dense que pour Arcade Fire, qui n’attend plus que le messie. "Why does my heart feel so bad ?" installe les prémisses d’un défilé de sensations. Et à la question que pose son titre la réponse semble opaque, pour ne pas dire inexistante lorsque de gauche à droite et réciproquement Moby arpente la scène. Presque souriant, ce qui équivaut à dire extrêmement heureux, il décrochera de nombreux "Merci, Merci beaucoup" dés les premiers instants.
En bon fils de professeur de chimie qu’il est, Moby assemble les sonorités, casse les mélodies pour en fondre d’autres et fusionne les atmosphères. Alchimiste des vibrations, Moby se joue des éléments, la "Porcelain" par exemple, pour en extraire un hymne aérien. Les corps balancent, bercés par la volupté cathodique des vocalises de sa cantatrice. Surfant sur ses titres emblématiques, Destroyed ne rentrera qu’une seul fois dans la set list, et c’est là où le bas blesse. Symbole évident de l’immobilise du new yorkais, les derniers refrains de Life Me Up imprègnent les esprits d’une douce sensation… Celle d’avoir été le spectateur particulier d’un show exceptionnel. Une impression tangible, jusqu’à la prochaine fois…
The Shoes, Stay the same ! C est un ordre !
"Ehh Ferme ta gueule Moby, tu nous casses les couilles", honteuse entrée en matière que celle de The Shoes ! Non je déconne.
"Ehh Ferme ta gueule Moby, tu nous casses les couilles", en plus d’être drôle, la boutade d’une des voix de
The Shoes était de bon ton. Animé par les flammes éthyliques d’alcools inconnus, The Shoes et Das Galliano auront littéralement illuminé la fin de soirée de ce second jour au Main Square ! D’ailleurs, l’utilisation de réels batteurs à la place d’une boite à rythme, simple mais efficace ! Certains parlent de sensation du moment, nous ne ferons pas cet affront à The Shoes, mais forcement pour en arriver là il ne faut pas attendre que Wikipedia fasse une page à la pointure du groupe (on épargne l’affront mais pas les vannes bien pourrîtes). Venues défendre "Crack My Bones", leur premier vrai essaie galette, The Shoes passe l’exercice haut la main et compense brillamment l’absence de la pléiade d’invités présents sur l’skeud. Ne fait pas oublier un Gonzales qui veut ! La pop électro ambitieuse de The Shoes, décrocherait même un grattage de moustache, preuve d’une extrême satisfaction, de la part de J. Staline Premier !
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