Tout d’abord je découvre le Daki Ling, situé sur la rue d’Aubagne. Le groupe
On s’fait Une Bouffe a commencé depuis une dizaine de minutes mais il n’y a que dix personnes sur les gradins. Du coup, avec mon retard, je me sens gêné par le bruit que je fais en arrivant car j’ai l’impression que chacun de mes gestes résonne.
Bien que la salle soit quasiment déserte, les lumières sont chaleureuses et on a l’impression d’être sur son canapé avec cette lampe de salon allumée sur scène. Je suis en train de me demander comment je vais faire également pour prendre des photos tout en étant discret, vu qu’il s’agit d’une salle plutôt adaptée pour le théâtre avec le public en hauteur par rapport au musicien. Je suis donc dans le champ de vision de tout le monde.
Il faut que je vous explique ma venue. En fait j’avais découvert le groupe avec son album
Portraits Crachés que j’avais acheté par hasard pendant les soldes. Où se mêlent chanson française, avec des textes parlant de visages rencontrés, des histoires de quartier, des petites tranches de vie, qui n’ont rien d’extraordinaire mais qui sont tout de même l’âme de la rue. J’avais bien accroché sur les mélodies et était donc curieux de les découvrir sur scène.
Au début, je pars sur une mauvaise impression, mais heureusement la suite la contredira.
Bien que les musiciens aient l’air très sympathique, il me semble que les sonorités de la musique et du chant manquent de textures variées. Il n’y a pas assez de sons aigüs pour contrebalancer avec la contrebasse, la guitare et le chant grave. Il manque le petit déclic, je n’ai pas de frissons et ne me sens pas envahi par la musique.
De plus j’ai encore l’impression de faire tache à côté des spots et cette salle déserte m’angoisse. Voilà donc un tiers du concert sur lequel je n’accroche pas spécialement.
Les musiciens entament le morceau
Tentatives évasives. Et là tout change. J’arrête de me poser des questions et me laisse totalement envahir par la musique. La contrebasse devient plus sensuelle, le jeu de guitare devient plus épanoui. Les percus se marient admirablement avec le reste. S’ensuivront alors une douzaine de morceaux remplis de générosité. Le chanteur est très enjoué et on sent les échanges positifs entre musicien.
J’en oublie de temps en temps d’écouter les paroles pour me laisser bercer par les mélodies d’
Eric Lemaire au chant/guitare et
Hervé Gasciolli à l’accordéon/piano, soutenus par
Damien Varaillon-Lavorie à la contrebasse et par les excellentes percus de
Jean-Marie Bergey.
Ils alternent des titres du premier et deuxième albums. Avec quelques passages admirablement explosifs. Et des moments touchants, en particulier quand tous les musiciens font les chœurs derrières
Eric.
Le summum du concert étant la variété de percus utilisées par
Jean-Marie : congas à la main ou au balais, toutes sortes de graines séchées, et pleins d’autres qu’il se fera un plaisir de me présenter à la fin du concert et dont j’ai oublié les noms et origines et qui apportent cette richesse de textures sonores qui manquait au début de concert.
Un groupe à découvrir :
www.myspace.com/1bouffe
texte et photos :
Yoan-Loic Faure