Quittant sans regret la soirée spéciale Marseille 2013 à la Friche où 400 personnes s'auto-congratulaient, buvaient et courtisaient pour la suite alors qu'en dessous de bons groupes (Nevchehirlian, Anything Maria, Ahamada Smis, ... jouaient devant 30 personnes (belle parabole sur ce qui nous attend), je me dirige vers une salle qui ne sera surement pas "labellisée", l'Embobineuse qui se bouge depuis quelques années pour faire vivre des musiques barrées et qui accueille ce soir un "grand" Ted Milton et son groupe Blurt.
Depuis 1980, le groupe mené par ce grand malade bourlingue leur post-punk bourré de free-jazz et avec une pincée de groove africain dans tous ce que le monde compte comme bouges. Et ce soir encore, ils seront en grande forme rendant hystériques la centaine de gros loosers qui n'avaient pas compris où ça se jouaient la Culture ce soir.
Bon quand ils débarquent sur scène, ça se voit qu'ils ont de la bouteille (dans tous les sens du termes) mais l'énergie de ce combo de 50/60aires est hallucinante. Ca joue entre morceaux hypnotiques avec une gratte jouée très son de basse, une voix répétitives et des rythmes lancinants aux sax (avec parfois un hurlement aigu du même instrument, faut pas déconner), des morceaux quasi afrobeat hyper groovy et des moments plus punks, notamment quand la gratte se fait agressive et le Milton halluciné à la déclamation. Drôle et possédé par sa musique, il est carrément bloquant.
Le public se laisse rapidement gagné par une transe jubilatoire, refusant que le groupe quitte la scène, et celui-ci va la squatter un bon moment malgré la chaleur étouffante. Au final, ils nous laissent complètement exsangues mais heureux !