Le festival de Big Band de Pertuis en est à sa dixième édition. C’est gratuit, en plein air, les consos sont à un prix qui fait rire (2 € la pression, 50 centimes la bouteille d’eau, 4 € le sandwich merguez frites…), et surtout la programmation est, année après année, d’une qualité exceptionnelle.
Le schéma est toujours le même : le lundi, TartOprunes et le Big Band de Pertuis, mardi, mercredi et vendredi une petite formation dans la petite cour suivie d’un big band sur la grande scène (gratuit), le jeudi, soirée salsa avec deux groupes (5 €) et le samedi, le grand concert payant (il y a deux ans Claude Bolling, l’an dernier, Philippe Catherine et cette année Gérard Badini).
Lundi, c’est Pertuis. Le public de ce jour-là est tout d’abord constitué des parents, familles et amis des musiciens. Ca fait déjà du monde, la formation TartOprunes comportant une dizaine de jeunes et le big band une vingtaine de jeunes et moins jeunes, tous de Pertuis ou des villages alentour.
TartOprunes a un répertoire qui va du jazz au rock en passant par le funk, le ska et le reggae. Ils progressent d’année en année et peuvent encore mieux faire comme on dit. Mais pour lancer le festival, quoi de mieux que de laisser leur chance aux jeunes du cru. Dans la cour de l’école Georges Brassens, c’est folklo. Chaque musicien a une bande de copains plus ou moins chambreurs mais tous enthousiastes. Certains d’entre eux rejoindront bientôt le Big Band. C’est le cas cette année du batteur qui fait ce soir les deux concerts (il avait déjà joué sur quelques morceaux l’année dernière avec le BBDP).
Mais le moment tant attendu par toute une ville, que dis-je, tout le Sud Luberon, c’est le Big Band de Pertuis dirigé par l’inénarrable Léandre Grau. Une rythmique discrète (piano, batterie, basse, guitare) mais efficace, va laisser la part belle aux cuivres (5 trompettes, 6 trombones et 6 saxos si mes souvenirs sont exacts). Le répertoire est classique mais très varié (Duke Ellington, Count Basie, Sammy Nestico, Glenn Miller…) Les solos se succèdent tous applaudis moitié en rapport avec la performance accomplie, moitié en rapport avec la popularité du musicien, les gens de Villelaure étant les plus fervents supporters de leurs représentants.
Comme chaque année, Béatrice Bini vient ajouter sa voix sur quelques titres et pour la première année (et espérons-le, la dernière), Guy Meney a également posé sa voix (souvent fausse à en avoir des frissons dans le dos). Lors des transitions toujours interminables de Léandre (mais ça fait partie du folklore et ça nous manquerait s’il n’en était pas ainsi), on se raconte les derniers potins. Ainsi ai-je appris, entre autres, que le trompettiste en haut à gauche a eu son bac avec la mention très bien ou que le bassiste venait de prendre sa retraite d’instituteur.
Sur la scène, c’est la classe, au propre comme au figuré. Au propre, parce que beaucoup (tous ?) sont issus de l’Ecole de Musique de Pertuis. Au figuré, parce qu’avec les ans, le spectacle est devenu d’une grande qualité. Certains musiciens font d’ailleurs régulièrement les tournées des plus grands Big Band français. Et quand les premières notes de «In The Mood» résonnent, même ceux dans le public qui râlent qu’ils le jouent chaque année se disent au bout du compte que c’est LE morceau incontournable. Et dire que j’ai raté les cinq premières éditions !
Ne m’invitez pas à manger le lundi 3 août 2009, je suis pris. Ou alors un merguez frites dans la cour de l’Ecole Georges Brassens.