New Bumpers Revival Jazz Band

A ce niveau-là, ce n’est plus de la nostalgie. Aucun des spectateurs présents n’était né lorsque Duke Ellington a créé la pièce la plus récente jouée ce soir (Jubilee Stomp). Parlons plutôt d’Histoire du Jazz mise en musique par le
New Bumpers Revival Jazz Band.
Le souci du détail est poussé à l’extrême pour interpréter ces bijoux dénichés par
Fred Dupin, trompettiste et créateur de cette formation voilà dix ans. Tout d’abord, les titres sont joués dans l’ordre chronologique avec une petite explication en prime. Et puis il y a ce son qui nous plonge dans les années 20 sur les bords du Mississippi :
Le banjo, la washboard et un tubaïste du cru ramené par Fred Dupin lors de son dernier voyage à la Nouvelle-Orleans assoient une rythmique revival ;
Jérôme Gatius a déniché un C-melody sax, instrument rare qu’utilisait Frank Trumbauer. Il le dépoussière pour interpréter son Singin’ The Blues ;

Les souffleurs nous font partager la joie manifeste qu’ils affichent à prendre le relais l’un de l’autre ou à rendre plus festif encore le chorus du voisin ;
Le son du piano en arrive à nous sembler métallique. Ne manquent que les grésillements d’un disque trouvé dans le grenier des grands-parents.
Une petite décennie défile en 70 trop courtes minutes : des reprises de légendes du jazz comme Louis Armstrong (Struttin’ With Some Barbecue, Hot Five And Hot Seven, Perdido Street Blues), Duke Ellington (Jubilee Stomp) ; d’autres de jazzmen méconnus : Jerry Roll Morton (King Porter Stomp, The Chant), William Christopher Handy (Careless Love), Paul Whiteman (King Chanticleer), Charley Patton (Shake It & Break It).
Anachronique est le rappel puisque Petite Fleur de Sidney Bechet, pièce qui n’a même pas 60 ans, vient clore ce plateau, le plus émouvant de la semaine.
New Bumpers Revival Jazz Band :
Olivier Lancelot : piano /
Jérôme Gatius : clarinette, saxophones /
Laurent Mastella : banjo /
Suzanne Barthez : washboard /
Fred Dupin : trompette /
Jérôme Laborde : trombone /
Tom Sanders : tuba.
Bonus vidéo : Singin’ The Blues
Côte Ouest Big Band
Œillet rouge à la boutonnière, costume noir, chemise blanche, nœud pap’ noir, voilà les classieux musiciens du
Côte Ouest Big Band. Ce jazz band fut créé en 1982 par amour de la West Coast et des années 50. Ne pas confondre avec le West Coast Big Band qui se produira ici-même le surlendemain. Sur le papier, ce n’est pas mon jazz préféré. Mais dans la pratique, Dizzy Gillespie, Duke Ellington et Count Basie sont à l’honneur, de même qu’un Brésilien, un Portoricain et des Anglais de Liverpool, côte Ouest du Royaume-Uni il est vrai.

Mais les arrangements font sonner le tout très West Coast dans une setlist où Hollywood est omniprésente :
1 ? (Count Basie) / 2 Four Brothers (Woody Herman) /
3 When You’re Smiling (Tom Kubis) / 4 Can’t Buy Me Love (Beatles) /
5 A Night In Tunisia (Dizzy Gillespie) / 6 The Girl From Ipanema (Antonio Carlos Jobim) /
7 It Had Be Better Tonight (Henry Mancini) / 8 I’ve Got You Under My Skin (Cole Porter) /
9 Perdido (Juan Tizol) / 10 I’ve Got The World On A String (Les Brown) /
11 The Lady Is A Tramp (Richard Rogers & Lorenz Hart) /
12 Medley (Mannix, *voir vidéo, Mission : Impossible, James Bond) /
13 Fly Me To The Moon (Bart Howard) / 14 ? /
15 Li’l Darling (Count Basie, paroles d’Henri Salvador) /
16 I’m Beginning To See The Light (Duke Ellington) / 17 One Note Samba (Antonio Carlos Jobim) /
18 Have You Met Miss Jones (Richard Rogers & Lorenz Hart)
Rappels :
19 New York, New York (John Kander / Fred Ebb) / 20 All Of Me (Gerald Marks & Seymour Simons)
* bonus vidéo : retrouvez le titre.
J’offre personnellement une place aux soirées du lundi, mardi, mercredi et vendredi de l’édition de l’année prochaine aux trois premières bonnes réponses (à condition que ce merveilleux festival reste gratuit).
La chanteuse de ce soir se nomme
Veronika Rodriguez. Elle est dotée d’un joli brin de voix et d’un bon sens du rythme comme sur ce très réussi duo scat / saxo avec
Jean-Philippe Vidal - créateur et directeur du COBB - sur A Night In Tunisia. Mais la justesse de sa voix s’étiole quelque peu en fin de soirée et encore une fois, je préfèrerai les pièces 100 % instrumentales : le medley fut un pur bonheur de même que les cuivres qui se succédèrent au micro pour effectuer d’exquis tuilages. La côte Ouest a tout de même du bon…

Le jeudi étant le jour de la salsa, je ne reviendrai qu’après-demain pour peut-être me faire définitivement conquérir par ce jazz-là avec leurs presque homonymes du West Coast...
Réagir à cette critique