21h30 qu'ils disaient. J'arrive à 21h15 et Dawn est déjà sur scène. Accompagnée d'un (bon) guitariste, la demoiselle a une voix sympathique et enchaîne les morceaux pendant que la bière coule à flot au bar. Très bien pour débuter une soirée, mais suicidaires s'abstenir.
Pour que la transition avec le groupe suivant se passe en douceur, la jeune fille reste pour le premier morceau de Starboard Silent Side. Le guitariste, lui, est visiblement commun aux deux groupes. On change de registre. C'est folky, les mélodies sont recherchées, les arrangements au poil. Le chanteur (également guitariste) doit aimer Michael Stipe. On retrouve des intonations similaires au divin chauve notamment à la fin des phrases (english spoken). Pour les derniers morceaux, ils sont rejoints par une violoniste talentueuse sauf quand elle joue comme le gamin de ma voisine (oui, je sais, elle, c'est volontaire, mais ça a fait se dresser les poils de mon avant-bras en me rappelant les mercredis matin, j'y peux rien) et un percussionniste. Ce dernier a peut-être une vraie batterie d'habitude, mais là, il faisait peine avec sa bouteille d'Evian avec 5 grains de riz dedans pour battre la mesure. Au xylophone, il semblait déjà plus épanoui. Un bon groupe qui fait monter la pression.
Et puis ce fut la révélation avec Sugar Plum Fairy Pr. J'ai habituellement du mal à accepter les percussions enregistrées. Aurélien Jouannet (claviers, chant) et Sylvain Joubert (basse) compensent en effet le manque d'instruments avec des bandes play-back. Malgré cet a priori négatif, j'ai été vite envouté par la qualité des compositions et la virtuosité au piano (premier morceau) puis aux claviers d'Aurélien. De plus, sa voix est prenante avec des tonalités d'Antony (& The Johnsons) et parfois de Michael Stipe encore (mais non, je ne l'entends pas partout !) Des films sont projetés derrière les deux comparses (là, je ne crie pas au génie, en plus, la pierre de Rognes sur laquelle lesdits films étaient projetés n'a pas aidé à les apprécier).
Il faut maintenant attendre l'installation du matériel de John Parish. La batterie n'est pas encore montée et les techniciens ont visiblement du mal à retrouver les fils dans les enchevêtrements. Vers 0h10, John Parish arrive accompagné d'une fille aux claviers, une autre à la basse et un batteur. Je ne connaissais l'homme que par ses collaborations avec PJ Harvey. Ses compositions sont fort sympathiques, l'interprétation est carrée. Les membres du groupe étaient visiblement enchantés d'être là, dans ce petit village de Provence à faire des rappels à 1h15 du mat'. Nous aussi. Mais autant je ne suis pas certain de me déplacer à nouveau pour John Parish, autant je me précipiterai à la prochaine date dans la région de Sugar Plum Fairy Pr. Dis, Aurélien, tu veux pas engager un batteur ?