The Plastic Gangsters Psychedelic X-Plosion X-Perience and The New Revolution From The Black Leather Lagoon (le nom complet du groupe !) arrivent tel un gang surexcité s’apprêtant à jouer au CBGB's.
Le guitariste rythmique, Harvey "Turbo Rat" Di Fontis, a enfilé un superbe maillot de Manchester United au nom d’Eric « The King » Cantona. .../...
The Plastic Gangsters Psychedelic X-Plosion X-Perience and The New Revolution From The Black Leather Lagoon (le nom complet du groupe !) arrivent tel un gang surexcité s’apprêtant à jouer au
CBGB's.
Le guitariste rythmique,
Harvey "Turbo Rat" Di Fontis, a enfilé un superbe maillot de Manchester United au nom d’
Eric « The King » Cantona. Est-ce un heureux présage ? Oui ! Le groupe entame l’hymne des
Stooges qui ouvrait tous les concerts d’
Iggy Pop en 1993 :
Down on the street ! Quel riff monumental !
Nous allons assister ce soir à un concours de poses rock ‘n’ roll assez impressionnant. C’est d’abord le chanteur,
Peter Marvel, qui hurle comme Iggy et se retrouve à genoux au pied du micro, comme son idole. Un peu plus tard, c’est
"Turbo Rat", qui ayant trop regardé sa vidéo de
Ziggy Stardust, se prend pour
Mick Ronson et nous refait le coup du guitariste jambes écartées au-dessus du chanteur, couché sur le sol. Bravo pour les références ! Pour compléter le tableau, le batteur,
"El Drummo" Ramirez, joue moquette au vent et cogne comme un sourd. Pour ne pas passer pour des rigolos, le bassiste,
Mick "Carburator" Rocco, et le lead guitariste,
Vince-O-Matic, se doivent de réagir !
C’est chose faite quand le bassiste joue assis sur les retours puis se promène dans le public tandis que son acolyte actionne ses pédales avec… sa tête ! La charmante choriste,
ZaZa Soprano, a choisi, elle, de se trémousser lascivement : cela provoque un ballottage très favorable… Mais où sont donc passés les gentlemen de
Karma Antica ? Où sont les arpèges cristallins ? Qu’ont-t-ils fait de leurs morceaux pop ? Qu’est ce qui les a transformés en
Wild animals ? Alors là, va savoir…
Ils se sont changés en véritable
tribute band de l’iguane :
Louie Louie version
American caesar,
TV eye,
I wanna be your dog viendront charmer les oreilles des fans du mauvais garçon du Michigan. Leurs versions sont bien crades et sont un véritable hommage aux morceaux des
Stooges.
Pour montrer qu’ils sont restés jeunes malgré le poids des années de débauche, ils nous jouent l’excellentissime
Hate to say I told you so de
The Hives. Très bien, mais vous étiez où le 9 décembre 2000 quand les Hives ont joué à Clermont-Ferrand en ouverture des
Wampas ? Ah, on fait moins les malins ! De toute façon,
The hives are law, you are crime !
Pour que le bonheur soit complet,
Gloria de
Van Morrison (repris par
Patti Smith),
What goes on du
Velvet Underground et
Roadhouse blues des
Doors sont interprétés avec une fougue juvénile.
« Let it roll ! All night long ! » Remettez-nous ça et que ça saute !
Pendant la pause, un chevelu du nom de François A. (qui se fait appeler
Dj Argh ou je ne sais quoi : je ne comprends pas ce qu’il me dit et je n’arrive pas à lire ce qu’il écrit, donc…) passe à un volume déraisonnable sa collection de disques, assez incroyable, il faut le reconnaître ! La reprise techno/hardcore de
Paranoïd de
Black Sabbath est un morceau d’anthologie que tout mélomane doit posséder dans sa discothèque.
Into the groove de
Madonna par
Sonic Youth est légèrement plus subversive que la version de
Superbus que nous inflige
MCM, la chaîne des djeunes. Voir ce jeune homme s’agiter frénétiquement est un spectacle en soi ! En fait, il est tellement hystérique derrière ses platines qu’il pourrait passer n’importe quoi ! Il est pas un peu frappé celui-là par hasard ?
Les stars de la soirée,
A Smell of Fox, ont très joliment décoré leurs retours sur scène avec le nom du groupe (très frais !). Il y a aussi les mots
chacal,
hyène et je ne sais plus je ne peux pas me souvenir de tout non plus quoi merde ! Le ton est donné : ils ne vont pas faire dans la pop anglaise à la
Belle & Sebastian !
Leur set est composé de reprises de titres de punk/hardcore assez anciens. N’est-ce pas pathétique de voir ces trentenaires jouer torse nu des antiquités, hurler comme des gorets et prendre les poses les plus
cliché ? Et bien, contre toute attente, pas le moins du monde ! C’est même rafraîchissant de voir ces quatre-là jouer toutafondlive ! Les titres sont chantés par le bassiste
Rollo, très à l’aise pour les gueulantes, son ami Christophe « le méchant » n’est pas en reste en ce qui concerne le volume sonore… Rollo n’arrête pas de dire
« Hi, I’m Johnny Cash » entre les morceaux. Comment font-ils pour se mettre dans des états pareils ? Ce doit être la puissance du rock ‘n’ roll ! La flamme habite aussi le discret guitariste qui wahwahise délicieusement tandis que le batteur,
Yannis S. fait une démonstration de force. Mais il martèle ses peaux comme une brute, le petit salaud ! La combinaison des quatre donne un jublilatoire hardcore des familles !
Leur reprise de
Blitzkrieg bop des
Ramones est bienvenue mais quicestdonc qui « chante »
« Hey, ho, let’s go ! » et ne connaît pas le reste du texte ? L’immense guitariste des
Plastic Gangsters !
« Vincent is a punk rocker and somebody put something in his drink ! » Ah, c’est du propre !
Choum, le patron de la salle, qui s’agite comme un fou furieux au premier rang depuis le début de la soirée, est invité à monter sur scène. C’est son anniversaire ! Le groupe nous offre alors une version karaoké de
Too drunk to fuck des
Dead Kennedys envoyée par le Dj. Le groupe, avec Choum au micro, mime à la perfection et en rajoute des kilos, un peu à la manière de
Nirvana faisant semblant de jouer
Smells like teen spirit à l’émission
Top of the Pops. Mais de qui se moque t’on ?
Choum redescend jouer de la guitare en carton en dansant comme
Chuck Berry avec le t-shirt déchiré du bassiste autour du cou ! Si ce monsieur n’est pas passionné par ce qu’il fait, je n’y comprends rien !
Après avoir rejoué un titre incroyablement bon et puissant des inénarrables
Reverend Horton Heat, les
Smell of Fox regagnent leurs loges gigantesques. Cette bande de voyous nous a offert un florilège de ce qui se fait de plus violent et rapide dans le hardcore/punk et je crois que j’ai pris mon pied. C’est grave docteur ?
C’est la première fois que je retournais au
Balthazar depuis sa rénovation et malgré la demi-heure de route, je crois que je vais revenir : cette salle est furieusement conviviale et
ROCK ‘N’ ROLL !
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