Ah !!! Le festival Marsatac ! Ils font exprès de programmer chaque année deux groupes que j'apprécie, un en tout début de soirée (Architecture in Helsinki) et l'autre à 2 heures du matin (GusGus). Pas d'attente, ça commence dès 21h comme prévu sur la scène Major (la plus grande des deux et du côté de la cathédrale, d'où son nom).
Pour commencer, Architecture In Helsinki. Pour ceux qui croiraient qu'ils sont Finlandais, ils annoncent haut et fort qu'ils sont Australiens et visiblement fiers de l'être. Quelques supporters de l'équipe de rugby des wallabies sont déjà en place à Marseille pour le quart de finale de samedi prochain et font partie de l'assistance. Ils se voient déjà champions du monde le 20 octobre.
Les six musiciens sont très polyvalents. Ils vont passer une heure à se refiler les instruments. Ainsi par exemple, le batteur du premier morceau jouera tour à tour des claviers, de la guitare, du trombone et s'exercera au chant. S'exercer, c'est le mot justement. Le chant n'est pas le point fort du groupe. Je m'étais déjà fait la remarque en écoutant leurs CD, mais sur scène, c'est encore plus criant. Au bout d'un quart d'heure, on a pourtant l'impression qu'ils chantent juste. Leurs voix se sont-elles échauffées ou mon oreille s'est-elle habituée ? Il faut dire qu'ils ont joué coup sur coup "The Cemetery" et "Frenchy, I'm Faking", deux de mes morceaux préférés et que sur scène, ça rend plutôt bien.
Peu importe le chant après tout, ça conforte cette impression qui se dégage en les regardant jouer : on dirait qu'ils veulent nous dire : "on est une bande de copains et on s'éclate en jouant ensemble". Un effort doit être toutefois fait au niveau vestimentaire. Le site de Marsatac annonçait des costumes de scène et des paillettes, ils ont dû perdre leurs bagages à l'aéroport et acheter vite fait des t-shirts à la Porte d'Aix. La chanteuse avait un collant de schtroumpfette et n'en a pas tout à fait le look.
Pas de souci vestimentaire en revanche pour The Divine Comedy avec le divin Neil Hannon. Costume, cravate, lunettes noires, le dandy irlandais arrive sur scène et va nous offrir une (petite) heure de bonheur.
Avec ses sept musiciens (très bon clavier que j'ai déjà vu quelque part, mais où ??) dont une violoniste et une violoncelliste pas assez mises en valeur par la sono, il va survoler ses presque 20 ans de carrière, régalant autant ses vieux fans que ceux qui l'ont découvert plus récemment ou, comme beaucoup, ce soir.
Il fait un effort pour les enchaînements entre deux morceaux ce qui n'est pas si fréquent, très pince-sans-rire, british humour oblige. Il fera même mine d'entamer un strip-tease sur "Generation Sex", mais seule la cravate et deux boutons de chemise ont sauté au grand dam de ma voisine. Visiblement amoureux de notre région, il interprètera "A Lady Of A Certain Age", mon morceau préféré, qui se passe sur la Côte d'Azur avec une délectation palpable lorsqu'il prononce "He left the villa to his mistress in Marseilles".
Une trop courte heure de concert, pas de rappel (il serait visiblement bien volontiers resté sur scène) mais c'est l'inconvénient des festivals : c'est minuté et il faut faire la place aux suivants.
Les suivants, c'est The Dead 60's. Changement de registre assuré. D'ailleurs, le public change du tout au tout. Quatre garçons qui viennent de Liverpool et ont une pêche d'enfer. Mais ça n'est pas mon genre de musique préféré et je laisse le soin à d'autres de réaliser la chronique. Au bout de quatre morceaux, j'ai considéré avoir fait le tour du problème et je suis allé voir ce qu'il se passait sur la scène Pharo (plus petite et du côté du Palais du Pharo tout bien illuminé de l'autre côté du port).
Alors là, comment dire... Vous entrez dans une boîte de nuit géante où les gens dansent avec un verre de bière dans la main gauche et une cigarette (qui fait souvent rire) dans la droite. Pas facile de se frayer un passage si on ne veut pas passer le reste de la soirée à sentir la Pelforth. C'est vrai que la programmation était pleine de groupes avec des noms du genre X Feat. Y et que j'aurais dû me méfier. Mais c'est sous ce chapiteau que se produira GusGus à 2h30 et je suis aussi venu pour eux. Il faut donc tuer deux heures. Quand on aime la bière, c'est facile : on en boit deux, on fait une demi-heure de queue pour aller aux toilettes, on en reboit deux... Mais moi, je n'aime pas la bière (sauf devant un match de l'OM pour faire passer le piètre spectacle qu'ils nous offrent depuis 14 ans, mais je m'égare). Alors, je me promène dans le village, je m'offre un joli briquet Marsatac parce que j'en ai marre de refuser du feu aux demoiselles, je vais sentir les odeurs de kebab et de mexican food, et je reviens de temps en temps près des chapiteaux. Un jeu amusant aussi, c'est de trouver l'endroit exact entre les deux scènes où les sons se mélangent. Je vous conseille The Young Gods Vs Apparat.
The Young Gods, j'avais écouté un CD et je m'étais dit : "Tiens, encore un qui se prend pour Bashung" et quand il est content d'une phrase "Un trou noir, c'est troublant", il la répète dix fois pour ceux qui auraient pas compris. Mais sur scène, aucun rapport.
Ils sont seulement trois dont ledit chanteur qui ne peut rien faire d'autre vu que ses deux mains sont occupées à tenir le micro, une batterie et... un clavier. Tous les solos de guitare de l'album sont faits au clavier. On n'arrête pas le progrès.
Côté Pharo, les enchaînements se font plus vite que du côté Major, si bien qu'ils sont en avance sur l'horaire. Faut dire que pour brancher un ordi, il faut pas une demi-heure. Du coup, j'ai raté le début de GusGus. No regret toutefois. C'est le genre de groupe que j'apprécie sur une chaîne mais pas en concert. Deux mecs derrière des ordis, trois chanteuses bien nourries (au couscous ?) qui se trémoussent, et aucun de mes morceaux préférés.
Je continuerai toutefois d'écouter leur merveilleux premier album "Polydistortion" ou des morceaux comme "Call Of The Wild", "David" ou "Teenage Sensation". Les trois étoiles de ma chronique, c'est pas pour eux, c'est pour The Divine Comedy et Architecture In Helsinki.
Après GusGus, je me suis frayé un passage pour sortir. En sens inverse arrivaient les fans de Modeselektor. Je n'ai pas eu la patience d'attendre. De toute façon, j'ai assez dit de mal pour aujourd'hui. N'empêche, les programmateurs de Marsatac sont très forts.
Un monde fou avec un point culminant vers 23h00, des gens qui arrivent tard pour danser, d'autres qui partent dès qu'ils ont vu ce qu'ils sont venus voir, des bars qui ne désemplissent pas. Et un lieu idéal. Je reviens demain pour voir The Cinematic Orchestra.