Marsatac : Youngblood Brass Band + The Cinematic Orchestra + Ty + Mos Def 29 Septembre 2007- J4 - Marseille Beaucoup plus de monde que la veille, mais sensiblement pas le même public, ne serait-ce que capillairement parlant. Vendredi les franges se disputaient aux crètes, ce soir ce sont les dreadlocks tendance fraggle qui sont de sortie.Je m'attendais à .../...
Beaucoup plus de monde que la veille, mais sensiblement pas le même public, ne serait-ce que capillairement parlant. Vendredi les franges se disputaient aux crètes, ce soir ce sont les dreadlocks tendance fraggle qui sont de sortie.Je m'attendais à beaucoup de casquettes mais il n'en fut rien, à la dominante des artistes hip hop Américains il semblerait que ce soient les locaux Svinkels, Zenzile et surtout Peuple de l'Herbe qui ont attiré la majorité du public.
La grosse foule à l'entrée ne me laissera arriver qu'à la fin des Youngblood Brass Band. Plutôt impressionant, imaginez que Zach De La Rocca ait grandi à la Nouvelle Orleans plutôt qu'à L.A., vous aurez un peu une idée de cette fanfare qui envoie du lourd.
Les Guns Of Brixton, non contents d'avoir le culot de choisir une chanson mythique comme nom font une musique des plus ennuyeuses. Un genre de post rock pas planant pour un sou, souvent bourrin avec ici et là quelques effets dub, jouant qui plus est avec un balai dans le cul, pas glop du tout.
The Cinematic Orchestra c'est musicalement beaucoup mieux, recherché, jazzy et tout, mais l'interêt de les faire jouer dans un festival m'échappe un peu, leur downtempo s'apprécie quand même mieux assis voire allongé.
L'anglais Ty est le premier à réelement convaincre avec un concert de haute tenue, généreux et empli de bonnes intentions.
On l'avait déjà remarqué lors de ses apparitions chez Tony Allen, son hip hop est mélodique et frais, puise autant dans la soul que l'afro beat. "Don't watch that", "l.o.v.e", "Wait a minute", "Oh you want it" sont autant de petits hymnes où le public est sollicité et donne de la voix.
La venue Mos Def était l'évènement de cette édition en l'absence de Rakim (remplacé par les fatigants M.O.P. qui nous ont poussé douze guelantes avant de bacler leur pourtant certifié club banger "Ante Up").
S'il n'a pas sorti que des chefs d'oeuvre, on lui doit deux des grands albums de musique Noire des années 90's, "Black Star"(98) avec son ami Talib Kweli et "Black on both sides" (99) qui vieillissent mieux que les suivants.
Sur scène, comme beaucoup de rappeurs américains, la foule est sans cesse interpelée, les morceaux sont tronqués, les interludes bien trop nombreuses, le son parfois pas à la hauteur.Mais la prestation est quand même plaisante, on le sent toujours habité d'une certaine flamme et d'une gourmandise musicale, avec des clins d'oeil à Grandmaster Flash" et A Tribe Called Quest.
S'il en abuse carrément à un moment, le choix du dj de passer les morceaux qui ont servi de samples(Yellowman avant "Definition", Aretha Franklin avant "Ms Fat booty") est plutôt bien vu.
Pour ma part j'étais vraiment content de réentendre certains titres comme le superbe "Umi says" qui tient plus de la soul que du rap et soulagé qu'il n'annule pas sa prestation comme il en a la facheuse habitude.
C'est tout pour cette soirée qui allait se poursuivre avec les groupes dub cités plus haut, et quelques dj's tels que Kentaro ou Marky.
>> Réponse (le 01/10/2007 par Mystic Punk Pinguin) Je suis pas arrivé à rentrer dans le set de Mos Def, j'avoue même que ça m'a gonflé au bout d'un 1/4 d'heure, me .../...La suite
>> Réponse (le 04/10/2007 par Roo Ha Kim) - Sur le papier, cette cuvée 2007 de Marsatac ne me faisait pas réellement fantasmer.
Hélas, je n’ai pas eu de réelles .../...La suite
Le programme de ce soir ne m'enchante guère. Je suis venu exclusivement pour The Cinematic Orchestra. Mais sait-on jamais, je suis souvent agréablement surpris par un ou plusieurs groupes lors des festivals. Ce sera peut-être encore le cas cette fois-ci. Sur le papier, Youngblood Brass Band et Guns Of Brixton peuvent me plaire. Le problème, c'est qu'ils jouaient tous les deux à la même heure, YBB sur la scène Major et GOB sur la scène Pharo.
Quand j'arrive du côté Major, le Youngblood Brass Band a déjà commencé son show. J'aime tout de suite le son et la diversité des instruments (deux trompettes, deux trombones, un saxo, un hélicon et des percussions.
C'est pêchu, c'est festif, ça met de bonne humeur. Après deux morceaux, j'ai bien envie de rester, mais je veux laisser leur chance aux Guns Of Brixton. Un groupe qui choisit comme nom le titre d'un morceau des Clash ne peut pas être mauvais.
En effet, sur la scène d'à côté, 4 garçons (français)dans une formation on ne peut plus classique (basse, guitare, batterie, claviers) impriment un rock très efficace, avec, ce qui ne gâche rien un son très correct (notamment la basse et surtout la batterie à la sonorité parfaite). En revanche, que dire des lumières ?
Qu'elles sont réglées par leur pire ennemi, ou que c'est fait exprès pour qu'on ne les reconnaisse pas dans la rue ? Dans le second cas, c'est réussi. Beaucoup de morceaux exclusivement musicaux (tant mieux parce que pour la voix, je ne serai pas élogieux). Difficile de retourner voir YBB, mais j'ai fait quelques aller-retour.
Deux musiques très différentes (toujours cette éclecticité voulue par les programmateurs) mais toutes deux prenantes. A la fin du Youngblood Brass Band, les spectateurs sont venus sous le chapiteau Pharo et beaucoup avaient l'air d'apprécier.
Le clou de ma soirée à moi, ce n'est pas Mos Def comme la plupart des festivaliers, mais The Cinematic Orchestra. Six musiciens arrivent : un bassiste avec une très joli contrebasse électrique, un batteur, un guitariste assis, un saxophoniste à chapeau un pianiste à bretelles (mais non, il ne joue pas de l'accordéon !
Il porte juste de très belles bretelles à carreaux rouges et noirs sur sa chemise blanche) et l'inévitable-gars-qui-clique-sur-son-i-mac-au-début-de-chaque-morceau. Les premiers morceaux sont corrects mais décevants par rapport au disque. Ils ne valent que par les solos de clavier ou de saxo (très plaisants au début du concert). Puis arrive l'interprétation de "Breathe". Sur l'album, c'est Fontella Bass qui chante.
Je vois mal la chanteuse (un morphing entre Serena Williams et Rachida Dati) avec un lys martagon dans les cheveux qui faisait "Ooh ooh" sur les deux morceaux précédents supporter la comparaison. Et pourtant... Ce fut magnifique, presque mieux que sur le disque ! A partir de ce moment-là, j'étais conquis et mon sens critique a été chloroformé.
La chanteuse (si vous connaissez son nom, écrivez-le ci-dessous svp) n'a plus jamais fait de "ooh ooh" et a mis du relief la fin du concert pendant que le pianiste s'essoufflait et que le saxophoniste jouait très free et dans les très (trop ?) aigus ! Bonne prestation dans l'ensemble d'un groupe qui n'hésite pas à jouer ses morceaux intimistes sur scène au risque de voir le public préférer la scène d'à côté.
Sur la scène d'à côté, c'était TY (pronounce ti ouaille). J'en ai vu 10 secondes et ça m'a suffi. Puis, le chapiteau Major a gonflé à en déborder pour l'arrivée de Mos Def. D'autres vous en feront le compte-rendu. Je suis parti au bout de dix minutes après avoir dépensé mon dernier ticket boisson.
Je reviens l'année prochaine, c'est promis.
Alors d'abord je tiens à dire que toutes les chroniques postées jusqu'ici sur ce festival sont vraiment particulièrement nazes ! Non c'est bon, je plaisante les gars... C'est au contraire un grand plaisir de voir tant de chroniques d'un festival sur ce site ! Je me suis par contre interdit de les lire pour ne pas être influencé (ni humilié et découragé, par exemple par la culture électronique sans failles de Mr. Sami ou par les formules dévastatrices de Mr. Stéphane S... !).
Bref, comme chaque année le dernier festival sympa de la fin d'été se passe à 30 minutes à pied de chez nous, en plein air et au bord de la mer, alors on ne se fait pas prier ! Marsatac, festival à la maturation et à la survie difficile : comme péripétie cette année, les sponsors de rugbymen avaient un temps menacé de monopoliser le J4 pour le remplir de supporters...
Marsatac donc, qui semble avoir trouvé son rythme de programmation, commençant très en amont avec des pré-concerts, et atteignant son apogée sur deux soirées dont une traditionnellement plus rock et l'autre plus hip-hop. Le tout étant entouré de moult DJ branchés de nature à réjouir les plus exigeants (et les plus intellos) des clubbers. Et comme chaque année on ira qu'à une soirée, celle qui nos branche le plus : la première.
A signaler, dans l'après-midi, les liverpuldiens des Dead 60's ont donné un mini show-case à la F--c ; le chanteur Matt Mc Manamon étant en petite forme vocale, ils se sont limités à trois titres, quand même plutôt cool même en version unplugged et sans percus. Evidemment Concertandco était représenté et les a même filmés un peu ! Et puis, apparemment un peu déphasés par leur tournée, ils ont répondu bien gentiment aux questions, nous laissant quand même un peu inquiets d'une possible extinction de voix d'ici ce soir.
A notre arrivée sur le site du J4, petite déception : l'agencement est beaucoup plus "scolaire" que l'an passé, où il avait un charme certain et où un vrai travail de décoration du site avait été réalisé... Là tout est au carré : un chapiteau, un bar, des toilettes, un chapiteau, un bar, etc. L'entrée est aussi moins fonctionnelle et plus embouteillée (digitick.com semblant victime de son succès). Mais enfin la présence de divers bars pas encore trop pris d'assaut, de stands sympas et notamment celui de nos potos de Lollipop (que squatte un Mystic Punk Penguin déjà un peu attaqué), nous remettent dans le droit chemin et la bonne humeur...
Pendant ce temps les Architecture in Helsinki, collectif barjo barbu et mal-nommément australien, met son petit bordel sous le chapiteau dit "Major". On avait pas trop accroché sur album, mais sur scène leur disco-rock s'avère à la fois ludique et plutôt rigolo... et à la longue un peu agaçant quand même, tout comme celui des Scissor Sisters auquel on pense souvent à leur écoute. Festif mais un peu vain peut-être ?
On fait donc le tour du site pour aller voir ce qui se trame sous l'autre chapiteau, dit "Pharo" : un groupe de rock bruyant et chevelu, plaisant et standard appelé Hifiklub (avec un nom pareil on avait pas du tout soupçonné que ça puisse être du rock !) est en train d'y faire parler sa poudre presque garage, sur de jolies animations textuelles faites exprès pour ce soir. C'est très sympa mais en fait c'est déjà fini, dommage...
On retourne donc voir la fin d'Architecture in Helsinki qui met une belle ambiance, le chanteur baragouinant un peu de français entre ses titres enjoués, qui font penser à du Arcade Fire en version funky. Le groupe finit sur son "tube" (ça c'est de l'info non ?) et ça le fait bien ! Toujours pas fan mais leur musique est agréable, plus en tout cas que celle de Swayzak, un de ces nombreux DJ électro austères et qui nous laissent chaque année de marbre, même si celui-ci a par moments un son dûr, quasiment indus'. L'occasion de retourner blaguer entre collègues autour de nos bacs à vinyls préférés.
Mais c'est déjà l'heure de The Divine comedy, groupe du très respecté Neil Hannon qu'on connait assez peu mais qui complètera idéalement notre tournée des crooners anglais, commencée cet été avec Damon Albarn à Belfort, Jarvis Cocker à Paris et même Amy 'Rehab' Winehouse... dans les étoiles. Bref ce garçon à la très jolie voix fait preuve d'un étonnant mimétisme avec un certain David Bowie : étant fan de celui-ci on ne peut donc qu'apprécier celui-là, dont c'est l'unique apparition en France cet été.
Et puis tandis que Damon commence à avoir un peu l'air défraîchi et que Jarvis se laisse également un peu aller, ce type a su garder la classe brit-pop 90's ultime : concert en costard-cravate s'il-vous-plaît ! Son répertoire avec cloche et violon évoque agréablement les années 60 et 70, les mélodies sont impeccablement bien troussées même si certaines flirtent parfois avec le kitsch.
Après avoir essayé sans succès de manger quelque chose de bon sur le site (pour moi la tartiflette-de-festival la plus dégueu que j'aie jamais mangé - avec pourtant 14 Eurocks au compteur- et pour Céline, des burritos au goût de carton bouilli), on retourne donc écouter la fin. A la réflexion la voix claire du tout petit Neil Hannon évoque aussi un David Eugene Edwards qui en aurait enfin fini avec ses démons...
On reconnaît par moments ses titres, notamment la chouette Becoming more like Alfie (merci à Neil pour le titre !) et d'autres balades orchestrales. The Divine Comedy termine pertinemment par un titre plus speed, mettant lui aussi une jolie ambiance à défaut d'une vraie émeute : très bon et très classe, à (ré)écouter sans fautes à l'occasion !
Juste pour parler, signalons un passage à Chromeo (en fait c'est Nathan Fake mais au fond on s'en fout), un DJ électro à la musique plus festive et plus dansante, mais qui nous est également passé au dessus ou en dessous de la tête... soit cette musique de branleurs de souris n'a aucun intérêt, soit on n'a plus d'oreilles pour elle.
Ce qui n'est pas le cas de celle des Dead 60's. Si ceux-ci semblent avoir commis un deuxième album assez inégal, voire carrément faiblard, il n'en reste pas moins que leur éponyme et plutôt excellent The Dead 60's avait été une des meilleures surprises de 2005. On reste en outre sur l'excellent souvenir d'une prestation dans la foulée à Saint-Cloud ! Les craintes sur une voix vacillante sont vite dissipées, peu après la traditionnelle sirène de départ et Loaded Gun : chanter à l'air un peu douloureux mais le kid va assurer, c'est sûr, et puis il a un groupe très incisif derrière !
En effet leur deuxième album est nettement plus pop (et moins intéressant), y compris certains titres (pourtant prometteurs) comme Start a War et l'assez embarrassant single Stand Up, même si ces nouvelles chansons sont en partie sauvées par un son plus rock sur scène. On prend quand même bien plus de plaisir à réentendre les dubs de Red Light et A Different Age...
Ou à We get High dont seuls quelques initiées savent qu'elle sera enchaînée sans prévenir avec la toujours excellentissime Riot Radio, évidemment le meilleur moment du concert... mais où beaucoup de gens ont déjà décroché dirait-on ! Suivi de la nouvelle Beat Generation, pas désagréable du tout tout comme l'explosif ska qui la suit, entrecoupé d'un long break instrumental où le chanteur martyrise une cloche. Une fois Stand up expédiée, le groupe finira sur la formidable Return of the Ghost Face Killer, la plus belle horror song depuis Red Right Hand de Nick Cave. Au final pour un groupe ayant seulement un bon et un mauvais album, les Dead 60's ont fait le meilleur concert possible !
Qui n'a cependant atteint à aucun moment la violence évocatrice et poignante des Young Gods, égaux à eux-même, qui sont plus vieux et suisses que jeunes et dieux, mais qui savent toujours déchaîner des tempêtes sous les crânes avec leurs basses telluriques et leurs déchaînements de violence.
Ayant piqué du nez pendant leur dernier concert aux Eurocks (en compagnie de rappeurs un peu soporifique, il est vrai), je suis bien content de pouvoir me rattraper. Ces trois gens-là, rappelons-le, font depuis une vingtaine d'années une musique électro-industrielle qui tue sa race, qui a terriblement (et bien) influencé des génies alors naissants comme Trent Reznor, et leur vaut un respect unanime quoique peu médiatique...
Pas la moindre idée des titres de la plupart de leurs chansons, puisque pour moi ce type d'albums s'écoute une fois par an environ, mais en entier, affalé dans une sorte d'extase mystique (qui s'accompagne fréquemment de filets de bave sans conséquences). Quoi qu'il en soit le batteur est un dieu, le synthé/guitare aussi et le chanteur ne l'est pas moins (avec un nom pareil, me direz-vous...). Niveau lumière aussi, quelques dispositifs assez chouettes (un spot caché sous le micro par exemple).
Et ils ont notamment joué, mais oui, des titres de TV Sky et d'autres de Only Heaven (en l'occurence la terrible Kissing the Sun et la tuante Speed of Night, qui me rappelle soudain de suicidaires expériences de deejaying que je fis en soirée étudiante il y a environ 10 ans... à l'époque déjà les blondasses de la fac n'entendaient rien au metal industriel helvète et me le firent brutalement savoir). Par contre je ne crois pas avoir entendu de morceaux de Second Nature (qu'un plus fidèle que moi me contredise sinon !) et rien de Kurt Weill, à qui ils avaient pourtant consacré un formidable album.
Pas trop de ces longues plages lentes et songeuses qui parsèment leur album (efficacité de festival oblige). Un peu de techno dérangée où il répète Qu'est-ce que c'est que c'est quoi sans fin, un blues ou quelque chose qui y ressemble vaguement... Bref après ce (au moins) 4ème concert d'eux en festival, on les quitte un peu avant la fin en se disant qu'il faudrait quand même les voir au moins une fois dans une vraie salle et rien que pour eux !
La prog ayant été un peu chamboulée, difficile de savoir si c'est bien Gusgus, groupe qu'on a complètement perdu de vue depuis son premier et plaisant Polydistortion. Un indice pourtant : beaucoup de blondes sur scène pourraient indiquer une origine scandinave ? En tout cas trois chanteuses et deux laptops, pour de l'électro assez calme et standard, juste le temps d'attendre le début du dernier de la soirée. De toutes façons je les ai toujours confondus avec Royksöpp, alors ...
Voilà en tout cas le dernier qu'on voulait voir un peu ce soir : Simian Mobile Disco, bien aimé aux Eurocks. Par contre là il y a tromperie sur la marchandise (ou alors c'était l'autre fois). En effet on avait bien aimé le dispositif (voir une photo par ici) : deux techniciens s'activant autour d'un gros cube plein de petites lumières pour en faire sortir des sons... ce soir il n'en reste qu'un seul, et sans la machine étrange !
Ca le fait un peu moins, d'autant que les titres reconnaissables de leur très bon album ADSR sont peu nombreux (où alors je suis vraiment fatigué) : Sleep Deprivation au début, It's the Beat juste avant qu'on parte, et rien de reconnaissable entre les deux... Mais enfin un musicien DJ très agité (donc sans doute très actif), du boum-boum électro-rock simple et jouissif, grosses basses et aigûs dans le style de Justice, à un moment un (possible) remix des Klaxons : bien aimé quand même la moitié de concert que j'en ai vu.
Bon, la fatigue, la bière et la perspective de la marche forcée de retour (qui nous a en effet tués) nous font partir et abandonner le pauvre Polo à son stand. Bien contents quand même d'être venu faire notre tour nocturne habituel sur le joli J4 au pied du sage Fort Saint-Jean, et même s'il nous a manqué une tuerie totale genre Vitalic à un moment donné.
>> Réponse (le 02/10/2007 par Stephane Sarpaux) Ce qui est rassurant finalement entre ta chronique, celle de Sami, celle du Pinguin et la mienne, c'est que nous avons à .../...La suite
Neuvième édition déjà pour ce qu’il est convenu d’appeler ‘plus grand festival de musiques actuelles’ à Marseille, et comme chaque année une affiche plaisante sur le papier avec son lot de bons et de moins bons moments.
Les principaux bémols à propos le site du J4 ont été sensiblement corrigés : le bar est nettement plus accessible, les stands mieux répartis, les chapiteaux plus accueillants, même s’il y avait semble t-il moins de monde que l’édition 2006, il était beaucoup plus facile de passer d’une scène à l’autre.
On peut déplorer néanmoins qu’à cause de l’annulation de Chromeo les horaires de passage sur la scène Pharo étaient décalés avec une bonne heure d’avance et pas très bien indiqués.
Et aussi, mais là les organisateurs n’y peuvent pas grand-chose, un manque d’ambiance en général, comme si le public était refroidi par le mistral, et peut être désarçonné par la diversité des styles proposés.
Les festivités commencent avec les Australiens d’Architecture In Helsinki dont les disques le cul entre deux chaises laissaient imaginer un concert tout aussi inclassable.
Ils sont six sur scène et chantent souvent en chœur des airs pop parfois un peu abscons mais qui font souvent mouche, c’est un peu de la ‘clap clap’ music, facile et entraînante. Que ce soit au niveau des sons aux accents punk funk et des voix mixtes (très faux pour le chanteur, un peu moins pour la fille) on pense un peu aux B 52’s même s’ils n’ont pour l’instant pas autant de titres marquants.
Quoique « It’s 5 », « Do the whirlwind » du premier album, ”Heart it races” et « Hold music » du récent semblent dèjà des tubes très efficaces sur scène.
Que dire de The Divine Comedy sinon que tout ce que compte la confrérie indie pop Marseillaise, confidentielle mais au complet, attendait ce concert avec impatience tant ce groupe fait partie des grands noms du genre qui ne passent jamais ici, leur dernier passage remontant à plus de 10 ans !
De la nostalgie pour ceux qui y étaient et de la joie pour ceux, dont votre chroniqueur, qui n’avaient pas encore eu la chance de les voir. Dès les premières minutes la troupe de Neil Hannon est à l’image de ses albums, une certaine idée de la pop classe à l’Anglaise, avec piano (enfin là ce sont plus des claviers), mini section de cordes, un très grand guitariste et un chanteur crooneur dont la présence et la qualité des compositions ne sont plus à démontrer.
Si la setlist est davantage axée sur le dernier album en date ( « Diva lady », « A lady of a certain age » qu’il dédiera un brin moqueur aux dames de la Cote d’Azur) on aura le plaisir d’entendre quelques uns des grands classiques des 90’s : « National Express », « Generation sex » « Becoming more like Alfie », « Something for the weekend » et un grandiose « Tonight we fly » final.
Changement de style et de génération plus tard avec les jeunes Liverpuldiens de Dead 60’s qui, après avoir sorti un premier disque plaisant, se sont de l’avis général bien planté avec le second, très FM là où le précédent sonnait un peu beaucoup comme les Clash et les Specials.
Concert qui l’air d’avoir plu mais dont il ne se dégageait pas grand-chose, j’ai bien aimé les digréssions dub de leurs plus anciens morceaux ( « Loaded gun », « You’re not the law ») ...
... , évidement pogoté sur « Riot radio » et souri sur le très Madness « Ghostface killer » mais le reste était globalement sans saveur.
Sur scène Pharo au même moment, ça dansait un peu sur Apparat qui au moment où je suis passé jouait surtout des titres de son amie Ellen Allien, dont la touche glaciale ne collait pas vraiment au contexte à mon goût.
Ne connaissant les Young Gods que de nom, il m’est assez difficile de rentrer dans leur univers, mais les afficionados de rock
industriel qui étaient présents sauront mieux apprécier ce concert dont j’aurai surtout retenu que malgré le vacarme il n’y avait pas de guitariste.
Retour sur le plus petit chapiteaux avec les Islandais de Gus Gus qui m’ont agréablement surpris, même s’ils n’ont plus grand-chose à voir avec la formation des débuts. L’électro-trip-hop qu’ils pratiquaient dans les 90’s s’est muée en une house hédoniste particulièrement efficace à cette heure avancée. Il y a deux ou trois mecs qui travaillent les beats sur leurs machines et trois blondinettes qui chantent dessus, parfois accompagnées par un drôle de cowboy.
Si ce dernier à la voix aigue fait un peu penser à cette folle de Jake Shears des Scissor Sisters, du coté des filles c’est digne des vocalistes disco et early house façon Inner City.
On est loin de la sophistication et de l’agressivité de tout un pan de la dance actuelle, mais un petit plaisir régressif comme celui-là de temps en temps, c’est bien agréable.
James Ford étant grippé, c’est tout seul que James Shaw vient jouer sous la bannière Simian Mobile Disco, un dj set au lieu d’un live donc, mais que de bonnes sélections pour les clubbers déchaînés, entre bombes acid et remixes des Klaxons et évidement quelques tubes du duo, de « It’s the beat » à l’inusable « Hustler »
Pas pu rester jusqu’au bout mais Para One fait exactement ce qu’attendent les fluo kids et autres danseurs tektonik toujours en forme, eux : une boucherie, des frappes chirurgicales, appelez ça comme vous voulez, c’était brutal, saturé, rentre dedans, et même parfois mélodique, dans le genre plutôt très bien, si c’était trop fort, c’est que vous êtes trop vieux.
Photos Pirlouiiiit qui ce soir aura préféré le set des Young Gods
>> Réponse (le 01/10/2007 par Mystic Punk Pinguin) Une déception avec Dead 60's qui après un bon premier album nous en sort un deuxième bien gentillet et nous a offert un .../...La suite
Ah !!! Le festival Marsatac ! Ils font exprès de programmer chaque année deux groupes que j'apprécie, un en tout début de soirée (Architecture in Helsinki) et l'autre à 2 heures du matin (GusGus). Pas d'attente, ça commence dès 21h comme prévu sur la scène Major (la plus grande des deux et du côté de la cathédrale, d'où son nom).
Pour commencer, Architecture In Helsinki. Pour ceux qui croiraient qu'ils sont Finlandais, ils annoncent haut et fort qu'ils sont Australiens et visiblement fiers de l'être. Quelques supporters de l'équipe de rugby des wallabies sont déjà en place à Marseille pour le quart de finale de samedi prochain et font partie de l'assistance. Ils se voient déjà champions du monde le 20 octobre.
Les six musiciens sont très polyvalents. Ils vont passer une heure à se refiler les instruments. Ainsi par exemple, le batteur du premier morceau jouera tour à tour des claviers, de la guitare, du trombone et s'exercera au chant. S'exercer, c'est le mot justement. Le chant n'est pas le point fort du groupe. Je m'étais déjà fait la remarque en écoutant leurs CD, mais sur scène, c'est encore plus criant. Au bout d'un quart d'heure, on a pourtant l'impression qu'ils chantent juste. Leurs voix se sont-elles échauffées ou mon oreille s'est-elle habituée ? Il faut dire qu'ils ont joué coup sur coup "The Cemetery" et "Frenchy, I'm Faking", deux de mes morceaux préférés et que sur scène, ça rend plutôt bien.
Peu importe le chant après tout, ça conforte cette impression qui se dégage en les regardant jouer : on dirait qu'ils veulent nous dire : "on est une bande de copains et on s'éclate en jouant ensemble". Un effort doit être toutefois fait au niveau vestimentaire. Le site de Marsatac annonçait des costumes de scène et des paillettes, ils ont dû perdre leurs bagages à l'aéroport et acheter vite fait des t-shirts à la Porte d'Aix. La chanteuse avait un collant de schtroumpfette et n'en a pas tout à fait le look.
Pas de souci vestimentaire en revanche pour The Divine Comedy avec le divin Neil Hannon. Costume, cravate, lunettes noires, le dandy irlandais arrive sur scène et va nous offrir une (petite) heure de bonheur.
Avec ses sept musiciens (très bon clavier que j'ai déjà vu quelque part, mais où ??) dont une violoniste et une violoncelliste pas assez mises en valeur par la sono, il va survoler ses presque 20 ans de carrière, régalant autant ses vieux fans que ceux qui l'ont découvert plus récemment ou, comme beaucoup, ce soir.
Il fait un effort pour les enchaînements entre deux morceaux ce qui n'est pas si fréquent, très pince-sans-rire, british humour oblige. Il fera même mine d'entamer un strip-tease sur "Generation Sex", mais seule la cravate et deux boutons de chemise ont sauté au grand dam de ma voisine. Visiblement amoureux de notre région, il interprètera "A Lady Of A Certain Age", mon morceau préféré, qui se passe sur la Côte d'Azur avec une délectation palpable lorsqu'il prononce "He left the villa to his mistress in Marseilles".
Une trop courte heure de concert, pas de rappel (il serait visiblement bien volontiers resté sur scène) mais c'est l'inconvénient des festivals : c'est minuté et il faut faire la place aux suivants.
Les suivants, c'est The Dead 60's. Changement de registre assuré. D'ailleurs, le public change du tout au tout. Quatre garçons qui viennent de Liverpool et ont une pêche d'enfer. Mais ça n'est pas mon genre de musique préféré et je laisse le soin à d'autres de réaliser la chronique. Au bout de quatre morceaux, j'ai considéré avoir fait le tour du problème et je suis allé voir ce qu'il se passait sur la scène Pharo (plus petite et du côté du Palais du Pharo tout bien illuminé de l'autre côté du port).
Alors là, comment dire... Vous entrez dans une boîte de nuit géante où les gens dansent avec un verre de bière dans la main gauche et une cigarette (qui fait souvent rire) dans la droite. Pas facile de se frayer un passage si on ne veut pas passer le reste de la soirée à sentir la Pelforth. C'est vrai que la programmation était pleine de groupes avec des noms du genre X Feat. Y et que j'aurais dû me méfier. Mais c'est sous ce chapiteau que se produira GusGus à 2h30 et je suis aussi venu pour eux. Il faut donc tuer deux heures. Quand on aime la bière, c'est facile : on en boit deux, on fait une demi-heure de queue pour aller aux toilettes, on en reboit deux... Mais moi, je n'aime pas la bière (sauf devant un match de l'OM pour faire passer le piètre spectacle qu'ils nous offrent depuis 14 ans, mais je m'égare). Alors, je me promène dans le village, je m'offre un joli briquet Marsatac parce que j'en ai marre de refuser du feu aux demoiselles, je vais sentir les odeurs de kebab et de mexican food, et je reviens de temps en temps près des chapiteaux. Un jeu amusant aussi, c'est de trouver l'endroit exact entre les deux scènes où les sons se mélangent. Je vous conseille The Young Gods Vs Apparat.
The Young Gods, j'avais écouté un CD et je m'étais dit : "Tiens, encore un qui se prend pour Bashung" et quand il est content d'une phrase "Un trou noir, c'est troublant", il la répète dix fois pour ceux qui auraient pas compris. Mais sur scène, aucun rapport.
Ils sont seulement trois dont ledit chanteur qui ne peut rien faire d'autre vu que ses deux mains sont occupées à tenir le micro, une batterie et... un clavier. Tous les solos de guitare de l'album sont faits au clavier. On n'arrête pas le progrès.
Côté Pharo, les enchaînements se font plus vite que du côté Major, si bien qu'ils sont en avance sur l'horaire. Faut dire que pour brancher un ordi, il faut pas une demi-heure. Du coup, j'ai raté le début de GusGus. No regret toutefois. C'est le genre de groupe que j'apprécie sur une chaîne mais pas en concert. Deux mecs derrière des ordis, trois chanteuses bien nourries (au couscous ?) qui se trémoussent, et aucun de mes morceaux préférés.
Je continuerai toutefois d'écouter leur merveilleux premier album "Polydistortion" ou des morceaux comme "Call Of The Wild", "David" ou "Teenage Sensation". Les trois étoiles de ma chronique, c'est pas pour eux, c'est pour The Divine Comedy et Architecture In Helsinki.
Après GusGus, je me suis frayé un passage pour sortir. En sens inverse arrivaient les fans de Modeselektor. Je n'ai pas eu la patience d'attendre. De toute façon, j'ai assez dit de mal pour aujourd'hui. N'empêche, les programmateurs de Marsatac sont très forts.
Un monde fou avec un point culminant vers 23h00, des gens qui arrivent tard pour danser, d'autres qui partent dès qu'ils ont vu ce qu'ils sont venus voir, des bars qui ne désemplissent pas. Et un lieu idéal. Je reviens demain pour voir The Cinematic Orchestra.
Il fut un temps où le festival Marsatac, mieux reconnu en France que dans sa bonne vieille ville de Marseille, ne savait pas trop où poser ses scènes.
Et c’est vraiment par accident (l’incendie des docks en 2005) qui l'a conduit sur le J4, cette merveilleuse esplanade à l’entrée du Vieux Port, entre mer, centre-ville et ferry de voyageurs. Un lieu parfait pour un festival qui propose de nous ouvrir les écoutilles au maximum pour y faire entrer du hip hop, du rock, de l’électro, du rap concocté aux quatre coins de la planète.
C’est d’ailleurs en se stabilisant sur le J4 depuis 3 ans que Marsatac a vraiment pris de l’ampleur et qu’il a acquis ses lettres de noblesse tout en continuant à prendre des paris sur la programmation artistique. A Marsatac, on lorgne sur le modèle des Transmusicales de Rennes, pas celui des Francofolies de la Rochelle.
Il faut donc se prémunir d’une bonne dose de curiosité et d’humilité pour s'y rendre. Parce que pour quelques découvertes renversantes (Rubin Steiner et Cinematic orchestra il y a 4 ans, Bauchklang et Kid Koala il y a 3 ans, David Walters et Birdy Nam Nam il y a 2 ans, Bat for Lashes l’année dernière), il faut également se frapper la tête contre les murs devant certaines prestations décevantes (au choix, Joey Starr, The Herbaliser, Feist, Roni Size et une bonne grosse charrette de DJ-derrière-son-ordi).
C’est donc en prenant toutes ces précautions que l’on rend sur le J4 pour la première grosse soirée du festival, clairement estampillé Electro/Rock.
La mise en espace de l’esplanade a, cette année, encore changée. Les deux scènes ont été installées en parallèle, à quelques dizaines de mètres l’une de l’autre. Si le grand chapiteau est toujours présent, la belle tente ronde et joliment décorée de l’année dernière est remplacée par un chapiteau plus grand, tout en longueur et pour tout dire, assez déprimant. Les bars ont été multipliés par deux, le village associatif a grossi, les files aux toilettes aussi.
On arrive en plein milieu du premier concert, Hifiklub, dans la petite salle. Et on dresse tout de suite un constat alarmant : il y a encore des fans de The Strokes !
Or, quand on fait de la musique que tout le monde fait depuis 7 ans maintenant, c'est-à-dire un rock qui va puiser directement dans les riffs des Stones avec l’énergie punk, faut quand même faire un effort pour se démarquer, non ? Euh, chez Hifiklub, non.
Le chanteur bassiste ressemble à Albert Hammond Jr avec sa grand tignasse, le guitariste semble se faire chier avec son polo à carreau d’étudiant anglais (un fan de Blur période Parklife ?) et l’autre guitariste a acheté la panoplie du pirate des Caraïbes, avec son pull rayé rouge et noir, ses têtes de morts imprimés sur la sangle de sa guitare, ses ray ban et ses cheveux en pétards…
Manquait plus que le bandeau dans les cheveux et on aurait pu lancer le buzz… Keith Richards est venu à Marsatac…
Allez, zou, on change de tente pour Architecture in Helsinki, qui, comme son nom ne l’indique pas, est un groupe Australien.
Ils sont 7 sur scène, le batteur joue le premier morceau debout, c’est pas mal, une espèce de pop foutraque, ça part un peu dans tous les sens… Un peu comme l’ambiance en ce début de soirée, un mélange biere-kebab-chichon qui colle pas mal de monde sur les marches de l’esplanade.
On mastique, on boit, on tire une taf on parle et plus ça vient, plus on mélange, on tire sur la bière, on parle à son chichon, on boit les paroles des autres… C’est free, comme la musique d’Architecture in Helsinki qui semble chercher à se libérer de tous les formats : ni pop, ni rock, ni folk, ni hip hop, mais un peu tout à la fois en même temps…
Bon, faut reconnaitre que si c’est tentant, la world food drug music, y a un moment, tu sais plus ce que t'avales.
Dans l’autre tente, Swayzak a commencé son set. On nous annonce un live sur le programme… et on voir juste deux types en train de gigoter devant leurs ordi portables (à quand un concert avec une clé USB ?), avec derrière eux, l’inévitable projection d’images subliminales, histoire de remplir le vide et de donner aux spectateurs quelque chose à regarder sur la scène.
La musique ? Ah oui… électro régressif, ça vous va ? Il en sera de même pour le soit disant génie anglais Nathan Fake. On a juste eu affaire à des DJ et leur ordi qui nous ont pondu de l’électro réglementaire, c'est-à-dire des lignes de basses ou d’ultra basse et puis, ça monte et puis ça retombe comme dans un grand huit. Franchement, on se serait cru au I love techno au Flanders expo de Gand en Belgique. De la musique en boite à danser qui commence sérieusement à dater…
Alors, on pourrait croire que l’électro n’a plus rien à nous apporter ? Qu’elle est définitivement destinée à animer les dancefloors du monde entier ? J’espère que quelqu’un pourra venir me contredire et m’expliquer par le menu les performances de chaque « artiste » invité, de sa dextérité sur la souris, des émotions qu’il (ou elle) a ressenti, des raisons pour lesquels l’un d’entre eux lui a laissé un souvenir impérissable… Mais, bon, moi, je constate juste ce que cela a provoqué sur mes sens et mon corps : de l’ennui.
Dans retour dans la grande salle avec The Divine Comedy qui monte sur scène. On nous annonçait une formation serrée suite au dernier album plus rock et on voit arriver Neil Hannon en costard lunettes noires avec… 7 musiciens derrière lui, dont deux violoncellistes.
Ah, ces Irlandais, toujours dans la démesure. La salle est pleine, on sent que le public est venu pour la tête d’affiche. Après la free pop pas vraiment dégrossi d’Architecture in Helsinki, on sent que l’on a passé un palier dans la qualité musicale dès le premier morceau. Ça sonne, tout simplement.
Bon, faut dire que Neil Hannon est quand même un gars capable d’écrire pour un orchestre, alors, c’est certain que la pop, c’est une partie de plaisir. Quand à ses morceaux rock, c’est finger in the noise.
Il commence avec deux morceaux d’ailleurs de cet acabit et tout de suite, dans la salle, ça commence à danser. Comme son français est « shit » comme il le dit, il parle très lentement entre les chansons pour bien nous faire comprendre.
On comprend donc qu’il a pris le train de Nice ce matin et qu’il est très heureux d’être sur la Côte d’Azur (sic). Ça devrait faire plaisir à Alain Hayot, vice président de la région PACA que l’on a vu se trémousser sur LE morceau de Divine Comedy, le bien dénommé Something for the week-end. « Cette chanson, c’est l’histoire d’un mec qui monte nu sur un cheval pour draguer une fille », m’explique sérieusement Tinan, une amie que je retrouve à ce moment… Mais bon, faut se méfier, Tinan est galloise…
Le reste du public s’en fout, il guinche sévère tout au long du concert qui n’aura duré que 3 petits quarts d’heure, le minimum syndical quand même pour une tête d’affiche. Ce sera d’ailleurs le seul bémol à ce concert.
Une demi heure plus tard (le timing très serré des changements de plateau a été parfaitement respecté par l’équipe technique. D’ailleurs, d’une manière générale, que cela soit la scène, le son, les lumières, c’est extrêmement professionnel, Marsatac).
Bon, donc, 30 minutes plus tard, la sirène retentit, attirant à nouveau la foule sous la tente. Les DEAD 60’s entrent sur scène et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça déménage. Les petits gars de Liverpool, avec leurs gueules de prolo tout droit sortis d’un film de Ken Loach envoient leur rock dub à toute berzingue.
Dans la salle ça pogote direct au second titre et franchement, ça se comprend. Le seul moment de relâche se situe sur deux ou trois morceaux bien dub où le guitariste lâche son manche pour l’orgue aux réverb puissantes.
Sinon, ça repart de plus belle avec des morceaux de 2 minutes maxi et leur Riot Radio enchaîné qui déchaîne tout le monde… à part mon voisin qui ne supporte pas qu’on le touche et qui va finir vraiment par foutre un pain sur la gueule du prochain qui le bouscule…
Avec son regard un peu vide et puis ses mouvements saccadés, il me fait penser au personnage de Ian Curtis dans Control, le magnifique film actuellement à l’affiche… Bon, moi, je vais peut être m’éloigner, là…
Sur scène, les petits gars n’ont pas l’air d’avoir plus de 20 ans et pourtant, c’est super pro, ce qui fera dire à Jean-Paul, resté près de la console que« ça fait un peu trop rock FM ». Comme quoi, suivant la place que l’on occupe, le concert peut être complètement différent.
A 1heure du matin, la foule commence un peu à se clairesemer. C’est le début de la fin, comme dirait ma grand-mère. On croise plus souvent des démarches hésitantes, des yeux plus vitreux, des corps bien fatigués… tous vieux bien avant l’âge. C’est ce que l’on pourrait penser après avoir rencontrer Georgette et Henri.
Je les avais remarqué au fond de la grande salle en train de danser sur les Dead 60's.
Baskets, jean, polaire, sac à dos, ce couple de sexagénaire avait plutôt le profil de jeune grand-parents dynamiques pour des ballades dans les calanques. Qu’est ce qu’ils pouvaient bien faire à 1 heure du matin en train de danser sur le rock dub de Liverpool ? Attention, tout ce qui vient après est strictement véridique.
- Nous sommes venus spécialement du Forez (entre Lyon et Saint Etienne) où nous habitons, pour Marsatac, lance Georgette en croquant dans son sandwich pain jambon fait maison. L’année dernière, on était déjà venu les deux jours pour Qbert notamment. On a trouvé ça sympa, le lieu, l’ambiance et la programmation et en plus, ça correspond bien à ce que l’on écoute chez nous. Bon, ici, en plus, on peut découvrir le hip hop. C’est un plus par rapport à d’autres festivals que nous avons fait.
- D’autres festivals ?
- Oui, ça fait 4, 5 ans que l’on fait les festivals. Garorock à Marmande, Musilac à Aix-les-Bains, Les Eurockéennes que nous avons découvert cette année, les Nuis sonores de Lyon, bien sûr.
- Et vous aimez quoi dans ces festivals ?
- la musique bien sûr, répond Henri. Et puis l’ambiance. C’est vraiment bon enfant, les jeunes sont gentils avec nous. Bon, il y a bien quelques regards ironiques sur nous, mais ce n’est pas bien méchant.
- Y en a même qui commencent à nous reconnaitre, de festival en festival.
- Quels sont vos goûts musicaux ?
- Bon, Wax tailor et Vitalic, j’adore, affirme Georgette. Sur disque et sur scène, il y a un tel dynamisme… Sinon, je croyais que c’était surfait, mais j’ai vu cette année les Artics Monkeys sur scène, c’est vraiment bien…
-moi, j’ai vu deux fois Arcade fire cette année, c’était vraiment intense comme concert, reprend Henri, comptable de profession.
- Vous comptez écouter quoi maintenant ? The Young Gods ?
- Non, on les a vu au Ninkasi à Lyon… C’est pas mal… Mais là, je crois qu’il est l’heure pour nous de nous dérouiller un peu… On va aller voir l’électro dans l’autre salle. On est là jusqu’au bout de la nuit et tout ça, au naturel, rigole Georgette en sortant sa bouteille d’eau.
Je les regarde s’éloigner vers la seconde tente pour aller se trémousser comme deux jeunes mariés sur Apparat ou GusGus et seul sur les marches, je me dis que cette fraicheur là m’a quitté voici quelques temps déjà, que je me retrouve d’un coup bien sec, tout engoncé dans quelques certitudes en béton armé et le pire, prêt à faire la leçon aux autres.
Alors, comme punition, au lieu de me remplir les oreilles de l’Indus des Young Gods qui montent sur scène, je me plante devant le train fantôme installé à côté du village associatif et j’essaye de retrouver les sensations d’enfants, l’excitation, la peur, la joie simple que j’éprouvais quand j’arrivais à piquer 10 francs à ma mère pour aller dans le train fantôme de la foire. Dans le nord, on appelait ça la ducasse.
Et puis, j’ai fermé mon carnet et je suis allé picoler.
>> Réponse (le 30/09/2007 par McYavell) J'étais aussi à la soirée et je n'ai pas vu Swayzac, Nathan Fake ni Hifiklub, scotché que j'étais à la scène Major. Mais .../...La suite
>> Réponse (le 01/10/2007 par Philippe) J't'ai bien eu Stéphane, tu as croisé un Philippe venu de 2030 et qui s'est appelé Henry pour que tu le reconnaisse .../...La suite
>> Réponse (le 31/10/2007 par stephane) "Manquait plus que le bandeau dans les cheveux et on aurait pu lancer le buzz… Keith Richards est venu à Marsatac…"
En .../...La suite