Il est 14h, les barrières bloquent l’accès aux scènes, mais les indofans sont au rendez-vous. Ils chantent déjà sur les tubes des balances du groupe. Nous sommes de retour à Musilac (comme le soleil) pour cette dernière journée. Et après le sprint des fans pour les premiers rangs, nous découvrons
Stolen Sweethearts. Et je prends alors conscience qu’ouvrir une journée de festival par un groupe de rock français anglophone est sûrement devenu une tradition. Même si leur musique reste excellente, un plat réchauffé est toujours moins bon.
Ensuite la programmation nous avait annoncé
La Patere Rose, mais en fait non ça sera
Sarah Blasko. Oulala ! que se passe-t-il aujourd’hui ? Serait-ce la chaleur ? La douce voix de Sarah, tout comme le public, semble écrasée sur l’esplanade par ce soleil de dimanche. L’australienne fait étrangement penser à Cat Power, mais le public de majorité indochinoise n’accroche pas, trop fatigué, trop chaud !
Mais
Eiffel rebooste tout ça, avec son rock français (en français s’il vous plait) à la Noir Désir. Le chanteur a d’ailleurs des faux airs de Bertrand Cantat. Ils sont relayés haut la main par
The Maccabees, qui récolte une ovation du public. Il est 18h. Le soleil libère le public de ses chaines ardentes et laisse battre la mesure de
Cœur de Pirate. Les petits canadiens sont beaucoup plus rock qu’on ne le pense. Ils savent garder l’attention du public ; tout en reconnaissant qu’ils ne sont pas les plus attendu aujourd’hui.
Mais la voix candide de la jeune Béatrice laisse place à un parterre de spectateur affamé, qui se remet très vite à sauter sur les
White Lies. Le groupe offre une pop grave, puissante et profonde. Leurs guitares électriques, appréciés de tous, quittent la scène en échange des platines de
Wax Tailor. Malgré un souci technique, le groupe donne à voir un univers rempli de poésie urbaine, flirtant avec le hip-hop et le funky, entre un violon et une flûte traversière. On est très loin des douces mélopées de Cœur de Pirate. Le groupe parvient à nous faire danser et presque oublier ce qu’il vient après. Et qu’advient-il ? On ne risque pas de l’oublier. Le public sait qu’il doit attendre ¼ heure mais scande déjà leur nom : In-do-chine ! clap clap clap ! Et quand le show tant attendu démarre…c’est la folie.
On ne présente plus un groupe comme
Indochine, qui a su prouver sa notoriété, notamment il y a quelques semaines au Stade de France. Comme toujours le public est un "putain de public" pour Nicola, qui ne manque pas de remercier plusieurs fois par une révérence. Le groupe ne s’éloigne pas de ses standards et tubes du moment, sûrement par manque de temps. Une fois le dernier jour arrivée, la bande de
Nicola Sirkis doit s’en aller, pour laisser la place aux incroyables
Phoenix et
Luke. Ces derniers ont su garder la flamme du festival allumée jusqu’au bout.
Bernard Lavilliers peut être fier d’avoir été le parrain de ce festival, confirmant le talent de certains artistes, pour en découvrir d’autres. Mais doucement petit à petit, l’esplanade se calme et laisse dormir le lac. Les hochements de tête frénétiques, les genoux branlant, les poings levés, les cris entre deux chansons et les claquements de main à l’unisson, ne semblent plus que de vagues échos lointains, ricochant sur les eaux du lac. Allez c’est fini, on remballe tout ! A l’année prochaine.
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