Quoi de mieux qu’un dernier festival en plein air avant de reprendre le boulot. Un luxe, me direz-vous ? Normal, on est à Cannes, entouré de yachts et traqué par Vuitton et Gucci… Et oui c’est bien ici, perché sur la terrasse du fameux Palais des Festivals, avec vue sur tout ce que la Côte d’Azur «offre» de plus coûteux, qu’on peut depuis 4 ans écouter du bon, du très bon son, grâce au Festival Pantiero . Comme quoi …
Arrivée jeudi je loupe lamentablement la soirée d’ouverture avec TV On The Radio , !!! et Datarock . Un petit chagrin très vite oublié grâce à la superbe prestation de Modeselektor , un duo de DJs allemand signé sur le célèbre label BPitch Control . Une sorte d’égérie du tsunami electro break beat qui déferle gentiment d’ex RDA depuis plusieurs années maintenant.
Les deux hommes excellent dans l’art de la moulinette et du recyclage de morceaux en tous genres : techno, hip hop, jungle ou punk... On obtient alors un live orignal et de qualité, avec une super bonne rythmique. Une entrée en matière parfaite.
Arrivent alors LE groupe de hip hop français qui arrache tout sur son passage (moi être très très fan) : TTC . TTC c’est 3 MCs (dont Teki Latex , reconnaissable entre mille à sa voix nasillarde), une bonne dose de délire satirique et une grosse rythmique aux breaks hip-hop et aux samples clin d’œil. Pour la version live, ajouter beaucoup d’énergie et une pincée d’appels tendancieux à la gente féminine présente dans le public (qu’ils finiront par inviter sur scène). Et voilà le travail, un enchaînement de bons, de très bons morceaux dont les célèbres Léguman ou Dans le Club . Magnifique. Pour reprendre l’expression d’un ami philosophe qui m’accompagnait ce soir-là : ça pète la classe.
Last but not least, le très attendu Dizzee Rascal , représentant officiel de l’avant-garde du hip-hop anglais (version Grime plus précisément). Un homme apprécié tout particulièrement pour ses textes cinglants. Sauf que depuis (le succès aidant ?) Dizzee Rascal a beaucoup franchi les frontières de son East London de m… et bien lui en a pris.
En plus des instrus minimalistes plutôt électro et du flow incisif, Mr Mills de son vrai nom est désormais détendu et capable de se payer 10 bonnes minutes d’un délire hallucinant : un hommage aux grands titres de rock’n’roll d’AC/DC en passant par Queen ou Nirvana !
Au final ? que du bonheur.