Sheriff Perkins, Lover ! 17 octobre 2007- Excalibur, Reims
Elle s’appelle Daphne. Elle joue de la basse. Elle en a troublé plus d’un. Elle m’a fait penser à Michelle Mae, de Make Up, Scene Creamers et actuellement dans Weird War. Le même nez légèrement en trompette, la même moue, le même .../...
Elle s’appelle Daphne. Elle joue de la basse. Elle en a troublé plus d’un. Elle m’a fait penser à Michelle Mae, de Make Up, Scene Creamers et actuellement dans Weird War. Le même nez légèrement en trompette, la même moue, le même instrument.
Daphne joue dans Lover !, une formation américaine. Lover ! joue du punk bubblegum, un mélange de Ramones et de rock FM. Les chansons ne sont jamais très longues. Elles se ressemblent fortement. Elles sont toutes chantées de la même manière. Mais c’est plus hypnotisant que lassant. De toute façon, ils ne nous ont pas donné l’occasion de nous ennuyer. Ils en ont joué treize, sans aucune intention d’en jouer une de plus. J’ai un tout petit peu parlé avec Daphné. Elle a le rire très facile. Elle m’a dit qu’ils avaient joué une reprise des Guns’n’roses. Je ne suis pas sûr d’avoir bien compris.
C’était le dernier concert organisé par l’association Music for Stupid jerks and silly girls. Jusqu’à nouvel ordre. Aucune nouvelle date n’est prévue pour le moment. Il y avait fort peu de gens. Fort peu de gens pour admirer les formes de Daphne et de sa basse. Et pour écouter Sheriff Perkins en ouverture.
Sheriff Perkins est un gars seul avec une guitare, une grosse caisse, une plus petite caisse, deux pieds, deux bras, et une bouche pour donner du liant à l’ensemble. J’ai apprécié le son qu’il tirait de sa guitare et de son ampli. Ca crachait un peu. Le type vient de région parisienne, mais son inspiration est américaine à 200%, du country-blues-rock’n’roll. Deux camarades ont cité le nom d’Hasil Adkins. A noter, une reprise inattendue de Prince. Kiss ?
The Bewitched Hands on the Top of our heads, Libelul 14 juin 2007- Excalibur, Reims
Ah, ah, ah. Le Brian Jonestown Massacre peut aller se rhabiller. On a mieux, nous, ici à Reims, The Bewitched hands on the top of our heads. ON THE TOP OF OUR HEADS, c’est un peu dur de s’en souvenir et pour le prononcer correctement, à la coule, .../...
Ah, ah, ah. Le Brian Jonestown Massacre peut aller se rhabiller. On a mieux, nous, ici à Reims, The Bewitched hands on the top of our heads. ON THE TOP OF OUR HEADS, c’est un peu dur de s’en souvenir et pour le prononcer correctement, à la coule, il faut s’accrocher. Je ne crois pas trop me tromper en disant qu’il s’agit d’un hommage aux Rolling Stones. En 1965, au mois d’août, les Anglais ont publié un album intitulé Out of our heads. Dessus on peut trouver, (I can’t get no) Satisfaction et aussi un Under Assistant West Coast Promotion Man.
Les Anglais étaient cinq. Les Rémois sont huit (dont un chien).
Au premier jour, il y avait Ben. Et ça ne s’appelait que The Bewitched hands, un truc aride avec des guitares, pas de rythme, une musique de hippy en pleine descente, le genre qu’on imagine composée par Charles Manson dans sa cellule.
Puis d’autres sont venus le rejoindre. Ca s’est passé sous mes yeux, en novembre 2006, lors d’une soirée à l’Appart (un bar, avenue de Laon). Il y avait Guillaume, Antonin, Samuel, Seb Adam, un peu plus tard Nicolas et Julien sont venus compléter la brochette. Car pour une brochette, c’est une belle brochette.
Tous fiers représentants de la scène rémoise à travers des groupes comme Le ciel se couvrit de bombes, Les Manchots, The Film, Alb, The Girls, Lisa Portelli. Et j’en oublie.
Là-dedans, on trouve un sosie de Charlie Watts, un fan de Damo Suzuki, un arrangeur arrangeant, un tchékiste frustré, un type qui a huit filles sous la main, un autre qui emprunte des itinéraires bis pour ne pas croiser celle qui si “elle me trouve, je me laisserais faire comme une merde”, des gars formidables, qui seuls sont déjà attachants, mais qui réunis cassent la baraque.
Un super groupe, dans tous les sens du terme.
Jeudi dernier, c’était leur troisième concert. J’ai raté les deux premiers. A mon corps défendant. J’attendais celui-là le cœur battant.
Et j’ai été subjugué. Pas comme avec Lisa Portelli. Je ne bandais pas. Mais wouah. Tout de même. Ca m’a surpris. Je m’attendais à moins bien. Un truc distrayant, sans plus. Or, ce groupe est plus qu’une distraction. Ca ne saute pas forcément aux yeux, ni directement aux oreilles. Le démarrage fut laborieux. Le micro de Ben ne voulait pas l’entendre. Guillaume n’avait pas de retour. Le saxo de Julien n’était pas chaud. Et Samuel commit un beau raté à la batterie.
Ce fut un enchantement. Des guitares, un clavier et des tambourins. Des tambourins omniprésents tout au long du set. Des guitares et un clavier dont les sons se confondaient. Des voix qui se répondaient (en anglais). Des refrains simplets au possible. Des rythmes très nettement plus sophistiqués et entraînants que ceux des Rolling (Stones) ou des Brian (Jonestown Massacre). Et des morceaux qui se terminaient toujours trop tôt.
Il faut absolument que je retourne les voir.
Je vais le faire. Le 7 juillet à Montcy-Notre-Dame, à côté de Charleville-Mézières, dans les Ardennes.
En première partie. Oui, il y avait une première partie. D'autres rémois. Mathieu Rondeau aka Libelul, accompagné d'Alio. C'est la troisième fois que je le vois et le troisième dispositif différent. C'est doux. Gentiment torturé, cotonneux, de la guitare et quelques touches d'électronique.
Block Out, Vortex of end, Tchikentai et Biribirum 17 février 2007- Excalibur, Reims Beurk. Pas beau. Caca. Voilà, pour résumer, tout ce que m’inspire en général la musique métal. L’écoute successive de ces trois groupes fut pour moi, une longue descente aux enfers. Dignes porte-étendards de leur mouvance esthétique, Block Out, .../...
Beurk. Pas beau. Caca. Voilà, pour résumer, tout ce que m’inspire en général la musique métal. L’écoute successive de ces trois groupes fut pour moi, une longue descente aux enfers. Dignes porte-étendards de leur mouvance esthétique, Block Out, Vortex of end et Tchikentai et Biribirum, nous ont offert tout ce qu’il y a de plus abject dans cette sous-culture blanche décadente.
Pourquoi se faire tant de mal ? Pourquoi s’imposer une telle séance de torture, alors que je ne suis ni suicidaire, ni masochiste ?
Par amitié.
Figurez-vous que j’avais des amis dans ces groupes. Oui, après trente années de solitude, j’ai décidé, à la faveur d’internet et de mon installation à Reims de me faire des amis. J’ai entamé le processus depuis le mois de novembre. J’en suis encore tout étonné. C’est vraiment nouveau pour moi, des amis. Je m’étonne de voir comment cela peut être facile… Mercredi, j’ai ouvert les portes de mon deux pièces. Une trentaine de personnes sont venues et parmi elles des membres de Block Out, Vortex of end, et Tchikentai et Biribirum.
Je ne partage pas l’ensemble de leurs goûts, il n’empêche, ils m’ont fait l’honneur de répondre à mon invitation, ce sont donc gens sympathiques. En plus, ces grands gaillards se sont très bien comportés.
Alors, quand ils m’ont parlé de ce concert à l’Excalibur, je me suis dit que la moindre des politesses serait de leur rendre la pareille en répondant à cette invitation. Et puis, curieux comme je suis, j’avais envie d’entendre de mes propres oreilles toutes les horreurs qu’ils étaient capables de produire.
Vous l’avez déjà compris. Je n’ai pas été déçu du voyage. Du bruit moche et violent, des tatouages, des têtes de morts, des appels à Satan, une évocation de la Shoah derrière un mur de saturation… Tous les ingrédients du folklore étaient réunis.
Bête coïncidence pour mes camarades, il y avait le même soir, une autre affiche métal, à la Cartonnerie. Il devait y avoir du monde là-bas parce que dans le petit bar, ils n’ont pas dépassé une petite dizaine d’entrées payantes. Le public se résumait à quelques amis fidèles. Du genre comme moi, mais en un peu plus enthousiaste comme cette fille qui a passé la majeure partie de la soirée à baisser la tête, dévoiler sa poitrine, pour pouvoir faire tournoyer ses cheveux dans les airs.
Ca se fait dans le métal.
Son copain, le chanteur de Vortex of End l’imitait, mais pourvu d’un crâne rasé, c’était plus difficile pour lui de trouver le bon mouvement.
Dans Block Out, on retrouve la moitié d’Aido Music System (groupe dont j’ai déjà eu l’occasion de parler), soit Simon le batteur et Cyrille le guitariste, qui là officie comme bassiste. Complète le casting, Stymbo, guitare, et deux hurleurs, Grégory et Sylvain.
Ces deux voix monstrueuses font toute la singularité de Block Out. C’est absolument terrifiant. On doit approcher ici des limites de ce que des cordes vocales humaines peuvent produire. J’ai crû assister à un spectacle de polyphonie pour lance-flammes. C’est très curieux. A dire vrai, ça vaut presque le détour. L’un comme l’autre sont capables de sortir des sons extrêmement gutturaux. Il n’y pas une voix claire en contrepoint d’une voix basse. Non, ici, c’est une mise en abyme. Une couche de cauchemar par-dessus une autre couche de cauchemar. Sans aucune lumière.
Fasciné par la chose, j’en suis arrivé à imaginer une version a capellla. Quitte à faire peur, pourquoi ne pas prendre le parti de se mettre à nu en n’offrant que ces deux voix. On vire les instruments, on enlève surtout le rythme. Ca donnerait un truc vraiment dingue, digne de figurer dans une galerie d’art contemporain ou, même, dans une salle d’interrogatoire.
Si j’ai bien compris, Vortex of End ne dédaignerait pas être utilisé comme arme de destruction massive. Le trio ardennais se définit comme jouant du satanic porno black metal. En d’autres termes, ce sont de grands vilains dont les titres Satanic deformed vulva chicks, Total necroslut’s desecrator ou Nekrogoat domination invoquent Satan à tour de bras et ne souhaitent pas du bien à l’humanité. Ils ont de jolis pseudos. Hräsvleg, Nagarth et Necroblaster, pour le batteur, 18 ans et des cadences de frappes de 300-400 BPM.
Ils ont joué assez longtemps je trouve. Trop longtemps. Je suis sorti un moment pour prendre l’air, alors que de la même manière que je vide toujours mes verres, je tiens à regarder chaque concert dans son intégralité. Là, je n’ai pas pu. J’étouffais. Imaginez assister à un génocide, dans son intégralité, en temps réel. Les mises à mort succèdent aux mises à mort. Au début, c’est l’effroi, puis l’ennui gagne, un ennui gluant, empli d’odeurs de défécation et pour ma part, d’un sentiment d’incompréhension. Je regardais Hräsvleg, le bassiste, concentré sur son instrument. J’avais eu l’occasion de le croiser plusieurs fois auparavant, sous le nom d’Olivier et avec des lunettes. Olivier est un garçon charmant. Calme, il m’a semblé. Mais qu’a-t-on pu lui faire pour qu’il veuille le mal à ce point ? Pourquoi Hräsvleg ?
Au secours ! Sauvez-moi, sauvez les !
Hélas, nous tombâmes de Charybde en Scylla et de Tchikentai en Biribirum. Ce dernier groupe, Tchikentai et Biribirum, est une nouvelle émanation du cerveau en ébullition d’Arno Lehmann, alias Aido Music System, alias Arno le chanteur français, alias Bruno Etienne, alias mon copain Arno. A ses côtés, on retrouve Cyrille (Block Out, Aido) et en guest, depuis peu, Sylvain, alias Grindponey, l’un des deux hurleurs de Block Out. L’allure du groupe est assez comique. Grindponey, particulièrement, avec des lunettes noires et un rôle de « air batteur » assez déconcertant. Mais nous n’avons pas eu le temps de rire longtemps. Rapidement, ma mâchoire s’est figée devant ce truc difficilement qualifiable…
Vaudou psychiatrique, c’est tout ce que je suis arrivé à trouver comme appellation (in)contrôlée.
Arno introduit la chose en nous annonçant une performance centrée sur la Shoah. L’autre jour, Simon (batteur d’Aido et Block Out) lui a dit quelque chose qui lui a déplu à ce sujet. Alors, il a ressenti la nécessité d’en faire quelque chose. Ce quelque chose se matérialise sous la forme d’un mélange d’accords de guitare sans queue ni tête, de samples de 2001 l’Odyssée de l’espace, de cris et de contorsions. Arno, torse nu, se roule par terre comme il en a pris l’habitude au sein d’Aido Music System. J’ai beau l’avoir déjà vu plusieurs fois dans cet état, son « jeu » reste très inquiétant. On voudrait et on devrait fuir. C’est hyper malsain. Vu le thème annoncé en introduction, la Shoah, je tends l’oreille à la recherche de mots évoquant l’extermination des Juifs d’Europe. Mais, mes deux oreilles ne captent rien que des cris.
Notre calvaire, heureusement, fut moins long qu’avec les deux groupes précédents. Le martyre d’Arno ne dura que 22 minutes. Il resta encore un moment prostré, recroquevillé sur lui-même, la mine hagarde.
Je l’ai laissé là. Ce drôle d’ami. Lessivé moi-même par ces deux heures de musiques sinistres, je m’en suis allé vers ma bicyclette. Là, une étudiante en première année d’histoire est venue me demander si c’était fini. Je lui ai répondu que oui et que c’était bien assez. La gamine était ronde comme un coing, saoûle et heureuse : « Ah oui, déjà terminé ? Mince alors, c’était vraiment bien. Et le dernier groupe, j’ai adooré ! » Sur ce, elle fit choir son porte-feuille.
>> Réponse (le 06/03/2007 par Metal Avenger) Mmmmmh, je pense que tu aurais au jour d'aujourd'hui une toute autre opinion du Metal si tu étais allé à la Cartonnerie .../...La suite
Illegal Process, Aido Music System, Brazilian Fever 5 février 2007- Excalibur, Reims Brazilian Fever, c'est en fait 12225 Chacals sans Pims leur bassiste, soit les deux frères Payart.
Aido, déjà vu, déjà entendu. C'était comme une répétition avant leur soirée historique du 7 février (trois spectacles enchainés et déchainés .../...
Brazilian Fever, c'est en fait 12225 Chacals sans Pims leur bassiste, soit les deux frères Payart.
Aido, déjà vu, déjà entendu. C'était comme une répétition avant leur soirée historique du 7 février (trois spectacles enchainés et déchainés mélangeant rock et théâtre).
Illegal Process, une découverte pour moi,très intéressant, du power rock hardcore frisant avec le métal, surtout pour le chant qui ne se résume souvent qu'à un hurlement. Je n'aime pas trop les excès de hurlements dans la musique, mais c'est très bien quand même. Terrible son des deux guitares. A découvrir pour les fans de rock énervé.
The Sliping Kangooroos, Les Poseurs 19 janvier 2007- Excalibur, Reims
Les Poseurs. Excellents.
Anthony (Petit, guitariste et créateur du groupe) nous a présenté un nouveau tee-shirt.
Rose, une nouvelle fois.
Il a déboutonné un peu son pantalon.
Cette fois-ci nous ne fîmes qu’entrevoir sa raie.
Il .../...
Les Poseurs. Excellents.
Anthony (Petit, guitariste et créateur du groupe) nous a présenté un nouveau tee-shirt.
Rose, une nouvelle fois.
Il a déboutonné un peu son pantalon.
Cette fois-ci nous ne fîmes qu’entrevoir sa raie.
Il n’y eut encore que des reprises (Sex Pistols, Clash, T-Rex, Hives, Kings of Leon, Stooges). Mais Anthony me l’a confié.
Il vient de toucher un truc avec sa guitare.
Un truc qui déclenche des choses.
Une première composition ne devrait pas tarder à faire son apparition.
Dans le répertoire du groupe.
Des Poseurs.
Youpi.
The Sliping Kangooroos.
Ma première fois avec eux.
Excellents.
Ils viennent de sortir un album.
Ce sont des Ardennais.
Ils seraient parfaits pour les fêtes de Bayonne.
Bayonne, ma terre natale.
Les fêtes. Une immense beuverie, en rouge et blanc.
La musique là-bas ?
Dans les bars, les sonos très forts.
Dans la rue, aussi, des bandas, des chants traditionnels.
Une année, l’hymne, c’était Mets de l’huile de Reg’lyss.
Parfois, au milieu de la viande saoûle, une bonne surprise.
Un groupe de rock.
Un groupe bien costaud.
Pour pouvoir s’imposer au milieu de la foule.
Un groupe avec de l’humour.
Pour rallier les arsouilles.
Un groupe pas trop compliqué.
Pour rallier la masse des arsouilles.
Un groupe un peu fin aussi.
Pour que je m’amuse moi aussi.
Parce que Reg’lyss. Jamais, je n’ai supporté.
The Sliping Kangooroos ont toutes les qualités nécessaires.
Ils ont des déguisements.
Ils ont le beat.
Ils ont un chanteur fou.
Un chanteur qui saute dans tous les sens.
Un chanteur qui monte sur le bar.
Un chanteur qui sodomise, pour de faux, le public.
Un chanteur qui va voir dehors si l’acoustique est bonne.
Un chanteur qui demande au public de faire lalalala.
Le tout ressemble à un Bloc Party rigolo.
C’est festif.
C’est barjot.
Du post-punk qui danse.
En anglais.
Un anglais de chez Danone.
Un tout petit peu en Français.
Pour dire du mal de Sarkozy.
The Sliping Kangooroos préparent une tournée en Mongolie.
Ce n’est pas une blague.
Les Volfonis, Hipshakes 30 décembre 2006- Excalibur, Reims Plus ça va et plus je suis heureux de vivre à Reims. Hier soir, mon petit bonheur a été de reconnaître le batteur des Volfonis, Bruno Rousseau.
Son visage m'était familier. Je l’avais déjà vu, rue de l’Ecu. Je l’avais filmé, même, dans son magasin, .../...
Plus ça va et plus je suis heureux de vivre à Reims. Hier soir, mon petit bonheur a été de reconnaître le batteur des Volfonis, Bruno Rousseau.
Son visage m'était familier. Je l’avais déjà vu, rue de l’Ecu. Je l’avais filmé, même, dans son magasin, Allocouches. Oui, le batteur des Volfonis vend des couches ! Des couches lavables. Un concept qui mêle soucie d’économie et d’écologie.
Ce n’est pas le seul écolo du groupe. Le chanteur, Thierry Wippler(déjà vu et entendu dans les Poseurs) est un militant des Verts, parti pour lequel il risque de se présenter comme candidat aux législatives. Dans sa vie pas verte Thierry est conseiller principal d’éducation au collège de Rilly-la-Montagne. Les autres, Antoine (prononcez Tonio) Proust-guitare, Matthieu Kaltenbach-basse, Sebastien Perotin-guitare sont gardien d’immeuble, professeur à la fac de pharmacie et musicien, tout simplement.
Je n’accorde pas de signification particulière aux métiers que peuvent pratiquer les musiciens dans leur vie civile, mais quand même… Des couches, lavables, ça sort de l'ordinaire.
Cette découverte ne fut pas mon seul plaisir de la soirée. J’ai aussi apprécié la musique des Volfonis, ce qui fut, presque, une surprise.
Les Volfonis existent depuis 1991. Ils sont nés sur les cendres de Funeral Service, un groupe de garage pop qui sévit durant les années 80 et dans lequel jouait déjà Thierry, Antoine et Matthieu. J’avais déjà vu les Volfonis, en novembre, à la Cartonnerie, sur une large scène, en première partie des Saints. Je n’avais pas été emballé. Hormis Thierry, ils sont plutôt statiques et leur musique sonnait comme de la musique de vieux rockers anglophiles, sans relief. Ils aiment bien les Dogs, par exemple, un défunt groupe de Rouen, fameux pour beaucoup (parmi les plus de 40 ans) et dont j'ai du mal à saisir la portée historique.
A l’Excalibur, mon point de vue, sur les Volfonis, a évolué. L’Excalibur est un café-concert. Il n’y a pas de scène et les musiciens jouent très près les uns des autres. Ce n’est pas pratique si l’on veut sauter dans tous les sens (n’oublions pas qu’une armée de pantins est accrochée au plafond), mais cette promiscuité a l’avantage de resserrer les liens du groupe et de le rapprocher des spectateurs.
Voilà, et puis j’avais visité leur page myspace où j’avais écouté quatre de leurs morceaux. Ces quelques riffs en tête, je me suis laissé plus facilement happer par la prestation des vétérans rémois. J’ai aimé le son des guitares, la violence du batteur et la voix éraillée du chanteur. Il n’y a rien d’original dans cette tambouille, mais c’était mené prestement dans l’esprit du maximum rock’n’roll, avec un certain savoir faire dans l’écriture comme dans l’interprétation. Thierry est un gars très gentil, un Ardennais, mais quand il s'agit de suer sur un micro, il s'y entend. Et puis, surtout, nous étions entre amis. Tout le monde se connaissait dans ce café. Et les Volfonis avait envie d'épater leurs copains. D'où de très bons moments.
J’étais heureux quand ils jouèrent leur morceau en français, Fier de ne rien faire qui en fait n'est pas d'eux mais des Olivensteins. J’étais encore plus heureux quand ils firent leur reprise du Zig Zag Wanderer de Captain Beefheart (Safe as milk). La seule fausse note fut Keep on rockin’ in a free world, une moche chanson de Neil Young qu’ils réussirent à rendre plus moche. On les excuse. C’était mission quasi impossible pour eux tant le timbre de Thierry est éloigné de la voix du loner.
Ils ont joué assez longtemps comparés aux jeunes Hipshakes. Une heure environ contre une demi-heure pour les anglais.
C’était bien assez d’ailleurs. Les meilleures blagues sont les plus brèves et les Hipshakes ressemblent à une blague. Bonne ou mauvaise ? Je ne sais pas. Ca m'a laissé pensif. Par contre, j'ai aussi rigolé, ça c'est certain. Et de bon coeur.
Les Hipshakes ont vingt ans. Andrew Anderson, Dan Russel, Bruce Sargent. Basse, guitare, batterie. Ils ont joué vite. Très vite. Pas plus vite que la lumière, mais au moins plus vite que leurs doigts. Le bassiste criait la plupart des mots. Le guitariste l’accompagnait de temps à autre. Le batteur, comme on peut le constater sur la photo a plutôt une bonne gueule. Il m’a fait penser à ma jeunesse lorsque je m’essayais à la batterie sur les cageots de mon grand-père. La même précision dans la frappe, la même rigueur dans le martèlement. Je n’ose pas vous parler de mon adolescence, mais là aussi le groupe m’a rappelé ces longs moment passés à m’+++++. Au moins c’était drôle et plutôt sain (le concert pas mon adolescence).
Un expert a reconnu une reprise, Strong come on des Oblivians. Je ne connais pas ce groupe. Les Hipshakes en font une de leurs principales influences. Oui, ils sont influencés. Moi, je n’ai rien reconnu en terme de musique. Visuellement, leur spectacle m’a rappelé les premiers concerts du mouvement hardcore de Washington.
Des types s’agitent, frénétiquement, ils produisent du bruit, par tranche d’une minute, et autour, c’est la folie. Les gens se sautent dessus, ils suent, ils se cognent. Il n’y a pas eu de débordement de violence hier parmi le public, seuls quelques cris de bonheur et une main tendue vers la gorge du chanteur. Une main ouverte, offerte, qui ne s’est jamais refermée.