Concert dans une belle petite salle au cœur d’un lotissement pavillonnaire, genre ville nouvelle. Peu de monde, quelques habitués de la salle, personnel agréable. Le groupe entre en scène.
Le violoniste –Adrien- est remplacé par une jeune femme, Elle avait déjà joué sur un concert à Rognes. Arnaud avec son fameux pantalon crème court …des bottines pointues à talons…une chemise marron cintrée…une coupe de cheveux dégradée, gonflée, genre crêpage ou brushing (qui reprendra très vite, heureusement son pli naturel)… plus androgyne…impossible !!! si …sans cette étonnante pilosité ! Les yeux non maquillés.
L’avantage de ses petites salles c’est l’impression de voir le groupe jouer dans son salon. J’avais beaucoup décrit le groupe lors de la review du Trianon, je vais vainement tenter de ne pas me paraphraser..
Toujours cette entrée…le regard apeuré…puis le violon déraille, et le voilà métamorphosé ! La sensation qu’il vient d’être touché par la foudre ! son corps tout fluet est comme électrifié. Après le premier couplet, il se tient droit devant nous…le regard absent et pourtant perçant…on sent qu’une espèce de fièvre violente monte lentement en lui…il attend…il la provoque…à l’instar d’un volcan latent… étonnant !
Il se libére très rapidement, beaucoup plus vite qu’au Trianon. Je m’attarde sur lui…car plus on le voit… plus il surprend…plus il fascine…
Sur ce concert, le registre « Jack the ripper » effrayant est moins présent. Il inquiète profondément, mais beaucoup plus pour sa santé mentale, ou pour son intégrité physique(ses sauts, ses jeux avec le micro, le fil). Il est totalement en transe… (il était très calme avant le concert, tous les membres étaient éparpillés ici et là à discuter).Jamais je n’ai vu un artiste s’exhiber de cette façon. S’exposer… s’offrir… on peut le dire, à un public. Jamais je n’ai vu un tel paradoxe ! Une violence…une puissance…une virilité… dans un corps si fragile… si vulnérable… si féminin. Et toujours cette voix aux multiples facettes… quel chant ! une énorme prestation. C’est difficile d’en parler avec cohérence car tout est ambiguïté chez ce garçon qui peut sembler au départ introverti mais qui sur scène fait preuve d’un exhibitionnisme assez exacerbé… l’impression que la scène lui sert d’exutoire…il se lâche dans le genre (danseuse. .meneuse de revue)…la gestuelle… les pas de danse de profil sur « Martha »... ou de dos à la fin de « Feral buddleia » et sur « Party town » alternance de violence et de préciosité, quand il ne mêle pas les deux …le tournoiement du micro tout en se déhanchant fièrement (façon courtisanes, avec leurs petits sacs)...et son "her gost" assis sur une chaise à l'envers les jambes écartées façon cabaret à quelques centimètres de nos yeux ébaudis. Nous étions tous très près de lui. Il squattait le bord de scène et nous excitait avec insolence... le dandy ! Sans oublier son côté juvénile, diablotin qui fait toujours sourire. Se dévoiler autant en pleine lumière… un mystère qui devient de plus en plus trouble… que ce personnage !
Les musiciens se sont bien fait plaisir aussi. Bien habités ! à un moment, le bassiste –Thierry- s’est approché du micro tout collé au chanteur …ils sont bien du même sang. J’ai bien cru qu’ils allaitent disjoncter tous les deux .
Le chanteur/fumeur a fait un petit sondage sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics qui s’est soldé par une incompréhension.
Sur « Assassin » il a sauté dans la salle, s’est jeté sur sa proie…une fille qui ne s’y attendait pas. Il est resté quelques secondes couché sur elle, le manager est venu les relever, et s’est rassuré sur le sort de la fille (il lui offrira une bière après le concert).
La salle se remplissait petit à petit. Le public qui découvrait était de suite hypnotisé. Excellents « Old stars » « Vargtimmen » morceaux assez sophistiqués retravaillés pour la scène. Comme au Trianon la reprise très personnelle de Leonard Cohen « we take Manathan »
Enorme respect au groupe qui a joué 18 morceaux avec un bonheur immense, sans distinction du lieu et du nombre de personnes. Ils se sont donnés au maximum…bon son…bel éclairage. Remerciements et excuses pour les postillons (auxquels j’ai eu droit)… envois de baisers… saluts… et inévitable fin de concert ! Si Jack the ripper passe même à une centaine de kilomètres de chez vous… courez-y ! Grande stupéfaction quand j’ai appris après le concert–par le guitariste, Hervé, charmant et disponible, qu’Arnaud était malade, que, jusqu’au dernier moment ils n’étaient pas sûrs de jouer… qu’ils envisageaient juste quelques titres et guettaient le moindre signe de malaise du chanteur ! quel magnifique remède la scène !
La musique des Jack tourmentera encore longtemps mes insomnies.
Setlist : From my veins...Hungerstrike...Escape...Goin down...Iwas born cancer...Prayer in a tango...Old stars...Reprise Cohen...Feral buddleia...The assassin...Her gost...Apemen…Martha…Party town…Rappel…Son of...Charming prince…Vargtimmen…Rappel…Words.