Quinzième anniversaire réussi pour la Route du Rock.
Fort de la plus belle affiche de l’été, la quinzième Route du Rock a permis d’offrir aux festivaliers ravis un panorama quasi complet de ce qui se fait de mieux actuellement en pop et rock (voire électro, mais dans une moindre mesure). Les slogans affichés sur les t-shirts 2005 du meilleur festival français de la catégorie pop – qui semblaient un peu trop aguicheurs avant le début des hostilités – étaient cette année « Pop is not dead » et « Sea, sex and rock ‘n roll » ; ils se sont finalement révélés prémonitoires et furieusement tendance. La pop n’est toujours pas morte, c’est vrai, mais ça on s'en doutait quand même un peu… La plage de Saint-Malo est plus que jamais magique, avec son sable fin et sa vue imprenable sur les bikinis et autres strings ou top less, et si l’eau est un froide au début, quand on en ressort elle provoque instantanément des envies humides, voire lubriques. Hum, hum… Le rock ‘n roll, quant à lui, est toujours la chose la plus réjouissante inventée par l’homme pour péter les plombs. La preuve ? Même les branchés têtes à claques, qui il n’y a pas si longtemps s’extasiaient sur le moindre DJ planqué derrière ses sinistres platines et dissertaient à n’en plus finir sur la qualités de tel ou tel groupuscule anecdotique estampillé électro, se retrouvent aujourd’hui à headbanger au premier rang des concerts de Yo La Tengo, The National, du Wedding Present, des Raveonettes ou d’Alamo Race Track en converse, jean et veste étriquée… Tout en vantant les mérites de leurs « découvertes » du moment, cela va de soit ! Et oui, la pop et le rock sont furieusement « in » en 2005 ! Une preuve de plus ? Les philanthropes de la société Coca Cola sponsorisent les festivals d’été, par pur amour de la musique du diable, n’en doutons pas… Il n’y a bien que les éternels rabat joie frustrés par leur morne existence qui semblent s’être ennuyés ferme pendant leur week-end passé en Bretagne. Il y aussi Bernard Lenoir, pour qui la musique est un travail comme un autre, qui tire la gueule chaque fois qu’on le croise et n’assiste à aucun concert. Il devrait sourire un peu, il paraîtrait moins vieux sous sa coiffure grise plaquée en arrière et son bronzage de séducteur sur le retour. Compte rendu non exhaustif (mais presque) et subjectif de trois jours de rêve passés au fort de Saint Père et au Palais du Grand Large. Il y eut beaucoup de réussites, de nombreuses révélations et quelques (relatives pour la plupart) déceptions …
Les réussites :
The Cure : Just like heaven.
Le concert le plus long est signé par la méga tête d’affiche du festival : The Cure . Samedi 13 août, les 12 000 personnes présentes sur le site (affichant complet) se délectent des 2 h 20 d’une prestation couvrant quasiment toutes les périodes du groupe de Robert Smith. Cerise sur le gâteau d’une set list faite pour les fans de longue date : les versions très rock (voire punk) proposées grâce au brillant retour de Porl Thompson à la guitare et à l’absence de claviers sur scène. Très en voix, d’humeur badine (il cabotine devant les caméras et s’adresse volontiers à la foule), Mr. Smith peut démontrer sans aucun problèmes que son combo n’a pas à rougir devant la nouvelle garde qui s’inspire allégrement de lui : The Rapture, Bloc Party, Interpol, The Organ, The Rakes etc. Du début à la fin du show, le chant étranglé si caractéristique du leader charismatique des Cure et sa guitare – qui s’entremêle admirablement avec celle de son lieutenant Mr Thompson – sont solidement soutenus par la basse métallique de Simon Gallup et la batterie giflée par Jason Cooper. Sans être réellement démonstratif, The Cure s’en donne néanmoins à cœur joie en interprétant son répertoire pour une horde d’aficionados peinturlurés (ou non). A la grande joie de ces derniers (et au désespoir de ceux qui ne goûtent guère sa musique), le vaisseau The Cure navigue longuement dans l’océan de ses albums truffés de tubes et de morceaux mémorables. De Plainsong à 10 :15 Saturday night en passant par Shake the dog Shake, Just like heaven, A night like this, Lullaby, One hundred years ou encore Fascination street, Play for today, A forest et Boys don’t’t cry, le très nombreux public a la joie de participer à une superbe démonstration en forme de best of classieux agrémentée de quelques titres du nouvel album (loin d’être dispensable, malgré deux ou trois titres anecdotiques). Pour résumer, Robert Smith et ses hommes ont offert un concert jubilatoire à La Route du Rock 2005, donnant très envie de se replonger dans la discographie complète des Cure…
Yo La Tengo : à la fois intimiste, bruitiste et drôle.
Les très attendus Américains de Yo La Tengo ont sans conteste donné le show le plus farfelu et original des trois jours de festivités musicales. Le mythique groupe d’Ira Kaplan (guitare, basse, voix), Georgia Hubley (batterie, chant) et James Mc New (basse, orgue, chant) a réussi à donner un concert à la fois intimiste, bruitiste et drôle. En deux mots : surprenant et décalé sur une grande scène. Le meilleur lieu pour assister à un concert de Yo La tengo est une petite salle, c’est évident… Mais malgré la taille de la scène montée à l’intérieur du Fort de Saint-Père, les trois multi instrumentistes doués ont quand même pu délivrer leurs atmosphères particulières, entre pop sixties, Velvet Underground, envolées planantes, jazz drolatique, rock aventureux et sonique. Le spectacle best of proposé a permis d’avoir un éventail complet des multiples talents de ce groupe protéiforme. Yo la tengo est capable de composer des tubes dans tous les styles qu’il aborde. La preuve irréfutable de cette affirmation figure sur la compilation trois Cd intitulée Prisoners of Love, A Smattering of Scintillating Senescent Songs qui vient de sortir chez Matador. Elle est chaudement recommandée, à tout le monde, sans exception !
The Raveonettes : l’alliance réussie de la glace et du feu.
Juste avant les Cure, The Raveonettes avait parfaitement mis l’assistance en condition avec un set brûlant et percutant, prélude à la sortie de leur nouvel album, Pretty in black. Pour faire court, le duo suédois (renforcé sur scène par un groupe désireux d’en découdre) provoque la délicieuse impression de voir The Jesus and Mary Chain jammer (violemment) avec Les Ronettes de Phil Spector et le Velvet Underground de Maureen Tucker (qui joue sur leur dernier opus). Harmonies vocales à deux voix (l’un féminine, l’une masculine), guitares façon tronçonneuse sonique, rythmiques saccadées très pop sixties : c’est véritablement un bonheur à écouter (et à contempler). L’alliance de la glace (le brun guitariste/chanteur clone de Robert Smith, décidément… ) et du feu (la blonde chanteuse /guitariste sosie de Debbie Harry) fonctionne à merveille ; et ce n’est surtout pas un hasard si le groupe reçoit un triomphe en se produisant devant une foule agitée par des trémoussements furieusement rythmés…
Great Lake Swimmers : on s’est presque vu voler...
Encore peu connus malgré deux précieux albums parus chez Fargo Records – Bodies and minds et Great Lake Swimmers –, les Great Lake Swimmers (soit « Les nageurs des grands lacs » comme ils se présentent eux mêmes) et leur très discret leader ne devraient pas rester dans cette situation bien longtemps... Surtout s’ils continuent à proposer en concert des prestations aussi marquantes que celles données en première partie de Camille au Palais du Grand Large. Commencé et conclu par un poignant set solo acoustique de Tony Dekker, le concert de Great Lake Swimmers fut tout simplement un long trip en apesanteur provoqué par une voix magique et des musiques superbes. Le très subtil groupe qui accompagne le leader Mr Dekker ne brise pas le charme créé par des morceaux tous plus superbement country folk roots les uns que les autres. C’est très beau, et ce n’est pas la peine d’en rajouter. Malgré la (bonne) reprise de Tom Waits, c’est à un jeune et calme Neil Young qu’on pense le plus… Dans le superbe théâtre utilisé cette année pour les concerts au Palais du Grand Large, on s’est presque vu voler grâce à Great Lake Swimmers…
Camille : entre humour, poésie et émotion.
Après l’installation du matériel des musiciens de Camille et du fameux fil (blanc) qui donne son nom à l’album, la toujours déjantée et fofolle chanteuse a survolé son répertoire en équilibriste. Entre humour, poésie et émotion. Accompagnée par des musiciens excellentissimes et drôles, celle qui illumine les disques du vieux briscard Jean-Louis Murat et celui de Nouvelle Vague a enchanté un public enthousiaste et visiblement fan de son travail. Il est vrai qu’il est difficile de faire un bide avec une voix aussi belle que versatile, des morceaux originaux - entre chanson, world, funk, soul et pop - et une personnalité aussi explosive qu’unique. L’alchimie fonctionne à merveille entre la jeune femme et ses musiciens (basse, piano, bruitages réalisés avec la bouche, les mains et le corps), c’est un véritable plaisir d’assister à ces moments de communion musicale. Sur scène - comme en dehors semble-t-il… -, Camille respire la joie de vivre, chacun de ses gestes est gracieux, chacune de ses interventions est hilarante, quant à son sens de l’impro, il est digne des plus grand performers… L’ interprétation d’un des tubes de son premier album, Les ex, donne d’ailleurs lieu à une partie de franche rigolade. Camille demande à Robert et Jean-Jacques, deux ex qui sont présents dans les murs, de venir danser de manière sensuelle avec elle sur scène... Deux jeunes hommes se dévouent, pour lui faire plaisir, en exécutant des chorégraphies ridicules à souhait. L’un des deux, qui n’a pas bien compris le terme « sensuel », se lance dans une bourrée auvergnate hilarante, et a bien sûr droit aux remontrances de son ancienne conquête. Après un rappel réclamé à corps et à cris par une salle ravie (pour laquelle elle chante le fameux Putain putain popularisé par Arno) , Camille s’évanouit dans la nature, sans nous avoir coupé l’envie de la revoir dès que possible…
!!! : un grand n’importe quoi jouissif et remuant.
Le concert le plus dansant fut donné par les inestimables !!!, toujours prompts à déclencher l’hystérie dès qu’ils apparaissent sur une scène. On se souvenait avec émotion de leur prestation brillante aux Eurockéennes de Belfort en 2004. Et bien, ils ont réitéré leur exploit à Saint-Malo, devant un public ravi de pouvoir se dégourdir les guiboles (et tout le corps) après le concert des très bons mais peu dansants Cure. Dès le début du show tardif de !!! (mais c’est samedi soir pendant les grandes vacances, oh et puis merde), on se dit qu’on va passer une fin de soirée de rêve en voyant arriver Nic Hoffer, sosie de Beck avec chevelure frisée de chien fou et accoutrement complet de footballeur est allemand de troisième division dans les années 70. Jugez plutôt, tout est là : short du meilleur effet, maillot très seyant et… mais il manque quelque chose ! Où sont passées les pompes de footeux ? Et oui, c’est samedi soir et notre ami a voulu faire bonne impression auprès de la gent féminine : il a chaussé des mocassins… Le con ! Les branchés qui avaient pourtant fait un effort notable pour attirer l’attention sont relégués dans les profondeurs du classement : Nic Hoffer est insurpassable au niveau vestimentaire. Il devient même intouchable dès qu’il commence à exécuter ses fameuses chorégraphies idiotes superbement réalisées sur le P Funk (à moins que ce ne soit du F Punk, du disco Punk du ou tout simplement un grand n’importe quoi jouissif et remuant) ourdi par son groupe de tarés… C'était prévisible : le public décolle et le pétage de plombs est général, même si tous les morceaux se ressemblent. La chanteuse Camille, pas maladroite non plus en choré débiles, a même droit à un tour sur scène en compagnie de Nic et ses potes. On n’ose imaginer ces deux là vivant en couple, les soirées seraient pour le moins agitées… Comme ce genre de show donne envie d’engloutir des milliards de litres de bière, de gober quantité de produits illicites, de fumer tout ce qui passe à portée de main et de sauter comme un marsupilami sous ecstasy, il est important de faire très attention à ne pas se « faire une cheville ». Finir en Claudiquant sur le dancefloor comme Luz, avec encore une journée de festival à suivre, très peu pour nous ! Cela étant dit, on ne peut que remercier !!! d’exister. Et encore merci Nic pour les conseils vestimentaires...
The Polyphonic Spree : alléluia mes frères !
Le grand gourou/guitariste/chanteur de The Polyphonic Spree, Tim DeLaugther, et ses nombreux adeptes musiciens ont offert à la Route du Rock 2005 le concert le plus exaltant du week-end. Chez ce groupe découvert avec autant de stupeur que de joie aux Eurockéennes 2003, tout est propice au décollage vers les cieux : accoutrements dignes d’une secte américaine, décorum religieusement extraterrestre, orchestration foisonnante (chœurs fournis, harpe, batteries, percussions, cordes, guitares, basse, vents etc), invitations vocales à la transe collective, changements de rythmes incessants et montées soniques vers le pays où l’amour est roi. Seuls bémols : tous les morceaux se ressemblent un peu et les motivations du groupe sont un peu obscures. Veulent-ils qu’on soit tous heureux ensemble sur cette Terre où sévissent quotidiennement guerres, attentats, meurtres, trahisons, accidents, loi du plus fort ? Qu’on achète simplement leurs disques ? Ou peut-être qu’on intègre leur secte ? Mystère... Mais le grand mérite d’un concert de The Polyphonic Spree est de rendre heureux une foule entière au même moment. Et ça, c'est déjà beaucoup.
The Wedding Present : voyage intersidéral au pays de la pop cactus bruitiste.
Le concert le plus hargneux fut signé par The Wedding Present, galvanisé par l’accueil très chaleureux de la foule et par un batteur différent de celui qui avait officié au festival de Sédières. Boosté par un bon groupe, toujours aussi virulent avec sa guitare, alternant les caresses et les gifles sur son micro, David Gedge nous a tout simplement emmené jouer avec lui sur sa Flying saucer pour rejoindre la Queen of outer space… Ah que c’est bon un voyage intersidéral au pays de la pop cactus bruitiste avec le Wedding Present ! Avec un répertoire en acier trempé comme le sien (dans lequel le dernier opus - Take fountain - ne fait pas tâche, bien au contraire !) interprété énergiquement, on ne voit pas comment on pourrait résister aux charmes de ce groupe à part…
The National : intense et captivant.
Programmé beaucoup trop tardivement, à 2 h 30 du matin, The National a néanmoins réussi à tirer son épingle du jeu en délivrant un set intense et captivant. Même si les membres du groupe, et particulièrement le chanteur Matt Berninger, semblaient très tendus sur le premier morceau (à cause du déferlement médiatique inhérent à la Route du Rock, à la captation du concert et à l’horaire), par la suite, le quintet américain a prouvé son immense savoir faire scénique, avec un set dans la veine de celui donné à Sédières un mois plus tôt. Mais en moins décontracté et souriant. The National n’est jamais aussi impressionnant que dans une petite salle, mais semble sur la bonne voie pour passer dans la catégorie scénique supérieure… A suivre.
Les révélations :
Sébastien Schuller : magique...
Dans un Palais du Grand Large unanimement sous le charme, Sébastien Schuller a donné un concert qu’on pourrait sans exagérer qualifier de « magique ». Le discret songwriter a présenté son sublime album entouré par un groupe aussi fin que la musique de son leader le méritait. L’univers mélancolique et planant (on pense à Radiohead et à Sigur Ros) de l’auteur d’ Happiness est illustré sur scène par de superbes projections, simples, marquantes et perturbantes (c'est-à-dire à des années lumière de celles choisies par Mercury Rev, nous y reviendrons). La voix sidérante de beauté - et sur le fil du rasoir - de Sébastien Shuller, ses interventions aux claviers et à la guitare font le reste. A la fin, l’assistance semble être sur un petit nuage. C’est rare, très rare des concerts de cette qualité…
Mus : un concert envoûtant.
Juste avant Sébastien Shuller, le groupe espagnol Mus avait fait forte impression avec sa musique entre pop, folk des Asturies et post rock. Ils disent préférer le studio aux concerts mais être quand même contents d’être là, ouf ! Nous aussi, on est plutôt contents d’être là à écouter quasi religieusement les morceaux portés par la voix troublante de la chanteuse de Mus et les musiques aussi aériennes qu’émouvantes. Sur scène, on ne peut pas dire que Mus soit très sexy ou festif mais les ambiances irrésistiblement prenantes distillées à longueur de morceaux valent à elles seules le détour. Ce groupe - qui a signé chez Acuarela le très bel album Divina Lluz - permet de voyager agréablement au pays de la mélancolie.
The Organ : à suivre !
Jouer en plein jour à 19h devant une foule attendant impatiemment les Cure n’a rien de facile. Mais, grâce aux bons morceaux de leur album Grab that gun, les cinq membres de The Organ ont placé la soirée sur de bons rails, tout en recueillant des applaudissements nourris. Il faut dire que à l’instar du clip de Boys don’t cry où les membres de Cure sont remplacés par des enfants, on a l’impression de voir un groupe de filles jouant à être les Cure (les guitares, l’orgue et le son général), avec une chanteuse faisant une fixation sur Morrissey. Pourtant, The Organ ne se limite pas à ça, malgré les références très présentes. Car les titres sont efficaces et font de l’effet, tout simplement. Et ce malgré une présence scénique très faible : un premier concert en France devant 12000 personnes, ça impressionne, c’est tout à fait normal. Cela étant dit, pourquoi bouder son plaisir et snober ses jeunes filles prometteuses aux allures garçonnes ? On réécoutera leur disque avec plaisir, tout en espérant les revoir très vite dans un lieu plus adapté.
Art Brut : une Artbrutmania sous peu ?
Ah, le groupe réjouissant que voilà ! Décomplexé, énervé, minimaliste, gravement enthousiaste, punk, rock et pop, Art Brut semble s’être formé pour plusieurs choses essentielles. Tout d’abord, réveiller le festivalier alangui. Ensuite, déclencher des émeutes. Puis, carrément donner envie de courir droit dans le mur. Enfin, provoquer de purs moments de rock ‘n roll jouissifs. Vous l’aurez compris, cette bande de petits garnements au nom osé, possède tous les atouts en main pour déclencher une Artbrutmania sous peu. Leur album s’intitule Bang, bang rock ‘n roll…
Alamo Race Track : percutant et plein de conviction…
Comme un mois plut tôt en Corrèze en compagnie de The National et The Wedding Present, Alamo Race Track a donné un concert percutant et plein de conviction… Certains ne goûtent guère ce groupe signé chez Fargo car il détonne dans le catalogue du label français ; pas de country folk US ici, mais plutôt un pop/rock racé à l’inspiration variée (comme le prouve l'écoute attentive de leur premier album Birds at home). Le combo hollandais s’y entend parfaitement pour créer des ambiances entre post punk à la Joy Division et rock à la Doors grâce à l’organe vocal très marquant du leader du groupe. Notre homme tutoie Ian Curtis et Jim Morrison avec une facilité déconcertante. Comme son groupe ferraille de manière infernale derrière lui, il faut vraiment être de mauvaise foi pour ne pas se laisser saisir par la musique d’Alamo Race Track.
Boom Bip : on ne sait plus où donner de la tête...
Entre organique et électronique, jazz, pop et rock et avec un fort goût pour les expérimentations tous azimuts, Boom Bip est un groupe promis à un bel avenir… Certes, au premier abord, il peut être difficile de pénétrer dans l’univers de certains morceaux ; mais avec un minimum de patience, ils permettent pour la plupart de partir dangereusement en vrille. Plongé dans le tourbillon des idées du leader de ce groupe bizarroïde – Bryan Hollon –, l’auditeur ne sait plus où donner de la tête. Il faut vraiment avoir le cœur bien accroché ! Et c’est très bien comme ça. A revoir plus longuement…
Maxïmo Park : des hits efficaces et remuants.
C’est la première fois qu’ils jouent à la lumière du soleil, et ils se sentent comme des vampires, déclare le chanteur de ce combo rock signé chez Warp Records… Au vu de ce concert brut et sans fioritures, Maxïmo Park a tout pour continuer à rester en pleine lumière encore quelque temps. Si les chansons du groupe anglais puisent allégrement leur inspiration dans le post punk, la manière percutante avec laquelle elles sont troussées leur donne des airs de tubes en puissance. Et il est bien difficile de rester de marbre devant un tel déferlement de hits remuants. Car ils sont interprétés par un groupe peu visuel mais très efficace, et sont chantés par un frontman très à l’aise. Malgré un look inquiétant de prof d’anglais limite psychopathe (cette mèche, quand même !), le chanteur de ce combo a pour lui, une belle voix grave, un enthousiasme communicatif, une propension hallucinante à tenir des propos farfelus, sans oublier l’essentiel : une surprenante faculté à sauter en l’air en faisant un grand écart (comme le leader des divins Hives)… A suivre donc.
Les déceptions :
Daniel Johnston : see you soon...
L’annulation du concert de Daniel Johnston est bien évidemment la plus grosse déception de cette Route du Rock 2005… On se faisait une joie de le revoir sur scène après son concert extrêmement touchant donné au Café de la Danse en juin. Las, la maladie mentale dont souffre depuis longtemps le songwriter en apesanteur s’est à nouveau manifestée, le privant (et nous par là même) d’un tournée des festivals d’été qui auraient pu lui montrer, une fois de plus, tout l’amour que son public ressent pour lui.
Colder : froid et sans aspérités.
On n’a vraiment rien contre le groupe français Colder, mais il faut avouer que sa musique ne nous a guère emballés. Pourtant, avec un peu plus de conviction et d’originalité, cela pourrait éventuellement marcher ; mais la prestation du groupe de Marc N’Guyen Tan à Saint-Malo manquait cruellement de ces qualités…
Sonic Youth : bonnes vacances !
Un groupe en vacances. Voilà ce qu’il nous a semblé en assistant au set un peu mou du genou - et beaucoup moins nerveux qu’à Rock en Seine 2004 et aux Eurocks 2005 - donné par Sonic Youth à la Route du Rock. Même si l’on était quand même assez loin du concert totalement raté, on a connu les vétérans de la scène alternative en bien meilleure forme, et c’est un euphémisme ! Un groupe qui se veut expérimental et qui sert la même set list à deux mois d’écart (sans montrer la même conviction en plus), c’est un tantinet décevant, non ? Il y eut malgré tout de bons moments de bruit organisé et de bons morceaux… Mais la trop longue fin bruitiste (et sans inspiration) ne fit que confirmer les premières impressions. Sonic Youth n’était pas dans un très grand jour ou avait la tête ailleurs. Ça arrive aux meilleurs. La preuve…
Mercury Rev : et la sobriété, bordel !
Le concert de Mercury Rev fut sans doute le plus controversé et le plus unanimement brocardé de tout le festival. La musique du groupe des Catskills Mountains n’a pourtant toujours rien à voir avec le rock progressif ignoble que servaient quantité de groupes épuisants dans les années 70, 80 et 90 (pour prétendre ça, il faut vraiment être un sinistre binoclard déversant son savoir baveux dans les Inrocks). Toutefois, il faut avouer que Mercury Rev donne le bâton pour se faire battre en prenant une direction fort discutable sur sa nouvelle tournée. Des projections ridiculissimes (des oiseaux qui volent au ralenti, des dauphins qui nagent - au ralenti toujours… -, ce type de banalités) agrémentés de slogans risibles au possible (« Sois toi-même », « L’amour est le plus grand des pouvoirs. », ce genre de conneries cliché ! Non mais de qui se moque-t-on ? Ils ont recopié les leitmotivs de la secte de scientologie ou quoi ?), avec en plus une attitude par trop grandiloquente de Jonathan Donahue. Cela fait quand même beaucoup pour un seul groupe ! Pourtant, il reste bien l’essentiel : des morceaux magiques et planants de pop panoramique (extraits de Deserter’s songs, All is dream et The secret migration), chantés admirablement et joués avec mæstria par des musiciens au faîte de leur art. Quelqu’un pourrait-il seulement leur dire de se présenter sur scène de manière plus sobre ? Cela ferait le plus grand bien à nos chers Mercury Rev…
Après trois jours assez idylliques passés dans les environs de Saint-Malo pour la Route du Rock quinzième du nom, on a désormais une petite idée derrière la tête en ce qui concerne notre week-end du 15 août 2006… Un voyage au fort de Saint-Père parait être la meilleure des solutions pour passer à nouveau quelques jours de « Sea, sex & rock ‘n roll » entre jeunes gens amoureux de la pop et affiliés. A cette époque, vous connaissez un autre festival à taille relativement humaine permettant de découvrir des jeunes pousses prometteuses, puis de se délecter des prestations de têtes d’affiche de qualité ? Nous non.
Ah qu’il faisait bon somnoler le matin au bord des plages de la baie de Saint-Malo. Le vent était vif toutefois, un peu dur même ; pointe de la Sarde, un concours de pêche en haute mer était annulé.
Christopher O’ Riley : Radiohead à marée basse
Vers 16h, c’est par hasard que je tombe sur le petit concert de Christopher O’ Riley. Son piano est posé au pied des remparts et autour de lui des centaines de spectateurs se sont assis sur le sable. La plage est l’endroit le plus agréable du festival. C’est gratuit, un public autre que les jeunes-vieux, dont je suis, peut profiter des artistes invités, et mieux encore, on peut y écouter de la musique sans se soucier du coude de son voisin ou des pieds de sa voisine. Christopher O’ Riley est un pianiste de musique classique, plus familier des auditoriums que des festivals de rock en plein air. Interprète talentueux de Chostakovitch et de Prokofiev, l’américain est aussi un grand fan de Radiohead. Sa passion l’a ainsi conduit a enregistré un disque, True love waits, dans lequel il a adapté des chansons de son groupe fétiche à son instrument de prédilection, le piano.
Je ne suis pas moi-même un grand amoureux de Radiohead, je possède et connais néanmoins la plupart de leurs disques et j’avoue ne pas avoir reconnu un seul morceau du quintette d’Oxford lors de ce concert. C’était beau, plaisant et apaisant, du piano un rien sentimental, mais nous étions bien loin de Radiohead. Son interprétation a tendance à niveler toutes les chansons et à réduire leur énergie et leur souffle à bien peu de chose.
O’ Riley aime aussi Elliot Smith et il nous en interprète quelques morceaux en guise de conclusion à son récital. Même traitement pianistique, même impression de vide. Les notes sont là mais le compositeur original a bel et bien disparu.
Boom Bip : instrumental et pas chiant
Trois heures et deux glaces plus tard, je suis de retour au fort de Saint-Père. La veille, j’étais resté assez éloigné de la scène, cette fois je décide de me rapprocher des artistes et d’apprécier ainsi la compétence des personnes chargées de la sécurité. L’une d’elles semble être un fan de Dropkick Murphys, un vrai dur en tout cas, tatoué de près. Le gaillard tient sa mission très au sérieux. Dressé sur ses ergots, il guette le moindre téléphone portable brandi dans les airs. Sans accréditation, il est interdit de photographier. Alors notre homme saute dans tous les sens pour montrer les dents à chaque fan assez inconscient pour se laisser aller à vouloir garder un souvenir de la soirée. Et si ce n’est pas assez clair, il franchit la barrière pour arracher l’appareil au contrevenant, le tout agrémenté de quelques paroles acerbes. Le même garçon s’inquiète aussi de la qualité des boissons ingurgités par les festivaliers. Il y a de la bière à vendre sur tout le pourtour du site, ce serait tellement peu fair-play de notre part de boire un autre alcool… Il renifle ainsi à l’occasion les bouteilles suspectes. Un vrai boute-en-train.
Pendant ce temps, sur scène, Boom Bip joue des airs plutôt captivants. De son vrai nom Bryan Hollon, l’américain est entouré par un vrai groupe composé d’un bassiste, d’un guitariste et d’un batteur. On est entre rock et hip-hop. Ni nerveuse, ni enjouée, sa musique n’est pas la plus évidente en plein air, mais elle séduit chaque personne qui lui confie ses oreilles et dans la public nous sommes nombreux à dodeliner de la tête au rythme des booms bips de Boom Bip. Une réussite.
Maximö Park : un nouveau groupe britannique dispensable
Les premières bousculades surviennent avec l’arrivée de Maximö Park. Des jeunes filles, surtout, et quelques vieux ados se pressent devant les barrières pour accueillir des Anglais, qui ne demandent qu’un peu d’hystérie pour jouer aux rockstars. Paul Smith, le chanteur, et Lukas Wooler, le clavier, se la racontent à mort, accumulant poses et œillades pour un public qui ne demande qu’à défaillir pour de nouvelles idoles. C’est amusant, sans plus, car les chansons, elles, ne sont pas à la hauteur de ces cris d’admiration. Je dois dire que je suis même franchement dépité dans un premier temps de voir tous ces charmants jeunes gens pogoter pour si peu. Du tatapoum sans relief. Je n’ai retenu que l’intro d’une chanson, tout le reste ne m’a semblé que radotage pop. Il faut reconnaître cependant que l’ambiance est là. Le groupe joue et surjoue, les fans sont heureux et le reste du public commence à se débrailler et à se sauter dessus.
The Polyphonic Spree : oubliez les polyphonies corses
Le débraillage collectif va s’intensifier avec l’arrivée de The Polyphonic Spree. Le contraire aurait été étonnant. Voir débouler une vingtaine de musiciens et de choristes en longue robes blanches, voir cette même légion d’ahuris texans sauter dans tous les sens, et pointer le doigt dans votre direction pour vous dire que oui il y aura aussi une place pour toi au paradis, et tout cela en faisant tinter harpe, cor de chasse, trompette, guitares… voir ça, pour tout être en mal d’amour et de musique, le genre d’être que l’on croise en de nombreux exemplaires dans les festivals de musique, ce genre d’expérience donc ne peut que susciter clameur, hystérie et joie. Et tel est le cas en effet.
Les compositions en elle-même ne sont pas beaucoup plus travaillées que celles de Maximö Park, les chansons se résumant souvent à la simple répétition d’une seule et même phrase. Mais le concept est là un peu plus original : les robes, la harpe, la chorale -avec dans la chorale des filles angéliques (des yeux, des joues)- et la mise en scène messianique. C’est un régal pour les yeux. Je suis alors tout proche de la scène. J’ai cru un instant que j’allais à mon tour m’élever dans les airs pour rejoindre le percussionniste perché à quinze mètres du sol, au milieu des éclairages, pour taper avec lui dans le tambour qu’il avait emporté dans son escalade.
Sonic Youth : trop court
Ah on peut dire que nous sommes heureux à ce moment. Mis en extase par The Polyphonic Spree, nous attendons la communion avec Sonic Youth, suants et trépignants, nous pressant les uns contre les autres, tels des chiites en Irak. Tant de ferveur mérite le respect, là encore pourtant, ce n’est pas le sentiment que nous renvoient les costauds chargés de la sécurité. De l’eau circule déjà parmi nous, sous forme de bouteilles, grâce aux bons soins de ces mêmes costauds, mais ils considèrent visiblement que ça ne suffit pas, alors muni d’un tuyau d’arrosage, ils nous aspergent, à la manière des forces anti-émeutes, pour nous apprendre à rester calme. On se prend ainsi des gros paquets d’eau sur la gueule, alors qu’il ne fait pas si chaud, que le soleil vient de se coucher et que le vent souffle. De plus, pour ma part je porte des lunettes et l’eau sur les verres ça n’aide pas pour voir un spectacle.
Entre deux jets, je peux toutefois garantir avoir bien vu Sonic Youth. Kiiim Gooordon ! Thuurston Mooore ! Les papes de l’underground! Les plus cools des pas cools. Ils sont venus. Ils ont joué. Brother James, Schizophrenia, Kool Thing, Teenage Riot…. Et j’ai frissonné de plaisir sur les premières notes de l’intro de ce dernier titre. Thurston et ses guitares furent magistrals. Mais que ce fut court ! Un mini best-of, avec la petite déception de n’entendre aucun titre de leur excellent avant dernier album Murray Street.
Metric : on l’appelle Emily
La chanteuse s’appelle Emily Haines. Un nom à retenir car elle si elle a le bon goût d’être une fan de Sonic Youth, Emily est aussi elle-même une fantastique rockeuse. Je ne dis pas ça parce qu’elle nous a montré sa culotte, que ses jambes sont de longues et belles jambes… Sur scène, Emily affiche une facilité, un charisme et une séduction qui décuple l’impact de la musique de Metric. Old world underground, where are you now ?, l’album de ces canadiens sonne comme un honnête projet pop-rock. Un disque comme les maisons de disque en sortent régulièrement ces jours-ci. De la musique cool parfaite pour illustrer une publicité, un reportage sportif ou passer à Taratata. C’est efficace mais sans saveur, sans identité propre.
Et pourtant, devant les milliers de spectateurs du fort de Saint-Père, Emily Haines, sans en faire des tonnes, sans chercher à jouer avec le public, juste en in-ter-pré-tant, a démontré que Metric était beaucoup mieux qu’un groupe de plus. J’ai vraiment été séduit. Et à la fin, au moment de Dead Disco, leur tube, Metric m’a donné le coup de grâce, en en donnant une version alternative, plus longue, comme une variation autour de la basse d’A forest de The Cure.
Vive la fête : une blonde avec des gros seins, le vrai sens de la fête
On s’approche alors de trois heures du matin. Je n’ai que quatre heures de sommeil devant moi avant de reprendre la route. Et c’est vraiment à regret que je quitte le site après trois titres de Vive la fête. Je ne connaissais pas. Ce sont des Belges. Cinq sur scène. Le noyau du groupe est un duo, Dany Mommens, guitariste (membre de Deus jusqu’en 2004), et Els Pynoo, une splendide blonde. De loin, elle a l’air magnifique. Toute en noir, avec des seins qui lui donne une silhouette de femme fatale. Leur musique joue sur le registre du glamour. Paroles en français, échanges entre le garçon et la fille. C’est assez sophistiqué, tout en étant très abordable et rock’n’roll.
Un week-end qui se libère au dernier moment, Sonic Youth et The Cure en tête d’affiche, il n’en a pas fallu plus pour que je me métamorphose en mouette et prenne mon envol vers l’Ouest et la Route du Rock. Le lieu est plutôt agréable. La grande court centrale d’un fort. Une scène à l’une des extrémités. Des stands de bouffe et de bière tout autour. Ca fonctionne avec des jetons. 2,3 euros, le jeton. Une barquette de frites ou une bière = un jeton. On trouve aussi une tente pour les dédicaces et une autre où on vend des disques et où quelques associations ont posé leurs fesses et leurs projets.
Autant le dire de suite, mon impression sur les deux jours (samedi et dimanche) est plutôt mitigée. Peu de bons groupes et peu de bonnes chansons et pour l’ambiance générale, ce n’était pas non plus folichon. Trop de flicage.
The Organ : têtes de morts
Je n’avais encore jamais vu un groupe avec aussi peu de présence. Même à Auschwitz, sur le quai des arrivées, il devait y avoir plus d’ambiance. Il n’y a qu’une horreur comme Oasis pour rivaliser avec un tel degré de vacuité et d’absence d’originalité.
C’est affreux. On devrait peut-être me pendre pour écrire de telles choses. Oser parler d’Oasis !
Bon, elles sont cinq, canadiennes, de Vancouver. J’ai dû aller sur leur site pour vérifier que l’endive qui tenait le micro était une fille comme les quatre autres. Elle s’appelle Katie Sketch et reconnaît l’influence de Cure, des Smiths et de Joy Division. Elle aime bien aussi Interpol. Ca s’entend, je n’ai même entendu que ça. Et je n’ai vu ni cœur, ni âme dans leur performance. On aurait dit des créatures sous hypnoses. La guitariste, par exemple, gardait le regard fixe, perdu loin devant elle, très belle dans son isolement. Pendant ce temps, ses doigts se déplaçaient seuls sur son instrument comme mus par leur propre instinct de doigts. Tout n’est donc pas à jeter, loin de là, mais pourquoi programmer une telle formation dans un festival ? Sous le soleil. Elles auraient tellement été mieux à leur place au Congrès international des suicidés anonymes à Deuil la Barre.
Colder : trophistiqués
Curieusement, Colder a réchauffé l’ambiance. Les Français évoluent dans un univers cold-wave proche de The Organ, mais eux ont le double mérite d’être vivants et de faire preuve d’audace. Ils sont contents d’être là et de jouer ce qui me rassure sur ma fonction de spectateur. Ils sont quatre, basse, guitare, batterie, plus Marc Nguyen, le chanteur, principal compositeur, qui envoie aussi des parties enregistrées depuis un synthétiseurs.
Leur musique est tout sauf un décalque de leurs influences. Mais je n’ai pas non plus été emballés. Les compositions sont soit trop compliquées, soit trop simplistes (Silicon Sexy, Downtown) dans un espèce de parti pris dandy qui nous éloigne de l’énergie primale que peut transmettre la musique.
The Raveonettes : l’immobilisme dans la continuité
Simpliste, primale, primaire, la musique des Raveonettes l’est sans aucun doute. C’est même revendiqué. Sur deux de leurs disques, Chain gang of love et Whip it on, les Danois avaient clairement affiché que toutes les chansons avaient été composées avec un seul accord, « recorded in Bb major ». Et donc en concert, on a l’impression d’entendre une seule et même chanson, plutôt plaisante, du rock’n’roll dans la veine noisy des Jesus and Mary Chain. On sait, où l’on va, nulle part, mais c’est efficace, parfait pour un public de festival. Le son est bien lourd avec trois guitares puisque le duo d’origine, Sune rose Wagner et Sharin Foo, un brun et une blonde, s’est mué en quintette pour ce concert (ce qui nous donne trois guitares, une basse et une batterie).
The Cure : deux heures et quart avec Robert
The Cure a longtemps été lui aussi un quintette ces dernières années, mais c’est en quartette que le Cure 2005 se produit. Perry Bamonte et Roger O’Donnel sont partis, le guitariste Porl Thompson est revenu. Moins de synthés, un peu plus de guitares. Le son n’en est pas plus léger pour autant. Beaucoup de reverb dans les six cordes, comme dans la voix et l’impression d’un Robert Smith devenu vieille tragédienne.
Mais bon, il nous en a mis quand même une sacrée dose puisant dans l’ensemble de sa discographie, à peu d’exception (pas de morceaux de Seventeen Seconds, ni de Japanese Whispers) : Plainsong, Open, Shake Dog Shake, Disintegration, Fascination Street, Lullabye, From the edge of the deep green sea, Siamese twins, Play for today, Push, At night, One hundred years, Never Enough, Cut, End, A forest, 10 :15 Saturday night, Boys don’t cry. Cette liste ne contient que les morceaux que j’ai pu identifier. Ils ont aussi interprété des chansons de leurs derniers albums, mais j’avoue que depuis l’album Wish(1992), j’ai fait l’impasse sur les travaux de Cure.
A noter : The Cure a dû remporter le concours du groupe ayant le plus grand nombre de tee-shirts à son effigie dans le public.
!!!: du bon usage de la drogue chez les musiciens
De mauvaises langues, bien renseignées, ont prétendu que les !!! étaient chargés de cocaïne au moment de monter sur scène. Deux heures avant, ils étaient encore en train de dormir.
Cocaïne ou don du ciel, ce concert fut sans nul doute le meilleur du week-end. Sur disque, les New-Yorkais ont tendance à m’endormir par la longueur et la répétitivité de leurs morceaux, mais là, au fort de Saint-Père, ils étaient totalement survoltés.
A huit sur scène, avec cuivres, percussions, leur disco-punk a provoqué une parfaite explosion de tous les sens après les humeurs noires accumulées pendant les sets précédents. Take ecstasy with me, comme en témoigne leur dernier titre paru, leur musique est un appel à tous les relâchements et cette nuit elle causa les pires dégâts sous les tentes du camping, ainsi que sur scène où, plusieurs mouettes, éperdues d’amour pour le chanteur et son short, sont venus s’écraser autour de Nic Offer. Une belle orgie.
La veille, on avait aperçu le très bronzé et coquet (mais beaucoup plus vieux que sur ses photos de presse) Bernard Lenoir sur la plage après Nouvelle Vague en train de féliciter Camille et Mélanie pour leur concert, nous empêchant ainsi de faire de même… En ce 15 août qui s’annonce radieux, on décide donc de passer la journée à la plage avec le secret espoir de bronzer, puis de devenir une vedette autorisée à parler avec les stars, comme notre ami Bernard.
Après une journée à lézarder, Mojave 3 constitue une entrée en matière idéale pour lancer une soirée à la fois pop et rock. Très laid back, Neil Halstead et son groupe (sans Rachel Goswell, restée aux USA) délivre un set de country folk pop souvent lancinant mais toujours captivant. Comme sur ses disques solo (Sleeping on roads) et avec son groupe (Spoon and rafter) l’influence tutélaire de Neil Young se fait sentir chez Neil Halstead dans la manière de placer sa voix, comme dans les instrumentations ultra roots (country folk à souhait). Ce concert restera en mémoire comme un bon moment...
Dans un style plus rock mais toujours très pop, les Belges de Girls in Hawaii ont confirmé leur statut de groupe promis à un bel avenir que vient de leur conférer leur excellent premier disque, From here to there sorti cette année. Ravis de jouer à Saint-Malo devant un public français qui les apprécie à leur juste valeur, les très bon musiciens qui composent Girls in Hawaii ont pu à loisir (et avec le sourire) présenter leur univers où la pop, la folk music et le rock plus rentre dedans se côtoient (très) harmonieusement.
Malheureusement, juste après le passage des Belges, la pluie se met à tomber de manière continue. Blonde Redhead délivre un très beau set, envoûtant et intriguant du début à la fin, à l’image de son dernier disque, Misery is a butterfly, et de sa prestation aux Eurockéennes de Belfort, cette année. Malgré tout son talent, le groupe américain ne peut rien contre les éléments déchaînés qui le poussent à abréger sa prestation, les éclairs ayant fait leur apparition dans le ciel.
Trempé jusqu’aux os, on s’imagine que l’annulation est inévitable et qu’il va falloir dormir dans une tente transformée en baignoire en hurlant « Blues Explosion » tout seul, la loose totale… Et puis tout à coup, un miracle : on réussit dans un premier temps à se mettre tant bien que mal à l’abri et l'on croise des amis avec un nombre très conséquent de jetons bière à boire avant la fermeture anticipée du site.
Photo Erwan www.volubilis.net
Longtemps après, deuxième miracle, la pluie se calme et le concert de Dionysos commence dans une atmosphère électrique, alors que peu de temps auparavant, on pensait que le festival était définitivement fini. Les spectateurs qui n’ont pas fui devant les éléments sont remontés comme des pendules et bien décidés à finir la soirée en beauté. Mathias et son groupe sont, eux aussi, surexcités, et donnent tout, dès le début du concert. Comme à Sédières quelques jours plus tôt, le combo tout de noir vêtu impressionne par sa puissance et son envie de jouer, intacte. Mathias se livre à son passe-temps favori, la nage sur le public. Mais la pluie reprend de plus belle, et on n’a toujours pas mis la main sur un k-Way, c’est malin. Et là, troisième miracle, une charmante jeune fille nous propose son fantastique poncho en plastique. Après avoir enfilé avec difficulté ce qui ressemble à un énorme préservatif jaune - la capuche faisant office de réservoir -, on se prend à vouloir faire l’amour avec tout le monde dans la boue, une drôle d’idée qui nous semble particulièrement sérieuse sur le coup. La fin du concert de Dionysos est toujours aussi mémorable et fracassante que les autres fois où on a vu le groupe sur scène… Le nouveau morceau joué au ukulélé par Mathias, quant à lui, promet un nouvel album bricolo et réjouissant, comme d’habitude.
Le public, toujours aussi énervé, au moins pour les premiers rangs, a ensuite droit à une remarquable prestation de Blues Exposion, le groupe de Jon Spencer (guitare, voix gorgée de bluuuuuues) Russel Simins (batteur explosif) et Judah Bauer (guitariste nonchalant mais au jeu acéré). Sous une lumière bleue du meilleur effet, le groupe enchaîne les titres inédits à paraître sur son nouvel album et ses anciens incunables. A part un titre calme et plutôt soul, les nouveaux morceaux de Blues Explosion sont dans la lignée des titres du Jon Spencer Blues Explosion : gorgés de blues crade, de rock cinglant et de punk garage. Même s’il est plus statique que Matthias de Dionysos, Jon Spencer est en bien meilleure forme qu'au Printemps de Bourges 2002 et délivre son lot de hurlements lubriques et de riffs rouillés au public ; comme Judah Bauer ne trahit pas sa réputation de Keith Richards tirant la gueule mais décochant des notes coupantes et que Russel Simins se livre à un furieux pilonnage de ses fûts, la fin de soirée s’avère très réussie… On regagne donc notre tente, très en joie, avec des riffs et des cris pleins la tête.
Le lendemain, après un arrêt dans le superbe port de Cancale, on prend l’autoroute du retour, sur les rotules, mais l’esprit léger. Alors qu’on s’applique à respecter scrupuleusement les limitations de vitesse pour éviter de prendre l’autoroute de l’enfer, un Espace arborant un logo Radio France nous dépasse à 150 ou 160 km/h : sacré Bernard Lenoir, il essaie encore de rattraper le temps perdu - sans doute pour rejoindre au plus vite Paris plage -, en bon Parisien toujours pressé.
A lire également : une interview de Mathias de Dionysos en 2002, ainsi que les comptes rendus des soirées du vendredi et du samedi à la Route du Rock 2004.
Après une baignade régénératrice sur la plage de Saint-Malo, la deuxième journée de La Route du Rock 2004 commence sur les chapeaux de roue… Le groupe Nouvelle Vague, qui nous avait enchanté au festival de Sédières, est en effet programmé sur la plage aux alentours de 16 heures.
Les pieds dans le sable, le soleil au-dessus de la tête, et Camille et Mélanie - les deux charmantes chanteuses de ce projet musical réussi - à deux mètres de nous, ça ressemble au bonheur… Surtout si Olivier Libaux et Marc Collin sont respectivement à la guitare et aux claviers. Les morceaux sont tous plus enchanteurs les uns que les autres grâce à leurs auteurs bien sûr, mais aussi grâce à l’adaptation made in Nouvelle Vague et aux voix des troublantes vocalistes qui se complètent admirablement. Tellement pétrifié de joie quand retentissent les notes admirables de Making plans for Nigel d’XTC, Tennage Kicks des Undertones, Friday night Saturday morning des Specials, Guns of Brixton des Clash, (This is not a) Love Song de P.I.L. ou In a manner of speaking de Tuxedomoon, on se demande si on ne va pas carrément fondre en lames… Heureusement pour notre amour propre, Camille se charge de faire rire tout le monde avec ses facéties, la petite polissonne ira même jusqu’à partir en courant au milieu des vacanciers - et de Too drunk to fuck des Dead Kennedys - pour aller se baigner avec son harmonica et revenir finir son boulot (pas désagréable… ), trempée. La mutine jeune femme portait déjà une robe transparente laissant transparaître une charmante culotte en dentelle verte, mais désormais on peut distinguer sans difficulté ses jolis petits seins. Il est parfois dur de garder son sang froid, même en écoutant tranquillement de la bossa nova sur une plage…
Pour le moins ému et troublé, on arrive au Palais du Grand-Large avec des capacités de résistance un peu entamées. Et là, Laura Veirs emporte tout sur son passage, comme lors de l’écoute de son disque Carbon glacier et lors de sa prestation au Printemps de Bourges cette année. C’est une véritable lame de fond émotionnelle que déclenche cette américaine, simple et naturelle, avec sa voix et sa guitare. Comme la belle est accompagnée par un guitariste doué, le folk teinté de pop et de rock de Laura Veirs va droit au cœur dès les premières mesures de chaque morceau. Et voilà, il fallait s'y attendre, on pleure sur Rapture…
S’il n’y a que 15 kilomètres à parcourir, le temps nécessaire pour rallier le fort de Saint-Père est doublé - voire triplé - par les embouteillages divers. Fort heureusement, en prenant quelques improbables raccourcis, on réussit à assister à la performance, très attendue, des Anglais de Flotation Toy Warning. Si le disque Bluffer's Guide To The Flight Deck, sorti récemment chez Talitres Records, est renversant, la performance du groupe à Saint-Malo ne donnera pas une image très représentative de la qualité des morceaux. La faute à un son approximatif, et à des musiciens tendus à l’idée de donner un de leurs premiers concerts. Néanmoins, la beauté de certaines mélodies apparaît en pleine lumière, le chant tantôt pop, tantôt baroque du leader Paul Carter faisant lui-aussi un effet considérable… Ce groupe ultra prometteur devrait donner sa pleine mesure lors de sa tournée automnale.
Juste après, Lali Puna délivre un set assez envoûtant de pop électronique avec chant éthéré (assuré par la discrète Valerie Trebeljahr). La plupart de morceaux plongent l’auditeur dans un état de bien être presque amniotique grâce à des sonorités à la fois douces, planantes et aquatiques. On retrouve même quelques ambiances communes avec The Notwist, l’excellent projet de l’expansif bassiste de Lali Puna, Markus Archer.
Quand vient le tour du groupe Air, on se demande s’il vont nous faire le même effet que lors de leur prestation à Benicassim en 2002… Et bien oui, malgré un concert très court (une heure) et une set list ne comptant pas assez de morceau du dernier opus (le génialement spatial Talkie walkie), Nicolas Godin, Jean-Benoît Dunckel et leurs deux musiciens américains aux claviers et à la batterie ont prouvé toute l’étendue de leur classe sur scène. Grâce à un son absolument exceptionnel, et à des morceaux interprétés divinement (Venus, le long et majestueux La femme d’argent, un Sexy Boy musclé, Cherry blossom girl, Another day, et, surprise, un Playground love chanté sobrement par le leader de Phoenix etc.), le public a cru l’espace d’un court instant voler à bord d’une fusée lancée vers la lune…
On le savait déjà, mais Phoenix a proposé une musique aseptisée, commerciale, démonstrative et sans âme à des festivaliers, ravis et au bord de l’hystérie (allez comprendre… ). S’il peut être discret et prendre une belle voix grave avec ses amis de Air, le chanteur de Phoenix adopte un style vocal aigu et des déhanchements ridicules pour son jeu de scène avec son propre groupe. Comme derrière lui, chaque membre de Phoenix essaye de prouver à quel point il est virtuose, tout cela se révèle aussi éreintant et casse bonbons que leur passage raté et risible à la Coopérative de Mai. Chaque morceau étant plus exaspérant que son prédécesseur dans le style pop formatée pour les F.M., on prend lâchement la fuite vers la tente. Las, malgré l’éloignement relatif, on entend quand même ces sinistres sires triompher avec leur soupe indigeste. Puis on s’endort, en pensant à Nouvelle Vague, Laura Veirs et Air…
A lire également : les comptes rendus des soirées du vendredi et du dimanche à la Route du Rock 2004.
Cela fait déjà quelques années qu’on rêvait de prendre à fond La Route du Rock ; le mois d’août 2004 nous verra enfin saisire le volant pour dévaler les 624 kilomètres qui séparent Clermont-Ferrand de Saint-Malo… Malgré quelques aléas inhérents à la vie d’un festival, la programmation, la ville de Saint-Malo et la taille humaine de La Route du Rock nous ont convaincu de revenir en 2005.
Tout avait commencé au Palais du Grand Large avec l’intriguant groupe CocoRosie… Dans le cadre très intimiste du salon de réception du Casino de Saint-Malo, les voix saisissantes des deux chanteuses et leurs compositions au charme rétro et à l’instrumentation aussi dépouillée (guitare, harpe… ) que bouleversante, ont produit un effet incroyablement puissant sur un public littéralement en apesanteur. Dehors, on peut voir les mouettes s’envoler sans effort sur la plage de Saint-Malo (NDR : je sais, cette phrase est belle à pleurer, c’est normal, c’est un emprunt à Diego, libre dans sa tête, une chanson du « regretté » Michel Berger gueulée par l’ignoble vendeur de lunettes, Johnny H.), pendant ce temps-là, à l’intérieur CocoRosie nous fait décoller vers les cieux avec une facilité déconcertante…
Et oui, à Saint-Malo, on se sent l’âme d’un poète, le cadre est magique, les gens sont beaux et bronzés, la mer est belle, il fait beau (NDR : répétition, je sais !), il fait chaud, on se croirait presque à Acapulco ! Bon, c’est pas tout ça mais on attend Velma Sur scène… Un grand type passe près de nous avec une canette de Perrier à la main, il ressemble à une personne âgée échappée d’un asile avec son regard fou, son débardeur très Deschiens, son pantalon digne d’un grand-père… On se dit alors que les festivals attirent vraiment une foule hétéroclite. Cinq minutes après, quand cet énergumène s’avère être le chanteur dérangé de Velma, on se dit que le monde est bien fait ; il permet parfois à de dangereux détraqués de s’en sortir en faisant de la musique expérimentalo barrée. D’entrée Velma envoie gravement la sauce avec un titre hurlé par notre ami aux cheveux blancs, propulsé par un guitariste dissonant et un batteur sec, le tout mis en images par un mime inquiétant debout sur une table en fond de scène. Le morceau suivant est un blanc de 5 minutes, où les membres du groupes scrutent le public sans rien dire. Et après ? c’est un n’importe quoi souvent jubilatoire, les morceaux originaux se suivent et ne se ressemblent pas. Quand vient l’heure de dire « merci », le chanteur se lance dans un hilarant discours sans queue ni tête, qui deviendra le texte du morceau suivant, ultra marquant. En sortant du Palais du Grand Large, on se dit qu’on a passé un excellent moment en compagnie d’une jolie bande de psychopathes !
C’est malin, avec toutes ces émotions, on en oublie complètement où on a garé notre voiture dans Saint-Malo, les recherches se poursuivent un certain temps avant d’être abandonnées jusqu’au lendemain, si bien qu’on manque la prestation de Now it’s overhead et qu’on arrive seulement sur le site du fort de Saint-Père pour découvrir un Beta Band en instance de divorce… Quel dommage que ce groupe si cher à notre cœur ait décidé de mettre un terme à ses activités musicales après sa tournée automnale ! Bien sûr, ce soir le concert sera nettement moins mémorable que celui de Benicassim 2002 (de toutes façons insurpassable), mais on retrouve avec joie les chansons de pop azimutée du groupe anglais féru de vaisseaux spatiaux et de drogues psyché. Sans rien prendre (si ce n’est une ou deux bières), on se laisse embarquer une nouvelle fois par la puissance du Beta Band. Et à la fin de leur set, on a très envie de leur dire de ne pas arrêter !
Peu après, les Kills nous ont administré une monumentale fessée sonique à base de voix féminine droguée, guitare cradingue et boite à rythme basique… VV et Hotel ont décidément une sacrée classe et devrait faire très mal avec leur nouvel opus si l’on en croit les nombreuses bombes inédites lâchées sur le site de La Route du Rock. Si les Kills avaient voulu « tuer » les derniers réfractaires à leur musique, ils ne s’y seraient pas pris autrement ! Rien de neuf, certes, mais tout ceci est administré avec une sauvagerie, un sens du riff qui tue et de la pose rock ‘n roll qui rend accro. Ce couple ultra chaud fait l’amour en musique sur scène ; et c’est très beau à voir et à entendre un duo qui ne fait qu’un sur les planches.
Le grand retour de dEUS - qui était l’événement de cette soirée - a répondu à toutes nos attentes : armé de nouvelles chansons légèrement plus calmes mais très prometteuses, le groupe d'Anvers a fait un sans faute. La voix de Tom Barman est toujours aussi flinguée (à la Tom Waits), le son du combo a su garder ses atours pop, rock buitiste et aventureux que nombre de groupes lui envient. La prestation 2004 de dEUS n’a pas à pâtir de la comparaison avec les deux fois précédentes où nos oreilles avaient eu à subir ses assauts soniques : comme au Sonic Rendez-vous à Clermont-Ferrand pour son deuxième album et au festival Rock au Max en 1999, les Belges nous ont convaincu.
La fatigue commence à se faire sentir, fort heureusement LCD Soundsystem est là pour booster le public et le forcer à danser frénétiquement sur son électro rock ultra énervé. La recette est simple mais efficace : des beats/loops électro, une batterie martelée, deux basses, parfois une guitare, et des vociférations hystériques (et très réussies) signées James Murphy. L’ensemble sonne de manière très brute, les fioritures sont totalement absentes et le public répond - presque contre son gré - aux injonctions de Lcd Soundsystem : il danse dans la nuit. Après un Losing my edge d’anthologie et un Yeah, Yeah Yeah Yeah etc incroyablement puissant, on se dirige comme un zombie (mais un zombie heureux) vers le camping pour trouver un repos bien mérité…
A lire également : les comptes rendus des soirées du samedi et du dimanche à la Route du Rock 2004.