 | RED + Petit Vodo 19 Octobre 2007- Grenier à Sons - Cavaillon  Petit Vodo (Sébastien Chevalier), huit ans de carrière, un fan-club, une tournée commencée à deux (avec Miss Caroline) et, une première pour ce concert au Grenier à Sons de Cavaillon, la présence du duo Freaktone (Alain Baudry à la batterie et Vincent Pollet Villard à la guitare) pour accompagner le diable bordelais. "Blues & rock garage", c'est ce .../...
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Petit Vodo (Sébastien Chevalier), huit ans de carrière, un fan-club, une tournée commencée à deux (avec Miss Caroline) et, une première pour ce concert au Grenier à Sons de Cavaillon, la présence du duo Freaktone (Alain Baudry à la batterie et Vincent Pollet Villard à la guitare) pour accompagner le diable bordelais. "Blues & rock garage", c'est ce qui était annoncé par le flyer du Grenier à Sons, et c'est personnellement tout ce que je savais de Petit Vodo avant d'entrer dans la salle.

Le flyer en question ne mentait pas. Ça commence rock garage, le blues apparaît petit à petit dans les premiers morceaux, puis Petit Vodo échange sa guitare électrique pour une guitare à la rosace métallique rugueuse et un bottleneck étincelant, et le blues envahit la salle. Un blues rythmé, énergique rageur qui convainc sans aucune résistance les fans, et les gens qui, comme moi, ne connaissait absolument pas ce one man band du (not so) far west ! Une très belle découverte donc, un artiste dont on suivra les prochains concerts dans la région.

Après une courte pause (le temps de changer les instruments sur la scène et de faire une balance que le peu de temps entre l'arrivée du groupe et le début de la soirée n'avait pas permis de faire avant), les quatre membres du groupe de RED (Olivier Lambin a.k.a. Red, Jérôme Excoiffier à la guitare, Léo Prud'homme aux claviers & Tonio Marinescu à la batterie) arrivent sur scène.

RED, croisé quelques minutes plus tôt à l'extérieur de la salle (en plein mistral) en compagnie des fumeurs (le Grenier à Sons est déjà intégralement non-fumeur à l'intérieur), paraît immense sur cette scène, (alors qu'il mesure une taille normale, voire inférieure à la moyenne dans la "vraie vie")… Il n'a pas encore commencé à jouer, mais cet agrandissement scénique ne présage que du bon. Et le bon, il va arriver très vite. Ce GRAND petit bonhomme entame son set avec Daily Misery (extrait de 33, son premier album solo) à la basse, coiffé d'une casquette rouge qui porte l'inscription "north florida tomatoes", et l'on se dit que c'est de là qu'il doit venir le bougre, que Lille, la ville de laquelle il dit être venu en camionnette dans la journée, ça doit être dans le nord de la Floride, qu'il ne peut pas s'agir du Lille que l'on connaît, dans le nord de la France !

Les chansons s'enchaînent, RED beugle de sa voix caverneuse et puissante tel un bouseux du fin fond d'un état du sud des Etats-Unis (j'adore !), il échange sa basse, dont il joue comme on joue de la guitare, pour une magnifique guitare Gretsh "Bo Diddley" (guitare rouge et rectangulaire), dont il joue comme on joue de la basse. Il "danse", fait la cigogne tel Bonnie "Prince" Billy lors de ses meilleurs concerts et lance quelques petites blagues entre les morceaux… Pendant cette performance, RED n'arrête toujours pas de grandir, et l'on comprend que, même immobile, même sans chanter, même sans jouer de sa basse, ce qui l'a rendu si grand dés le début, c'est l'énergie qu'il dégage quand il met un pied sur scène. Cette énergie qui ne demandait qu'à sortir et qui n'a fait qu'exploser tout au long du concert.

RED a chanté ce soir-là des chansons de ses trois albums : 33, Nothing to Celebrate (où figure, entre autres, deux titres splendides chantés avec Will Oldham) et Social Hide & Seek, ajoutant deux reprises de grande classe : une de Lambchop et l'autre du trop peu connu Bill Callahan (SMOG). On a ainsi entendu : Daily Misery, Black Dog & Me, Social Hide & Seek, Don't Create a Ditch, Wrong Horses, I'm not a Yoyo, Song for Beatrice, Putretying Corp Song, My War is Starting Now & Last Song.
En écoutant RED ce soir-là, je n'ai pu m'empêcher de penser aux concerts de Katonoma il y a une dizaine d'année, à l'époque où l'on se disait que si Katonoma n'était pas un groupe français, ce serait sans doute un des plus grands groupes du monde, mais aussi à Dylan dans ses moments les plus enragés, ou à Johnny Cash sur ses albums de chez Amercian Recordings (mais en plus jeune !)…

Sortir d'un concert de ce quatuor, c'est comme se réveiller pendant la partie paradoxale du sommeil : on se souvient du rêve, et on s'en souviendra longtemps. J'ai ouï dire que RED avait quelques titres en français qu'il chante en solo (ou presque) dans de petites salles parisiennes (on peut entendre RED en francais, en duo avec Eloise Decazes sur sa page myspace)… j'ai hâte d'en entendre plus en concert (en espérant que ce soit dans la région).

Côté technique, on a oublié tout de suite que la balance avait été faite à l'arrache juste après Petit Vodo. Les sons du Grenier ont été impeccables. Ce lieu est un vrai bon endroit pour les concerts avec de vrais bon techniciens, un bar hors de la salle de concert (l'inverse reste le principal défaut de pas mal de bonnes salles) et l'intervention du speaker, annonçant (à l'ancienne) les groupes au début de la soirée est une formule trop peu retenu ailleurs.
Côté public, on ne pourra que regretter (pour eux) l'absence des gens qui ont préféré regarder un match de rugby (apparemment déprimant) plutôt que de venir se régaler avec nous ce soir-là. La conséquence : peu d'ambiance, et comme souvent dans les salles trop peu remplies, il y avait des chaises pour tous alors que la position assise (que j'ai personnellement vite quittée) se prêtait peu à la musique de ces deux groupes de forcenés.
Extrait vidéo n°1
Extrait n°2 (pour la petite "danse") Réagir à cette critique |
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