Voilà maintenant trois semaines que le nouvel album du quatuor istréen , SOMA, vient de sortir. Fort d’une diffusion dans la célèbre émission de Nagui, Taratata et d’un showcase à Guimik Gallery amorçant une tournée a travers la France entière, c’est chez leur manager Armelle que nous retrouvons le groupe. Pas très loin de la cannebière Guimik Gallery est sur le point de se transformer en plateau pour le Taratata Marseillais d’une journée. Au rendez vous interview mais aussi vidéo en acoustic. Chroniqueurs comme musiciens avachis sur les canapés c’est dans une atmosphère des plus détendues que s’entame la rencontre…
Lionel (Concert and Co / Live In Marseille) : Bonjour, alors SOMA groupe crée en 2000 sur les banc de l’école, lauréat de divers concours tels que les Class Rock ou encore Emergenza et…
Thomas (Batteur/Soma) : Ah non c’est pas nous ! Nous c’est Gush ! (RIRES)
Lionel (LIM) : (Stupéfait) Ce n’est pas ça ???!!!
Thomas, Thomas, Lionnel et Sebastien (unanimement) : Mais si. (Sourire jusqu’aux oreilles)
Lionel (LIM) : Donc j’avais vu et lu qu’il y avait déjà un plusieurs albums dont "IN THE PRINCESS' ARMS" et "En Sourdine" et maintenant il y a le nouveau "Jewel and Orchestra" c’est bien ça ? Il n’y a rien eu d’autre entre temps ?
Lionnel (Soma) : Ouais. Enfin nous avons fait quelques petites maquettes chez nous en autoprod mais beaucoup plus ciblés pour un certain marché dont les tourneurs, la presse ou encore les maisons de disques néanmoins rien n’est sorti dans le commerce. Du coup " Jewel and Orchestra " on dit qu’en fait c’est le premier. Car il a été réfléchi, abouti et enregistré avec des moyens conséquents.
Lionel (LIM) :
D’accord. Et comment vous êtes arrivés chez Sony ?
Sébastien (Soma) : C’est une sacrée histoire ça. Je vais essayer de faire court. Avant tu parlais des maquettes je pense qu’elles font parties de ce qui nous a amené à
Sony. Comme tu le disais aussi on a fait beaucoup de tremplins qui nous ont exportés au delà du sud de la France parce qu’être signé quand tu es dans le sud ce n’est pas tout à fait l’idéal… Et puis après nous avons rencontré
Armelle, qui s’occupe de
Guimik, et qui nous a aidé à aller plus haut plus vite. Elle connaissait pas mal de gens du milieu. Elle a pu prendre nos démos, nous en faire faire d’autres pour les donner aux bonnes personnes.
Lionnel (Soma): Après nous avons fait une date au Zénith avec
30 Seconds to Mars où se trouvait beaucoup de professionnels. C’est là où nous nous sommes un peu fait connaître sur Paris. Puis un jour le groupe
Pleymo nous a appelés pour nous demander si nous voulions ouvrir pour eux à Toulouse. Il faut dire que nous avons été surpris parce que nous ne faisions pas spécialement le même genre de musique. Et en fait dans la salle il y avait le boss de
Sony Music, vu que
Pleymo y était, et lorsqu’il nous a vu jouer il a un peu craqué pour nous. A partir de là pendant un an et demi il venait nous voir en répète, on faisait des morceaux, on lui en soumettait, on réfléchissait ensemble et quand il a vu qu’on était vraiment prêt, que tout le label était à fond derrière nous, qu’il s’agissait un coup de cœur généralisé. Il a créé un buzz interne au sein du label ce qui fait que tout le monde était motivé et avait, au moment de la signature, envie de faire ce projet avec nous.
Lionel (LIM) :
Il est venu vous voir lors de votre résidence à Senas ?
Lionnel (Soma) : Oui il a fait le déplacement.
Sébastien (Soma) : Ce que l’on ne dit pas dans les interviews c’est que l’on a réussi à faire descendre les quatre grosses têtes de
Sony dans une petite salle Marseillaise
"Repetita".
Lionnel (Soma) : Ils n’avaient jamais vu une salle de concert semblable à ça. Le lieu était tout petit, dans Marseille… Généralement ils ne font que les grosses salles comme
l’Olympia où ils ne se déplacent que pour
Bénabar, les trucs comme ça qui vendent. Et là ils étaient au
Répetita de Marseille.
Lionel (LIM) :
Et ils étaient contents ?
Thomas (Batterie) : Oui oui. Après ils nous ont payé un super resto. (RIRES).
Boby (LIM) :
En relisant l’interview précédente de Pirlouiiiit vous disiez que vous ne gagniez pas votre vie avec SOMA. Maintenant après la sortie de votre album, la signature chez Sony… Vous êtes toujours dans cette même situation ?
Lionnel (Soma) : Euh… Non… Nous ne sommes pas encore au stade de pouvoir vivre de Soma en arrêtant tout ce que nous faisons à côté. Disons que maintenant nous sommes un peu payés lorsque nous nous produisons en concert, c’est un peu mieux mais pas encore suffisant. On fait chacun des trucs à côté en rapport à la musique. Par exemple
Tom est prof de batterie.
Lionel (LIM) :
Et toi Lionnel tu as toujours ton groupe Toko ?
Lionnel (Soma) : Ouais mais du coup c’est en stand by… Il n’y a pas eu de split officiel. On va dire qu’il n y a pas vraiment d’obligation avec ce groupe. C’est surtout pour le délire, quand on se voit on joue…
Lionel (LIM) :
Donc signature suivi du fameux enregistrement qui s’est effectué dans le Nord Ouest de la France. Comment tout ça s’est-il passé ?
Thomas : Yes, c’était à Angers. Dans un petit coin paumé situé en cambrousse. Donc il n’y a que des vaches autour, t’es obligé de rester dans le studio tu ne peux faire que ça là bas. D’ailleurs le studio c’était un studio vintage, tout était vieux des amplis aux batteries en passant par le matos sur lequel nous enregistrions. Quand nous sommes arrivés il n’y avait pas de protool, pas d’ordinateur, seulement une grosse console avec des énormes boutons. Il n’y avait pas d’eau potable, le minitel à la limite et on mangeait des rats. Non plus sérieusement avant de rentrer là dedans on a bossé avec Antoine Gaillet, le réalisateur de notre album. On a décidé de se faire une semaine de pré-prod. Et on a d’ailleurs sorti les trois premiers titres de l’album durant cette semaine alors que ça n’était pas du tout prévu au programme. Et en un mois nous avons tout enregistré en analogique. C’était physique mais au final nous nous sommes bien amusés. Vraiment une super expérience.
Sébastien (Soma) : D’ailleurs on en a profité pour faire ce dont on rêvait depuis longtemps. C’est à dire que l’on a pris 10 jours sur le mois pour essayer tous les instrus avant de commencer concrètement.
Lionnel (Soma) : Il y avait tellement d’instruments que nous nous en serions voulus de ne pas avoir essayé telle guitare, telle batterie tout ça quoi. Mais au final nous sommes restés plutôt dans la simplicité en utilisant nos instruments. Cependant voilà nous avons pu tout essayer même si nous avons perdu dix jours ce n’est pas grave !
Thomas (Soma-Batteur) : Moi à la batterie c’était pareil. J’avais au moins une dizaine de caisses claires à tester. Je les ai toutes faites et finalement j’ai utilisé la mienne…
Lionnel (Soma) : Après on sait très bien que c’est un luxe de prendre quelques jours pour tout tester. Mais bon on s’est dit que peut être nous ne reviendrons plus dans ce genre de studio. Donc on s’en fout ! Bon puis après il y a eu le mixage. La suite du rêve quoi… genre Walt Disney !
Lionel (LIM) :
Ca s’est passé comment ?
Lionnel (Soma) : Je pense que l’on peut dire qu’il a carrément rajouté une couleur à l’album, mis sa patte. Il a pris vachement de risques de nous n’aurions peut être pas pris. Par exemple les solos. Nous voulions qu’ils soient sous mixés, nous voulions que ça ne soit juste une nappe. Et lui whouuuuuuuufffffff il a tout mis en premier plan, à fond.
Thomas (Soma-Batteur) : Ouais, comme les solos de " Get Down". Au début quand on a écouté on a dit : OUaaaaaaa !!! On s’est pris ça en pleine gueule. Enfin il a vraiment pris parti sur certains morceaux et il a tapé dans le mille tu vois ?
Lionel (LIM) :
Concrètement il vous a fait oser ce que vous n’osiez pas ?
Lionnel (Soma) : Comme je te l’ai dit juste avant il a clairement mis sa patte à lui, cette patte qu’il met dans plein de groupes que l’on a déjà cité plein de fois. Mais en même temps il n’a pas fait une pâle copie, il a vraiment fait autre chose. Il y a son influence cependant il ne n’a pas formaté notre son sur celui des autres groupes avec lesquels il a déjà collaboré. Et nous avons vraiment apprécié ça !
Boby (LIM) :
Et le retour au niveau de la presse, des fans. Il est comment ? Plutôt bon, plutôt mauvais ?
Lionnel (Soma) : Bah écoute là aussi c’est un peu Walt Disney pour nous… La seule mauvaise critique que nous avons eu c’est celle d’un
journal de Marseille dont on taira le nom. En tout cas on est super content d’avoir
les Inrock’s de notre côté.
Boby (LIM) :
Oui j’ai vu, cette fameuse pleine page…
Lionnel (Soma) : Oui, bah tu vois ça au début on n’y croyait pas du tout quoi. Donc pour nous c’est un vrai atout de les avoir de notre côté. D’ailleurs vu comme ils taillent et disent tout haut ce qu’ils pensent, mieux vaut les avoir avec nous que contre nous.
Thomas (Soma-Batteur) : Mais c’est vrai que voilà que
Les Inrock’s nous fasse un bon article c’est énorme. Je crois qu’on peut aussi dire qu’ils ont manifesté leur volonté de nous suivre et d’accompagner le groupe. Il y a un genre de partenariat. Sur l’album tu peux voir une espèce de tampon
Les Inrock’s "Approuvé". Ca dépasse vraiment toutes nos espérances. Surtout qu’en arrivant au label tout le monde nous disait que niveau presse
Les Inrockuptibles étaient ce qu’il y avait de plus difficile à séduire.
Lionel (LIM) :
D’ailleurs en parlant de votre album, comment étiez vous le 29 février, veille de la sortie de l’album ?
Lionnel (Soma) : Tendu… Non, Super tendu ! Après l’album, nous ,on a donné tout ce qu’on avait dedans du coup après ce n’est plus de notre ressort. Nous, nous avons vraiment veillé à l’exposition en magasins tout ça.. Donc le 1er Mars nous étions comme des gamins à aller voir la fnac etc… Sinon nous y étions bien. C’est un gros trip de voir ton album à la Fnac.
Lionel (LIM) :
Oui on le voit sur Facebook avec les maintes photos de fans et leurs albums.
Lionnel (Soma) : Oui c’était génial. Mais surtout c’est que ce n’est pas nous qui avons lancé le truc. C’est venu spontanément de la part des personnes qui nous suivent. Les gens d’eux même se sont pris en photo.
Thomas (Soma-Batteur) : Ca a lancé une espèce de concours sur facebook. Ca nous a fait super plaisir.
Lionel (LIM) :
Ca fait parti de votre image en fait. Parce que c’est vrai que vous faites attention a votre image quand même. Du genre vous vous préparez bien sur scène avant de jouer.
Lionnel (Soma) : C’est pour nous une forme de respect envers le public. Comme si nous leur disions "Voilà nous nous sommes préparés pour vous !". Et puis même nous on se sent mieux comme ça. Genre un peu gonflé quand on est mieux habillé plutôt qu’en T shirt, jogging… Ca nous met en condition.
Boby (LIM) :
Et sur les concerts. Maintenant qu’ils sont a vos noms est ce que vous avez le moyen de choisir vos premières parties ?
Lionnel (Soma) : Pour le moment nous n’en avons pas vraiment eu l’occasion puisque ça marche vachement par échange. Du genre "Viens à Toulouse chez nous et nous on vient chez toi à Marseille ". Enfin nous on aimerait bien car il y a plein de groupes de la région avec qui ont a pu jouer et pour lesquels nous n’avons jamais eu l’opportunité de renvoyer l’ascenseur, c’est un peu embêtant. Enfin là on a fait quelques dates avec
Kami quand même.
Lionel (LIM) :
Par rapport à l’image il y a aussi vos fameux teaser. C’est un peu innovant ça quand même. Comment c’est venu ?
Thomas (Soma-Batteur) : En fait c’est parti de délires entre nous comme pour le clip. On se disait, tiens qu’est ce qu’on pourrait faire pour se démarquer et se faire connaître un peu ?
Lionnel (Soma) : Nous avions le choix de faire des teasers normaux et marquer "L’album de Soma le 1er Mars tout ça tout ça" ou de faire un truc original. Du genre quand on fait des soirées on est parti sur le trip "Oua putain je te mets une gifle c’est la claque de l’année !! ". Ca part de conneries quoi et on ne se mets pas vraiment de limite.
Boby (LIM) :
Comme ce fameux teaser où vous foutez le bordel dans Milonga. Mais au final c’est vrai ou pas ?
SOMA : RIRES !!!
Thomas (Soma-Batteur) : Bien sur. Totale impro. Enfin nous on voulait que les gens se posent la question, soient intrigués et du coup fasse la démarche de venir nous découvrir. Donc avec ta question on voit bien que ça marche. Mais sinon totalement improvisé, sérieux tu le vois sur la vidéo, les vigils ils pétent un câble !! En tout cas c’est pour nous un moyen nouveau et original de dire " Ho ho nous sommes là, notre album sort bientôt". C’est de la pub un peu virale quoi.
Sébastien (Soma) : Oui parce qu’au début nous partions sur l’idée de nous filmer en studio. Mais quand tu regardes ce qu’il en ressort c’est juste 4 mecs qui font de la guitare dans le studio comme tous les autres artistes. On ne prétend pas faire un truc nouveau mais on essaye d’innover.
Lionnel (Soma) : Oui parce qu’avant nous il y avait
Gonzales pour ne citer que lui qui faisait comme nous des teasers un peu déjantés. Comme ça en studio où il péte tout. Moi ça m’a fait délirer du coup on s’est dit qu’il fallait qu’on fasse ça.
Lionel (LIM) :
En parlant d’image. Qu’il s’agisse de teaser ou de vidéos où vous jouiez. Ca vous fait quel effet de vous voir, vous entendre ?
Lionnel (Soma) : C’est insupportable, c’est dur… C’est à dire que tu as une écoute technique de ce que tu as fait. Par exemple nous ne prenons pas du plaisir à écouter notre album. Je me dis plus "Mince là j’aurais dû faire ça et ça ". Nous ne sommes plus vraiment dans l’approche du j’aime ce que je fais ou pas. J’ai quand même du mal à me regarder mais bon à partir du moment où cela est fait ,je ne peux rien changer c’est comme ça.
Boby (LIM) :
Sinon d’autres projets en vue ? Là vous avez l’album qui sort, une tournée qui arrive mais après ?
Lionnel (Soma) : La scène surtout. On est avant tout un groupe de scène. Les festivals aussi. Avec la promo tout ça, ça arrive petit à petit. Après le but c’est vraiment de jouer partout à tel point que l’album ne devienne qu’un alibi à une tournée. Enfin nous avons quand même un second album en préparation.
Boby (LIM) :
Vous êtes déjà entrain d’y travailler dessus ?
Lionnel (Soma) : Ouais. On a déjà quelques morceaux. On commence à voir très vaguement ce que l’on va faire.
Sébastien (Soma) : Enfin on ne parle pas encore vraiment d’album. Plus de titres. On cherche surtout à faire de bons titres mais pas vraiment d’album encore. Maintenant on est encore plus exigeant. A mon avis le second album va être très dur.
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