La ballade de Marianne et Françoiz.
A des années-lumière des découvertes du Printemps de Bourges (excellentes cette année) qui débutent leur carrière dans le Berry,
Marianne Faithfull - qui a poussé la chansonnette pour la première fois il y a 41 ans ! - a surpris par la qualité de sa prestation vocale, une set list s'autorisant de nombreux retours vers sa – glorieuse – période passée et une joie d’être sur scène presque juvénile…
Relancée par son album précédent –
Kissin time – réalisé en compagnie du gratin de la musique pop/rock du siècle dernier (
Beck,
Billy Corgan,
Blur,
Pulp… ) et la
tournée 2002 – plutôt réussie - qui l’avait suivie, la sulfureuse égérie des inestimables
Rolling Stones sixties n’a eu aucun mal à emporter l’adhésion d’un public berruyer venu nombreux pour l’applaudir. Comment en effet ne pas tomber rapidement sous le charme quand
Marianne Faithfull est dans un bon jour et qu’elle déploie des trésors de charisme pour interpréter des titres de son dernier album coécrit avec rien moins que
PJ Harvey,
Nick Cave ou encore
Damon Albarn, ainsi que les tubes ayant jalonné sa carrière ? Avec sa voix nicotinée (depuis ses débuts dans la chanson, la belle Marianne a dû fumer des millions de clopes, entre autres excès… ), sa présence quasi magnétique et son incroyable aura, la récente auteure du très bon
Before the poison est quasi irrésistible quand elle navigue à vue deux heures durant dans son répertoire en enchaînant les titres marquants récents (le poignant
No Child of mine, le bouleversant
Last song, et le fascinant
Crazy love… ) les hits planétaires plus anciens (
As tears go by,
Sister morphine,
The ballad of Lucy Jordan,
Broken english,
Working class hero, toujours imparables des années après leur sortie) ou les morceaux plus obscurs chers à son cœur (un titre de l’album écrit par
Angelo Badalamenti). Comme elle est plutôt bien accompagnée par un groupe assez sobre (en particulier son compagnon, le guitariste
Barry Reynolds dont les interventions sont souvent pleines d’à propos), le public passe une soirée de rêve en compagnie d’une des dernières divas des années 60. Bien sûr, on aurait souhaité un bassiste et un batteur discrets sur toute la longueur du show (il y eut une ou deux incartades démonstratives hors sujet), mais à part cela, il faut bien avouer qu’on a passé une soirée de rêve en compagnie de
Marianne Faithfull ! So long Marianne…
La tête d’affiche avait en plus était précédée sur les planches par la divine
Françoiz Breut, toujours aussi douée pour créer des ambiances douces amères avec sa présence presque inquiétante, sa voix superbe et l’apport des musiciens doués qui figurent sur son dernier opus, l’inépuisable
Une saison volée... Malgré quelques hésitations sans doute dues à la pression (faire la première partie de
Marianne Faithfull, ce n’est pas rien !) et à la proximité du début de la tournée faisant suite à une longue absence, Françoiz et ses acolytes ont dévoilé au public principalement venu pour la star anglaise une série de morceaux écrits et interprétés avec classe… Se sont succédés avec le même « bonheur », entre autres titres chanson/pop/folk impreignés de sons Western :
Le ravin,
Km 83 (où l’on retrouve la patte de
Dominique A),
Over all (composé spécialement par un des deux irremplaçables frangins
Herman Düne, David Ivar) et
Everyone kisses a stranger en final d’un concert définitivement trop court, première partie oblige. Qu’importe, on ne manquera pas de recroiser la route de la mutine femme en noir sou peu.
A lire également sur le Printemps de Bourges 2005 : les chroniques des concerts de
Tokyo/Overtones,
The Kills,
Soldout,
The Craftmen Club,
The BellRays + Nashville Pussy + The Ex,
The National + Herman Düne,
Interpol + Bloc Party + Gomm,
Low + Ray Lamontagne et
Nancy Sinatra + Alexandra Roos...
Sites Internet :
www.beforethepoison.com,
www.naive.fr,
francoiz.breut.free.fr/,
www.totoutard.com,
www.printemps-bourges.com.
Photo
Flore-Anne Roth