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Ile du Frioul - Marseille |
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Ile du Frioul - Marseille
ILE 13000 Marseille
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Aucun concert n'est annoncé pour ce lieu | |
|  | Serge Teyssot Gay + Frédéric Nevchehirlian + Khaled ALJaramani (Nuits Caroline 2005) 16 juillet 2005- Hopital Caroline - Frioul - Marseille  Deuxième Nuit Caroline, deux semaines après les superbes prestations de Skalen et Aixinki ...
Comme la dernière fois nous abandonnons Olivier sur le port après avoir récupéré notre billet … En fait après avoir déjeuné sur le port (chez Le Sud que je vous recommande vivement !) et être allé acheter quelques disques a 3 euros dans un magasin .../...
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Deuxième Nuit Caroline, deux semaines après les superbes prestations de Skalen et Aixinki ...

Comme la dernière fois nous abandonnons Olivier sur le port après avoir récupéré notre billet … En fait après avoir déjeuné sur le port (chez Le Sud que je vous recommande vivement !) et être allé acheter quelques disques a 3 euros dans un magasin de grande distribution non loin de là, nous prenons la navette de 17h histoire de se balader un peu sur l’île avant le concert ….

Sur le bateau nous avons la surprise de croiser Serge Teyssot Gay et Khaled Al Jaramani et les deux gars de la technique … plutôt détendus pour une traversée calme puisque sans vent. En arrivant sur place on les aidera même a déchargé et pendant qu’ils s’en iront en camionnette jusqu’à l’Hôpital Caroline nous mettrons un peu de crème solaire pour nous y rendre à pied.

En chemin nous nous arrêterons à la petite plage en bas, où l’eau est scandaleusement chaude (mais pourquoi n’ai-je donc pas pris mon maillot ?) … petite pause avant d’affronter la dernière montée … et de se casser le nez sur la barrière qui ne nous laissera pénétrer dans le temple qu’à 20h pétantes.

On fait donc le tour de l’Hôpital, admire Marseille vu de la mer (mm c’est quand même un peu pollué …), on se promène donc dans les parties accessibles de l’Hôpital … on s’amuse avec les ombres … puis on rentre enfin …

Je pose mon sac au premier rang puis peu aller manger un bout … un morceau de pizza … je m’approche d’un panneau Revue de presse sur lequel sont regroupés les différents articles à propos de ce soir et de la dernière soirée … l’occasion de constater que par presse (écrite) on n’entend toujours que « presse imprimée » …
Alors que la nuit commence à tomber Serge Teyssot Gay monte simplement sur scène et prend place entre deux grandes peintures de visages torturés. Je suis vraiment content car depuis la sortie de On croit qu’on en est sorti il y a maintenant 5 ans je n’attendais que de pouvoir le voir (puisque la tournée avec Les Hurleurs et Théo Hakola nous avait snobé). Pour son premier passage (en solo) à Marseille STG ne pouvait sûrement pas trouver un meilleur cadre que celui-ci …
Serge Teyssot Gay a donc été frappé par La Peau et les Os premier livre de Georges Hyvernaud que ce dernier a commencé à écrire pendant sa captivité en Allemagne, au point qu’il a décidé d’en mettre certains passages en musique. Je dois avouer qu’après avoir entendu ce disque, j’ai dévoré le livre, puis les quelques autres comme le Le Wagon à Vaches. La veille nous nous étions mis dans l’ambiance en allant à la rencontre autour de cet auteur à l’Odeur du Temps, pour une lecture de certains passages par Frank Taponard et une biographie succincte mais passionnante de GH par Guy Durliat de la Société des Lecteurs de Georges Hyvernaud .

Sur scène STG est serieux, concentré, il parait même tendu … Il faut dire que lorsqu’on a l’habitude d’être protégé par sa guitare même face a des milliers de personnes, et que l’on se retrouve seul sans instrument, sobrement planté devant un public attentif … ca doit faire un choc. De plus il n’a plus joué ce spectacle depuis décembre dernier, tout occupé qu’il est à tourner depuis la sortie de Interzone …

Il est donc accompagné de samples à base de machines, de guitare, de portes qui se claquent … ça grince, ça couine, ça vrombit … parfois un peu fort d’ailleurs. Les textes de Georges Hyvernaud prennent toute leur puissance … ils semblent presque avoir été écrits pour être chantés comme ça. On (en tout cas je) bouge la tête par moments, certains passages nous reviennent à l’esprit …

Une certaine tension est perceptible … une tension libératrice … STG s’embrouille sur le début d’un morceau, mais c’est n’est pas grave, il reprend sous les applaudissements d’un public médusé. Il ne bougera pas d’un pouce pendant tout le concert, chantant souvent les yeux fermés … Si les sièges avaient été un peu plus confortables cela aurait pu être vraiment magiques …

Pour finir je me susi dit que peut être que ce spectacle aurait eu encore plus de force si il y a avait eux de vrais musiciens ou s’il avait joué un peu de guitare sur les samples … mais c’était déjà rudement bien. Et l’on ne peut que saluer son initiative qui devrait permettre à un public plus large de découvrir cet auteur honteusement méconnu …

D’ailleurs après son set certaines personnes patientent en lisant l’un des livres en vente sur place … pendant ce temps Frédéric Nevchehirlian (chanteur du groupe Vibrion dont l’album m’a séduit dès la première écoute, me faisant d’ailleurs citer Serge Teyssot Gay) et organisateur de la plupart des soirées Slam à Marseille) installe son matériel : un ordinateur portable, un micro et une guitare …

La performance qui suivra divisera le public. Une partie sera je pense impressionnée (ce fut mon cas) par l’ensemble du set, une autre sera je pense un peu irritée par l’attitude de Fred sur scène. Ce qui est sur en tout cas c’est que l’exercice de ce soir était périlleux et qu’il fallait un sacré cran pour affronter un public naïf, entre les deux spectacle du grand Serge. De façon amusant Fred commencera par un morceau en négatif de ce que venait de nous faire STG c’est à dire qu’il jouera de la guitare sur un texte (de lui et par lui et une voix féminine si je me souviens bien) samplé.

Puis on aura le droit à toute une partie slammée qui ressemble à ce qu’il fait au sein de Vibrion ou qu’il avait pu faire lors de cette soirée au de Daki-Ling. Beaucoup de choses samplés donc, et comme pour STG on se dit qu’on aurait peut être encore plus apprécié avec un vrai groupe (comme Vibrion).

Devant son ordi ou derrière sa guitare, il gesticule, agite les bras, tourne les pages blanches d’un livre qu’il tient à bout de bras, il s’emporte, son rythme s’accélère, ralenti … il vit ce qu’il a écrit. Certains textes peuvent paraître abstrait mais il s’en dégage toujours quelque chose, à condition de rentre dans le jeu. J’aimerai beaucoup ce texte dit en même temps que deux autres voix enregistrées (dont une qui crie), j’aimerai aussi beaucoup le duo qu’il fera avec Clara Le Picard (chanteuse du groupe Jours), peut être un peu moins le rappel à la Dominique A / Boogaerts peut être trop décalé par rapport au reste …

Fred paraissait à l’aise sur scène, et plaisantait pas mal, c’est peut être ce qui a déplu à certains … d’autant que la poésie lue ou dite en musique est quelque chose d’assez particulier qui a vite fait de sonner prétentieux … Les réactions dans le public ont été fortes dans les deux sens (en bien ou en mal). Bonn continuation en tout cas à Fred qui rejouera ici même dans quelques semaines dans le cadre du Festival MIMI cette fois.

Après une nouvelle pause ce fut donc au tour du fameux duo de Serge Teyssot Gay avec Khaled Al Jaramani qu’il avait rencontré lors de la dernière tournée de Noir Désir en Syrie.

Rencontre de deux musiciens qui se sont mis à improviser et ont fini par construire des véritables morceaux. Dialogue entre deux instruments à corde : guitare électrique et oud, rencontre entre le moderne et le traditionnel, l’électrique et l’acoustique … une communication qui ne passe plus forcement par des mots …

Des chroniques élogieuses du disque et de prestations scéniques propices à la transe … Peut être en attendais-je un peu trop ou tout simplement n’arrive-je pas à maintenir mon attention pour trois concerts d’affilée, mais j’ai été un peu déçu. Disons que ce n’était pas tout a fait a la hauteur de mes espérances ...
Il était évident et palpable que beaucoup de complicité unis les deux hommes, et que les deux jouent très bien ; néanmoins je m'attendait à quelque chose de plus péchu, de plus enlevé, bref plus dansant.

J’ai donc passé le reste de la soirée à les écouter avec plaisir en regardant la nuit tomber sur ce faux temple grec. Par moment tout de même j’ai vraiment vibré emporté par tel ou tel riff, bercé par le chant mystique des deux hommes.

Après cette soirée fort sympathique nous repartons dans le noir pour ne pas rater la navette qui nous attend à l’embarcadère … il fait doux, il n’y pas de vent … la mer et calme

et c’est sur une mer d’huile que nous accostons en douceur sur le quai du Vieux Port et que nous remontons à pieds par la Canebière (en travaux depuis longtemps) …

Site de la Société des Lecteurs de Georges Hyvernaud : http://www.slhyvernaud.org/
Site de Vibrion : http://www.vibrion.net/
Site des Nuits Caroline : http://marsdesign.free.fr/caroline/
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|  | Serge Teyssot gay + Khaled ALJaramani (Nuits Caroline 2005) 16 juillet 2005- Hôpital caroline (ile du frioul - Marseille) 
L'hopital Caroline sur l'ile du Frioul se situe juste en face du vieux port. C'est dans les ruines en perpétuelle reconstruction que se tient chaque mois de juillet à Marseille les Nuits Caroline. Décor de rève entre mer, ciel et aridité de la roche battue par le mistral.
Sur scène, Serge Tessot Gay pour une double ration de moments .../...
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L'hopital Caroline sur l'ile du Frioul se situe juste en face du vieux port. C'est dans les ruines en perpétuelle reconstruction que se tient chaque mois de juillet à Marseille les Nuits Caroline. Décor de rève entre mer, ciel et aridité de la roche battue par le mistral.
Sur scène, Serge Tessot Gay pour une double ration de moments intenses.

1er acte. Les bras ballants, les yeux fermés ou regardant le ciel, il délivre d'une voix monocorde les terribles extraits du livre d'Hyvernaud, la peau sur les os, Traces de sang et de puanteur du séjour de 5 ans de l'écrivain dans les camps de la mort. Il est seul à déclamer ce texte sur une bande son de guitare et de furie...(C'est drôle de le voir sans guitare...). Impressionnant.

D'ailleurs, Dommage qu'il n'ait pas eu de musicien pour accompagner ce texte magnifique. Dans l'assistance, on regardait le ciel se coucher, gêné des mots que l'on entendait tant leur force, leur cruauté nous renvoyait à un état loin de l'humeur estival.

2e acte.PLus tard, il revient avec son pote syrien (désolé, mais il est tard et je ne connais pas la bonne orthographe de son nom). Le guitariste de Noir Désir avec une maîtrise parfaite de son instrument et un joueur de Oud avec une maîtrise de son...Queneau en petite culotte quoi !...Un exercice de style qui nous plonge dans un dialogue entre instrument de la même origine (le Luth).

Les deux hommes ne se parlent pas, ce sont leur guitare qui s'en chargent. Et nous voilà plonger dans un univers onirique extatique. Là, on ne détourne pas le regard, on zieute les doigts de l'un et de l'autre qui font si vite sur le manche, on reste bouche bée devant cette étrange harmonie qui se noue entre les musiciens...Un moment exceptionnel qui nous fait un peu (beaucoup) penser aux ambiances déployées par Godspeed You, black emperor !

Comme quoi, pas forcément besoin de paroles pour entraîner l'auditoire...D'ailleurs, on en a eu la preuve avant avec le gars de Vibrion, Fred, en solo. Seul aussi, avec sa gibson, son portable et ses insupportables textes...Là, on regardait dans le ciel devenu noir les avions passer...L'ennui assurément.
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