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dEUS + Placebo

Voix du Gaou - Six Fours   26 Juillet 2006

Concert pas terrible

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    arrivé en retard.

    Juste pour le dernier morceau de ce que je croyais être la 1ère partie.

    Groupe inconnu à mes oreilles et à ma vue. Jeune groupe. Pas possible que ce soit dEUS me dis-je in petto !

    donc je suis navré de d’avouer ma grande incompétence en tant que pseudo journaliste de bas étage mais je ne saurais vous révéler le nom de ce groupe dont je n’ai pas même pas me faire une idée de la qualité.

    Ce que je peux dire en revanche c’est que je suis super bien situé : juste derrière la sono, plein axe et éloigné de l’agglutinât de gens devant la scène.

    Les gradins restent encore clairsemés mais le moment venu l’agglutinât aura pris en haut aussi.

    A l’arrivée des belges de dEUS, j’ai cru que ma position stratégique se révélait être un leurre. on va encore m’accuser d’être un vrai vieux mais, ma parole, qu’est-ce qu’ils jouent fort ( je sais je sais pour ceux qui ont lu la chronique de Jamiroquai au Gaou, ma réputation de vieux est finie ). Mais sérieux ça arrachait sa race !

    dEUS, je connais mal. Si ce n’est un de leur tout 1er album Ideal Crash très très bien foutu car avait réussi le pari audacieux de brouiller les cartes entre lyrico-punko-pop !

    Je sais aussi que c’est un des rares groupes belges – Belgique dont on peut saluer au passage la vivacité de sa scène musicale – qui ait percé. Mais pour moi en tout cas, ça le fera pas ce soir là. Tom Barman et sa bande anversoise ne m’ont pas touché. Je les ai trouvé + bruyant qu’explosif, + cacophoniques que puissants et même les morceaux plus calmes sonnaient – je sens que je vais me faire des amis – artificiels. Je n’ai été sensible ni aux mélodies ni à la puissance de leurs chansons.

    Ce soir là, sur la scène, j’ai bien cru voir un dIEU avec un « d » minuscule.



    Cette fois-ci c’est sûr la 1ère partie de soirée est terminée avec le départ de dEUS. Va bientôt venir l’heure tant attendu du public, l’arrivée de Placebo. Les roadies s’affairent et c’est une immense tenture qui va se déplier au fond de la scène tel d’un rideau de théâtre. Sauf qu’à la place du rouge traditionnel, c’est un rideau avec deux crânes…deux crânes ? A la vérité, en y regardant avec un peu plus d’attention, ce sont deux photos de visages – saisis en plein mouvement à la façon des pochettes de leurs deux dernières d’album .

    Bon maintenant que le décor est planté, et que le public du groupe – de plus en plus nombreux et de plus en plus jeune - bouillonne d’impatience, nos 3 placéboistes se ramènent enfin, dans une mise en scène classique : c’est le batteur qui ouvre la marche. Il sera suivant du géant Stefen Osdal et enfin l’androgyne Molko – la star -fermera la marche. Et c’est parti.

    Je dois vous concéder en toute franchise ne plus me souvenir s’ils ont ouvert le bal par pure morning ou un de leurs tout nouveaux titres. Anecdotique me direz-vous ? Oui bien sûr, mais en attendant une chose est sûre, à l’écoute des qqles derniers titres de leur album Meds joués sur scène, je ne me sens carrément pas emballé. Déjà lorsque j’avais écouté à la radio les 2 derniers singles a song to say goodbye< et infrared j’avais été très déçu par ces titres…« standards », assez fades. Sur scène c’est la même chose. Je me disais bien pourtant- optimiste comme je suis – que traversé par la performance scénique, ces morceaux auraient une autre gueule, une autre allure. Mais non ni ces deux singles ni les autres morceaux de leur dernier opus n’ a tellement trouvé créance à mes oreilles. A mon sens trop quelconque pour marquer – et ce même si une de leur chanson a des faux airs de Cypherchild de Marilyn Manson

    En revanche, les autres morceaux tiennent toujours autant la route et la prestation du groupe, sans être à tomber, les met suffisamment bien en valeur.

    C’est caricatural pensez-vous ? Les nouveaux morceaux nuls et les anciens au firmament ! ma foi, peut-être mais c’est surtout un ressenti perso ! je ne les accuse pas pour autant de s’être fait tourner la tête par les succès rencontré et de vouloir le préserver par des ficelles, des recettes reconnues pour leur efficacité : on prend les mêmes titres et on recommence, on essaie de toucher le plus grand nombre quitte à perdre son âme, son essence. Ce serait un procès d’intention facile même s’ils ont tout cela prétant merveilleusement le flanc aux attaques en sortant 3 éditions d’un même album à savoir sleeping with ghosts ( pour rappel une 1er sortie internationale de l’album, puis à peine 1 poignée de mois + tard , sortie du même album mais adjoint cette fois-ci d’un – très bon - album de reprises et enfin qqles mois encore + tard, dernière sortie – seule modif’ la chanson protect me revue par la meilleure romancière que réalisatrice Virginie Despentes. Avouez que ça fait gros quand même ! on pourra les dédouaner en arguant que c’est une histoire d’agents, de producteurs et de maisons de disques. Pitêtre pitêtre comme dirait Homère ). Et qu’on ne me rétorque pas non plus le procès d’intention parce qu’à partir du moment où ils ont du succès, ils ne trouvent plus grâce à mes yeux. Je trouve ça plaisant qu’un groupe que j’apprécie hautement trouve un large spectre de public. Peu m’importe le chiffres de vente, seuls comptent l’authenticité, l’originalité, la créativité.

    Pour en revenir à la scène, aucune communication avec le public à part 2-3 « merci beaucoup » sans accent. Pourtant nos lascars qui parlent un excellent français ( pour avoir fait leurs études au Luxembourg…tiens le Luxembourg, c’est pas un pays de blanchiment de flouze et autre paradis fiscal pour capitalistes à gros cigares, ça ? décidément y a des signes avant coureurs qui ne trompent que les candides….Oh la la ça va je rigole quoi!!! ) avaient de quoi tailler la bavette. Mais bon ça ne me dérange pas outre mesure. Aaaah ça c’est sûr que c’est pas M sur scène mais bon en concert je viens surtout chercher de l’énergie et de la musique plutôt qu’un groupe à la faconde aussi sympathique puisse-t-elle être. Sur scène, j’attends d’un groupe qu’il me rejoue leurs titres les + affirmés et aussi les + timides, j’attends d’un groupe qu’il revisite tous ses morceaux pour m’en offrir une nouvelle mouture, en un mot comme en cent je cherche de la créativité et pas de l’exécution. Sans avoir été à la pointe de mes attentes, ils n’ont quand même pas été jusqu’à l’inverse. Et je dois même dire que j’étais bien emballé par l’agressivité des grosses guitares et le rythme de leur meilleurs titres, par leur rock torturé et mélancolique - qui reste leur marque de fabrique.

    Sur scène, ils se sont enjoints les services de deux gus qui font tour à tour guitare et clavier. Osdal ne touchera d’ailleurs que très peu de fois à sa basse.



    Mais s’il n’avait été du 1er rappel, s’ils en étaient resté là, j’aurai conclu ma chronique en qualifiant le concert de « bon concert sans plus. Honnête avec la chaleur et la pointe de génie en moins ». Mais la pointe de génie, ils sont pas beaucoup les « artistes » qui peuvent se vanter de l’avoir….même épisodiquement. Certains c’est vrai ont du talent. Mais du génie….

    sauf qu’il s’est passé un truc hors du commun ce soir là, juste un truc, mais c’est pour ça qu’on va aux concerts, c’est pour ça qu’on écoute de la musique ou qu’on lit des livres, qu’on s’intéresse à l’art sous toutes ses formes, c’est pour ça qu’on vit, qu’on vibre, on veut entendre on veut lire ce qui n ‘a pas encore été écrit ou entendu. CE qui nous intéresse dans la vie c’est la création, nous cherchons ce qui n’a jamais été lu, entendu et que nous ne verrons jamais, nous vivons dans cet écrat là. Ce soir là, lors du 1er morceau du 1er rappel, le génie a pointé le bout de son nez. Et ça ne laisse pas indifférent, ça transforme l’air ambiant, ça transforme la lumière, l’atmosphère, les sons perçus etc. ça transforme la perception du monde.

    Running up that hill la reprise du morceau de Kate Bush sera joué avec une maestria dont j’ai rarement été le témoin en tant que spectateur. Jamais Molko n’a chanté si bien, si juste, avec tant d’émotion dans sa voix : étranglée, chétive, puis avec plus de coffre, hurlant des mots acides comme porteurs d’espoir et douloureux.

    . Le morceau débute par une rythmique scandée, presque mécanique, anxieuse, s’invitent alors les guitares clinquantes, acérées en finesse lui conférant plus de majesté, plus de fièvre. C’est du Baudelaire, du Lautréamont, du Rimbaud…

    la voix de Molko se transforme en un cri déchirant derrière une puissance de feu musical, la fureur blanche des guitares nous plongeant presque en transe avant que des sons aiguës, planant puis se traînant, presque rampant, mais poignant, comme des sons de baleine mais en moins standards finissent la complainte redevenant de plus en sage, comme si la musique mourait doucement, le morceau s’éteint alors comme il avait commencé tout en douceur. Cette chanson qui parle des efforts d’un couple pour sauver leur histoire passe entre les mains de Placebo de la rage à la douceur, du sombre au tragique, elle se fait langoureuse, étrange, nous traverse, nous transperce, nous enveloppe d'une chaleur suave et sensuelle et nous transporte hors du temps.

    En un seul morceau, Placebo a touché à l’art. Ce n’est pas pour la beauté des mots que j’écris tout cela mais parce qu’ils décrivent le plus justement ce qu’il s’est passé. La fin du concert sera plus anecdotique, le groupe découvert par Bowie et Iggy Pop ne retrouvant pas cette grâce par la suite.

    le 21/09/2006
    Signature :
    Eric B.
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