Public Enemy / Dj Q-Bert / Dj Craze (Marsatac) Samedi 30/09/06- Marsatac-J4 - Marseille
Bon, c’est pas tout de s’appeler « rocknroll tartiflette », on peut aussi avoir une certaine crédibilité et pousser un coup de gueule, quand ça mérite…et là ça mérite !
D’abord merci à la Marsatac d’avoir programmé un de mes groupes favoris tous .../...
Bon, c’est pas tout de s’appeler « rocknroll tartiflette », on peut aussi avoir une certaine crédibilité et pousser un coup de gueule, quand ça mérite…et là ça mérite !
D’abord merci à la Marsatac d’avoir programmé un de mes groupes favoris tous styles confondus (je sais chuis pas le seul) : Public enemy
J’étais au 1er rang sur les barrières, je m’en suis pris plein les yeux, jusqu’à un petit crachat de Flavour flav à nos pieds…Cela aurait dû être un de mes concerts favoris, cela restera un concert intense, car ces gars-là sont des légendes et qu’à environ 45 ans et un peu de bide pour Chuck D, ils détruisent tout !
Un concert intense donc, mais mon plaisir a été en grande partie gâché par un son totalement nase…
Je sais que plus la salle est grande et plus il est difficile de sonoriser, en plus pour une structure comme un chapiteau, c’est pire…
Dans le petit chapiteau, j’ai découvert Dj Craze et son MC…Là aussi, merci car ce fut un très grand moment et qui a put le devenir car le son était bon, voire très bon…Preuve qu’on peut bien sonoriser un chapiteau et que le problème vient sûrement de la taille…Alors, la Marsatac a fait un tabac, cette année au niveau public…mais il serait peut être temps de songer à une autre formule pour des concerts dignes de se nom…
Bon, je vais quand même parler de Dj Craze : du très bon hiphop plutôt old-schoolda sound of da police , the message, et même rockit (l’ancêtre du scratch…), avec des clins d’œil aux 80s, avec des « titres à la con » comme Jump de Van Halen en guise d’interludes…et des interludes reggae aussi quand son set a viré Drumnbass….Là l’ambiance est montée de plusieurs crans et ce fut orgasmique !! La drumnbass, quand elle est jouée sans talent est un des pires styles, là c’était le meilleur !!!
Je me suis rendu compte de l’importance de son MC, qui bougeait bien le public…et je me suis dis qu’un MC aurait été le bienvenu pour le set de Dj Q-Bert…
Moi aussi, j’avais été époustouflé en le découvrant dans le film Scratch…rien à redire sur sa technique, ce gars-là croule sous les trophées de meilleur dj de la planète…mais son set s’adressait vraiment aux puristes et aux connaisseurs…Dans le même genre, la performance de Kid koala de l’an dernier reste inoubliable, car très musicale, mais là j’ai eu du mal à rester captif…trop technique, et la touche d’humanité est venue de son très court duo final avec Dj Lord, le dj de Public enemy, bien vu ça !!
Bon, 2 jours plus tard, j’en reviens toujours pas d’avoir eu ce dingue de Flavour Flav, juste devant moi, d’avoir pu lever mon poing en l’air au son de fight the power, en plus c’était une super idée de se faire accompagner par ces 3 super musiciens, mais je me souviens aussi ces gros coups de basse qui t’écrasent bien les tympans, et ces moments de bouillie où j’avais du mal à reconnaître les chansons, même les plus connues- non, je n’avais pas bu, j’aurais peut-être dû, je n’y aurai vu que du feu…bref, je vais vite me repasser leur DVD de la mort Live in the house of blues...
Ces dernières années, j’étais une adepte du 100% Marsatac à savoir la totale des soirées avec déambulation maximum pour être sûre de ne rien louper. Ce qui m’avait permis de faire le plein de découvertes et de passer de super moments (aaahhh Buck 65 et Birdy Nam Nam, pour ne citer qu’eux …)
Une fois n’est pas coutume, ce samedi de clôture sera pour moi la seule occasion de profiter du cru 2006 de Marsatac. Je mise donc tout sur cette unique soirée et m’en vais dès 19H place de Lenche pour profiter de l’apéro.
Une très bonne idée que d’investir le Panier ! Sur place c’est plutôt détendu : plein de monde et du très bon son soul, electro, funk, hip hop avec notamment une belle performance de la scène locale dignement représentée par Selecter the Punisher. L’idéal pour se mettre en jambe. Tellement sympa que je tarde à me diriger vers l’esplanade du J4.
Arrivée là-bas vers 21H30 je me heurte aux imperfections du petit festival devenu grand. Ça démarre avec des places gagnées à un jeu-concours qui mystérieusement n’apparaissent pas sur la liste des gagnants ?!? La soirée se jouant à guichets fermés, ça amputera ma joyeuse bande de deux amis … autant vous dire que ça casse l’ambiance. J’enchaîne avec l’accueil musclé du service de sécurité, tendu comme un string !.
Bien évidemment j’ai aussi souffert des désagréments « classiques » de l’attente pour tout (pour boire, pour pisser, etc) et de l’écoute à l’aveugle du concert. Quand c’est blindé de monde et qu’on mesure 1,62m, c’est le tarif !
Bon j’arrête là, j’ai bien râlé, ça va mieux ;-) Libérée de ce poids je peux maintenant vous dire que j’ai vu la fin de Spleen et que c’était super. Ce mec est vraiment génial, surtout sur scène où il libère toute son énergie sur fond de funk, soul, rock, rap, etc.
A défaut de le voir, je vous recommande vivement d’écouter son album She was a girl, histoire de vous faire une idée de son univers si particulier et si touchant.
Puis vient Q-Bert. Là pas de (mauvaise) surprise : rien à dire, c’est la grande classe. Tout le monde est à fond, emporté par un mix génial alliant technique et inventivité. Que du bonheur ! Et pour ceux qui ne le connaîtraient pas (l’erreur est humaine) je recommande de visionner l’excellent documentaire Scratch.
Arrive ensuite THE événement of THE soirée : Public Enemy. Que dire … Je suis avant tout impressionnée. Faut quand même réaliser que les membres de ce groupe ont profondément marqué l'histoire musicale. Et 20 ans après leurs débuts, ils réussissent à rester d'actualité sans rien lâcher sur le message politique qui les a consacrés. Moi, ça me sidère !
Samedi soir Public Enemy n’a pas failli à sa réputation et nous a offert un set de folie reprenant tous leurs classiques, mêlant intelligemment flow revendicatifs, batterie/guitare et beats ravageurs.
Après tant d’énergie et une telle communion avec le public, la transition est difficile. Et c’est pas faute d’adorer Amon Tobin et son electro déstructurée. Certains de ses morceaux créeront une réelle résonance en moi, d’autres une réaction plus épidermique !!
Quelques peu déçue par la jungle jazzy de Sayag Jazz Machine, je finis la soirée par une longue pause au bar et quelques allers-retours au petit chapiteau.
Au final une belle soirée avec des têtes d’affiche à la hauteur de leur renommée. Mais surtout une certaine nostalgie des éditions précédentes …
Première constatation en arrivant en début de soirée sur le site, il semble y avoir largement plus de monde que l’an dernier, tant mieux pour les organisateurs, tant pis pour ceux qui ont galéré pour se garer.
Arrivé en plein set des Anglais de Chikinki, un groupe de jeunes inconnus au bataillon qui ont du beaucoup écouter les Stone Roses quand ils étaient petits.
Ils en ont la morgue et le look mais malheureusement pas encore les chansons, qui semblent ne jamais décoller malgré des riffs efficaces et la présence de deux synthés.
Cela dit le show était assez plaisant pour tous ceux que Mogwai laissait de marbre sur la grande scène.
La suite sous le même chapiteau c’est avec les Allemands de Jahcoozi qui ont rapidement fait monter la température d’un cran avec un ragga digital aussi redoutable que le jeu de scène de la chanteuse Sasha Pererra découverte l’an dernier chez Modeselektor.
Elle n’a pas une voix extraordinaire (à moins que ce ne soit le son du micro qui était couvert par les basses monstrueuses) mais beaucoup d’énergie à revendre et puis ses déhanchés sexy ont rapidement débridé le public qui s’est ramené.
Les amateurs de r’n’b salace auront apprécié la reprise décalée de l’ode au cunnilingus qu’est « My neck, my back » de Khia, et quelques bons titres du groupes tels que « Black Barbie » ou « Changing Time », plus dansants en live que sur disque.
The Rapture à Marseille, c’était inespéré tant les tournées successives de ce groupe défendu bec et ongles évitaient soigneusement le sud depuis leur apparition sur le devant de la scène internationale.
Alors évidement voir les New Yorkais en tête d’affiche ce soir fait plaisir, même si le son n’était encore une fois pas à la hauteur de l’évènement.
Commencé avec « I need your love” leur concert égrènera avec bonheur les tubes de leurs deux derniers albums (du simili reggae de « Get myself into it » à la new wave de « Sister saviour » en passant par le punk funk devastateur de « Out of the races », « Whoo alright yeah uh huh » sans oublier le classique des soirées « House of jealous lovers ») et gratifient le public déchaîné d’un rappel avec l’hypnotique et très éléctro « Olio ».
Trop crevé pour aller danser sur Vitalic on attendra un peu avant d’aller voir la provocante Peaches qui a agréablement surpris.
On a beau aimer la démarche et le personnage, les disques de la Canadienne lassent rapidement mais sur scène la plaisanterie est accrocheuse et tient à peu près la route.
Contrairement à sa précédente tournée elle se présente avec des vrais musiciens (mais pas de danseuses à ceintures godes) qui soulignent sans donner dans la dentelle les titres exacerbés de la miss, qui ne mettra pas longtemps à se produire en bikini rose.
C’est cheap et drôle, pour peu qu’on ne soit pas totalement allergique au hard rock des années 80, on passe un bon moment.
Samedi
Alors que le concert de Sway a un peu de retard, je m’hasarde sous le petit chapiteau voir quelques morceaux de Two Heads On, qui donnent dans le…trip hop, genre ancré dans les années 90 qui semble encore avoir des adeptes.
Le chanteur est plutôt habité, joue parfois de la trompette, mais ses accolytes lancent des instrus anecdotiques pour ne pas dire soporifiques, dommage.
Sway sur la grande scène déçoit, son plaisant album « This is my demo » augurait mieux que son show hip hop plutôt convenu, desservi il est vrai par un son calamiteux.
Quand il n’informe pas au public que son marche bien chez lui ou qu’il ne chie sur son prof de Français entre deux morceaux escamotés, l’Anglais rappe sans grande conviction sur les instrus de l’ultra rabaché « Hip hop » de Dead Prez et le récent « Ridin » de Chamillionaire.
Quelques titres tels que « Up your speed » utilisent efficacement le principe du call and response mais dans l’ensemble le public venu en masse pour P.E. n’en a rien à cirer.
Q-Bert bénéficie d’un accueil nettement plus chaleureux, et vient se rappeler au bon souvenir de l’excellent documentaire « Scratch » de Doug Pray dans lequel ses exploits de turntablist éclipsaient l’autrement plus connu Dj Shadow.
C’est donc une heure de mix virtuose qui nous est proposé, avec d’impressionnantes figures, des scratchs acclamés par la foule de plus en plus compacte.
Derrière ses platines il s’amuse à défigurer les grands classiques que sont « Good times » de Chic et « Apache » version Incredible Bongo Band, et plus surprenant, le génial break de « Do the du » d’A Certain ratio, hélas utlisé trop brièvement.
Rien à redire sur sa prestation, qui n’évite pas les écueils du genre, assez répétitif pour les non initiés, mais qui aurait bien préparé le terrain à la bande de Chuck D et Flavor Flav.
Public Enemy à Marseille, c’est évidement la grande affaire de cette 8ème édition, un des rares groupes de l’histoire du hip hop à rassembler autant de public différents, à déplacer des milliers de fans sans que ses derniers disques aient fait grand bruit.
Il y eut un rendez vous manqué à la Fiesta des Suds en 2002 mais cette fois ils sont bel et bien présents et vont tout ravager sur leur passage.
En quelques minutes à peine ceux qui étaient aux premiers rangs sont propulsés 20 mètres derrière et inversement, l’ambiance est autant sur scène que dans le public, et les grands classiques sont au rendez vous à commencer par l’énorme « Bring the noise ».
Outre nos deux mc’s et leur dj (qui a la lourde tache de remplacer le fameux Terminator X et s’en sort avec les honneurs), on note la présence de figurants habillés en treillis fidèle aux pochettes et clips du groupe, d’un batteur et d’un guitariste aussi féru de funk que de rock, accompagnant intelligemment les beats bien connus du groupe.
A 40 ans passés le duo met à l’amende bien des groupes actuels à tous les niveaux, le flow est rageur, l’énergie communicative, les messages toujours aussi forts et la tension ne retombe qu’à de rares moments (les titres solos de Flavor, peu convaincants).
« He got game », « Welcome to the terrordome », « Don’t belive the hype », « Black steel in the hour of chaos », “Give it up” et bien sûr le mythique “Fight the power”, avec une telle succession de brûlots executes avec la fougue de leurs débuts l’ovation est juste naturelle et assourdissante.
De plus si l’attitude et la colère dégagées peuvent effrayer les plus sensible, un seul leitmotiv est martelé jusqu’à l’ultime invective : « Power to the people cause the people want peace » .
On aura pas l’énergie ni l’envie de rester d’avantage après ce grand moment de communion, même s’il y avait du beau monde tel que Amon Tobin ou Dj Craze, avec le souhait de quitter le festival sur une bonne note, en espérant pour l’an prochain, en plus de gommer certains imperfections, une ou plusieurs autres têtes d’affiche aussi prestigieuses comme celle de soir, qui a tout sauf failli à sa réputation.
Peaches + Matthew Herbert (Marsatac 2006) 29 sept 2006- J4 - Marseille Vendredi 29/07/06 Marsatac-J4 / PEACHES 3 étoiles
Ma soirée commençait grave sous le signe de « c’est quoi cette soirée de merde » / « je suis trop vieux pour ces
conneries » : - d’abord je rate Mogwai, puisque j’ai boulonné jusqu’à .../...
Ma soirée commençait grave sous le signe de « c’est quoi cette soirée de merde » / « je suis trop vieux pour ces
conneries » : - d’abord je rate Mogwai, puisque j’ai boulonné jusqu’à minuit…bon tant pis, me reste encore Peaches, The Rapture, voire Vitalic dont j’avais bien aimé l’album, me dis-je…
Après avoir tourné pendant plus d’1/2 heure comme un psychopathe aux alentours du J4, qui en plus est mon quartier, pour trouver une malheureuse place de parking (« minuscule » parking de la marsatac complet, stationnements totalement anarchiques dans les rues voisines), il est déjà presque 1h00 et Peaches va pas tarder à attaquer son set…
J’entends au loin une chanson de The Rapture (qui doit passer à 3h00), et je me dis tiens il passe le cd de The Rapture pendant le changement de plateau avant Peaches…
Et là, j’arrive sous le chapiteau « Major », et c’est vraiment le syndrome « soirée de mes couilles » : The Rapture est sur scène ! Dans un élan fébrile, je demande à une petite nénette : « ils viennent de commencer ? »…- non, c’est la fin…Ah, COOL ! En plus, ils terminent avec Olio que j’aime pas trop…
Bon, je me console en constatant que le son n’est pas très bon (près de la sono…), et que The Rapture
n’ont pas spécialement l’air dedans, à moins qu’ils soient fatigués après un concert phénoménal…eh !eh !eh !
Après info, ils ont joué plus tôt à cause de leur horaire d’avion…
Bon, je me place idéalement pour l’arrivée de Peaches, qui était quand même mon second choix…
On est bien serré comme des sardines suantes, pleines de bières et de pollen…Le son n’est pas top.
La Peaches arrive portée par 2 personnes, les décors sont de Roger Art et les costumes de Donald Cardwell (bon là c’est une blague culturelle, mais si vous êtes né après 1979 et que vous n’avez jamais vu « au théâtre ce soir », vous risquez de rien comprendre…pas grave, combien auront lu jusqu’ici ?...)
Bref, Peaches dans toute sa splendeur sexy-kitsch : à moitié nue, sous-tif et culotte flashy…Moi, ni ça ne me fait rire, ni ça m’émoustille mais je note l’effort…Elle est accompagnée par des musiciennes, dont une batteuse et un androgyne sur un des 2 claviers, qui ressemble étrangement à la femme à moustache de Le Tigre (groupe dispensable)… ???
Au bout du 3e morceau, je lève mes bouchons de mes oreilles, et je constate que c’est terriblement mieux comme ça ! Pourquoi, « met-je » 3 étoiles à ma chronique, hein, je vous le demande : parke dès cet instant je suis tombé carrément dedans !
Il faut dire que pour une fois à Marseille, les gens (plutôt jeunes) n’ont pas l’air de se dire « danser c’est vulgaire ! »…Bref, une super ambiance : petits pogos gentils (sans les pieds, juste pousse-pousse), pas de mauvais délires constatés…Bon, j’ai envoyé 3 ou 4 personnes au tapis, dans un même geste, mais c’était dans un bon délire, pas de ma faute si ils sont trop bourrés, je jure : je les ai à peine poussé…(pas de blessés)
Bon délire, dis-je, sourires, mains levées, cris lubriques quand la Peaches enlève son 3e sous-tif dans un improbable striptease qui durera tout le concert…La Peaches fait du vélo (rose) sur scène. Tout ce rocknroll kitsch peut agacer, mais moi, à choisir je préfère les artistes qui assument un kitsch volontaire plutôt que ces pseudos rebelles pitoyables (vous penserez à qui vous voulez…)
Bref, Peaches n’a pas joué rocknroll , kick it , sucker , et son set est finalement plus electro que guitare, mais l’ambiance et ce climat « déconne » ont fonctionné : donc bon petit concert !
Je finis ma soirée avec ce qui doit être (vu la modif du programme) Matthew Herbert (Dj techno) : plutôt sympa et ça bouge bien avec de bonnes montées … ( raté Vitalic , qui jouait en même temps que la Peaches, pas grave ça), enfin, chui content de pas avoir payer l’entrée, car ça fait un peu court pour un festival…reste la soirée hiphop de demain, qu’on espère mémorable…
Troisième édition du festival Marsatac sur le J4, et pour la première fois ils ont fait exprès d'être ici ! Ca se sent de suite : aménagement beaucoup plus réfléchi et convivial que précédemment (bon, certes les fauteuils roulants peuvent toujours aller se faire peindre, grmbl), jolis chapiteaux, toilettes peu nombreuses mais somptueuses, bars sympathiques et abrités. Une organisation discutable au niveau de l'achat des tickets de bar, mais en corollaire beaucoup plus de fluidité aux bars. Pour cette soirée "nuque longue triomphante", arrivage massif d'une population stylée - programmation électro pointue oblige. Et quelques types en tenue crado-festival (en souvenir de la poussière de l'an passé) venus plutôt pour le rock, dont je fais partie - pour voir Mogwai, Peaches, The Rapture, et le très rock Vitalic, on veut bien se déplacer quand même !!
On commence avec le post-rock de Mogwaï et une première hallucination : il avait fallu se battre cet été pour ne serait-ce qu'entrer sous le chapiteau aux Eurockéennes (8000 places), et ici vu l'heure précoce (et le public plus électro), on arrive tranquille au troisième rang, sans forcer. Il est vrai que programmer ce groupe-ci, à cette heure-là et dans ce festival-ci, est assez incongru. Mais on ne va pas s'en plaindre, étant un grand fan, on se fout pas mal que le groupe commence devant une salle presque vide !
Histoire de charmer l'auditoire d'entrée, la somptueuse Friend of the Night, pic de l'album Mr Beast (que je préconise de toutes mes forces !). Un départ inhabituellement sage au niveau décibel (les aurait-on briefés ?). Puis Travel is dangerous, où Stuart Braithwaite et sa bande commencent à faire parler la poudre. Plus encore sur la superbe Hunted by a freak où la voix se fait vocodée et caressante quelques instants, avant une déferlante sonique et vibratoire, jouissive (à noter pour d'autres : ce groupe arrive à jouer fort sans faire mal aux oreilles).
Petite pause dans la progression inexorable des décibels avec I know you are but what am I, puis les vibrations de basse s'amplifient encore sur un concert en apesanteur, le groupe étant soigneusement caché dans des fumées et des lumières colorées : notamment la tellurique, lente et violente We're no Here appuyée par un stroboscope épileptique, puis l'explosive Glasgow Mega Snake que - désolé de le dire à chaque fois - Muse n'arrivera jamais à écrire, une splendeur.
D'autres chansons plus anciennes seront jouées aussi, et notamment celle extraite de Rock Action, et qui vient conclure, par 10 minutes de bruit apocalyptique, saturations de guitares et basses diverses, et chaos lumineux, une prestation Mogwaienne de très haute volée, et presque en petit comité même si le chapiteau a fini par se remplir ! Le plancher vibre encore bien après la sortie du groupe, ça commence bien nom de Zeus, sauf que le prochain groupe de rock est dans ... trois heures !
Heureusement les programmes imprimés n'engagent que ceux qui y croient : tout sera complètement chamboulé (apparemment il y avait la bonne version sur le site web du festival - ndP : nouvelle preuve de la meilleur fiabilite de la presse internet, qui peut etre mis a jour jusqu'a la derniere minute, vs. la presse papier imprimee minimum une semaine avant), mais plutôt dans le bon sens me concernant : les lives d'abord, les DJ sets après. Voici donc, il me semble, 2 Lone Swordsmen, groupe d'électro-punk braillard avec boîte à rythme, qui fait mal aux oreilles, lui (les aïgus, les gars, baissez les aigüs !!!), c'est pas beau du tout, du tout.
On s'échappe donc dans le petit chapiteau, pour découvrir un trio DJ/bass/chanteuse tout feu tout flamme : Jahcoozy et sa somptueuse et énervée créature sri-lankaise. Celle-ci harangue la foule, racontant volontiers des cochonneries à caractère sexuel, sur des airs tantôt hip hop, tantôt électro-rock déchaîné, tantôt big beat, avec de curieuses mais marrantes projections d'acteurs hollywoodiens remixés en fluo (James Stewart, Audrey Hepburn notamment en font les frais).
Tout ce qui fait danser est bon à prendre par ce trio infernal qui met une grosse ambiance : trip hop et enfin techno-basse pour finir cette excellente et pétaradante prestation scénique... petite claque quand même, un peu comme la surprise de Busdriver l'an dernier !
Mais rejoignons tout de suite un duo de Dj's, il faut bien commencer vu la liste : Funkstörung feat Phon.O... n'ayant entendu là qu'une succession de beats minimalistes (sur des visuels pas mal il est vrai), je laisse la parole à des gens plus pointus, les programmateurs : "entre électro minimale (certes) revigorante et booty bass incisive". Bref et pour résumer : quand on connaît pas, c'est juste ...chiant ! Et en plus ça dure des heures. Brrrr...
Alors rejoignons tout de suite Mathieu H... pouf pouf, ce quatuor de chevelus braillards ne saurait être que ... The Rapture. Sensations new-yorkaise taillée pour les dance floors, dont je n'aime ni l'ancien ni le nouvel album, mais enfin je veux bien voir la chose en direct. Certes ils ont quelques bonnes chansons comme The Devil, enlevée et outrageusement funky. Mais cette voix miauleuse de fausset, pitié... les filles du premier rang adorent, cela dit !
Autre single supposément imparable et qui amuse l'oreille, Get myself into it. Horripilé quand même par le chant, on s'échappe quelques instants aller déposer une humble miction dans la mer (on va quand même pas faire la queue aussi pour faire pipi !). Retour sur le nouvel album Pieces of the People we love que le groupe défend tant bien que mal (l'autre chanteur est limite aussi...), ainsi que House of Jealous Lovers, historiquement leur premier tube, et qui met une très grosse ambiance.
Tout ça sonne quand même tout le temps un peu pareil, globalement je ne suis pas très convaincu mais reconnaissons qu'à défaut d'autre chose, The Rapture est un groupe ... très dansant ! Et c'est tout ce qu'il faut leur demander.
Quoi qu'il en soit, et là on sait qu'on ne sera pas déçu parce qu'on en avait éructé de plaisir à Rock en Seine 2005, voici Mr Vitalic, probablement le meilleur DJ électro-rock en activité, venu comme d'habitude jouer des versions complètement torturées des chansons de son somptueux disque Ok Cowboy. Le public ne s'y est pas trompé, qui a ce coup-ci bourré le petit chapiteau jusqu'à la gueule, le transformant en étuve (la sueur ruisselle sur les parois, beurk...). Comme à son habitude, l'homme se cache et a disposé un écran devant lui pour les projections.
Après un écran Windows XP qui fera ricaner l'auditoire, il nous cueille à froid avec Polkamatic (en version méchante) et d'autres trucs tous remixés ensemble et très méchants, où l'on reconnait des sons et des boucles de l'album (Poney part 1 et 2 par exemple) sans pour autant identifier les chansons. La température explose, l'ambiance atteint aussi des sommets, fait inhabituel pour un DJ, des gens slamment même ! Quand survient le beat et le vrombissement faramineux de la terrifiante La Rock 01, remixée comme par un démon, on est passé de l'autre côté : plus personne ne pourra sortir ni entrer, bienvenue en enfer !
Mais s'il faut en crever, pourquoi pas, c'est trop bon ! My Friend Dario suivra, single qui l'a fait connaître et avec projection du fabuleux clip qui l'accompagne (cadeau-bonus en passant : il est toujours visible on line ici !), là encore c'est bon à en crever, c'est l'émeute et le triomphe que viennent encore aggraver, sans coup férir, No Fun (superbe en live), Valetta Fanfares (batucada version techno), et un final dantesque sur New Man qui fait littéralement grimper les gens aux pylones. Ouahhhhh - on s'est encore méchamment fait passer à tabac par ce loubard de Pascal Arbez. KO debout, vite, une bière...
Après avoir repris ses esprits, on va constater qu'on a probablement bien fait de ne pas aller voir Peaches à la place. La chanteuse canadienne à l'image si sulfureuse, fait du boucan mais il n'y a pas grand choses derrière, pas plus que sur ses albums, politiquement engagés, féministes (Fatherfucker) et anti-Bush (Impeach My Bush) - certes c'est louable, mais musicalement sans intérêt. A moins que jouer en sous-vêtements soit un parangon de provocation.
En plus il est vrai que (comme me l'a signalé une copine perfide), Merrill Nisker devrait faire plus de vélo... On verra trois chansons, certes de bonne tenue, dont le "premier tube de Peaches"(ça c'est de l'info non ?), chansons électro-punk qui sonne pas mal du tout. Le reste est trop ostentatoire, ou pas assez provocant, bref juste un peu vulgaire, globalement bof.
Hélas le temps des DJ sets est venu. Petit passage à la performance d'un inconnu : à une porte, un type me certifie que c'est John Lord Fonda, à une autre on me dit que c'est Matthew Herbert (ndP : je confirme).. il est vrai que rien ne ressemble autant à un DJ techno qu'un autre DJ techno... En tout cas celui-ci (appelons-le Mr X), propret dans sa chemisette et bien terne après Vitalic, fait un set pas trop mal, si l'on excepte ses visuels franchement moches, set que j'écoute d'une oreille distraite en papotant (c'est dingue le monde qu'on peut croiser à un festival électro et rock sur le J 4, ça n'arrête pas...).
Plus tard encore, un passage à The Hacker, DJ grenoblois assez puissant en plutôt enthousiasmant, même sans sa copine Miss Kittin'. En plus ses visuels à lui, semblent comme des courts-métrages intriguants, un vrai boulot de cinéma, ça change un peu de tous ces visuels fainéants... J'y reste un moment et ça le fait pas mal du tout ! Mais bon, il est 3 h 30 du matin et je n'ai pas de drogue, alors pour le soi-disant fabuleux DJ marseillais qui doit passer à 5 h du matin, eh ben ça sera sans moi, désolé ! Espérons qu'un clubber plus aguerri pourra relater au mieux les prestations électro, pas trop mon domaine comme on a pu s'en apercevoir.
Retour à pied guilleret et éméché, assez interminable depuis le Vieux-Port, heureusement acocmpagné de l'enthousiasmant album de Poni Hoax, que je recommande vivement pour conclure. En tout cas, encore une bien belle soirée sur le J4, et pour un prix très raisonnable (surtout en passant par nos copains de Digitick), le festival continue dès demain soir avec Public Enemy mais ça, c'est quelqu'un d'autre qui devra le chroniquer !! En attendant, souhaitons pour finir une Longue vie à Marsatac !
A lire aussi sur CnC : Une journée à Marsatac 2005 (et plein d'autres chroniques du même festival).
Comme on pouvait s’y attendre cette dernière journée fut la plus réussie et aussi la plus crevante !
Ca commence tranquille avec The Film qui jouent dans un chapiteau bien trop grand pour leurs style et ambitions : au Café Julien l’an dernier ce fut explosif, ici c’est juste correct, malgré une énergie indéniable.
Certains morceaux passent bien, comme « Top of the hopes » et leur single « Can you touch me ? », les riffs et les louches de saxo sont là, le peu de gens présents apprécient.
Sous le petit chapiteau, on va voir quelques morceaux de Psykick Lyrikah, le groupe de rap Rennais estampillé intello. Les ambiances saupoudrées de bons scratches distillées par le dj sont intéressantes, par contre le mc a un flow très monotone pour ne pas dire ennuyeux. On décroche assez vite.
Le set de Château Flight n’est guère plus passionnant, l’invité vaguement prestigieux Burgalat est aux abonnés absents, le claviériste moog et le flûtiste sont un peu là pour faire joli alors que les dj balancent une house pas désagréable mais anodine, genre musique papier peint qui passe sur certaines radios, du coup comme on a le choix ben on zappe.
Whomadewho est le bon plan sur la scène d’a coté, ces Danois font danser avec des morceaux punk funk aussi simples qu’irrésistibles. Les samples sont utilisés à bon escient, les lignes de basse ultra efficaces, le guitariste à moustache assure. Deux reprises pimentent le tout, « Flat beat » de Mr Oizo et « Satisfaction » de Benny Benassi dans une version rock qui déchaînent un public déjà enthousiasmé. Leur album sorti chez Gomma vaut également le détour, ne le ratez pas.
Les Chiliens de Panico jouent une musique assez similaire mais leur chanteur en fait un peu trop dans le genre « j’ai pris des drôles de trucs backstage », on y croit moyen. Quelques morceaux pas mal cependant comme «Lupita » ou le brut de décoffrage « Que pasa wei » et pour les males aux premiers rangs, une bassiste fort charmante, c’est déjà ça.
Pas pu suivre le dj set de Riton, le peu que j’ai entendu était d’obédience électro pop avec un « Funky town » aussi inattendu qu’apprécié par une foule compacte.
L’évènement pour les amateurs de rock indé résidait en la venue de dEUS et ceux-ci n’ont pas déçu, malgré un dernier album très inférieur à ses prédécesseurs. Sur scène c’est une autre histoire, le groupe de Tom Barman alterne moments de tension et décharges électriques efficaces. Les vieux fans se régalent avec les classiques « Instant street », « Fell off the floor man » et au rappel le rageur « Suds and soda ». Set néanmoins assez court festival oblige.
C’est avec d’autres belges que nous terminons sur les rotules, les 2 Many Dj’s qui n’avaient bizarrement jamais foulé le sol Marseillais malgré leur succès planétaire. Prenant à contre-pied l’option tout guitares de la soirée ils livrent un mix beaucoup plus électro que leur tournée de 2003, avec quelques clins d’œil rock (« Sergent Pepper », « Song 2 », « Les cactus »…) dynamités par des beats qui tapent fort, très fort.
On reconnaît Laurent Garnier, Mu, Technotronic ( !), Vitalic, Miss Kittin, Tiga et son addictif « You gonna want me » habilement enchaîné avec la nite version de leur « E-Talking » sorti sous l’identité Soulwax mais le reste est plus pointu. Inutile de préciser que le triomphe est au rendez vous alors que les frêres Dewaele laissent à Agoria et Jack de Marseille le soin d’achever les clubbers les plus avertis.