Marabout Sound System ouvre le bal.
Samenakoa va suivre après.
La salle de la Noche est une boîte en sous-sol. Le son peut y être correct, mais pour un concert de fanfare telle que
Samenakoa, ça va être du sacré boulot pour l'ingé son. Mais le public est là, chaud et prêt à danser sur les rythmes de folie de la fanfare.

Dernièrement, la fanfare a remplacé le soubassophone (instrument qui tient le rôle de basse dans ce genre de fanfare). Fera-t-il l'affaire dans ce groupe où tous les musiciens sont talentueux, et où les morceaux sont arrangés à la façon d'un big-band de jazz ? Mais surtout par rapport au rôle de l'ancien soubassophoniste, qui donnait une touche hip-hop/rap à certains morceaux, de par sa voix et son beat ? On verra cela lors du concert.

Dès les premières notes, on reconnaît le son
Samenakoa, et surtout son sens de l'arrangement. Tous les musiciens sont dedans, le public aussi ! Le soubassophone suit sans fausse note, le regard rivé sur les membres du groupe, qui sont attentifs eux aussi... Mais ça tourne, l'énergie est là !

Les morceaux se suivent, font monter la sauce... A la fois instrumentaux et chansons,
Samenakoa arrive à faire danser le public... Tout public peut apprécier la musique de ces musiciens : le musicien, la ménagère, l'étudiant venu faire la fête, le noctambule, les fêtards, et c'est ça la magie de
Samenakoa !

Les morceaux chantés comme Dans Ces Moments Que J'Aime sont d'une orchestration paraissant simpliste, mais c'est une fausse idée. Chacun a un rôle dans le soutien rythmique du chanteur, qui lui, tour à tour, chante et joue de la flûte. On peut trouver tout de même long le refrain chanté a cappella à la fin du morceau 5-6 fois. Peut-être ce genre de salles ne permet pas cela, qui ne peut accueillir un grand nombre de personnes qui chanteraient tous en cœur...

Contemplation Désastre, Earthquake, sur lesquels l'ancien soubassophoniste posait sa voix, sont devenus des morceaux instrumentaux, sans chant rap. Mais il aurait été dommage de supprimer ces morceaux, surtout Contemplation Désastre, avec une telle intro : puissante mais contenue !

Le soubassophoniste a géré son steak, a réussi à jouer sa partie sur tous les morceaux, et a rattrapé superbement les rares oublis qu'il a commis, comme sa reprise après l'intro sur Incantation, en duo avec le batteur. Et le duel Bass Madness : sax baryton versus soubassophone a malheureusement été supprimé...
Fabien Genais, quant à lui, insuffle une énergie et un dynamisme incroyable lors de ses chorus, autant au public qu'au groupe. Il fait crier son saxophone alto, déchire les sons dans tous les sens, se lance hors de l'harmonie, mais reste néanmoins dans l'esprit du morceau. SUPERBE !!!

Mais à tous les musiciens : chapeau bas ! Un groupe à découvrir sur scène absolument. Super rapport avec le public, énergie sur scène retransmise au public, musique servie par des musiciens diaboliques, arrangements dignes des grands orchestres, et que sais-je encore... Ah oui, ils sont de Marseille; peuchère !, mais puise leur influence dans toutes les musiques urbaines et d'ailleurs : tzigane, serbe, jazz, rap, brass band (cf.
Dirty Dozen Brass Band), ska, chanson française, etc.

Seul regret : le son médiocre, à cause de la configuration de la salle, et cette même configuration qui ne permettait pas de voir les musiciens si on n'était pas tout devant...
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