A l’heure de la digestion, je me dirige vers le comptoir du Paradox et sirote mon café spasmophile entre deux vibrations electro dancefloor. Curieuse boîte de nuit parfumée d’un fumet de Réunion culinaire, tandis que les musiciens de ToM se décident, timides, à investir les lieux. Je me positionne confortablement, concentrée tout le set, appliquée avec mon petit carnet méthodique. Je leur devais bien ça (comprenne qui pourra).
Donc ToM , avec ses quatre accompagnateurs de talent, un bassiste 5 cordes et corse de surcroît ( ?) qui, malgré un incident technique l’obligeant à jouer les 3/4 du set en acoustique, berce et slap ses cordes avec brio. A sa gauche, un homme-guitare très à l’aise, et à sa droite un homme-machine avec batterie électronique et autres bidouilleries sonores, dynamique et souriant. Le ToM -chanteur n’est pas en reste avec sa belle petite chemise rouge repassée –est-ce sa chemise fétiche des concerts ?- ainsi qu’une machine à effets gravitant les deux micros.
Mr ToM et sa bonhomie touchante slamme des textes à la fois bruts et oniriques qui cartes-postalent des soirées orgiaques, des histoires de femmes et des têtes à têtes solitaires ; son flow chaloupé et teinté de langueur me fait penser à du Gainsbourg (mis à part qu’il s’abreuve d’eau claire), et dans sa fraîcheur crue et litanique, à du Katerine .
Les musiciens s’en donnent à cœur joie, dans un mélange riche et varié, aux accents rock, funk, reggae et dub, tour à tour dansant et rythmique (on apprécie le stroboscope vert effet boîte de nuit qui rappelle en clin d’œil la première partie de soirée..), et tour à tour grave, atmosphérique voire hypnotique, scandant les mots caressés.
Dommage juste que l’engouement du public ait été quelque peu écorné par le manque de lié du set avec des coupures parfois longues et silencieuses entre chaque chanson. La pression retombe, le public se dissipe, finit sa bouchée, commande la même chose au bar, et chaque fois il faut re-capturer son attention.
Assise sur mon tabouret (on a plus 20 ans..), avec ToM comme ligne d’horizon, j’ai passé un moment enthousiasmant (si-si je suis sincère). Au plaisir de le revivre.
Ne me sentant pas de prendre racine une heure de plus (on a plus 20 ans _deux fois) et ne voulant pas avoir à chroniquer qu’une poignée de minutes (…), je me suis enfuie at home au lieu de guincher avec Moth Klub . Promis je me rattraperai..
Allez bonne nuit.