Réunion improvisée d'une secte de hippies en goguette à Clermont-Ferrand ? Soirée pour préparer une randonnée escalade dans le Parc Régional des Volcans d'Auvergne ? Meeting de la chorale d'une église évangéliste ? Gala de boys scouts straight edge ? Non, pas du tout ! Plutôt un concert folk rock au Rat Pack à Clermont-Ferrand avec deux pensionnaires américains du label français
Waterhouse Records, les très " folk bucolique "
Christina Antipa et
June Madrona, avec en supplément de grand luxe, une prestation de
Leopold Skin (de
Kütu Folk Records) en version pop mâtinée de rock psyché...
Christina Antipa
Dès le début du très beau set de
Christina Antipa (qui officie à la guitare et au chant), l'on se dit que la jeune femme, son bassiste, son batteur et sa choriste occasionnels (de
June Madrona) ne vont pas nous donner envie de boire des litres d'alcool et de faire une bringue de tous les diables... Cela tombe bien, c'est mardi soir, on revient au Rat Pack après une longue pause provoquée par une programmation beaucoup moins fournie et on est ok pour passer une soirée intimiste et tranquille. Et bien, on sera servi au delà de nos espérances !
Christina Antipa et ses musiciens ont deux de tension, ils sont gentils, souriants et contents d'être là... Nous aussi. Mais attention, ce spectacle extrêmement soft, sobre et anti rock 'n roll pourrait donner une irrépressible envie de fumer du crack à un rocker particulièrement énervé ! Qu'importe, le quasi sosie de
Laura Ingalls dans " La petite maison dans la prairie " qu'est la douce Christina a plus d'un atout dans son jeu : une voix tout simplement bouleversante (on pense à
Paula Frazer, Hope Sandoval, Alela Diane et
Cat Power), des chansons fantastiques et un contact aussi agréable que simple avec le public. Quel choc mes amis ! Avec trois bouts de ficelle – une guitare, un micro, une basse, parfois une batterie, des chœurs ou un tambourin –
Christina Antipa va à l'essentiel, sidérant littéralement l'auditeur par la beauté des ses compositions country folk pop. Une très belle découverte !
Leopold Skin
Quelques minutes plus tard, c'est au tour de
Leopold Skin de nous impressionner avec sa prestation entre pop élégiaque et rock psychédélique. Habité par ses chansons magiques (car bien écrites, truffées de mélodies belles à pleurer et bénéficiant d'arrangements audacieux), Damien de
Leopold Skin est, en plus, accompagné par un groupe de rêve qui fait décoller l'ensemble vers les étoiles filantes : Oliver de
Garciaphone, simplement parfait à la batterie, François de
St Augustine à la Lapsteel Guitar, aux chœurs et à la guitare stratosphérique,
Christophe Adam, à la basse discrète mais bienvenue, et Emilie de
Pastry Case, aux douces vocalises. On se répète sans doute un petit peu par rapport à nos dernières
chroniques enthousiastes du Monsieur mais sur scène, c'est juste la très grande classe. Les nouveaux titres de
Leopold Skin – qui garniront bientôt son très attendu nouvel album enregistré en groupe, prévu pour l'automne 2010 – sont en effet de pures merveilles. A la fois émouvants, planants, trippants, oniriques et soniques (très très belles montées de guitares distordues !), ces chansons composées d'une plume aussi légère qu'inspirée emportent tout sur leur passage. Et l'on reste comme orphelin quand le concert prend fin, bien trop tôt... Vivement l'album !
June Madrona
Après cet intermède psyché rock aérien, la soirée se termine façon hippie avec le set débranché de
June Madrona, qui jouera devant un public assis en tailleur ou accroupis, comme à l'église ou chez les scouts. Le principal soucis de ce trio de jeunes gens biens sous tous rapports n'est pas d'impressionner par des tenues vestimentaires super hype : le trio est habillé en sportswear (quel gros mot !) incroyablement laid et risible (chaussures de randonnée, bonnet, bermuda moulant, t- shirt de chez Decathlon USA, Jean's Pantashop avec ourlets énormes... ). C'est une véritable horreur à regarder, pas sexy pour un sou et, pour couronner le tout, les discours un peu bien pensants entre les morceaux sont un peu longuets ! Cela pourrait tout à fait donner envie à un rocker hystérique de mettre fin à ses jours – on allait oublier, les musiciens boivent de grands verres... d'eau plate ! c'est la vérité vraie ! –... mais l'essentiel est pourtant là : ce groupe sait écrire des morceaux qui maintiennent l'attention à un niveau élevé, et maitrise à la perfection l'art de les jouer sur scène avec une foi communicative. Guitare sèche bien roots, divin banjo, violoncelle tire larmes, chœurs angéliques et grosse caisse minimaliste suffisent à habiller les titres mélancoliques ou gais comme des pinsons de
June Madrona. Ce qui pourrait ressembler au premier abord à un spectacle de patronage se révèle donc au fil des minutes être un putain de bon concert de hippie cool. Autre bon point, le trio américain sait faire participer le public (aux chœurs ou aux verres remplis d'eau... ) à ses petits bouts de vie mis en musique, ce qui ne gâche rien bien sûr. Basé à Olympia, état de Washington,
June Madrona, qui est actuellement en tournée européenne, est à voir sur scène, si on aime la folk très intimiste et super sobre.
Merci au Rat Pack et à son patron, pas exactement hippie, d'avoir accueilli cette très belle soirée, qui a provoqué chez nous le puissant désir de partir en randonnée dans les montagnes du Massif Central ! Avec du folk rock psyché en bande son.
Liens :
www.myspace.com/christinaantipa,
www.myspace.com/waterhouserecords,
www.myspace.com/junemadrona,
www.myspace.com/leopoldskin,
www.myspace.com/kutufolkrecords.
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