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Petit Vodo & Miss Caroline (Lollipop /Poste à Galène)

Lollipop Music Store & Poste à Galène, Marseille   23 février 2007

    Concert à ne pas manquer

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    Autant en rock'n'roll français, il y a des artistes émergents qu'on a tout de suite envie de baffer (au hasard récemment, les Naast), autant il y a des artistes qu'on sait bien à jamais submergés, mais qu'on a envie de défendre, direct, bec et ongles, d'instinct, autant pour ce qu'ils font que pour ce qu'ils représentent : c'est le cas du Petit Vodo, que j'ai pour ma part découvert sur le DVD Lollipop's Burning : un de ces fameux one-man-rock'n'roll-band !


    Un genre dont il me paraît à peu près impossible de se lasser, qu'on y préfère les vrais barges, ou les bluesmen talentueux (Bob Log III vs The Legendary Tiger Man), les filles ou les garçons (The Venus Fly Trap One girl Band vs Fredovitch...). Bref Petit Vodo ayant fait ses preuves tout seul, il s'est aujourd'hui adjoint les services d'une certaine Mademoiselle Caroline (déjà créditée et qu'on entend sur le disque Paradize) qui va jouer les percussions avec lui dès son show-case chez Lollipop.


    Show-case qui a inexplicablement commencé à l'heure, mille milliards de staracadémiciens empalés, pour une fois que j'avais scientifiquement calculé mon retard en arrivant vers 18 h 53 !... J'assisterai quand même à 5 ou 6 chansons, suffisamment bien troussées pour confirmer que oui, il va bien falloir assister à tout son concert de ce soir, et tant pis si j'ai la flemme. Ceci contrairement à un certain nombre de punks (que je pourrais citer nommément si j'étais une balance) qui sont venus à ce show-case uniquement pour gratter une invite (et faire juste un saut au concert), voire pour avoir une excuse pour rester regarder Thalassa ce soir comme des loques...


    Bref les happy few qui remplissent la moitié du magasin vont assister à une performance déjà très convaincante : avec une belle guitare rouge à gros son qu'il martyrise de riffs agressifs et séminaux, avec sa voix assez fascinante et reverbée comme il convient (on pense, tantôt à Tom Waits, tantôt à John Spencer ou même à Elvis), appuyé de quelques choeurs, bruits de bouche et de rythmiques sèches et hargneuses de Miss Caroline, et parfois à l'harmonica, il n'est pas difficile au Petit Vodo de nous emmener déjà, loin, très loin. Et de nous laisser sur notre faim, en nous proposant de voir la suite au prochain épisode.

    (Illustrations par Philippe)

    * * *



    ... Plus tard dans la soirée donc, on rejoint le Petit Vodo au Poste à Galène. Il est en train de trafiquer une de ses belles guitares sur scène tandis qu'un DJ passe des disques de rock avec des enchaînements hautement improbables. Comme souvent quand un artiste peu connu (en tout cas de La Provence et de Ventilo) est programmé ici, la salle est à moitié vide et comme toujours, on s'en fout ! Au moins on est entre gens de bonne compagnie - il n'y a plus qu'à dire bonjour à tout le monde, une grande bière à la main.


    Une grande bière plus tard donc, quand le duo prend avec désinvolture sa place sur scène, on note un effort certain dans les tenues - T-shirts à rayures et verres fumés pour tout le monde. Miss Caroline, cachée derrière ses lunettes Poncherello et sa mèche rebelle, semble tout droit sortie d'une soirée In The Garage, tandis que Petit Vodo a curieusement déserté sa pourtant seyante collection de badges, pour un t-shirt moulant.


    La première va cogner ses futs et peaux pendant tout le concert, avec nonchalance et brutalité à la fois (un peu comme si elle assommait un ours en pensant à autre chose), pendant que le deuxième ne va pas ménager ses efforts pour crier, siffler, hurler, chanter le rock qui semble suinter de lui par tous les pores. Et jouer de tout un tas de belles guitares vintage, tour à tour comme une brute ou comme un orfèvre selon les chansons.


    Le duo démarre avec Right and Lovely, un très gros blues lent à la John Spencer Blues Explosion d'entrée - il va être dûr de ne pas abuser de cette (excellente) référence pour écrire ma chronique tant j'y ai beaucoup pensé... Parce qu'il y a un truc amusant avec le Petit Vaudou (je pense qu'il le fait exprès mais je n'en suis pas sûr) : sa voix fait du mimétisme, en fonction des rythmiques, avec des voix connues. Prenons par exemple le début du concert (reconstitué avec la set-liste).


    Quand il chante Please Sister, une chanson bien rock (quoique transformée par les boum-boum presque techno de cette bête de Miss Caroline), on dirait du Lou Reed ; A Black Girl in my Heart, garage blues, sonne très JSBX (je promets de ne plus le dire après !), voire The Kills sur scène avec un son durci ; Don't You Know exécutée à la guitare vintage et au bottleneck, rappelle The Legendary Tiger Man...


    Et si Skip James, blues au phrasé nonchalant, semble jouée par un vieux bluesman noir à chapeau (mettons, RL Burnside par exemple), plus tard sur PoorDavyCrocketTravels, génial blues déglingué, on dirait vraiment, mais alors vraiment Tom Waits qui chante !


    D'où la question : est-il grave, voire dommageable de faire penser à tout un tas d'excellents artistes, généralement aimés des aficionados et impossibles à réunir sur une même scène, voire morts et/ou europhobes ? Autrement dit, vaut-il mieux rêver à un concert impossible, râler que cela semble parfois trop référencé, ou profiter à fond d'un type qui est capable de faire penser à tout ça à la fois ? On dirait que la réponse est dans la question. Moi en tout cas, ça m'éclate plutôt !


    D'ailleurs on pourrait continuer dans cette liste à la Prévert : c'est parti pour envrion 1 h 45 de plaisir ! Les chansons sont ponctuées de petites variations : bruits, riffs ou lyrics enregistrés, intervention d'une clarinette, long prêche enflammé à la Martin Luther King debout sur une caisse (on pense à Wraygunn).


    Pas de mauvaises chansons mais certaines qui sortent du lot : l'explosive Morning Train, les lancinants voyages de Davy Crockett, le coup de boule dédicacé de Paw paw (une reprise de... Petit Vodo), l'excellente Updownday à la guitare punk et au son un peu Cramps pour finir...


    Et au rappel (réclamé à corps et à cris par quelques cinq personnes dont je m'honore cependant d'avoir fait partie), encore des sucreries pour les oreilles : encore du rock avec 1969 (qui n'est a priori pas une reprise des Stooges malgré ce titre explicite, encore du blues à la T-Bone Burnett avec Georgia Woman, et enfin un truc final au gros son heavy-blues (Faraway from Home que Pirlouiiiit et moi avons identifié comme ressemblant respectivement, ou à ZZ Top, ou à AC/DC)... que du bonheur, donc !


    Comme dit le Petit Vodo, il joue à Marseille tous les 3 ans et la prochaine fois on sera beaucoup plus vieux ! Alors au cas où on serait mort, devenu bête ou non transportable la prochaine fois, merci à ce pétaradant personnage pour ce concert généreux (pas loin de 20 chansons) et super-maîtrisé, petit par la taille, grand par la classe !


    Bravo à son acolyte la cogneuse qui n'a pas démérité. Merci aussi à Lollipop qui a signé Petit Vodo (même si c'était uniquement pour pouvoir s'acheter un magasin - enfin c'est comme ça que PV nous l'a présenté), et qui l'a fait venir ce soir...

    Photos au Poste par Pirlouiiiit

    En bonus : quelques vidéos (qualité pas géniale mais...) qui sont par ici !


    En extra-bonus pour le futur historien qui écrira la thèse "Grandeur et Décadence du One Man Rock'n'Roll Band en Occitanie, au début du 21 ième siècle", voici la set-list complète collectée par votre serviteur (titres approximatifs par l'artiste) :

    Right Lovely
    Please Sister
    Black Girl
    DOn't You Know ?
    Big Star
    Skip James
    Morning Train
    The One For Me
    Poor Davy Crockett Travels
    Down Tone
    Paw Paw
    Riders & Mojo
    Relaxxx
    Updown Day
    ------------
    First Time
    Allright
    Sugar Sugar
    ------------
    1969
    Georgia Woman
    Far Away from Home

    Bonus video :


    Vignette philippe
    Signature : philippe
    le 24/02/2007
>> Réponse (le 26/02/2007 par papi)
krakatoa 33700 merignac - 7 février 2007
Génial le concert de PETIT VODO & miss CAROLINE... Un rappel avec un grand tube de 1957 d'EDDY COCHRAN. accompagné d'excellents musicien dont DENIS BARTHE (noir désir) mais de grâce pas "petit vaudou" (ce nom vient de son grand père, un certain vodopiwicz) ! merci...
>> Réponse (le 02/03/2007 par Gars en polo Rouge)
Moi je dit Tout simplement : vivement dans 3 ans ! Pour danser une fois de plus avec Miss caroline sur Le caisson de Basse et Entendre ces Riffs endiablé et ce Slide Diabolique !

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