Arno 28 mai 2005- Maison de la Culture, Clermont-Ferrand
« Putain Putain, c’est vachement bien, nous sommes quand même tous des Européens… »
Qu’il soit debout derrière son micro ou assis sur une chaise, qu’il chante en anglais ou en français, qu’il évolue avec une formation rock complète ou en configuration réduite, qu’il joue ses propres morceaux ou reprennent ceux des autres en « changeant .../...
« Putain Putain, c’est vachement bien, nous sommes quand même tous des Européens… »
Qu’il soit debout derrière son micro ou assis sur une chaise, qu’il chante en anglais ou en français, qu’il évolue avec une formation rock complète ou en configuration réduite, qu’il joue ses propres morceaux ou reprennent ceux des autres en « changeant tout le bazar », qu’il cherche à émouvoir, à s’épancher sur ses états d’âmes, à faire rire ou à faire bouger, Arno est un chanteur de charme totalement unique, il l'a encore démontré dans le cadre feutré de la Maison de la Culture de Clermont-Ferrand. Avec ses idées iconoclastes admirablement transformées en chansons, sa voix de bluesman déjanté, son groupe en tous points excellents, le plus français des Belges (Jean-Philippe Smet alias Johnny Hallyday est hors catégorie) réussit à emporter l’adhésion à chaque tournée et à chaque album.
Pourtant, on ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup de changements : Arno fait du Arno, c’est vrai. On sait qu’il reprendra des hits de son répertoire (Les yeux de ma mère, Mon sissoyen, Les filles du Bord de mer d’Adamo, Comme à Ostende de Léo Ferré et en final l’hymne Putain Putain), qu’il mettra à sa sauce des titres empruntées aux autres (Knowing me knowing you du groupe suédois de « coiffeuses », Abba, transformé en ballade déchirante ; Mother’s little helper, transfiguré, mais sonnant malgré tout comme un vibrant hommage aux Rolling Stones), qu’il interprétera un florilège de ses récentes compositions (Lola, etc, Je veux nager, Chic et pas cher, La vie est une partouze, Françoise etc. ), qu'entre les morceaux il partira dans des digressions hilarantes (sur les fesses de Mick Jagger… et le reste, les boites parisiennes branchées, le référendum sur la constitution européenne, le journal Marie-Claire et les concombres, les papes Jean-Paul 2 et Benoît 16, la chaleur, qui lui donne l’impression qu’une partie double de son anatomie est dans un aquarium… ), sans oublier de tailler des costards à ses musiciens.
Mais dans ce cadre bien rodé, Arno arrive encore à fasciner son auditoire… Son charisme, y est pour beaucoup certes, son côté attachant aussi, et ses airs déglingués de Solo gigolo au cœur tendre également… Et puis, il y a les arrangements – excellents – choisis avec les fidèles Serge Feys (piano, accordéon, ex mannequin), Geoffrey Burton (guitares, larsens, effets classieux, célibataire, pilier de La tournée des grands espaces de Bashung), Mika Banovic (basse, contrebasse, belgo yougoslave), bien supportés par un petit nouveau à la batterie. Sur cette tournée, toutes (ou presque) les combinaisons musicales sont tentées, avec réussite : le groupe au complet pour les titres rock, seulement le piano et la voix pour les morceaux émouvants (avec quelques stries guitaristiques bien senties), un essai blues punk batterie/guitare/chant très White Stripes dans l’esprit etc etc. Les musiciens se relayent au chevet du meilleur Bathroom singer en activité, créant des ambiances variées et immanquablement prenantes.
L’impression d’être en face d’un orchestre de bal intemporel aussi bricolo que rock ‘n roll est plus qu’agréable. Tel un Lonesome Zorro, Arno continue à être le plus déjanté des chanteurs de « variétés » européens. Le concours de l’Eurovision devrait d’ailleurs lui décerner un prix pour son ironique single Putain putain (c'est vachement bien, nous sommes quand même tous des Européens) car il a plus fait pour le rapprochement des peuples que ne le fera jamais aucune constitution européenne…
A lire également : les compte rendus de concerts donnés par Arno à la Coopérative de Mai et à Vienne, ainsi que les critiques des deux derniers disques du Monsieur.
Alain Souchon 20 décembre 2002- Maison des Congrès, Clermont-Ferrand Accompagné par trois musiciens (parfois en robes de chambre !), Alain Souchon a survolé son répertoire comportant de nombreuses chansons mémorables lors de sa prestation à la Maison des Congrès de Clermont-Ferrand.
L’économie de moyens et la sobriété qui prévalent lors de cette tournée conviennent parfaitement aux chansons simples, drôles, .../...
Accompagné par trois musiciens (parfois en robes de chambre !), Alain Souchon a survolé son répertoire comportant de nombreuses chansons mémorables lors de sa prestation à la Maison des Congrès de Clermont-Ferrand.
L’économie de moyens et la sobriété qui prévalent lors de cette tournée conviennent parfaitement aux chansons simples, drôles, mélancoliques et décalées d’un chanteur qui évolue bien au-dessus du ras des pâquerettes ! S’accompagnant à la guitare sèche ou secondé par une guitare électrique, une batterie et des claviers, Alain Souchon a fait preuve de décontraction et de prestance en interprétant des morceaux réarrangés pour cette série de concerts par le producteur du disque, Renaud Létang. Dans son immuable tenue de scène, jeans et chemise, il a embarqué les 1000 personnes de la Maison des Congrès dans son univers poétique plein d’humour et de finesse.
Confortablement assis, le public a pu assister à un survol de l’excellent dernier album en se délectant de Rive gauche, Au ras des pâquerettes, C’était menti, Le baiser ou Petit tas tombé, des chansons où les textes ciselés de Souchon sont mis en musique avec la complicité de Pierre, son fils et de Laurent Voulzy. Des titres plus anciens comme ceux de l’album C’est déjà ça - l’insurpassable Foule sentimentale ou les très réussis L’amour à la machine, Les filles électriques et Sous les jupes des filles - ont même donné une irrépressible envie de taper dans ses mains au public… Après un sketch de plus de cinq minutes totalement hilarant évoquant la dure réalité du milieu du disque, les ranchs, le piédestal de Laurent Voulzy, c’est au tour de J’veux du cuir signé Souchon/David Mac Neil/Voulzy d’être à l’honneur, à la grande joie des fans hardcore de ce provocateur nonchalant !
Rappelé plusieurs fois avec enthousiasme, Alain Souchon glisse à cette occasion que lors de ses premières interviews il jurait qu’il ne dirait plus « Tare ta gueule à la récré » sur scène quand il aurait passé la cinquantaine… Puis, il enchaîne avec le sourire en entamant J’ai dix ans ! Alain Souchon est la preuve vivante qu’on peut évoluer dans le monde de la chanson française en ayant un comportement digne et en prenant soin de garder une écriture impertinente. Ils sont très peu à pouvoir se vanter d'avoir ces qualités !