 | Keren Ann + Sébastien Martel 8 novembre 2002- Opéra Municipal, Clermont-Ferrand  Avant hier, on ne connaissait pas Sébastien Martel et, en à peine deux jours, le temps d’une prestation comme musicien de Camille, d’une jam session avec Bumcello puis d’une première partie de Keren Ann, on a l’impression de le connaître depuis très longtemps ! Dans le cadre feutré du théâtre municipal de Clermont-Ferrand, idéal pour ce type de .../...
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Avant hier, on ne connaissait pas Sébastien Martel et, en à peine deux jours, le temps d’une prestation comme musicien de Camille, d’une jam session avec Bumcello puis d’une première partie de Keren Ann, on a l’impression de le connaître depuis très longtemps ! Dans le cadre feutré du théâtre municipal de Clermont-Ferrand, idéal pour ce type de concert intimiste, Sébastien Martel a dévoilé une autre facette de sa personnalité musicale…

Ce soir, c’est en tant que leader d’un groupe composé d’un bassiste et d’une choriste qu’il a officié. Comme hier à la Coopérative de Mai, il a fait preuve de classe dans son jeu de guitare, très jazz nouvelle vague, mais cette fois il a aussi chanté d’une voix très originale des titres composés par lui-même ou co-écrits par Franck Monnet et Vic Moan.

Ces morceaux, très calmes et joués à un volume sonore minimal, semblent provenir d’un groupe se trouvant dans un vieux théâtre à Saint-Germain-des-Prés dans les années 50 ; les ambiances jazzy et les textes en français et en anglais chantés avec une voix exécutant des acrobaties surprenantes sont autant de bonnes surprises… Ce concert restera comme un moment à part, un peu hors du temps et des modes de l’année 2002 !

Keren Ann et ses cinq musiciens (guitare, basse, batterie, claviers, trompette) foulent ensuite la scène du théâtre à la grande joie du public occupant principalement les places de l’orchestre. Mademoiselle Zeidel a pris beaucoup d’assurance depuis son concert à Bourges en 2001 avec Françoiz Breut et Sigur Ros ; elle est beaucoup plus souriante et semble désormais à l’aise sur scène…

Entourée par un excellent groupe, qu’on aurait préféré parfois plus discret, Keren Ann a effectué un survol de ses deux disques réalisés avec Benjamin Biolay, La biographie de Luka Philipsen et La Disparition, agrémenté de nombreux nouveaux titres prometteurs qui figureront sur ses prochaines aventures discographiques.

La voix de cette jeune femme timide est toujours aussi bouleversante et les textes qu’elle écrit en français et en anglais ont gardé une résonance particulière. On aimerait qu’elle joue plus de chansons toute seule à la guitare sèche et à l’harmonica, la sobriété mettrait encore plus en valeur sa voix et ses morceaux ! Ne boudons toutefois pas notre plaisir devant un concert riche en moments magiques. Seule, Décrocher les étoiles, Sur le fil, Les rivières de janvier ou encore Le sable mouvant resterons sans aucun doute dans la mémoire du public présent en cette soirée du joli mois de… novembre.

De nombreux rappels, dont un classique chanté en espagnol avec Sébastien Martel à la guitare, viendront ajouter au bonheur d’avoir assisté à ce concert de Keren Ann qui se terminera sur une note gaie avec le groupe, tout sourire, saluant à la manière d’une troupe de théâtre, et exécutant quelques pas de danse sur le devant de la scène.
(Photos : Jean-Pascal Blache)
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