Concert And Co Les Ogres de Barback Les Ogres de Barback
Vos critiques de concert Vos critiques de CD Interviews d'artistes Les Ogres de Barback Les salles de concert Les sites web des artistes Contacts Concert And Co
Rechercher un concert dans une ville Rechercher un concert par artiste Rechercher un concert par style musical Rechercher un concert dans votre région Rechercher un festival Rechercher un concert
Créez votre compte / Connectez-vous
 
 

Alb, Somna, Cho Yang, Lulabi

Orange Bleue, Vitry-le-François   1 décembre 2007

  Concert à ne pas manquer

Réagir à cette critique

    Quelque chose est en train de se passer en moi. Un bouleversement. Je regarde les lumières de Noël et je suis heureux. Je les trouve belles. A Reims, elles sont bleues, ça me ravit. Samedi soir, je me suis retrouvé à Vitry-le-François. D’autres illuminations. Sur la place d’Armes, la porte de Paris, sous les halles. C’est encore plus beau. Second ravissement.
    Voilà.
    Je suis en train de basculer dans la mièvrerie.
    Quatre groupes de la région étaient en audition à l’Orange Bleue en vue du Printemps de Bourges 2008 et de sa scène découvertes. Quatre groupes de la région, c’est vite dit. Sur les quatre départements de Champagne Ardenne, un seul était représenté, la Marne et sur les quatre formations trois venaient de Reims.
    Ca ne veut pas dire qu’automatiquement, il y aura des Marnais à Bourges. Le jury de sélection peut très bien décider de n’en retenir aucun, s’il décide qu’ils sont tous à chier. Enfin… c’est ce qu’on m’a dit, je n’ai pas cherché à vérifier.
    A l’Orange Bleue.
    Aussi.
    J’ai vu de très belles lumières.
    Ce n’est pas seulement, ma nouvelle lubie. J’ai l’habitude d’aller voir des concerts de rock un peu partout et c’est assez rare, de profiter d’aussi belles lumières, qui mettent en valeur les artistes et leurs compositions, avec finesse, en s’adaptant à la personnalité de chacun. Pas des explosions matuvus, un éclairage juste. Quand je suis arrivé, un faisceau était braqué sur le visage d’une jeune femme.



    Jeune femme que j’ai reconnue immédiatement. Je ne connaissais pas son nom. Je me rappelais juste d’une serveuse, il y a deux ans, au Backstage, un bar-restaurant derrière la mairie. Je me rappelle de son style improbable, son style pour servir. Elle oubliait des trucs, ou bien semblait nous faire la gueule, ou au contraire s’arrêtait pour discuter et nous parler musique. Qu’elle chantait dans un groupe, qu’elle aimait bien Bjôrk. Une fille charmante, mais un peu d’ailleurs, comme dirait Pierre Bachelet.
    Sous le pinceau de lumière, elle était à bloc dans son personnage de chanteuse-diva rock. La bouche grande ouverte. Les yeux tourmentés. Autour d’elle, six hommes, jouant d’une batterie, de trois guitares et de deux claviers. Ensemble, ils forment Lulabi. C’était leur tout dernier morceau. Ils étaient en train de lâcher la purée, les guitares, fortes et saturées, les cymbales fracassées. Et Amandine, c'est son prénom, au milieu, en interprète tourmentée. C'était le tout dernier. Chaque groupe n'avait droit qu'à une demi-heure.



    Le suivant, c'était Somna, dans lequel on retrouve le batteur de Lulabi, Julien Chamla, qui concourt donc dans deux projets différents. S'il devait être sélectionné Julien, dit Lala à Reims, préfèrerait sans nul doute l'être avec Somna, projet dans lequel il développe toute la sensibilité qu'il est capable d'exprimer du bout de ses baguettes. Sensibilité, plus que dextérité. Ce n'est pas qu'il en manque et on comprend en le regardant jouer qu'il faut beaucoup d'adresse pour faire sonner des cymbales comme du cristal, mais la musique de Somna, qui est une musique assise, une musique de musiciens, sans paroles, trois gars assis, avec, ou, derrière, son instrument (Lala + Gerard Tappa, guitare + Julien Fighiera, basse) cette musique qui pourrait ne ressembler qu'à une séance de démonstration, cette musique nous raconte des choses, pas trop fort, lentement, il faut être patient, comme devant un vieux qui revient sur ses souvenirs de jeunesse.
    Ca m'a fait penser au Tortoise des premier et deuxième albums (pas tant que ça, après réflexion). Somna partage avec le groupe de Chicago des références communes comme le jazz et le rock progressif. A la longue, ça pourrait devenir pénible. Je me souviens que je m'étais ennuyé la première fois que je les avais vus. En février dernier. Cette fois, sur une demi-heure, c'était parfait. Je suis resté sur ma faim, c'est mieux, un peu de frustration.



    La frustration doit avoir sa part dans la création des morceaux de Cho Yang. Des plaies mal refermées soignées à base d'électricité, d'accélérations, saturations, effets divers. Leur bible doit avoir pour nom Daydream Nation ou Confusion is Sex, quelque chose dans le genre, à moins que ce ne soit Turn on the bright lights. Ils sont quatre, avec deux guitares, dont l'un(e) chante, en anglais et aussi en français (bravo, bravo, vive le français). J'ai noté ainsi une suite de rime en oire, idées noires / septembre noir / mon désespoir / quand vient le soir / purgatoire. Ce n'est pas la grande joie, mais il y a une énergie et une conviction qui a donné à la performance tout son impact et son intérêt. Sans compter, toujours, l'apport des lumières.
    Oh, c'était bien jusque là. Une soirée agréable, dans ces anciennes écuries, un public mélangé, les parents de certains musiciens, un bon contingent de Rémois, mais aussi quelques jeunes ("on veut du punk" – hurlé pendant Somna – la bonne blague) et beaucoup moins jeune comme cet homme.



    C'était bien. Tranquille. Puis vint Alb.
    Je vous le dis comment moi je l'ai ressenti.
    Puis vint Alb.
    Et ce fut merveilleux.
    Ouais comme avec les éclairages de Noël.
    Un ravissement.
    Ou le 14 juillet.
    Le feu d'artifice.
    Rien que ça. Un petit feu d'artifices electro pop.
    Et les mots joie joie joie dans la tête.





    Il existe un groupe qui s'appelle ainsi. Joie joie joie. C'est mignon. Et effectivement, des fois, ça peut s'allumer dans les lobes frontaux et il y a marqué joie joie joie.
    Trente minutes. Comme tout le monde. Avec à la fin, joie, joie, joie. Et pour vous dire, à quel point, cette émotion est bien sérieuse, renseignée et recevable, je ne me suis même pas aperçu qu'Alio (le brun) n'arrivait pas à tirer un son de ses claviers et de sa guitare. J'avais bien compris qu'ils n'avaient pas pu jouer un morceau, mais pour le reste, c'était du miel pour mes oreilles et pour mes yeux. Hum… du miel, ça colle… Non, alors, c'était Noël. Oui, c'est la saison après tout. C'était Noël. Ce soir, c'est Noël, comme dirait Didier.
    Je les avais pourtant déjà vus sur scène, le 1er septembre. Je ne les découvrais pas. Les morceaux, je les avais déjà entendus.
    Sauf que le choc fut aussi fort que si avait été la première fois, comme la première fois que j'ai vu De Kift(musicalement rien à voir). Une sensation très forte et rare.
    Le batteur ? Vous croyez ? Il y a un batteur maintenant dans Alb, Masto. Ce type est très fort. Et fin, on dirait.
    Là, je vais être obligé de faire une digression pour expliquer. Masto, je l'ai vu un foulard sur le visage, taper un beat d'enfer derrière Exco, à l'Appart, il y a trois semaines. Exco, en plus de se faire démonter la tête, fait du hip hop à Reims, avec plein de gens. Le 10 novembre, il a fait une soirée avec son collectif Panicrum et pour l'occasion a monté un groupe, The Broken Arm Band dans lequel figure outre Masto, Clément (Alb) et Guillaume (The Film, The Shoes, The Bewitched hands, The Doors, The Beatles, The Teletubbies…). Ca aussi, c'était excellent. Le son de ce groupe était excellent. Et dedans donc Masto qui cognait.
    Samedi, dans Alb, je n'ai pas remarqué Masto (je n'avais pas remarqué les soucis d'Alio donc, hein, méfiez-vous), son jeu n'avait rien à voir. Il a su se fondre dans le groupe et y apporter… quoi… l'étincelle magique pour qu'Alb m'éclate à la figure. Et puis, encore, probablement, beaucoup de travail, il n'y a qu'à regarder les cernes de Clément pour se convaincre de l'humanité, la fragilité de la chose. Des répétitions, des insomnies, des tâtonnements, des expérimentations, des insomnies, des insomnies. Pour pondre des sons, des harmonies, des refrains, de la joie joie joie.




    Vous serez heureux d'apprendre que Joie joie joie jouera au Ludoval samedi 8 décembre avec Pull et The Bewitched hands on the top of our heads et qu'Alb sort son premier album, lundi prochain, le 10 décembre, il est glissé dans un plastique orange en forme de mange disque comme le nom de l'album Mange disque avec des vignettes autocollantes.

    Et quant au choix, ou non, d'un groupe champardennais pour participer au tremplin découvertes du Printemps de Bourges 2008, il faudra attendre la nouvelle année après que le jury aura visionné les quatre mini-concerts de Vitry qui ont chacun été filmés.



    Signature : Bertrand Lasseguette
    le 05/12/2007
retour à la liste    Réagir à cette critique      critique suivante 

   Recherche         Exprimez-vous !
Accueil Concert And Co
Plan du site
Billetterie concert
Actualité concert
Festivals
Salles de concert
A l'affiche
Concert Christophe Maé
Concert Johnny hallyday
Concert ACDC
Concert Tryo
Concert Metallica
En ville et ailleurs
Concert Paris
Concert Lyon
Concert Marseille
Concert Toulouse
Concert Nice
Partenaires
Musique Gratuite
Rap Français - Info-groupe
AOL Musique - Hotzic - RamDam
Cinéma, Soirées, Spectacles et Loisirs à Paris

Copyright © Neolab Production 2000-2008. Reproduction totale ou partielle interdite sans accord préalable.