Très belle soirée en effet sur les pelouses du Parc Longchamp (dont il faut bien profiter avant que notre bien-aimée municipalité en arrache un bout pour en faire un parking à 4x4... renseignez-vous si vous n'y croyez pas !). Je fréquente peu ce festival pour cause d'ignorance avérée en matière de jazz, et n'y suis donc pas revenu depuis longtemps, pour une fabuleuse prestation de
St Germain feat.
Herbie Hancock ! Avant notre arrivée,
Abd Al Malik est venu répondre aux questions du public, très gentiment (pas étonnant de la part du personnage). Dommage, l'interview Live in Marseille est encore ratée pour cette fois !
André Minvielle, musicien accompli que je ne connaissais que de nom, convoque avec lui et ses excellents musiciens, tout l'imaginaire du festival d'Uzeste, à mi-chemin entre jazz Nougaresque et diction FabulousTrobadorique. Il est extrêmement sympathique, drôle, son concert tient aussi du one-man show ou de la répète en plein-air, que l'on suit agréablement le cul dans l'herbe et une chopine à la main - le passage sur la toux de pépé est effectivement génial. Il chantera aussi, pour conclure idéalement sa prestation, la fameuse chanson qui fait "Et si c'était ça la vie, et si on nous l'avait pas dit...', joyeuse et mélancolique, qui me renvoie à mes années d'étudiant !
Plus tard le p'tit black du Neuhof revient faire des siennes avec son non moins excellent groupe : le vibrionnant
Abd al Malik nous a déjà laissés sur le cul en triomphant aux
Eurockéennes il y a trois semaines, et ce devant un public rock gonflé à bloc, pourtant plutôt venu pour voir les Hives et autres Q.O.T.S.A ... Et ce soir il s'y prend d'une autre façon, plus calme et détendue, mais cette fois-ci devant un public venu en partie spécifiquement pour lui. Qui s'est déjà levé et amassé devant la scène sans qu'il ait besoin de dire quoi que ce soit, d'ailleurs !
Ses textes pleins de charme, de gravité et de maturité, font merveille même si on commence à bien (voire trop) les connaître - on envie ceux qui ont encore la chance de les découvrir ! Sa reprise songeuse de
Ces Gens-là (qui s'appelle
Les Autres, soit dit en passant Miss Zou ;-) !), les moments tragiques du
Grand Frère et de la très déprimante
Saigne sont efficacement contrebalancés par l'afro-beat de
Gibraltar, la combattante
12 Septembre 2001 et la rappée
Rentrer Chez Moi (où il se livre à des chorégraphies étranges et très personnelles, comme sur
Soldat de Plomb...).
Après nous avoir fait danser, penser, communier, il termine en lisant une lettre pleine de jolies pensées à son petit Mohammed (
Je regarderai pour toi les étoiles), tandis que le Parc Longchamp flotte doucement sous les constellations, bercé par une brise agréable. Longue vie au
Festival Jazz des 5 Continents qui tient bon malgré des difficultés fréquentes à exister à côté de très grosses affiches comme Marciac - on se fait la promesse d'y revenir plus souvent !