Aie aie aie... Que m'as tu fait Christophe hier soir au Palio de Istres ? Moi qui t'ait toujours défendu contre vents et marées les trois dernières fois où je t'ai vu (2 fois avec
"Le roi soleil", une fois en solo)... Quand je relis
mon compte rendu passionné et droit au coeur de novembre dernier, je me dis que je n'ai pas assisté au même live...
Mais en fait, après réflexion, je constate que cela vient plus de moi que de l'artiste. Je n'ai tout simplement pas ressenti la magie, l'ambiance, le petit truc en plus qui m'avait scotché à l'Espace Julien il y a plus de six mois. Pourtant la setlist n'a guère changée, les zicos habituels sont bien présents, le public en majorité féminin (mais pas prépubère bien qu'on y trouve des jeunettes dans le tas) s'est assez vite enflammé, la sympathie et la sincèrité de
Maé sont toujours de mise, tout comme sa passion musicale et son sens du rythme... Bref objectivement, il y avait de quoi être comblé, et en regardant autour de moi, c'etait le sentiment unanimement donné.
Alors quoi ? Qu'est ce qui m'a géné par rapport aux autres fois ?
Déjà
Maé semblait plus fatigué que la normale, il a moins bougé globalement, et ses traits tirés etaient parfois moins souriants. Mais ca je peux le comprendre, il arrive en fin d'un long tour, où il s'est donné sans compter à lire tous les comptes rendus nationaux.
Mais moi ce qui m'a surtout géné, c'est l'orientation encore plus reggae qu'avant qu'il prend. Modifier des titres en live, les remanier, j'aime ca. Mais en dénaturer certains au point qu'il m'a fallu attendre le refrain pour les reconnaitre (
"Parce qu'on sait jamais",
"Mon père spirituel"...), je trouve ca dommage. J'avais fait la remarque que le reggae prenait une place importante dans ses lives en comparaison de son album, et je trouvais ca très sympa, mais là c'etait un peu trop pour pour moi. Il a aussi enquillé un morceau du style en anglais que je ne connaissais pas sur la fin. En plus de son coutumier
"Could you be loved" et autres passages connus de
Bob Marley, disséminés ici et là. De plus, allonger beaucoup de chansons au point de les faire durer neuf minutes (
"Mon père spirituel",
"C'est ma terre"...), ca me parait un peu fastidieux et ca fait retomber le soufflet pour ma part.
Et l'autre chose qui m'a "choqué", c'est sa tendance à parler ses paroles, et non plus les chanter. Alors peut être est ce là aussi une volonté de varier ses compos, mais honnêtement, sur
"Mon Paradis" ou
"Ma vie n'est qu'une larme", j'ai trouvé ca très moyen, ca sonnait pas. Je pense qu'il y avait de la fatigue vocale de temps à autres.
A coté de ca, je ne peux intrinsèquement pas lui reprocher grand chose. Il s'appuie toujours sur un groupe de zicos que je trouve fabuleux, par le feeling, la technique discrète, le toucher, avec en tête ce batteur qui m'electrise par sa bonne humeur et son sens du rythme. Je suis quasi certain que c'est le frappeur de fûts qui est sur le plateau de "La nouvelle star" chaque année.
Maé a toujours cet allant naturel, cette sympathie communicative, cette joie de jouer sa musique, qui en fait un bon showman, et un excellent artiste complet. Il n'a pas fallu bien longtemps pour que toute l'arène soit debout (
"On s'attache"), puis le reste à partir de
"Belle demoiselle". A un moment il a demandé de montrer tous les portables à bouts de bras, pour communiquer la paix, la solidarité, envers tous les brothers and sisters (il a un accent anglais assez horrible par contre) avant d'entamer
"C'est ma terre" il me semble, et ca donnait un joli choeur de lucioles dans la nuit istréenne. Sympa.
Sa setlist n'a guère varié, à part une chanson récente ecrite pour son enfant né recemment, et un titre reggae en plus, non plus que ses quelques discours et gimmicks comme l'effet "delay", la reprise de
"On s'attache" en accoustique avec une jeune fille (qui a assuré sa mémé !) pour l'accompagner en dernier rappel, ses vocalises au public, etc... A noter par contre l'ajout de deux choristes (deux soeurs), qui donnait une note de fraicheur agréable sur certains morceaux, tant vocalement (
"C'est ma terre"...) qu'en chorégraphies.
En résumé, deux heures de bon spectacle dans un endroit que je ne connaissais pas encore, le Palio, et que j'ai trouvé fort agréable. C'est une petite arène toute neuve (2002), qui doit faire dans les 4000 places, avec moitié des gradins couverts et une petite fosse. Hier soir c'etait complet, mais on aurait facilement pu rentrer des centaines de spectateurs supplémentaires tant on etait à l'aise dans cette dernière, au point que par endroits c'etait désert. Etrange comme choix, même pour des questions de sécurité je trouve.
Par contre, le prix du bar est assez exorbitant, avec du trois euros pour une petite pression ou une bouteille d'eau, trois cinquante pour des sodas, etc...:/ Et l'accés au Palio n'est pas le mieux pensé, surtout pour se garer, car un parking de 120 places c'est plus que light, du coup c'est garé n'importe comment tout le long des trottoirs et rues alentours...
Je n'ai pas retrouvé la magie de l'Espace Julien, ni du
Christophe Maé en pile électrique de début de tournée, je n'etais pas mécontent que cela finisse, mais je maintiens qu'il a le potentiel pour faire une longue carrière s'il parvient à confirmer en tant que compositeur lors de son prochain album, et vocalement lors de ses prochaines tournées.
GANDALF NE SAIT JAMAIS