
C’est un peu fatigué que je me lance dans la rédaction de la chronique de ce concert à mi chemin d’une semaine marathon. En effet après
Nîmes mardi, et le
Palais Longchamp mercredi (et avant re
Nîmes ce soir et re
Palais Longchamp demain, nous avons ressorti notre voiture pour nous rendre à Manosque où se tient la 26ème édition du festival
Musik à Manosque. Qui est si important à mes yeux pour que je pollue ainsi sans vergogne l’air provençal ?
Toure Kunda ? (je ne connais que de nom)
Sinsemilia ? (mon lointain souvenir ne m’a)
Ben l’Oncle Soul ? (surement pas !). Non de toutes les têtes d’affiche de l’édition 2011 de ce festival gratuit c’est
Bill Deraime) qui m’a fait troquer mon levélo pour mon AX.

Passé la petit frayeur de ne voir aucun panneau indiquant où se trouve le Parc de Drouille (nous tombons dessus un peu par hasard) nous arrivons alors que
Chinaski a du commencé à jouer depuis un petit moment. Sur scène il est d’ailleurs accompagné par
Melchior Liboa (déjà croisé à
Doun) à l’harmonica sur un morceau. Sinon
Jean-Louis parait un peu seul perché à contre jour sur sa petite scène. La scène est placée en face du bar mais malheureusement un peu loin des gradins de la grosse scène où les gens ont tendance à aller directement pour trouver une bonne place.

Cependant quelques personnes ralentissent, d’autres s’assoient, au fur et à mesure des chanson de
Chinaski. Il pioche allégrement des morceaux dans tous ses
5 disques … j’ai le plaisir d’entendre en live des morceaux découverts
il y a 10 ans comme La Grosse (toujours aussi exquis en public) joué en compagnie de
Melchior qui reviendra l’accompagner à la guitare électrique sur les 2 derniers morceaux (celui-ci et la reprise de Européens de
Arno - période
TC Matic).

Certains titres sont d’ailleurs assez différents (comme Le Petit Bar) avec des impros / passages parlés qui l'amèneront parfois à ironiser sur le fait que les gens passent sans s'arrêter devant la scène où il joue. Parmi les titres qu'il jouera, bien évidemment ceux titres de son nouvel EP
Celsius 232 comme Tout va bien ou Monsieur Charles. Cela fait longtemps que je voulais le revoir en groupe complet … ce ne sera pas ce soir, maisla collaboration avec
Melchior Liboa (plus soft en guest qu'en solo) était plutôt réussie. To be continued …

Direction ensuite la grande scène pour découvrir
Nina Attal dont le nom me disait vaguement quelque-chose (peut être à cause d'
Yvan d'ailleurs)... J'avoue que lorsque je l'ai vu débouler j'ai vraiment été surpris par son age (j'ai cru qu'elle avait 14 ans – en fait c'est 19). En fait ils sont tous assez jeunes sur scène. Du coup j'ai d'autant plus été impressionné par leur maitrise instrumental et surtout de la scène. Très à l'aise, voix puissante qui officie dans un registre soul pop vaguement funk, tel qu'on doit en voir sur MTV.

Puis petit à petit j'ai été un peu agacé par ses grimaces quand elle joue de la guitare (hero) ou quand elle avance son menton pour chanter à' l'américaine (en gros même reproche que je fais à
Selah Sue). Comme chez cette dernière la ressemblance avec les chanteuses noires américaines est parfois troublante, mais j'ai un peu de mal avec la musique lorsqu'elle est aussi / ainsi jouée. Sauf quand c'est à prendre au second degré comme ça l'était chez
Opossum /
Anais. Du coup après quelques morceaux passé dans les premiers rangs je finirai par m'éloigner et les écouter de loin.

En tout cas ce qui est sûr c'est que c'était très entrainant et qu'ils ont mis le feu. Ce soir ils défendaient son deuxième album yellow 6/17 (à venir en octobre prochain) peut être un peu plus blues (clairement au niveau du jeu de guitare) que le précédent (d'où l'affiche de ce soir). Après un rappel bien mérité, et un changement de plateau raisonnable viendra le tour d'un des artistes en activité que j’admire le plus !

Difficile d'écrire sur
Bill Deraime, tellement il me touche. Sa musique m'accompagne depuis mon plus jeune âge. J'ai acheté une platine vinyle pour pouvoir écouter ses premiers disques (maintenant elle me sert aussi pour les groupes de punk marseillais). Pourtant je ne l'ai chroniqué qu'une seule fois
en 2002 (même si j'ai chroniqué ses
plus récents albums et l'ai même
interviewé).

Pas de changement de line-up à ses côté. L’historique
Mauro Serri à la guitare,
David Hadjadj au clavier,
Stéphane Pijeat à la batterie et
Denis Ollive à la basse (les même que lors de son dernier passage à
l’Espace Julien en 2008. Le répertoire de ce soir est pioché dans les 27 titres de son dernier (double) album
Brailleur de Fond, donc un mélange de titres piochés dans toute sa carrière revisités / actualisés.

Dès les premiers instants je serai à nouveau conquis. Chacun de titres joués ce soir (une quinzaine) fera une nouvelle fois mouche, par sa sensibilité, sa justesse, sa tendresse … Message de paix, d’amour, de fraternité … autant de valeurs légèrement galvaudées dans une époque ou l’individualisme et le paraitre sont rois. Entre les morceaux un petit moins de tchatche que les autres fois mais quand même ses traditionnels "merci les amis !" et autres intros délirantes.

Musicalement c'est bien évidemment blues, mais pas que (faut il le répéter). En effet ses morceaux savent se faire reggae (comme Avant la Paix) ou boogie (comme Marre). Moments de calme (limite recueillements) et de défoulement se succèdent habilement pour un set sans temps mort. Chaque musicien a la place pour s’exprimer sans jamais en faire trop. Quelques soli de guitare et de piano notamment inévitables dans le style.

Ce qui me surprendra le plus ce soir c’est de voir à quel point tout le monde était à fond. Dans le théâtre de verdure (je crois qu’on l’appelle aussi comme cela) de Manosque, tout le monde dansait (ceux qui étaient debout dans la fosse) et chantaient. Même des très jeunes. A voir le nombre de témoignage qu’il a eu à la fin après le concert (notamment quelques familles fans de pères en fils/filles) son message est entendu par tous.

Nous rentrerons finalement assez tard de Manosque, en ayant vu trois groupes inspirés et à l’énergie communicative, dans un cadre familial et pour autant pro., cadre dans lequel je n’exclue pas de revenir si l’affiche est aussi alléchante que ce soir. Bon en tout cas je suis impatient de revoir
Bill Deraime et ses musiciens à Marseille dès que possible !

Set list approximative : Mean old Blues, Avant la paix, Plus la peine de frimer, Marre, Un jour tu trouves, Esclaves ou exclus, S'coue toi, Laisse couler, Chaque matin, Encore Bouger, Chanteur Maudit, Laisser le bon temps rouler, Babylone, Sur le bord de la route
Plus de photos par
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Bonus vidéo :
et une petite de
Chinaski ici
et une petite de
Nina Attal ici
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