Une belle découverte ce soir .... Le
Festival Sous Les Pins. Alors des pins, il y en a partout !! Et puis du sable, des cigales : bref, c'est l'été (On y est) et franchement, c'est le pied ! Sans parler de cette belle scène qui se dresse dans le ciel couchant. Promesse d'une belle soirée ma foi.
Le monde de
Yodelice est déjà en place. L'arbre à guitare n'attend plus que son maître et celui-ci ne tarde pas à faire son entrée dans un nuage de fumée. Il a revêtu sa tenue de parade : veste à large rayures noires et blanches, plume blanche en panache au chapeau et larme noire sur la joue. Je retrouve cette impression d’univers mystérieux de la dernière fois, à L'Usine d'Istres, mais en plus vivant ... Et je dois dire que ça me plait bien. Il a quitté ce personnage un peu trop statique qui paraissait un peu emprunté, pour apparaitre au milieu de cette forêt (la vrai, la fausse, tout se mélange) avec des airs de loup garou, tête au ciel et bouche ouverte, entouré d'éclairs et de tonnerre. Il semble pris dans une tempête magique et féérique. Sublime !!
Tous les personnages sont en place maintenant : le batteur avec ses plumes d'indien (seule touche de couleur dans ce monde en noir et blanc), le violoncelliste en haut de forme (mi-homme mi-automate) et le bassiste avec son masque noir peint à même la peau. Même le préposé aux changements de guitares se balade avec une cape ... Ils sont magnifiques dans ce décor.
La musique réussi à mêler émotion, énergie, puissance : tout y est. La voix de Maxim, quand elle se casse, est incroyablement poignante. Ils réussissent tous les quatre ce tour de force qui consiste à allier une efficacité et un professionnalisme sans faille avec une intensité énorme. En plus : c'est beau, c'est classe ... Que demander de plus ?!!
Le public ne s'y trompe d'ailleurs pas une seconde. Tout le monde est ravi : de la gamine sur les épaules de son papa, au petit couple d'amoureux, en passant par les jeunes et les moins jeunes ... Tout le monde prend un réel plaisir ce soir. Et quand il vient jouer les rockeurs juste au bord de la scène, c'est un pur plaisir que de voir tout le monde se mettre à sauter, à danser, à chanter. Alors, comme il le dit lui-même, on est pas beaucoup, mais on s'éclate !!
A chaque morceaux son bout d’histoire. A chaque histoire, sa mise en scène ... Et nous, on assiste à ce concert en forme de conte, sous les regards bienveillants de la guitare aux yeux de chouette. Pour moi, la musique de Yodelice, c’est comme un film qui se déroule. Je suis dans O’Brother des frères Coen ou dans un univers à la Tim Burton.
Quand démarre Midnight Radio, Maxim est seul avec sa guitare dans une lumière qui l’éclabousse de petites étoiles. Sa voix vous attrape le coeur sans qu’il ait besoin d’en faire des tonnes. Ses solos de guitare sont un réel plaisir. C’est lui qui pose le décor et nous, on embarque, on suit la danse.
Au moment d’entamer Lady In Black, ils vont tenter un petit "rapprochement". A savoir, chacun quitte sa place pour gagner le devant de la scène, avec un instrument plus maniable si besoin, et nous avons droit à une belle petite cession acoustique, tout en contre voix, maracas, guitare et tambourin ... Le public est aux anges et les cris de plaisir qui vont éclater à la fin vont arracher un joli sourire à notre chanteur fantomatique.
Le mélange des sons, des rythmes, des inspirations, l’association de cordes et de BeatBox ... Tout un ensemble qui trouvent semble-t-il un écho en chacun de nous. On oscille en permanence entre incantations célestes et danses vaudou entêtantes, allant même jusqu’à des gesticulations de possédés. Et lorsque qu’arrive la fin du set, on a même pas vu le temps passer. Alors il n’est évidemment pas envisageable de les laisser partir comme ça.
On redémarre les rappels sur la fameuse BO des Petits Mouchoirs (de Guillaume Cannet, dont la compagne, Marion Cotillard, sévit régulièrement avec Maxim sous le doux nom de Simone). C’est un tête à tête entre lui et nous. Un très, très joli moment d’émotion, sans chiqué ou tralala, avec un public ravit qui illumine la nuit avec toute ces petites lumières de portable (il faut bien remplacer les briquets ... Loi Evin oblige !!)
Puis ils reviennent tous avec un p’tit air de chez eux (et oui, pour ceux qui l’ignoraient, les membres de Yodelice viennent de Spookland ... Maintenant vous le savez !!) où l’on danse allègrement le Boogy-Woogy. Alors, c’est parti pour la super choré, avec un échalas dans les premiers rang qui se fait brancher : "Toi, tu es trop grand. Si tu ne montres pas l’exemple, je suis dans la merde !!" Le tout va finir en pogo tout doux et bon enfant, mais très rigolo. Il y a vraiment une ambiance du tonnerre jusqu’à la fin. On va se quitter comme ça, dans la bonne humeur et le plaisir, après un dernier morceau à la Ennio Morricone (belle trouvaille que cette adaptation rock de la musique Western Spaghetti !!) et non sans oublier de participer à un "Joyeux Anniversaire" improvisé en l’honneur de Sébastien, le violoncelliste.
Une très belle soirée qui me réconcilie définitivement avec Yodelice qui m’avait un peu laissée sur ma faim la dernière fois ... Merci Maxim.
Setlist
Breathe In
Insanity
Noise
My Blood Is Burning
More Than Meets The Eyes
Midnight Radio
Shadow Boxing
Lady In Black
Sunday With A Flu
The Otherside
Experience
Wake Me Up
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Talk To Me
Wrap It Up
White Page
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Après ce moment magique passé avec Yodelice, la main passe à un tout autre genre : le trio original de
Déportivo, qui se voit agrandi avec l’enrôlage d’un second guitariste (Philippe, dont c’est la dernière date ce soir) et d’un clavier. Et dès leur arrivée sur scène, ils jouent sur l’effet de surprise ... une petite musique tendre, façon Blues à la Elvis et Bing !!! (comme dirait quelqu’un que je connais bien !) ça explose dans tous les sens.
C’est sûr, nos p’tites oreilles sont à présent passées à autre chose, mais c’est super bien aussi. Parce que, moi, le bon gros rock à la française : j’adooore !! Aller hop, soyons un peu chauvin, parce qu’il n’y a pas que l’anglais dans la vie non plus après tout et que je trouve cet exercice de style souvent bien plus difficile que de nous seriner n’importe quoi dans la langue de Shakespeare, sous prétexte que la musique est bonne. Alors moi je dis Oui aux petits protégés de Louise Attaque, Miossec et Gaëtan Roussel (pour ne citer qu’eux).
L’univers aussi a changé : l’homme à la cape a été remplacé par l’homme au débardeur et les changements de guitares se font plus musclés. Ils sont doués, débordent d’une énergie phénoménale et sont vraiment les dignes représentants de la jeune scène rock française. En plus, ce qui ne gâche rien, ils s’éclatent sur scène et ça se voit. Alors moi je dis que ceux qui s’en vont sous prétexte que les décibels sont montés d’un cran : ce n’est pas cool (même si on est en semaine), parce qu’il faut profiter d’un truc pareil !! Et ce n’est pas la super Mamie qui est à côté de moi au premier rang avec son petit fils ;) qui dira le contraire !!
Surtout que le groupe ne recule devant aucun sacrifice pour mettre l’ambiance à la fête. Avant de commencer I Might Be Late, ils nous proposent de danser avec eux et font péter confettis et serpentins ... On a même droit à un splendide solo de kazoo de Julien, qui n’hésite pas à abandonner sa batterie pour laisser s’exprimer son talent. Vous l’aurez compris, en plus d’être bourrés de talent, ils n’oublient pas d’avoir le sens de l’humour ... Et le sens du spectacle aussi !! Ils tombent à genoux, se roulent par terre. On se voit même proposer un strip-tease de Julien pour faire monter l’ambiance !!!!
Mais sans avoir besoin d’en arriver là, Jérôme trouve le moyen de mettre le feu aux poudres en se livrant à un petit bain de foule improvisé (bravo pour le suivi du câble du micro !!) dont il va revenir avec un trophée : rien de moins qu’un soutien-gorge (si, si ...) offert par une fan inconditionnelle !!
Le set va se terminer sur les chapeaux de roues ... Guitare au dessus des têtes et dents serrées. La reprise de Territorial Pissing (de Nirvana) est juste terrible et on se retrouve tous collés devant la scène dans les éclairs, le tonnerre des guitares et les hurlements. Le plus drôle, c’est que ce grand n’importe quoi de rockeurs purs et durs va se finir par des remerciements tout mimi et des bisous envoyez du creux de la main. Très bon concert vraiment, qui nous a fait décoller de terre !!
Setlist
La Brise
Ne le Dis à Personne
Ivres et Débutants
1000 Moi Même
Au Milieu (Paul)
I Might Be Late
La Salade
Intrépide
Nos Baisers
En Ouvrant La Porte
Parmi Eux
Alambique
Au Saut Du Lit
Les Bières
Queen of Universe
Suicide Sunday
Le Bruit Que la Vie Fait
Territorial Pissing
Pistolet à Eau
Roma
Paratonnerre
Kazoo
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