Pour ce troisième et dernier jour, une évidence s'impose : il y a comme un énorme trou d'air dans l'après-midi ! Pas assez motivé par Bat For Lashes (la dernière sensation indie, qui ressemble surtout sur album à du Björk unplugged, mais enfin Pierre a aimé sur scène !). Par contre les très Crampsiens The Horrors jouent en début d'aprème : il faut donc foncer ! Traverser Paris à 7 personnes n'est pas anodin, c'est donc en sueur et juste à temps, après avoir trahi les plus lents, qu'on arrive ... devant un petit panneau à l'entrée "The Horrors - annulé". Carton rouge à l'organisation : il le savaient très certainement déjà hier. Fait ch... !
Commence alors une longue errance à la recherche de la tête d'affiche perdue - ou du bon groupe non repéré... On passe ainsi un moment à Housse de Racket, Scène de l'Industrie, groupe de rock parisien d'une bêtise assumée et revendiquée, chantant à peu près aussi mal que les Naast mais eux, sans se prendre pour les Kinks... Affublés de costumes type Bjorn Borg 1979, et d'instruments qui semblent du même âge (ah, le piano-guitare, toute une époque !), ils pratiquent un disco-rap-funk-rock décérébré et plutôt rigolo qui peut rappeler dans ses meilleurs moments l'oeuvre récente de M. Katerine - leur chanson éponyme Housse de Racket, qui pompe sans vergogne au moins 3 airs ou riffs connus, est par exemple très entraînante. Bref, bête et sympa, et musicalement ça tient la route...
On jette aussi un oeil à Devotchka, orchestre de rock balkan popularisé par sa participation à la musique du plaisant Little Miss Sunshine. On note le splendide tuba rose fluo d'une jeune fille (qui taquine aussi la contrebasse) et la voix haut perchée du chanteur, qui enchaîne de jolis titres de slow pop, de folk pêchu et parfois même, de disco-musette slave qui rappelle bien évidemment le No Smoking Orchestra d'Emir Kusturica. Bref assez sympa à écouter vautré à l'ombre dans l'herbe (ou nous passerons une partie de l'aprème), pendant qu'ils cuisent en plein soleil sur scène, les pauvres...
Il est temps d'aller voir si le rock de Nelson est plus virulent branché qu'unplugged (on les avait aperçus sous cette forme dans un show-case...). Et en effet, c'est hargneux et joué avec un gros son pas mal. Leurs compositions sont recherchées et ambitieuses, souvent sur les traces de Sonic Youth et autres. Du coup pas immédiatement entraînantes, mais assez prenantes sur l'ensemble... Physiquement, on repense aussi par moments à Hollywood Porn Stars, autre groupe de jeunes rockeurs méchants et doués en costard-cravates, dont on est hélas sans nouvelles. Vers la fin ils enchaînent un longue plage noisy et un titre disco-rock plus sexy pour allumer enfin le public (Paid it All je crois) : incontestablement Nelson est un groupe prometteur, qui doit en plus être fort bon sur album !
On choisira par contre de passer rapidement sur la suite du programme de l'après-midi, soit un joyeux trio perdant... D'abord une Kelis qui a certes un groupe de rock (seule raison de sa présence j'imagine) et s'aventure donc parfois dans du rock US vaguement groovy, mais fait quand même surtout du R'n'B bling-bling (ce que je déteste viscéralement). Viennent ensuite les Kings of Leon, fratrie qui nous emmerde sur scène comme elle nous emmerdait déjà sur disque, avec ses compos prétentieuses et sans intérêt dont absolument rien ne surnage, et qui ne sont vraisemblablement connus que grâce à un bon attaché de presse, leurs gueules d'anges et leurs coupes de cheveux... trop toooooop ! Beuark.
On n'accroche pas davantage au concert de Just Jack, autre petit minet sans autres talents particuliers que d'avoir pondu un ou deux raps nonchalants comme la sympathique Writer's Block, idéal pour les soirées lounge-V.I.P branchées... mais expédiée dès le début et rendant le reste très insipide. Bref on s'emmerde ferme, et comme jamais à un festival auparavant, depuis la fin de Nelson ! Au point qu'on s'en réjouirait presque de voir Faithless, obscur groupe de dance/trip hop qui a survécu on-ne-sait-comment aux années '90 grâce à un unique tube appelé Insomnia, et doit sûrement sa présence au fait qu'ils ne doivent vraiment pas être chers - il faut bien économiser pour pouvoir se payer Björk...
Insomnia est d'ailleurs jouée dès le début, histoire que les gens s'approchent de la grande scène clairsemée. Certes le titre est sympa, comme deux ou trois autres (God is a DJ notamment, enfin au second degré quoi !), surtout qu'ils sont joués avec de vrais instruments ! Hélas au lieu de se contenter de nous faire danser sans réfléchir (tout ce qu'on leur demandait...), le groupe et son chanteur mystique se piquent en parallèle de faire une trip-hop militante, nettement en dessous du niveau de Massive Attack par exemple, et dans l'ensemble plutôt FM et indigeste... Ca finit heureusement sur un dernier titre dance très enlevé (Salva Mea ?), pour réveiller l'assistance qui semble en grande partie s'être assoupie.
Autant on n'attendait rien des 4 groupes précédents, autant on pensait quand même accrocher plus à la prestation de Craig Armstrong dont on adore le très atmosphérique The Space Between Us. Le bonhomme assis derrière son piano face à la scène, paraît tout droit sorti des Sopranos avec son cuir et ses cheveux gominés ! Hélas n'assumant pas réellement le côté piano/violon/harpe qui a fait sa renommée, il s'est adjoint deux jolies chanteuses, et joue plutôt du trip-hop sans grande saveur ni aucune force mélodique particulière, un comble quand même ! Mais peut-être que ce bien-aimé album n'était qu'une parenthèse dans sa carrière ? En tout cas, non, rien à faire, ici non plus on n'accroche pas !
Bref on n'a tenu le coup en ce dimanche interminable que dans l'espoir de voir enfin un concert de Björk, artiste complète et hors normes dont on a adoré certains albums (même si elle nous a souvent déconcerté avec malice), et qui nous fuit sur scène depuis 14 ans et son déjà splendide Debut, jusqu'à son dernier et plutôt convaincant Volta. D'ailleurs Mademoiselle Guðmundsdóttir prend un malin plaisir à faire durer encore un peu cette attente, tandis qu'on se place difficilement - et derrière un grand drapeau hélas - dans le moulon général qui s'est formé (pas aussi imposant que pour Radiohead l'an passé, mais presque). Le concert sera-t-il à la hauteur de nos espoirs ?
La vibrionnante fée arrive en tout cas dans un grand fracas d'applaudissements et dans une robe dorée (et très meringuée), flanquée d'une troupe de filles jouant des cuivres, dans des tenues et un décor qu'on qualifiera de ... chamarré. Il est vrai qu'à la vue de sa dernière pochette d'album, il fallait s'y attendre - l'esthétique de l'islandaise peut parfois s'avérer déconcertante, surtout depuis que Björk est sorti des images virtuelles qui la passionnaient dans les années 90, pour entrer dans une phase plus textile... On est toutefois rassuré dès les premières notes d'Innocence : ça va barder ! Plus encore sur la très tendue Hunter qui est un vrai plaisir à redécouvrir, même si les violons absents ont fait place à des cuivres, non moins efficaces.
Ceux-ci font également merveille sur les choeurs d'Immature, et l'on se sent prêt à chavirer de bonheur sur Joga, d'autant que le son est parfait... La suite est un voyage dans des titres plus calmes et parfois moins connus : dans Medulla avec l'étrange Pleasure is all Mine, dans Vespertine avec la trippante Hidden Place et une ou deux autres chansons non identifiées. Le groupe se rappelle alors qu'il faut faire un peu danser les gens : un enchaînement très plaisant entre la très groovy Earth Intruders et les beats phénoménaux de la mythique Army of Me mettront idéalement le feu à l'assistance !
Mais le spectacle est aussi visuel : outre le visage maquillé (et un peu fatigué) de Björk, qui crie de petits "Merci bien !" assez régulièrement, on voit sur les écrans ses musiciens (dans la section électronique : le fidèle Mark Bell et ses acolytes) utilisant d'étranges instruments très décoratifs, comme ces potards lumineux que poussent des doigts mystérieux, ou ce grand disque où ils déplacent et font tourner ce qui ressemble à des runes, déclenchant des dessins, des vibrations et des bruits. Chiqué ou non, en tout cas c'est plutôt classieux !
Le concert continue avec certains titres nouveaux (ou alors vraiment très peu connus - je sèche !), tour à tour électro ou plus calmes... Après un retour à Homogenic avec 5 Years, on revient subtilement à du plus dansant sur l'amusante Wanderlust, lente sur le chant et les cuivres, et rapide sur le beat, tout comme Hyper-Ballad... Et remise d'une couche d'adrénaline pure et de lasers (empruntés à Tool ?) sur la toujours mortellement efficace Pluto, où la demoiselle expose (explose) tout son potentiel vocal, mais nous quitte déjà, hélas, après une grosse heure de concert !
Au rappel, après nous avoir fait chanter "joyeux anniversaire" pour deux membres de sa troupe et avoir présenté celle-ci au pas de course, l'islandais interprète avec un pianiste un joli titre tout à fait inconnu et termine, comme on l'espérait, sur la formidable Declare Independance, de loin le moment le plus jouissif de Volta, avec ses vrombissements telluriques, devant un public définitivement déchaîné ! Il était hélas écrit que le concert devrait finir tôt (et donc être trop court) : c'est toutefois le seul reproche qu'on puisse lui adresser tant il fut à peu près parfait par ailleurs - pour les amateurs de Björk en tout cas, Pierre ;-) !!
Avant de partir, on aura l'occasion de dire à ce satané anglais et son immense drapeau à la noix (qui nous a gonflé tout le concert) qu'il n'est pas à l'Eurovision, que "Seeing your stupid flag all the time is a fucking pain in the ass !" (ouais parfaitement ! Bon, j'avoue, je l'avais préparée à l'avance celle-là). Et que si on était méchant (et fort) on lui aurait probablement tapé dessus... Rhaaa, que ça fait du bien de râler un bon coup et d'emmerder un emmerdeur ! Oyez, les Anglois sont nos alliés de festivals, c'est un fait, mais boutons leurs oriflammes et leurs monstres boueux hors de France !
En conclusion, on retient de ces très sympathiques (mais très inégaux) trois jours que tout de même, pour avoir une vraie ampleur il faudra sûrement rallonger l'enveloppe (le festival est déficitaire pour 2007 mais avec 2 ou 3 pointures en plus, une en métal ou en techno par exemple, qui sait s'il n'aurait pas fait le plein ??. Ou bien baisser le cachet et/ou le niveau de prestige des têtes d'affiches (au moins Tool et Björk ont dû coûter très cher...), pour éviter des trous manifestes. De plus, un peu plus de sérieux et/ou de franchise pour prévenir des annulations ne serait pas un mal non plus (comme celle d'Amy Winehouse, malade depuis une bonne semaine : même Voici a du en parler avant le site de Rock en Seine !)
Quant au rapport quantité/prix, ça vous dit un petit calcul ? En arrondissant un poil et au tarif pass 3 jours, et pour des concerts de qualité équivalente, les Eurocks proposent 75 concerts pour 90 euros et ici, "seulement" 45 concerts pour 98 euros ! Certes on ira pas, comme un illustre c... pouf pouf, comme un député de la majorité, jusqu'à décréter ce tarif "prohibitif" - comparé à trois jours de vacances présidentielles, ça reste très abordable ! Certes la subvention attribuée par M. J-P H. est déjà très généreuse, alors on peut peut-être encore mieux faire pour le même prix, un petit effort !
Quoi qu'il en soit on ne boudera pas la sixième édition du festival l'an prochain : 3 grandes et belles scènes, un site très agréable et régulièrement nettoyé par des petites mains de bonne volonté (bravo à elles !), pleins de chouettes concerts et de petites animations sympa (ah, cette nymphette black déguisée en écolière sexy et qui chantait du Nirvana...), le métro deux fois gratuit au retour et l'horaire qui permet de continuer la fête ailleurs... Rock en Seine, c'est pas encore parfait mais c'est quand même déjà de la balle !
Alors gloire à Jean-Paul Huchon et Longue Vie à Rock en Seine !!
PS : cette chronique est espécialement dédicacée à celle dont nous avons salopé l'appart pendant trois jours et qui nous a même nourri en échange !
Voici une critique brève, mais comportant la plupart des groupes présents durant les 3 jours du festival.
1er élément important, il a fait beau (juste de la flotte quand j'étais dans le métro pour y aller le vendredi) et ça c'était bien sympa et pas gagné (surtout vu le temps des jours/semaines/mois précédents).
Vendredi :
J'ai écouté quelques titres de Dinosaur Jr, ça ne m'a pas emballé plus que ça. J'en gardais pourtant un bon souvenir en CD, mais là bof.
Très bon concert de Mogwai que je connaissais très peu. Pas évident de rentrer dans leur musique dans le cadre d'un festoche, mais ça m'a bien plu.
Byffy Clyro très sympa, beaucoup plus brut de décoffrage qu'en CD. Un bon concert rock.
Emilie Simon magnifique de bout en bout (bon j'avoue je ne peux pas être objectif la concernant). Ca m'a fait super plaisir de la voir enfin.
Les Hives ont bien mis le feu. Très agréable en festival, ça bouge, ça rigole, ça met l'ambiance.
Plutôt déçu par 2 many Dj's. Pas de grand intérêt à les voir en live pour moi.
La tête d'affiche de la journée était Arcade Fire. Très bon son, setlist plutôt bien fichue. Pas mécontent de les avoir enfin vus. Un très bon groupe du reste.
Je ne suis pas resté jusqu'à la fin pour aller voir le groupe qui me plait le plus en ce moment, à savoir UNKLE. Vraiment pas déçu, bien au contraire. Ca bouge beaucoup. Un excellent concert. Ca assure carrément.
Samedi :
Les Cold War Kids, bah rien de spécial, c'est sympa sans plus.
Erik Truffaz, dans le style (jazz machin chose) s'écoutait assez agréablement.
J'ai bien aimé le concert de Jarvis, même si je conçois que pour ceux qui ne connaissent, ça puisse être dur de rentrer dedans. C'est assez lent et mélancolique. Il est bien sympa en tout cas et a terminé en reprenant Paranoid de Black Sabbath.
CSS c'était marrant sans plus.
Bonne 1ère claque avec The Jesus & Mary Chain que je connaissais peu. Très bon son, ambiance sympa, morceaux bien fichus, bref un bien bon concert.
J'étais assez mal placé pour les Rita Mistouko et passé la 1ère demie heure, ça m'a soulé, donc je me suis eclipsé. Ca devait être mieux placé plus devant.
Claque énormissime pour le dernier concert à savoir Tool. Je n'avais jamais entendu un son aussi lourd et bon à la fois. Pas de temps mort, un jeu de lumière bien foutu, des morceaux torturés à souhait. LE concert du festival pour moi et de très loin.
Dimanche :
J'ai entendu la fin de Mark Ronson et ça s'écoutait.
Kelis, vu que c'est pas ma came, ça m'a gavé.
Très bon show des Kings Of Leon que je voyais pour la 1ère fois et j'en ai été ravi.
Just Jack (que je ne connaissais pas et qui n'est pas ma tasse de thé à 1ère vue) m'a bien plu.
Excellent concert de Faithless. Ils assurent bien, ça bouge beaucoup et c'est bien sympa.
Craig Armstrong chiant à mourir (et pourtant j'ai le 1er album)
Björk, comment dire ? Alors c'est sans doute une énorme artiste, une chanteuse d'exception tout ça, mais j'ai trouvé ça bien décevant. Entourée de cuivres, il n'y a pas un autre instrumentaliste (tout est programmé sur ordi), donc c'est super lent, épuré. Chez soi, ça peut le faire, mais là dans un festival de rock, bah ça fait tâche je trouve. Ai tenu 20 minutes et même les titres que je connaissais m'ont soulé. Beaucoup de gens n'ont pas tenu longtemps non plus.
Du coup suis allé voir Enter Shikari mélange détonnant de HxC, Metal, Techno machin truc. Ils avaient la pêche. Soulant à la longue, mais excellent et original.
Donc en résumé un bon festival, un très bonne ambiance, nettement moins de monde que l'an dernier (affiche moins alléchante et temps de merde avant notamment), pas certain que ce soit bon de rester sur 3 jours (2 ça suffit). Très content de mon WE en tout cas qui m'a permis de voir des groupes que j'aime bien et d'en découvrir d'autres. Je suis même tombé sur Mareva Galenter et Jack Lang (je ne leur ai pas fait mal je pense). Ah oui, ils n'étaient pas ensemble je vous rassure.
Dès 14 heures, Bat For Lashes place les débats à une altitude très élevée… Sa musique, entre Björk, Kate Bush et CocoRosie, provoque des sensations inédites, grâce à une voix prenante, des arrangements audacieux et des musiciennes inspirées… Les tenues des quatre protagonistes sont futuristes et plutôt avant gardistes/branchées, mais l’attitude est naturelle, simple et décontractée. Pas de caprice de star donc, mais des morceaux bien écrits (cf son album Fur and gold), plutôt originaux et immédiatement captivants. Un début de dimanche après-midi comme on aimerait en passer plus souvent…
L’annulation des extraordinaires The Horrors (un groupe à voir absolument sur scène !), prévus à la même heure que Housse de Racket nous contrait à nous rabattre sur le jeune groupe francilien fan de tennis… Contre toutes attentes, et même si l’on se demande pourquoi ce groupe parodique prend la place de jeunes autres groupes écrivant de meilleures chansons, Housse de Racket a proposé un concert hilarant, décalé et assez enthousiasmant. Ils écrivent des titres anecdotiques, ils pompent leurs contemporains à tout va, ils chantent faux, ils se la pètent, non ce ne sont pas les Naast, ce sont bel et bien les… Housse de Racket, un croisement audacieux entre les Naast, le nouveau rock parisien de privilégiés sans talent, Phoenix, Air, Daft Punk et -M-. Cela pourrait être nul, ça l’est d’ailleurs eu (beaucoup) quand même, mais c’est fait avec un talent certain pour l’autodérision, un sens du spectacle inné, une conviction hallucinante et un humour ravageur. Les facéties, et autres discours débiles sur le tennis (« on fait de la musique de stade ! », « c’est super d’être sur la même affiche que Bjorn Björk » etc) se succèdent donc à un rythme effréné, à la grande satisfaction du public, conquis. Jeu, set et match donc pour Boris Bockor , Aleksander Passinshov, Tennis Mat, Vico Vix et Repi Rep.
Changement radical de style juste après, avec la musique d’Europe de L’Est des Américains de Devotchka. En plein jour, avec un son médiocre, une batterie beaucoup trop forte, ce quatuor basé à Denver n’a eu pourtant aucun mal à convaincre le public avec ses compositions tout à tour émouvantes et festives. Proche de Beirut dans l’esprit, Devotchka a la chance de posséder en son sein un vocaliste chantant comme un Jeff Buckley des Balkans, un violoniste virevoltant et une multi instrumentiste douée (trombone etc). Agrémenté de deux ou trois danses slaves, de quelques parties de Theremin (tout en jouant de la guitare, s’il vous plaît !) bien senties, le set de Devotchka a permis de prolonger un après midi divin au soleil. A revoir avec un meilleur son, dans une salle plus appropriée…
Collaborateur d’Amy Winehouse, Mark Ronson a fait plutôt bonne impression avec sa revue soul présentée sur la grande scène. Les morceaux instrumentaux évocateurs (parfaits pour des BO de films) et les titres chantés par différents interprètes se sont succèdés sans temps morts. La remplaçante d’Amy Winehouse était plus convaincante sur les titre soul Rhythm & blues que le sosie de M Pokora, mais l’ensemble était de bon aloi…
Kings Of Leon : guitares génialement basiques, chant habité, solos chromés et rythmiques énormes.
Le grand moment de la journée fut constitué par le set hargneux et sec des Kings Of Leon, quatre gamins aux allures de gravures de mode jouant comme des baroudeurs à la Creedence Clearwater Revival. Pas une trace de mauvaise graisse ici : que du bon rock ‘n roll près de l’os avec riffs de guitares génialement basiques, chant habité, solos chromés et rythmiques énormes. Pas de fioritures, juste ce qu’il fait de poses et des morceaux en acier trempé, voilà les points forts de ce groupe américain béni des dieux… Doués comme c’est pas possible, les quatre desperados aux gueules d’anges savent varier les ambiances, changer de rythme et se la jouer psyché (comme sur le premier titre de l’excellent dernier album) quand c’est nécessaire. Inutile de dire qu’on passe un moment de rêve, comme la grande majorité du nombreux public d’ailleurs, en compagnie de ce groupe d’exception. On attend la suite de leurs aventures musicales avec une grande impatience…
Comme au Printemps de Bourges cette année, ce jeune groupe a fait montre d’un abatage, d’une énergie et d’une bonne humeur rafraîchissantes. Son punk rock nirvanesque à base de hurlements, de guitares sauvages et de rythmiques ne tenant pas en place est un hommage permanent à l’histoire du rock ‘n roll hystérique. Sur scène, ça déménage sévère, dans le public, tout le monde est positivement ravi… Que demande le peuple ?
Björk : ne sait plus trop quoi inventer pour épater le bobo…
Tête d’affiche incontournable ayant rameuté le gros des troupes sur le Parc de Saint-Cloud, Björk a offert au public, visiblement sous le charme, un concert déjà vu, facile et sans chaleur. A l’image de son dernier album, très fade et constamment soporifique, la diva islandaise – qui possède toujours un joli brin de voix, il faut lui accorder ça – semble avoir fait le tour de la question sur scène : elle ne sait plus trop quoi inventer pour épater le bobo, et toutes les chansons se ressemblent… Très rapidement, un sentiment d’ennui apparaît, et les images du concert magique de Radiohead - l’année dernière, au même endroit - reviennent en mémoire.
Rock en Seine 2007, comme les autres éditions de ce festival sponsorisé par Jean-Paul « coeur de rocker » Huchon (encore à créditer d’un édito jeuniste assez risible dans le programme du festival), a permis de passer un week-end parisien riche en concerts mémorables. Le passage à trois jours de festivités a un peu dilué la qualité, mais la programmation reste quand même extrêmement classe.
Après une nuit réparatrice, on rejoint le site sous un soleil de plomb (qui a dit que l'été était pourri ? A Marseille on a pourtant rien remarqué - hin, hin, hin...). Quoi qu'il en soit pas de panique : la boue n'a pas séché, les journaleux des Inrocks auront toujours l'air de cons en tongs, et les nombreuses minettes au look Plasticines (jean slim et mèche de rigueur), chaussées de bottes à fleur, seront toujours au top du chic et du tout-terrain !! Certains petits malins de nos amis ont pu faire entrer des breuvages non vendus sur le site, la moitié des jeunes de Londres est toujours là - et toujours ivre (certains avec des canettes en verre dont on se demande sincèrement où ils les ont cachées pour passer à la fouille), on a pu finalement rentrer même si nos bracelets sont d'ores et déjà à moitié effacés : tout s'annonce très bien !
Sont déjà en action les PuppetMastaz, un groupe d'une quinzaine de rappeurs crypto-teutons pour le moins original car composé de ... poupées, enfin de marionnettes un peu déglinguées avec des gueules de chaussettes trafiquées, disons plus près de Fraggle Rock que du Muppet Show, et qui envoient un rap de tous les diables ! A un moment donné un énorme Puppet gonflable ('Meet my fuckin' big brother !') vient même calmer un de ces petits salopiots (voir vidéo par ailleurs). Et plus tard un DJ en forme de yéti rose fluo les fera tous danser en rythme ! C'est donc beaucoup plus amusant que le déplorable Wu-Tang qu'on a subi aux Eurockéennes, surtout que le groupe a un flow parfait qui rappelle les excellents Jurassic 5 vus sur cette même scène il y a quelques années, et que la synchro des voix avec les Puppets est telle que même à dix personnages, on voit encore qui chante quoi ! Total classe. Le groupe s'est présenté à la fin et, nous a-t-on dit, a recueilli un triomphe mérité. A revoir en entier donc !
Car on a du partir avant (et même sacrifier les bruitistes I Love UFO qu'on aime pourtant bien !), désireux de ne pas rater le concert de The Fratellis, qui délivrent un rock très frais sur leur prometteur premier LP (Costello Music), rappelant les Arctic Monkeys, avec un poil plus de mélodies. Leur bon son brut est très entraînant, sur les rares balades (Everybody knows you cried last night, So if you're lonely), comme sur les nombreuses pépites rock que sont les furieuses Flathead, Creeping up the Backstairs & autres Country Boys and City Girls (qui rappellent Dirty Pretty Things, et ça c'est un compliment). A noter qu'ils ne sont vraiment que trois (contrairement aux blaireaux de Muse par exemple) et que le batteur, en plus d'être excellent, chante - et chante même très bien. Par moments on pense aussi aux White Stripes tant certains riffs sont saignants - un power trio quasi-parfait en somme ?
A noter que dans la flaque de boue énorme devant la scène, patauge et s'épanouit un jeune anglais très mobile (et apparemment très "high") qui hélas salit un peu trop les gens autour de lui - pour rigoler quoi, c'est cooooool ! Il finit même par être franchement agaçant au point qu'un type balaise, plus remonté que les autres, finit par faire ce que tout le monde rêvait sans se l'avouer : le choper pour lui mettre la tête dedans (un poil trop violemment hélas). Pas démonté, le golem continue à danser (voir vidéo par ailleurs) tandis que le groupe envoie le single Henrietta, ou encore les popissimes Baby Fratelli & Chelsea Dagger, qui sonnent toutes deux comme du Beatles sous acide ! Au final, certes un peu dérangé par l'excentrique angliche, on a passé un excellent moment en compagnie de ce très bon combo, très référencé (voire peu original, dirons les chagrins), mais sacrément efficace pour trousser des chapelets de chansonnettes parfaitement jouissives !
On a bien été prévenus par voie de presse il y a sept jours (soit 5 de plus que sur le site de Rock en Seine, merci !) que la diva borderline Amy Winehouse ne nous ferait pas l'honneur de sa présence électrisante, pour cause de Rehab forcée (elle avait pourtant dit : 'No, no, no !')... Sauf sous la forme d'une image pixellisée (et un peu revisités au rouge à lèvres), parmi des dizaines de tableaux tous plus réussis les uns que les autres, exposés par un certain Craig Robinson (qui nous ont permis de jouer à "qui c'est ?" pendant trois jours - les réponses étant en général assez faciles à trouver grâce au coup d'oeil acéré de l'artiste). Enfin pour New Order c'était quand même pas facile...
Bref, Amy semble envisager une carrière à la Pete Doherty (sauf qu'elle est une vraie musicienne, et qu'elle prône la tendance viticole), et on ne peut donc que se féliciter de l'avoir vue, la belle, aux Eurockéennes où elle fut, sachez-le chers amis parisiens (qui ne vous étiez pas tous déplacés en p------e), tout bonnement sublime ! Une autre fois, espérons-le ? Quoi qu'il en soit on ira pas revoir à la place Cold War Kids dont on ne peut absolument pas supporter la voix du chanteur sur scène, malgré un album correct et quelques bonnes compos. Quant à l'autre groupe aperçu à ce moment, il porte bien son nom : Hello / Goodbye... horrible son variétoche, beuark, fuyons !
Ouaip, de toutes façons on va enfin pouvoir voir Pravda, fameux duo électro-garage parigot minimaliste sur lequel on a placé beaucoup d'espoirs... Arrivés en plein soleil, Suzanne est un peu plus habillée que prévu, et Mac un peu plus blond mais, bon, elle est néanmoins sexy à mort et lui rock-n-roll en diable avec son T-shirt U.R.S.S. Il est vrai qu'ils évoquent quand même (comme l'a dit le guitariste) un duo formé par Uma Thurman et Billy Idol ! La machine à tubes express qui squatte notre iPod depuis des mois se met alors en branle : Body Addict, What did U expect, Je suis French, L.O.V.E. (où la belle Suzanne échange son Korg contre une basse), et nous retourne bien le cerveau ! Et l'on se rappelle soulagés que si Amy était venue, on aurait du faire un choix difficile entre ces deux brunettes atomiques.
Tandis que là, notre temps de cerveau est tout disponible pour ces petits joyaux de simplicité binaire et de verve pêchue : Lover's Contract, I Wanna be your God, J'ai besoin d'air, la reprise Frank Sinatra ou l'iggypopissime 1,2,3,4 Rock, assénés avec une grâce et une gentillesse désarmante (ils ont tout de même l'air étonnés d'être là devant tant de gens !). On a pris aussi un pied terrible sur une version technoïde et pour tout dire débilisante d'Enter Sandman (tandis qu'un ami métalleux au désespoir envisageait au même moment, nous racontera-t-il après, de s'ouvrir les veines !). Le concert se finit, trop vite, sur des remerciements (et des applaudissements) chaleureux et le titre génial qui sauvait la compil 'Passe ton ton Bac d'abord' : je suis A l'Ouest (hey, hey, hey)! Cela dit si la formule duo fonctionne à merveille, un petit batteur ne ferait pas de mal ! En tout cas respect à Pravda et ... Na Zdorovie !
On se remettra en effet avec un grand verre de brassin de houblon, un peu passif à vrai dire (puisque assis derrière une tour son), en écoutant les boucles trip-hop jazzifiantes d'EriK Truffaz, qui invite à un moment le chanteur Ed Harcourt et sa voix chaloupée pour le seconder. J'ai remarqué une très belle chanson piano-voix qui rappelait Archive (bonne époque) : soporifique et très beau ! D'autres qui ont mieux écouté semblent avoir trippé à mort pendant ce concert - on posera simplement notre joker de la journée, avec à la place d'une illustration du concert, cette belle image de deux membres historiques (et actuellement brouillés) du rock stoner !
On se reprend pour aller voir (sans passion excessive mais puisque rien ne nous tente), le héros solitaire de la brit-pop Jarvis Cocker qu'on imagine à tort être un vieil aigri prétentieux. Grossière erreur, c'est un garçon éminemment sympathique ! Installé en France depuis 4 ans et qui pourtant baragouine horriblement le français, entre chaque chanson. Mais c'est aussi un pitre de bon niveau, et même un très bon songwriter dont on écoute avec plaisir les compositions (pourtant inconnues, on a même pas reconnu de hits de Pulp...), d'autant que son groupe est plutôt très affuté. Il plaisante sur la flaque, finement rebaptisée 'Espace Glastonbury', et dédicace même une chanson appelée One Man Show au golem, qui y trempe toujours ! Il fait aussi le crooner piano-voix, avant une fin beaucoup plus rock (sur une reprise sympa de Paranoïd). Pas totalement captivant mais reconnaissons qu'on a passé un agréable moment avec lui.
On jette ensuite un oeil lointain sur C.S.S. (qui a en effet attiré beaucoup de monde). Pas moins de 6 filles et 3 guitares, elles déroulent crânement leur très inégal album Cansei de Ser Sexy dans un festival de couleurs et de ballons : certaines chansons sont d'un kitsch assumé comme Alala - par moments ça ressemble à Pop Corn joué en live, parfois c'est presque rock (sans jamais égaler en la matière leurs consoeurs du Tigre, quand même salement plus hargneuses)... Mention spéciale quand même à Meeting Paris Hilton ('The bitch says yeaaaah !'), assez drôle !
Fatiguées d'être sexy (et elles le sont), plusieurs de ces filles se sont donc habillées comme des sacs - surtout la chanteuse (plutôt mignonne par ailleurs) qui porte une immonde combinaison moulante fluo multicolore à un poinr que c'en est fatiguant à regarder ! En tout cas leurs titres passés au filtre d'un son de scène plus dûr, s'en sortent bien : en particulier les bombinettes électro-rock comme Off the Hook électrisent la foule (qui slamme dans tous les sens), la chanteuse est une vraie pile électrique - ça le fait ! Pas folles par contre, les filles ont gardé leur single Let's Make Love & Listen to Death From Above pour la fin (un peu courte d'ailleurs), concluant leur concert dans une belle ambiance festive, par d'impressionnants tirs de canons à confettis et serpentins !
Un peu plus tard sur la grande scène, on découvre (peu ou prou) The Jesus & Mary Chain, groupe indie historique dont le côté mythique nous passe légèrement au dessus de la tête, malgré quelques écoutes à titre de rattrapage de leur manifeste Psychocandy. Leur jeu de scène, tendance croque-morts en goguette, est charmant : je suis sûr que le chanteur Jim Reid (une sorte de Ian Curtis non suicidé) doit rigoler, parfois, quand il se brûle. Et même que le guitariste doit sourire, quand il se mutile par accident... Les orchestrations sont basées sur des balades ou des chansons pas très violentes en soi, mais s'appuyant constamment sur des guitares atrocement saturées (un mur de larsen constant en somme - j'aime assez !)
Quoi qu'il en soit, leurs chansons ont vingt ans pour certaines et sonnent très modernes, on a même l'impression d'en reconnaître plusieurs (reprises sur des B.O. de films peut-être ?). En tant qu'influence majeure du shoegazing, ils ont été pas mal pompés et repris, il est vrai : des groupes comme T.B.J.M., The Raveonettes ou B.R.M.C. leur sont largement redevables ! Le chanteur expose son hédoniste philosophie à travers ses textes : 'I'm happy when it rains !' (pas de bol, il fait beau) ou encore 'I wanna die just like Jesus Christ' (sans dèc' !). Sa voix a toutefois un côté hypnotisant et presque sexy, le son est de mieux en mieux réglé (à moins que nos oreilles s'habituent ? ) bref, incontestablement il se passe quelque chose : c'est bon ! Le final est d'ailleurs tout à fait trippant, on est conquis - voilà une lacune à rattraper !
Bref, on a pas particulièrement envie de traverser tout le site, après ça, pour aller se polluer les oreilles avec les productions récentes des Rita Mitsouko (dont seuls les tubes d'il y a vingt ans ont vaguement amusé nos oreilles aux Eurockéennes). Etant venu avec des amis Toolomanes, on se laisse donc facilement convaincre de boire un coup et manger, avant d'aller se placer tranquillement. Personnellement l'album 10 000 Days dont j'aime bien certains passages, ne m'a pas bouleversé au point de vouloir le chroniquer : le metal progressif et cérébral que pratique l'"Outil" nécessite une écoute de type méditative et un patient apprivoisement, qui ne semblent pas avoir prise sur moi... pour le moment.
Mais enfin la curiosité est là devant ce concert annoncé comme exceptionnel : je patiente donc gentiment parmi mes amis les braillards, on s'échauffe un peu la voix (le nom du groupe se hurle particulièrement bien), et je constate un peu désabusé qu'étant tout devant la grande scène, je suis à nouveau placé très logiquement ... les deux pieds bien tanqués dans la merde ! Qui plus est derrière des gens plus grands que moi et placés sur du dûr, eux. Lorsque le public est bien chauffé à blanc, le concert commence dans une immense clameur, avec un dispositif de scène intéressant : seuls les visuels sont mis en avant, tandis que les musiciens (surtout le leader caractériel Maynard James Keenan et son iroquois, qu'on ne verra à peu près pas) resteront en ombre chinoise une bonne partie du concert.
Le son dans la fosse n'est pas formidable - c'est même assez violent, on entend trop la basse et la batterie et trop peu le chant, pourtant assez délicat. Les visuels par contre, créés par l'un des membres du groupe, sont objectivement plutôt splendides. Les longues plages méditatives, ponctuées d'explosions violentes de batterie ou de guitare, plongent les fans dans la transe - pour ma part j'apprécie surtout les vidéos (très orientées anatomie/chirurgie) vraiment hyper-chiadées ! Le tout a un côté messe païenne (le groupe a d'ailleurs forgé sa légende en se posant comme passeur d'une pseudo-doctrine philosophique, la lachrymologie), c'est plutôt plaisant même si je me sens vaguement déplacé parmi tous ces fans hardcore, un peu comme quand je m'étais perdu dans le public de Johnny H...
Aux deux-tiers du concert, les non-Toolomanes de notre groupuscule dont je suis s'échappent cependant pour aller boire un coup et se situer beaucoup plus loin. Il s'avère en reculant que la foule n'est pas (ou plus) si nombreuse que ça - guère étonnant vû le côté plutôt expérimental de la musique de Tool... Pour notre plus grand plaisir, il s'avère que le show a une tout autre gueule vu du fond : le son est bien meilleur, on profite mieux des films sur écrans géants et des lasers qui déchirent le ciel, en obéissant pile-poil au rythme des coups violents assénés par le batteur (quel pied il doit prendre, le salaud !). Le concert se termine par (eh oui, j'ai quand même reconnu formellement un titre !) la formidable Vicarious (cf petit extrait en vidéo), et honnêtement c'est plutôt génial !
Pour finir, le psychopathe en chef prend le micro et remercie brièvement le public - c'est déjà pas mal, ne lui en demandons pas trop. Plutôt conquis, j'en conclus que ce concert est en tout cas l'un des plus beaux que j'aie vu - esthétiquement parlant ! En petit bonus, un ami (dont je tairai le nom) arrivant en courant pour retrouver sa belle, zigzague un peu trop, dévisse et s'étale de tout son long dans la boue, ce qui égayera notablement la fin de cette soirée grande-scène à l'ambiance un peu morbide quand même - mais artistiquement très stimulante !
Encore une belle journée donc, qui se finira après avoir hurlé comme des idiots dans le métro (et aussi y avoir violé un certain nombre de lois de santé publique juste pour le plaisir, tel ce mauvais parisien sur l'illustration), qui se finira donc par une petite virée dans le quartier très agité de Pigalle ...
Deuxième journée fort sympathique au festival Rock en Seine, avec du soleil, de la chaleur, des groupes en forme et… des bains de boue au Parc de Saint-Cloud. S’il reste encore quelques traces de la pluie sur le site, il faut vraiment le vouloir pour plonger dedans et se recouvrir de boue (comme l’ont fait un certain nombre de petits agités non loin de la grande scène) ; car le franc beau temps est de retour, et la majorité des festivaliers ont préféré s’immerger dans un océan de groupes variés et désireux d’en découdre scéniquement parlant… Pas aussi extraordinaire que le vendredi (avec Arcade Fire, The Hives, The Shins, Dinosaur Jr, Hey Hey My My, Rodeo Massacre, Dizzee Rascal, M. I. A. et Rock & Roll), cette journée de samedi restera malgré tout un excellent souvenir.
The Fratellis : des munitions pour remplir un juke box.
Le marathon commence pour nous devant la grande scène, avec un bon concert des Fratellis, un power trio entre pop et boogie rock. Sorte de croisement habile entre T. Rex et les Libertines, la musique de ce combo plutôt puissant déménage réellement (cf leur album Costello Music). Le chanteur/guitariste , sosie de Mark Bolan, se démène comme un beau diable en serrant les dents : on n’est pas là pour rigoler, le business du rock, c’est sérieux les gars, hein ! Ce côté trop pro est un peu dommageable, surtout qu’à cela s’ajoute un son trop fort et lourdingue, mais force est de constater que ce petit groupe (auquel s’ajoute une section de cuivre bienvenus sur quelques titres) a des munitions pour remplir un juke box de ses tubes avec refrains à gueuler en chœur au pub (Chelsea dagger, Henrietta etc)… A revoir sur une scène plus petite, l’effet étant sans doute décuplé dans ces conditions-là.
Hellogoodbye : anecdotique.
Peu de temps après sur la scène de la cascade, les Californiens d’Hellogoodbye ennuient assez rapidement avec leur pop rock FM assez anecdotique. Hellogoodbye , c’est un genre de Weezer encore plus propre ou une version 2007, ultra formatée et sans intérêt des Beach Boys. Le groupe fait preuve de bonne volonté, essaie de communiquer (« c’est la première fois qu’on vient jouer en France, blah, blah, blah… » ) mais ce qu’on retient c’est surtout ce sont des morceaux faits pour marcher avec des recettes éprouvées, mais qui ne fonctionnent pas vraiment.
C’est tout le contraire pour les Cold War Kids, parachutés sur la grande scène en remplacement de la diva soul Amy Winehouse… Dès le début de leur set, on ressent un frisson, provoqué par la voix marquante et les musiques étrangement captivantes du groupe américain. Et l’on n’est pas le seul à ressentir cela, la majorité du public appréciant à sa juste valeur la prestation du quatuor ultra concentré, voire carrément en transe sur scène. Les gens tapent dans leurs mains, chantent les refrains, on se croirait à un concert de Coldplay… Sauf que là, il se passe quelque chose : l’alchimie entre le chant torturé, les guitares hargneuses, le piano sauvage, la basse insidieuse, la batterie sèche et les percussions originales fonctionne à merveille. Certes, on pense à Jeff et Tim Buckley, Tom Waits et John Lennon (brillamment repris lors d’un Well, Well, Well superbe) mais les compositions de leur album Robbers And Cowards sont néanmoins furieusement originales, avec un son qui leur est propre et des atmosphères ultra personnelles. La tournée américaine avec les White Stripes qui se profile à l’horizon risque d’asseoir encore la popularité des Cold War Kids, un combo ultra doué, qui a toutes les cartes en main pour aller loin.
Evadé de Pulp pour évoluer désormais en solo, l’excellent Jarvis Cocker n’en a pas pour autant perdu ses habitudes de show man facétieux et drolatique. Son bon concert donné sur la grande scène de Rock en Seine l’a prouvé : savoureux discours en français incompréhensible, blagues joliment foireuses, poses de rock star, danse avec un foulard, imitation d’un poulet sautant de baffle en baffle... Jarvis est toujours le même… Le seul problème notable sera la tonalité franchement rock, voire hard rock/heavy metal de son concert… L’ingénieur du son mériterait une bonne fessée déculottée pour avoir tout mis à fond ! Voire le poste d’ingé son chez les métalleux prog rock soi disant torturé de Tool, en tête d’affiche ce jour même. Est-ce vraiment nécessaire d’avoir les cheveux et le pantalon qui vibre chaque que Steve Mackay touche sa basse ou que Mr Cocker s’approche du micro ? La réponse est : NON. Cela étant dit, la plupart des morceaux de l’album solo du brillant songwriter passent bien en concert, et s’il y a bien une ou deux faiblesses, l’énergie déployée pour vivre les morceaux emporte l’adhésion. Toujours classe, Jarvis se fendra d’un hommage – assez émouvant - à Lee Hazlewood (récemment disparu, le célèbre moustachu ne chantera jamais la chanson que Jarvis avait écrite pour lui), et d’une reprise finale – jouissive - de… Black Sabbath (Paranoïd). C’est bien ce qu’on disait plus tôt : Mr Cocker est d’humeur heavy metal ces jours-ci…
CSS : do ya think I’m sexy ?
Les CSS (Cansei de Ser Sexy) en ont –elle toujours marre d’être sexy et continuent à s’habiller comme Peaches ou avec des sac fluorescents… Qu’importe : le sex appeal de leur musique suffit amplement à chauffer le public, malgré un son franchement mal réglé. Comme à la Route du Rock quelques jours plus tôt, leurs hymnes électro rock, aussi faciles qu’imparables, fonctionnent à plein régime, avec un pic d’hystérie sur Pretend we’re dead de L7 et sur leur propre hit : Let’s make love...
Tête d’affiche de la soirée pour les non fans de Tool (dont nous faisons partie), The Jesus And Mary Chain a parfaitement rempli son contrat pour son grand retour sur le devant de la scène : son cataclysmique, tirage de gueule intégral, communication minimale, morceaux génialement mélodiques et bruitistes… Ces gars-là ne respirent pas la joie de vivre, on sent qu’ils sont là dans un seul et unique but (la cachet, qu’on devine énorme) mais ils ont toujours le son qui tue, des morceaux éternels (Head on, Just like honey etc etc) et une influence incroyable sur la musique actuelle. Black Rebel Motorcycle Club et The Brian Jonestown Massacre , entre autres, n’auraient en effet pas sonné exactement pareil sans les attentats sonique perpétrés par les frères Reid en leur temps… Et oui, en 1985 sur l’album Psychocandy, c’était révolutionnaire (et génial) de mélanger sans vergogne (mais avec talent) des influences telles que Chuck Berry, le Velvet Underground, les Stooges, Phil Spector et les Beach Boys pour en faire des pop songs barbelées sur fond de mur du son, de textes désespérés et de mélodies sensuelles… En 2007, les morceaux complètement intemporels de Jesus And Mary Chain provoquent toujours des bouffées de joie et d’émotions contrastées sur les âmes sensibles, les mauvais coucheurs invétérés et les fans de rock ‘n roll mâtiné de pop sixties. Et ce n’est pas le ravage des ans sur les créateurs de cette musique qui risque de perturber cette grand messe sonique qu’est un concert de Jesus and Mary Chain… Toujours intransigeant sur le son (saturé à l’extrême !), le groupe écossais divise encore : de nombreuses personnes décrochent et fuient devant le déluge sonore, mais ceux qui restent passent un moment divin. Et, bonne nouvelle, les nouveaux morceaux tiennent la route ; décidément, les grands groupes ne meurent jamais… Désireux de prolonger ce bon moment et préférant éviter de tout gâcher avec le concert de trop, on en reste là pour cette journée de festival. Rendez-vous est pris pour dimanche (Kings of Leon, Bat For Lashes, Björk, Devotchka, Bromheads Jacket, Mark Ronson et Housse de Racket).
Quatrième édition à laquelle nous assistons (sur 5, pas trop mal non ?) de ce bien beau festival de fin août qu'est Rock en Seine. Cette année son affiche paraît certes un peu moins sexy que d'habitude, un peu plus suiviste, voire un peu moins dense (puisque cela dure désormais trois jours). Quoi qu'il en soit quelques moments de vacances en plus, deux ou trois têtes d'affiches inédites, trois jours de paix et de musique, avec présence de boue certifiée et averses possibles, et enfin un séjour entre amis à Paris... ça ne se refuse pas !
On arrive sur le site au son de Rodeo Massacre qu'on a objectivement pas suffisamment vu pour en juger - Pierre ayant posté sur ce site des chroniques très différentes de celles-ci, elles les complèteront très bien notamment pour ce groupe. C'est donc Dinosaur Jr qui ouvrira le (Headbanger's) bal ! Ce combo mythique remonte aux sources du grunge (souvent crédités comme gros inspirateurs de Nirvana, avec leurs cousins des Melvins).
Comme le chanteur de ceux-ci, le gratteux a désormais les cheveux gris et n'entend probablement plus rien depuis des années à force de jouer, juste devant 6 amplis Marshall empilés, d'énormes riffs saignants et lourds pour accompagner les cris et les coups de boutoir de ses collègues. Mais leur rock très saturé et graisseux, parfois métal, est plutôt plaisant pour s'échauffer les esgourdes - au moins sont-ils les premiers à avoir joué, et en power trio comme il se doit, ce que les Foo Fighters s'échinent depuis à refaire à 4, et pas forcément aussi bien. Bon début donc !
C'est la troisième fois en un peu plus d'un an qu'on revoit l'écossais Mogwaï qui, contrairement à ce qu'affirmait lundi un de ces fameux torche-culs gratuits qui polluent nos villes et nos cerveaux, ne joue pas du rock "mollasson" (#@ù^$ !!...) mais un post-rock sauvage et beau à sa manière - loin dans les décibels, vrillant et vibrant, physique ! Ce qu'on peut certes facilement ne pas comprendre, surtout si on le découvre en plein jour et avec un son assez mal réglé comme ce vendredi... Bref Stuart Braithwaite et sa bande nous font physiquement souffrir (surtout la batterie, dont on sent qu'elle nous décolle un peu plus la plèvre à chaque toucher...), y compris sur la pourtant superbe Friend of the Night qui en ressort quelque peu déformée.
Travel is Dangerous souffre également du traitement qu'inflige Stuart à sa pauvre guitare, à 4 pattes, mais le plaisir s'instille tout de même peu à peu sur Auto Rock et d'autres titres des deux derniers albums. Et puis le son doit être meilleur un peu plus loin de la scène. Au formidable Glasgow Mega Snake final, on est bien obligé de se souvenir pourquoi on aimait tant Mogwaï sur scène comme sur ses formidables disques : c'est quand même un groupe de tels cadors... qu'on peut bien leur pardonner un concert mineur.
De toutes façon, une bière plus tard, on a rendez-vous dans un registre plus joyeux avec The Shins, dont le dernier album (le seul qu'on connaisse) est on-ne-peut-plus sympathique ! C'est d'ailleurs sur Sleeping Lessons et Australia (deux véritables Prozac sonores joliment boostés rock en live) que commence ce concert très, presque trop pro. Il est vrai que les types sont nettement plus agés que ce qu'on pensait : la voix juvénile du chanteur étant trompeuse, on n'imaginait pas ce quadra barbu qui semble tout droit sorti d'une quelconque administration kafkaïenne... Mais bon, la reconnaissance leur étant venue tardivement, c'est leur "first french festival ever" et ils ont l'intention d'en profiter !
Leur pop chaleureuse et plutôt rock'n'roll est en tout cas le cadeau idéal pour commencer à se salir sérieusement. Prenez une semaine de pluie, une grande pelouse, faites-y passer des engins de levage, puis lâchez-y quelques milliers de piétons, et vous obtenez des flaques marronnasse du plus bel effet visuel et olfactif, et de la boue gluante en quantité ! On patauge donc joyeusement au son de la jolie Phantom Limb et autres bonbons sucrés, heureux que ce groupe tienne largement ses promesses en live ! Un dernier shoot de l'exubérante Turn on Me et l'on quitte la grande scène rassérénés : oui, il y a bien des groupes qui arrivent à régler leur son ici, oui, la pop joyeuse peut ne pas être sans intérêt (référence aux pénibles Sunday Drivers vus ici, et vite oubliés depuis !)
On rejoint alors pour la énième fois déjà, mais sans déplaisir, la bionique Emilie Simon, aujourd'hui en robe blanche. Le fait qu'elle soit en plein air, en plein jour convient particulièrement peu à sa musique (bien plus adaptée en intérieur intimiste pour profiter de la douceur de sa voix... et de son physique délicieux), d'autant qu'il y a beaucoup trop de monde pour s'approcher (vive les jumelles !). Le set est donc très orienté pop-rock : Storm's coming (il fait pas un peu trop doux pour les manchots ?), la très rythmée Never Fall in Love et la toujours classe reprise d'I wanna be your dog.
On aime toujours bien ses morceaux plus électro, comme Dame de Lotus et In the Lake, où l'on retrouve ses étranges instruments (le bol d'eau où l'on farfouille, le brassard à joysticks, l'orgue Theremin etc.), et enfin un peu de douceur avec Swimming, qui apaise jusqu'aux anglais déjà un peu éméchés (et donc braillards) qui semblent composer une bonne partie de l'audience cette année ! Une nouveauté et une reprise de Peter Gabriel ne resteront pas dans les mémoires, ni ce concert un poil bancal (puisqu'amputé du côté intime qui est celui que l'on préfère chez la miss). Un bon moment quand même, gageons que les néophytes auront envie de la revoir en de meilleures conditions !
De toutes façons il est temps de faire place à notre groupe de punk'n'roll en costume-cravates scandinave & débile préféré sur disque comme sur scène : "Ladies & gentlemen, please welcome... The Haiiiiiiiïïïves" ! Starring Chris Dangerous, Dr Matt Destruction etc etc... et surtout le puissamment horripilant - et néanmoins très drôle - Howlin'Pelle Allmqvist, chanteur bondissant, mégalo et braillard qui a le chic de vous hystériser une foule comme-qui-rigole. D'autant plus facilement que le son est ici meilleur qu'aux Eurocks où ca vrillait littéralement les oreilles...
Selon un malheureux concours de circonstance (sandwich gobé cul-sec + alcoolémie dépassant le point de non-retour + amis aperçus au loin nous faisant signe + musique décérébrante), on se retrouve quasiment tout devant ! C'est donc hélas en plein maëlström pogo - et les deux pieds dans la merde - que l'on assistera, enfin que l'on tentera de survivre aux furibardes Walk Idiot Walk, No Pun Intended, à la bien nommée Tick Tick Tick Boom, à la tuerie Die, All Right qui nous permettra de hurler (Diiiiiie !!!) comme des porcs (All riiiiiiigh'!!!!) dans leur porcherie, ce que nous sommes manifestement en train de devenir - nous nous retrouverons avec des taches de boue jusqu'aux oreilles à l'issue du concert.
C'est donc tout un tas de leurs titres binaires et bonnards qui se confondent en un gribouillis indéchiffrable sur mes notes : vraisemblablement leur collection perso de bombes à sous-munitions, soit dans un ordre approximatif : Hate to say I told you So, Main Offender, Two Timing Touch & Broken Bones ... Celle-ci sera d'ailleurs jouée pendant que je chercherai partout mon K-Way collector des Eurockéennes 2000. Envolé de mon sac qui s'est mystérieusement ouvert, ce vêtement s'est retrouvé - absolument dégueu - 10 minutes plus tard dans les mains d'un quidam tout devant que j'ai failli occire (comme il a prétendu qu'il ne voulait pas le voler, je lui ai laissé la vie sauve dans le doute !).
Pendant ces minutes pénibles, insensible à mon angoisse et comme à son habitude, le déplorable Mr.Allmqvist chante à moitié faux, harangue le public, se prend pour un dieu, grimpe aux montants de la scène ou dans les premiers rangs, sort de nouveaux titres de l'album à paraître (apparemment aussi stupides et parfaits que les précédents), ou dégaîne l'extraordinaire A.K.A. Idiot comme si ça n'allait pas aggraver encore l'espèce de baston qui se déroule sous ses pieds depuis le début (voir les vidéos par ailleurs au bas de cette page) bref, il nous rend complètement fadas. On ressort de là exsangues, aphones, hilares (surtout celui d'entre nous qui a touché une partie du chanteur) alors avouons-le : pour nous ce concert fut le plus jouissif de la journée, parole de festivaliers éméchés...
C'est donc du stand des rafraîchissements qu'on profitera du set toujours inspiré des 2 Many DJ's, déjà croisés en festival par le passé. Certes le deux deejays ne sont rien de plus que d'habiles bidouilleurs, leurs remixes ne sont même pas toujours très efficaces (car souvent très peu modifiés - un titre de Justice passé presque intact par exemple). Mais leur light show soigné et certains de leur mash-ups électrisent le public juste à point, comme par exemple un excellent match Rita Mitsouko vs Daft Punk. Au fait, profitons-en donc pour dire que les Hives n'ont jamais sorti de live en CD, mais que quelqu'un les a "accidentellement" enregistrés quand ils ont joué à Sidney en mars de cette année, et que c'est juste une tuerie totale (mais je ne vous ai rien dit...).
On retrouve pour finir ce bien joli vendredi, le meilleur groupe de rock du moment (comme on dit dans la presse spécialisée) pour la deuxième fois ici, et pour la troisième fois (!) cet été après Belfort et Nîmes : les orchestrales manoeuvres dans le sombre de The Arcade Fire ! Du coup plus grand chose à raconter, c'est comme s'il fallait raconter trois fois le même film, les mots finissent par manquer : superbe, foutraque, magique, entraînant, bouleversant même...
Ils déploient leur attirail d'instruments plus ou moins incongrus, leur orchestre bancal et anarchique en apparence, leurs chansons déglingués et finalement harmonieuses comme par miracle, et comme à chaque fois on envie terriblement les gens qui les découvrent, languissants sur Ocean Of Noise, pétaradants sur Rebellion (Lies) et fervents comme au premier jour sur Neighborhood I... Ces musiciens collectivement parfaits jouent (hélas) un peu toujours la même set-list : Keep the Car Running, No Cars Go, Haïti, NeighborHood 2, les très beaux titres de Neon Bible comme Black Waves/Bad Vibrations ou la vibrante et sublime Intervention ; ou encore Neon Bible et l'Antichrist Television Blues. Titres qui ont apparemment le chic d'agacer des athées bornés, comme si les musiciens chrétiens n'étaient pas parmi les plus fervents et les plus inspirés : voir les oeuvres totalement cul-bénites et pourtant ô combien passionnantes de Johnny Cash, David Eugene Edwards etc. !.
Bref, l'apothéose est comme chaque fois atteinte sur l'enchaînement triomphal NeighborHood 3 / Wake Up, lorsque les néons rouges passent au bleu et que Régine, Win, Richard, Marika, Kelly et les autres nous quittent, une fois de plus heureux et grisés, leur messe dite. Au final, de nos 4 concerts de ce groupe, celui concluant les Eurockéennes de Belfort 2007 reste tout de même le plus mythique, grâce à une pluie qui en avait fait un trip magique - il n'empêche, The Arcade Fire est un groupe qu'on espère revoir encore et encore à l'occasion de leurs futurs albums... On quitte le site ivres (et par là-même, à peu près ruinés) mais guillerets - l'expérience est concluante y compris pour ceux qui viennent ici pour la première fois !
Les divers endroits visités ensuite (soit deux lignes de métro et un fast food dévalisé à l'autre bout de Paris) seront par contre copieusement maculés de cette boue collante et nauséabonde si caractéristique du site et, il faut l'avouer, nettement moins photogénique que celle, plus ferrugineuse et donc d'un très joli rouge brique, des Eurockéennes de Belfort.