A mon arrivée à Avignon je ne pensais pas croiser BUSDRIVER sur un parking de supermarché, c’est pourtant ce qui m’est arrivé. Hé ouais… « les passagers du zinc » la salle où se produit le MC de la scène underground de Los Angeles se trouve dans un centre commercial.
Drôle d’endroit pour une salle de concert vous me direz ? Un peu oui , mais bon avec mon photographe préféré alias
Mos Taky 69, nous ne nous laissons pas décourager par si peu.
Après avoir grimpé les marches, voilà enfin le zinc qui apparaît, mais il y a aussi des poutres et un parquet en bois un ancien gymnase peut être .L’endroit est sympa , mais n’était sans doute pas vraiment prévu pour accueillir des concerts.
La première partie est assurée par
KOSH AND DOUD un duo formé d’un human beat box et d’un multi – instrumentiste qui pousse aussi la chansonnette. Sur scène c’est un numéro humoristique où se mélange les instruments acoustiques et les vocalises mixées.
Si on ne peut pas douter de la sincérité de KOSH AND DOUD leur numéro n’est pas vraiment passionnant car assez répétitif. Leur place est plutôt sur une scène de café théatre que de concert. Bref un bon numéro , mais au mauvais endroit .
Voilà enfin l’heure d’arrivée du conducteur de bus,
BUS DRIVER est connu par son flow rapide , souple aux influences free jazz. Son premier succès
« imaginary places » apparaît en 2003 dans le jeu vidéo
Tony Hawk , ce succès inattendu le propulse fer de lance du label
Big Dada, filière hip hop de
Ninja Tune. Après avoir tourné en France aux côtés du groupe
TTC , le vieux routier du rap d’avant garde est revenu début 2007 avec un album intitulé
« Roadkill Overcoat ».
L’homme vend lui même ses tee shirts , boit un coup avec « les passagers du zinc » , bref est d’une simplicité désarmante. Le show sera plus compliqué, il nous en averti tout de suite après un problème de micro.
Peu importe les conditions techniques le MC continue son show avec un rap mélodique sur fond de bidouilles électroniques martiennes et de beat rock, s'aventurant occasionnellement en terrain carrément drum and bass , pour des morceaux qui font remuer le jeune public . Mais pas trop tout de même car lorsque le rappeur demande à « five sexy women » de monter sur scène personne ne vient.
Alors mon avis sur ce set aventureux de BUS DRIVER ? Et bien même si son Hip Hop est parfois trop anticonformiste, il reste quelques morceaux comme
« I’m the first black astronaut » qui vous envoient dans la lune. et croyez moi un chauffeur de bus qui vous envoie dans la lune ça n’arrive pas tous les jours.
En after
DJ PROSPER nous a dispensé des breakbeats racés et groovy . Ce beau diable mélange dans ses mixes hip hop à l’ancienne, house crado, electro péchue et drum sautillante , bref de quoi se mettre en jambe avant de prendre la (longue) route du retour.
Photos & video:
Mos taky 69