Les Sisters of Mercy. Groupe cultissime aux origines du mouvement Goth. Un phénomène du passé. Qui passait pour la première fois en france depuis leurs débuts, il y a 25 ans.
Vu ce que j'ai pu en ecouter et danser dessus dans les boites rock/Metal beaucoup plus jeune, je ne pouvais que faire le déplacement dans la capitale pour voir à quoi ca pouvait ressembler sur scène, ne serait ce que pour dire que j'y étais, espérant secrètement que ça ferait vibrer et gigoter toute la fosse du Zénith, même si je me doutais bien que ca ne serait pas fabulissime.
Surtout depuis que Laurent m'avait fait un petit compte rendu du concert de New York...
Comme on buvait des coups dans Paris depuis quelques heures, on fut un peu à la bourre pour voir le premier groupe, inconnu de ma part, et franchement ca ne nous a pas perturbés plus que ça avec mes nombreux compagnons... Nous rentrons donc dans un zénith trés bien garni, papotant à droite à gauche, et matant quelques dégaines bien sympas. Après un moment les lumières s'eteignent, une intro retentit....Et trois gus s'avancent devant nous. Franchement, je ne descends pas les groupes d'habitude, je ne déverse pas de fiel, même si je n'apprécie pas je relève des points positifs... Mais là, je ne vais pas me gêner pour dire que le concert unique des Sisters en France fut un gros FOUTAGE DE GUEULE !! Une HONTE ! Non mais sérieux, ca rime à quoi un tel concert merdique ?
J'essaye de mesurer mes propos, mais une telle déception, même si je ne m'attendais à un live moyen, ca mérite la vérité ! Peut être pas la vérité universelle, mais une vérité partagée par plusieurs personnes dans la salle, et même lors de la soirée goth qui a suivi ! Ben oui, je me suis dit que c'était peut etre moi qui avait mal interprété la chose, alors j'ai demandé à des gens au hasard dans le zénith et ailleurs s'ils trouvaient ça bien... Et, que ce soit des fans de l'époque, ou de simples curieux amateurs, les avis se rejoignaient souvent dans le négatif... D'ailleurs, entre les titres, ça n'applaudissait pas à l'unisson. C'etait même tres timide lors des premières chansons... Et même vers la fin, c'etait loin d'être l'unanimité dans les vivats... Pour un tel concert unique, c'aurait pourtant dû tout fracasser.
Alors pourquoi est ce que je n'ai aucune pitié avec eux, alors que je n'aime pas enfoncer un combo ? Parce que pendant toute la (courte) prestation, on a surtout vu de la fumée sur la scène. Des fumigènes omniprésents qui empéchaient carrément de voir les membres par moments. Remarquez, pour ce qu'il y avait à voir... Deux gratteux de chaque côté, le chanteur rasé au centre. Et c'est tout. Ah non, y avait aussi un mec derrière un clavier et des machines en retrait. Sans oublier le super décor minimaliste fait de tubulures genre echafaudage de chantier. Pas de section rythmique, juste de grosses basses et infra-basses sortant de machines programmées, qui bouffaient tout l'espace sonore !! On entendait les guitares que par intermittence, et encore pas sur tous les titres. J'ai eu beau changer d'endroit (fosse, haut des escaliers dans les gradins), le son etait un magma de basses... On comprenait que dalle à ce que chantait le monsieur caché derrière ses lunettes, et j'avais du mal à reconnaitre plusieurs titres, alors que même si je n'ai pas toute la disco, j'ai quelques cds et best of... Le top fut atteint lors du bref rappel : le beat de "Temple of love" résonne... deux ou trois couplets, le refrain, fin du morceau, le groupe se barre et les lumières se rallument. Le tout en même pas cinq minutes, alors que le titre en fait presque huit à lui seul. Ridicule. Et je parle pas de tous les indispensables manquants, à moins bien sûr qu'ils n'aient été joués dans une bouillie sonore inaudible.
Je pensais voir un vrai groupe de rock gothique qui allait bouger son monde, j'ai eu droit à un trés mauvais Prodigy ( (c) Laurent).
Comment on peut se foutre de la gueule du public comme ça ? Y avait toutes les générations représentées, et je pense que pour beaucoup ce concert unique le restera. Pas pour la performance minable malheureusement. J'en ai assez dit, pas la peine de baver plus, ceux qui y étaient se sont faits leur opinion, les autres n'ont pas de regrets à avoir, si ce n'est d'avoir manquer un des pires concerts du demi-siècle passé.